Le phénomène des poupons reborn

poupons reborn

Introduction et définition

Ce phénomène est né aux Etats-Unis dans les années 1990, quand des passionnés de poupées ont utilisé des techniques de fabrication issues du cinéma pour créer des poupons réalistes appelés « reborn » (littéralement « né de nouveau »). Avec l’apport de techniques de peinture perfectionnées une décennie plus tard, le réalisme s’est accentué au point de devenir troublant. La mode du « reborning » (renaissance) s’est ensuite répandue, notamment grâce au web, au Royaume-Uni et en Allemagne avant d’atteindre la France il y a quelques années.

Techniques

Les créateurs-trices de bébés reborn sont appelés reborneurs ou reborneuses. Ils travaillent avec un kit de membres préfabriqués en silicone, plastique ou vinyle appelés « sculpts ». Une peinture de couleur chair est ensuite appliquée sur chaque pièce, renforcée par diverses autres techniques de peinture ou de marbrure (dépôt de marques violacées sur la peau qui donnent un  aspect de marbre) apportant des effets de peau translucide, de veines, de plis ou encore de rougeurs afin de ressembler le plus possible à la peau d’un nouveau-né. Le regard est essentiel si le poupon a les yeux ouverts : il doit être vif et brillant.
Des cheveux, cils et sourcils, habituellement en mohair fin (poils de chèvres) ou cheveux humains, sont implantés lors d’une opération minutieuse pouvant durer plus de 30 heures par poupée. Le corps original est remplacé par un corps mou, articulé, rembourré et lesté par des matériaux lourds (micro-billes de verre, poudre de verre,…), appelé body.
Enfin, des éléments peuvent être ajoutés, comme un cordon ombilical, un simulateur électrique de battement de cœur ou de respiration,…).
Le prix d’un reborn va de 250 à plus de 1 000 €, justifié par le processus de fabrication long et complexe décrit ci-dessus. Les collectionneurs, majoritairement des femmes, sont prêts à dépenser des sommes importantes pour « adopter » (c’est le terme consacré, également utilisé pour toutes les poupées et oursons de collection) un reborn.

Polémique

Fascinants et dérangeants de réalisme, les reborn prennent pour leur acheteur-se- un statut d’être vivant : la poupée dispose d’une fiche et d’un bracelet de naissance ;  le reborn peut être habillé avec des vêtements de bébé ; les poupées sont vendues dans des  « nurseries ».
Ce statut entraîne pour leurs détracteurs des dérives du comportement : des personnes promènent leur reborn en porte-bébé ou en poussette dans les lieux publics ; j’ai vu dans des salons des femmes et parfois des hommes bercer leur reborn dans leurs bras en leur parlant ; des psychothérapeutes conseillent l’achat d’un bébé reborn pour aider à surmonter l’épreuve du deuil d’un enfant. Tout ceci peut être perçu comme malsain. Les bébés reborn peuvent même effrayer : l’absence de vie de la poupée fait que certaines personnes y voient un enfant mort.

Sources de cet article :

Autres références d’ouvrages et de tutoriels en français et en anglais sur les techniques de fabrication des reborn

Où acheter des reborn ? dans des boutiques en ligne ou physiques appelées « nurseries » ou dans les salons spécialisés

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2017 Patrick Fédida

1 réflexion sur « Le phénomène des poupons reborn »

  1. Je n’aime pas du tout ces poupées. Je suis collectionneur folkloriques et autres poupées. Dans les poupons, on essaie de retrouver un peu de son enfance, de ses jeux, de son insouciance, du bonheur éprouvé à cette époque-là. Les reborns n’ont pas cette fonction car récentes. Ce sont des substitutions de pseudo-enfants dont la vie a spolié les personnes qui les adoptent. Une façon de combler un vide affectif. Ces personnes se comportent comme de vrais mamans. Pour moi, il y a un non-sens dans l’évolution de l’individu. Alors qu’un collectionneur, sauf le compulsif aime habiller et coudre des vêtements. Il n’embrasse pas ses poupées. Il les contemple en les trouvant jolies. Ces poupées restent des objets.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *