Les folles collections de poupées de personnages plus ou moins célèbres

Le virus n’épargne personne : la collection massive de toutes sortes de poupées frappe aussi bien les stars d’Hollywood que le commun des mortels. Si la réalisation d’un bon investissement peut constituer un objectif pour le collectionneur, de nombreuses autres motivations se cachent derrière cette pratique.
Denise van Patten, experte américaine, collectionneuse, auteure et marchande de poupées anciennes et modernes, identifie douze raisons de collectionner des poupées : le goût pour les antiquités ; l’amour de l’histoire ; la passion pour la mode ; le plaisir de fabriquer des vêtements ; la nostalgie de l’enfance ; la collection d’antiquités et d’ornements de Noël ; la valeur thérapeutique, par exemple pour les couples sans enfant ; l’aspect décoratif ; l’héritage d’une collection de poupées ; le penchant à l’accumulation d’objets ; la beauté ou le caractère mignon de certaines poupées ; le culte de la célébrité.
La collectionneuse de poupées la plus célèbre est sans doute l’actrice américaine Demi Moore. Détentrice de plus de 3 000 poupées anciennes en porcelaine assurées pour 2,25 millions de dollars, elle collectionne également les créations d’artistes. Son ex-époux Bruce Willis a déclenché sa passion en lui offrant deux poupées de l’artiste française Anne Mitrani. Elle consacre une maison à l’hébergement de son impressionnante collection, dont sa poupée préférée, une Gene Marshall (photo ci-dessous). Selon l’actrice, la présence de toutes ces poupées lui rappelle « de ne pas prendre la vie trop au sérieux et de ne pas oublier l’importance du jeu ».


                                                   © Eighties Kids

Autre célébrité hollywoodienne collectionnant les poupées, l’acteur américain Johnny Depp et ses Barbie (photo ci-dessous). « J’ai joué avec beaucoup de Barbie et de Ken pour mes enfants », confesse-t’il, « aujourd’hui c’est un domaine où je suis vraiment bon ». Il possède des pièces uniques, des modèles en éditions limitées comme Beyoncé, Destiny’s Child, Elvis, Paris Hilton, Marilyn Monroe, Audrey Hepburn et Lindsey Lohan, ou même toutes les Barbie représentant les acteurs de la série High School Musical.


                                                        © Cimitekke

Billyboy*, artiste américain mondain, styliste, muse d’Andy Warhol, modèle, créateur de bijoux baroques et de la poupée mannequin pour adultes Mdvanii, possède une collection de plus de 11 000 Barbie et 3 000 Ken. Il est l’auteur du best-seller Barbie : her life & times.
La plus célèbre des poupées mannequins est aussi collectionnée en masse par des inconnus. La photographe américaine Malenna Bravo détient une collection de plus de 3 000 Barbie, plus de nombreux accessoires et produits dérivés. Elle possède entre autres un modèle original de 1959 en très bon état de conservation, la ligne complète des Golden Dream Barbie sorties en 1980, et un manteau de poupée vintage en vison. L’américain Stanley Colorite consacre quatre pièces de sa maison à sa collection de 2 000 Barbie et 1 000 Ken. Outre les poupées, il dispose de 3 000 tenues de Barbie, dont une créée par le célèbre styliste Oscar de la Renta. Avec plus de 12 000 poupées, le consultant en relations publiques singapourien Jian Yang possède la deuxième plus importante collection de Barbie au Monde, commencée à l’âge de cinq ans (photo ci-dessous). Il assure une veille sur le web et les réseaux sociaux, et pratique la restauration de poupées.


                                               © The Straits Times

La première place en collection de Barbie revient à l’allemande Bettina Dorfmann, originaire de Düsseldorf. Elle n’avait que six ans en 1967 quand ses parents lui ont offert sa première Barbie. Bettina se souvient : « ce n’était pas qu’une poupée, mais une amie pour la vie ». En effet, la collectionneuse de Düsseldorf détient aujourd’hui le plus grand nombre de Barbie au Monde, 18 000 poupées (photo ci-dessous) !
Quand elle cesse de s’intéresser aux poupées, ces dernières finissent dans le grenier familial. Ce n’est que lorsque sa propre fille commence à y jouer qu’elle les exhume de leur cache. Au milieu des années 1980, Bettina expose ses Barbie dans sa boutique de mode féminine récemment ouverte. Après la fermeture de la boutique, elle déplace une partie des poupées dans son salon puis dans une pièce spéciale. Les autres sont stockées dans une réserve.
Puis Bettina commence à restaurer les poupées dans le seul atelier spécialisé d’Allemagne, « la clinique des Barbie » à Düsseldorf. En parallèle, elle organise des expositions en Allemagne et à l’étranger, particulièrement en Chine.
Aujourd’hui, devenue une experte reconnue des Barbie, Bettina travaille au musée de la poupée et du jouet de Ratingen. Elle prête des Barbie rares pour divers événements et a écrit cinq livres et de nombreux articles dans des revues spécialisées. Sa collection de poupées et d’accessoires, entièrement cataloguée et assurée, est répartie en différents musées dans le Monde et à son domicile.


                                                © Deutsche Welle

Quittons maintenant les Barbie pour revenir plus généralement aux poupées commerciales. La chanteuse britannique Sophie Ellis-Bextor a mis du temps à réaliser qu’elle était collectionneuse (photo ci-dessous). Elle avait l’habitude de dire : « je ne collectionne pas les poupées, je me contente de les acheter », jusqu’à ce qu’elle constate qu’elle en possédait plusieurs dizaines. À l’âge de six ans, elle collectionnait les timbres. Puis elle s’est tournée vers les poupées, jugées moins « sérieuses ». Les siennes sont des poupées jouets bon marché, achetées dans des ventes de charité ou sur eBay. « Elles ont toutes de la personnalité et du charme », confesse Sophie. Sa préférée est une Blythe, découverte grâce à l’ouvrage This is Blythe de Gina Garan. Elle achète aussi lorsqu’elle est en tournée, comme ces poupées russes ou ukrainiennes de l’époque soviétique.


                                                     © JustCollecting

Du même côté de l’Atlantique, on rencontre la collectionneuse française de poupées anciennes et de demi-figurines Josiane Girard (photo ci-dessous). Cette habitante de Vernon (Eure) a commencé à collectionner les poupées à la retraite, à l’âge de 60 ans. Certaines de ses pièces ont plus de 150 ans, mais leurs vêtements sont toujours impeccables. « Quand leurs habits sont abîmés, je chine dans les brocantes ou j’achète des tissus », confie Josiane, « je refais des robes, des nœuds de chapeau ou de coiffure. Mais tout en restant le plus fidèle possible à l’original ». Elle détient également quelques bébés et deux chérubins mécaniques. L’autre partie de sa collection est constituée de demi-figurines en porcelaine, cachant sous leurs jupes des théières, boîtes à bonbons, poudriers, tabatières, pelotes à épingles, boîtes à cigares,…


                                                © Paris Normandie

En marge de ces collections toujours détenues par leur propriétaire existent de nombreuses collections ayant appartenu à des personnes vivantes ou décédées et vendues au détail aux enchères. Elles portent en général le nom de leur ex-propriétaire. Citons pour exemples ces dix collections de poupées anciennes vendues par Theriault’s : collection Susan Hill de Fredericksburg (Virginie), issue du mouvement des poupées d’art au début du XXe siècle ; collection Trudy Butler de poupées Madame Alexander, dont une série quasi complète de Cissy en tenues originales et en parfait état de conservation ; collection Connie Bailey (Caroline du Nord), poupées françaises et allemandes en biscuit en parfait état de conservation, avec costumes et perruques originales, dont une sélection de Kestner du début ; collection Madame Bossard de Lucerne (Suisse), poupées, maisons de poupées et miniatures anciennes ; collection Rose Rogan de Doylestown (Pennsylvanie), rares poupées en bois et de pays françaises et américaines ; collection Vivian Brady-Ashley de poupées américaines Madame Alexander et Vogue, datant du milieu du XXe siècle et en très bon état de conservation  ; collection Lillian Hamm de Branchville (New Jersey), comportant une superbe poupée Albert Marque ; collection Huguette Clark, comprenant de remarquables poupées et automates de l’âge d’or français (1860-1890) ; collection Rodney Waller de poupées Madame Alexander rares et originales.

Sources de l’article
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