Histoire des poupées mannequins

 

Introduction

Les poupées mannequins, ou poupées de mode, ont occupé diverses fonctions à travers les âges : d’abord ambassadrices de la mode française auprès de l’aristocratie dans les cours d’Europe et d’ailleurs aux XVIIe et XVIIIe siècles, elles ont ensuite sous le second empire (1852-1870) joué le rôle de jouets éducatifs pour les enfants de la bourgeoisie, puis sont devenues mondaines avec l’avènement de l’art nouveau au tournant du XXe siècle et de l’art déco dans les années 1910-1920, se sont démocratisées avec les poupées de salon des années 1920 jusqu’à l’éclatement de la deuxième guerre mondiale, enfin ont envahi le monde comme objets décoratifs ou de jeu avec l’arrivée massive des matières plastiques, de l’après-guerre à aujourd’hui.

La genèse

Les poupées mannequins, dont le but est de promouvoir la mode parisienne dans les provinces de France et à l’étranger, apparaissent à la fin du XVIe siècle. Ce sont plus des doubles de la petite fille que des poupons, elles sont donc plus destinées aux adultes qu’aux enfants. Ces mannequins en miniature permettent à l’aristocratie de voir de près et de toucher les modèles, pour apprécier les qualités des garde-robes qui ne peuvent être transmises par le dessin ou la peinture, modèles qui sont ensuite réalisés en grandeur nature par les couturiers parisiens en vogue à l’époque. En 1571, la duchesse de Bavière passe une commande de plusieurs poupées aux bimbelotiers (on ne dit pas encore fabricants de poupées) de Paris. Ce sont des cadeaux royaux : Henri IV (1553-1610) envoie plusieurs poupées « comme échantillons de nos modes » à sa future femme Marie de Médicis, afin que celle-ci se familiarise avec les modes françaises et aussi pour lui montrer l’attrait de la vie à la cour de France ; Philippe IV (1605-1665) envoie à sa fille Isabelle, la future reine d’Angleterre, une poupée avec son trousseau complet.
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Les pandores

Origine

Les poupées de mode se développent au XVIIe siècle sous le nom de « pandores », nom sans doute choisi par allusion au mythe grec. Pandore (en grec ancien, étymologiquement, « ornée de tous les dons »), est la première femme, créée par Héphaïstos, le dieu des forges, avec de l’argile et de l’eau,  sur l’ordre de Zeus qui veut se venger des hommes pour le vol du feu par Prométhée. Athéna lui donne ensuite la vie, lui apprend l’habileté manuelle (elle lui apprend entre autres l’art du tissage) et l’habille ; Aphrodite lui donne la beauté ; Apollon lui donne le talent musical ; Hermès lui apprend le mensonge et l’art de la persuasion et lui donne la curiosité ; enfin Héra lui donne la jalousie. La voilà parée de tous les attributs capables de séduire les hommes (et de causer leur perte, comme le mythe nous l’apprend). Rien n’est laissé au hasard dans la confection des pandores, les vêtements, dessus comme dessous, sont soignés dans le moindre détail, ainsi que la coiffure, le maquillage, les mouches sur le visage et le parfum (photos).

Ambassadrices de la mode

La poupée devient la compagne indispensable de toute exportation de nouveautés réussie, et il arrive souvent que, faute d’en produire une, des négociants voient leur transaction compromise. Ces poupées à tête et membres en papier mâché et corps en bois sont si populaires, et perçues comme si indispensables, qu’elles disposent de laissez-passer royaux afin de franchir les frontières sans encombre, même en temps de guerre. Ceci est illustré par la continuité des échanges intenses entre la France et l’Angleterre pendant la guerre de succession d’Espagne, lorsque les hostilités entre ces deux pays peuvent laisser penser que cesseraient des échanges aussi frivoles ! L’abbé Prévost, écrivant en 1704 à l’apogée de la guerre, observe que « par un acte de galanterie notable dans les annales de l’histoire au bénéfice des dames, les ministres des deux cours accordèrent un laissez-passer spécial au mannequin ; celui-ci fut toujours respecté, et durant ces temps d’extrême hostilité on fit le constat des deux côtés que le mannequin était le seul objet à ne pas être inquiété ».
Les pandores répandent au loin les élégances françaises qu’inventent les belles dames et que réalise le talent des grands couturiers et des bonnes faiseuses :
basquines -jupons que portent les espagnoles, en particulier au pays basque, ou vêtements formant une deuxième jupe relevée sur la première-, vertugales -jupons élargis par un bourrelet-, bavolettes -volants accrochés à un chapeau-, hongrelines -corsages ajustés, à longues basques flottantes, portés sur la jupe et imitant un vêtement hongrois-, mantes -capes amples et sans manches, le plus souvent avec capuchon, portées au-dessus des autres vêtements pour se protéger du froid-, mantelets – capes en tissu léger, à capuchon, à pans long devant et écourtées derrière-, palatines -fourrures couvrant le cou et les épaules, ou ornements en réseau, en filet, en dentelle portés autour du cou, du nom de la princesse palatine Anne de Gonzague (1616-1684) qui mit ce vêtement à la mode-, falbalas -volants, bandes d’étoffe plissées ou froncées dont on garnissait les robes-, prétintailles -ornements faits d’une bande de tissu découpée et posée en applique, qui agrémentent les toilettes féminines à la fin du règne de Louis XIV-, engageantes -manchettes en lingerie ou dentelle-, bagnolettes -coiffes rondes sans bavolettes- et mantilles -longues et larges écharpes de soie ou de dentelle, le plus souvent noires, couvrant la tête et les épaules, qui font partie du costume traditionnel des espagnoles, ou coiffure féminine rappelant cette coiffure traditionnelle-.
L’âge d’or de la poupée de mode est le XVIIIe siècle, lorsque les voyages en Europe sont plus faciles et que de nombreuses petites cours continentales fleurissent, créant une demande de garde-robes pour leurs belles dames. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, il est courant, pour les femmes de l’aristocratie, de posséder deux poupées, vêtues l’une de la grande toilette (« grande pandore », photo), l’autre d’une tenue d’intérieur (« petite pandore »).

Elles sont l’objet de toutes les extravagances et caprices vestimentaires : chapeaux fantasques, robes somptueuses, chaussures raffinées, coiffures élaborées, et quantité de colliers de perles et bijoux miniature. Ces pandores voyagent dans les provinces françaises, en Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie,…parfois pour montrer les détails d’une robe, ou pour examiner la coiffure seule, comme pour la poupée envoyée par Madame de Sévigné à sa fille, ou pour les trente poupées coiffées présentées à l’exposition annuelle de Saint-Ovide en 1763. L’importance accordée aux poupées mannequins dans une ville aussi reculée que Venise est illustrée par l’exposition  à la Sensa (foire annuelle sur la place Saint-Marc) d’une poupée vêtue à la dernière mode de France, et assidûment copiée par les couturières locales pendant toute l’année, en attendant l’arrivée de la nouvelle petite ambassadrice.
Il y a de nombreux exemples de coopération franco-anglaise dans la mode tout au long du XVIIIe siècle. Pendant la régence, le futur cardinal Dubois, ambassadeur de France à Londres, écrit à la couturière parisienne mademoiselle Filon pour commander un grand mannequin afin de montrer aux dames de Londres comment les dames de Paris sont habillées, jusqu’au détail de leurs dessous. Mademoiselle Filon, ne voulant pas courir le risque de ne pas être payée, demande l’avance de 300 francs, le prix de la poupée. Dubois, plutôt que de décevoir les dames de la cour à laquelle il est accrédité, envoie immédiatement l’argent.
Au fur et à mesure que croît leur importance, les pandores sont connues comme les « poupées de la rue Saint-Honoré » ou « les grands courriers de la mode », nom qui sert parfois pour les factures. L’utilité de réaliser des pandores grandeur nature se révèle, car il devient alors possible pour les clientes non seulement de copier les vêtements, mais de les essayer. En 1788, une modiste parisienne, madame Eloffe, fournit une telle poupée en robe de cour à une de ses clientes. Rose Bertin, modiste de la reine Marie-Antoinette, reçoit la commande d’une poupée pour le nouvel an de la fille de madame Dillon, dont elle livre une description complète dans ses livres de compte : « c’était une grande poupée avec des élastiques pour tenir les membres, un pied bien fait et une très bonne perruque ; une fine chemise de lin ; des bas de soie et un long corset bien baleiné ». Elle donne aussi une liste des robes de bal de la poupée, ces robes de gaze et de brocard, de mousseline et de dentelle, et de ses capes et chapeaux à plumes. Marie-Antoinette elle-même emploie Rose Bertin pour habiller des poupées à la dernière mode pour ses sœurs et sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. La révolution française n’a pas mis fin à la carrière de cette illustre modiste : elle s’établit à Londres pour quelques temps, pour servir ses fidèles clientes parmi les émigrés, et ses poupées de mode continuent de voyager vers les autres capitales européennes, aussi loin que Saint-Petersbourg. La révolution a aussi un effet indirect sur l’habillage des poupées mannequins : en faisant affluer à Londres des dames aristocrates émigrées sans le sou, elle met par inadvertance sur le marché une force de travail de brodeuses qualifiées. Ironiquement, ces dames subviennent désespérément à leurs besoins en exerçant un talent qui leur servait autrefois à occuper des heures oisives : le résultat est un déferlement de vêtements brodés à la main de façon exquise pour les poupées de mode de l’époque.
Les hommes aussi, quoique dans une moindre mesure, sont représentés par les poupées mannequins, habillées comme eux avec perruque, manchon, chapeau, cravate, jabot et habit à la française.
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Les parisiennes

Sous le second empire (1852-1870), c’est la bourgeoisie qui a permis l’essor extraordinaire de nouvelles poupées de mode, ces jouets d’enfants appelés « parisiennes » (photo), parce qu’elles sont pour la plupart originaires de France et que Paris est alors la capitale internationalement reconnue de la mode.

En effet, le règne de Napoléon III a connu un formidable développement artisanal et industriel qui a, d’une part, permis l’émergence d’une forte classe bourgeoise et favorisé, d’autre part, l’envol du secteur de production des poupées et des nombreux accessoires qui les accompagnent. La tête et parfois les membres de ces poupées sont en biscuit, le corps étant en bois, en bois recouvert de peau (photo) ou en composition.

L’éducation par la poupée

Le rôle des parisiennes, poupées adultes à l’image des critères esthétiques de l’époque, est avant tout éducatif : il s’agit d’apprendre aux fillettes de bonne famille, qui reçoivent une éducation stricte, à devenir de futures jeunes filles bien élevées, au goût sûr, choisissant avec minutie leurs toilettes et faisant preuve de rigueur dans le soin qu’elles apportent à leur personne et aux objets qui l’entourent.
Véritable auxiliaire d’éducation au quotidien, la poupée suit l’enfant dans les activités de la journée : levée en même temps que sa « petite maîtresse », lavée, toilettée et poudrée par une fillette attentive, elle prend ensuite son petit-déjeuner servi dans des services en porcelaine miniature. Puis elle est habillée pour le matin, en tenue sobre et pratique, afin de vaquer à ses occupations d’intérieur en bonne ménagère. Il existe dans le trousseau de la poupée toutes sortes de tabliers correspondant aux activités de la journée : du large modèle bien couvrant pour le grand ménage à celui arrondi pour le jardinage, du tablier de cuisine, blanc et sans fioritures, aux petits tabliers coquets, garnis de dentelles et broderies fines, pour servir le thé ou faire de la couture, du tricot ou de la tapisserie. Pour les sorties en public, très codifiées, on choisit la toilette la plus adéquate : tenue de promenade, ensemble de visite, panoplie d’amazone, robe de soirée ou de bal.
La poupée doit aussi projeter l’enfant dans les futures situations de sa vie, notamment son rôle de future épouse et mère. C’est ce qui explique que dans le même trousseau on puisse trouver aussi bien des vêtements de poupon (robe de baptême, couches, bavoirs,…), que des toilettes de jeune enfant (robes de promenade, tabliers jardiniers, costumes pour les bains de mer,…) ou des tenues adaptée à l’âge adulte (ensembles de visite, robe de bal, robe de mariée, costume de deuil,…).
La garde-robe de ces poupées est un excellent témoignage, par sa richesse et sa qualité, de l’histoire du costume au XIXe siècle. Leur toilette est conçue et fabriquée par les grandes maisons de couture parisiennes comme celle de Worth (photo) pour les familles les plus fortunées, ou confectionnée par les fillettes au moyen de patrons trouvés dans des revues comme la « Poupée modèle », ou encore par la couturière de la famille qui fait une nouvelle toilette pour la mère et en réalise une réplique miniature pour la petite fille. Celle-ci peut aussi recevoir en cadeau des accessoires et des compléments vestimentaires achetés dans l’une des très nombreuses boutiques de modes pour poupées du Paris du second empire.

Les parisiennes sont conçues et réalisées par les grandes sociétés françaises de fabrication de poupées, toutes établies à Paris à partir du milieu du XIXe siècle : Bru, Jumeau, Gaultier, Barrois, Huret, Victor Clément. Les autres fabricants importants de l’époque sont Steiner, Jullien, Denamur, Unis France, Lecomte & Alliot, Lanternier A. & Cie, May Frères & Cie, Mme Rohmer, Schmitt & Fils, Belton, J. Verlingue, Mignon, Margueritte Frène, Rabery & Delphieu, Henri Rostal
De nombreuses poupées assemblées en France utilisaient des têtes importées d’Allemagne et produites par des fabricants tels que : Simon & Halbig ; Kämmer & Reinhardt ; Armand Marseille ; Fleischmann & Bloedel ; Heinrich Handwerck ; Alt, Beck & Gottschalck ; Cuno & Otto Dressel ; Wiefel & Co. ; J.D. Kestner ; Gebrüder Heubach, Ohlhaver Gebrüder.
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Les silhouettes décoratives art nouveau et art déco

Le contexte

L’Art nouveau est un mouvement artistique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui s’appuie sur l’esthétique des lignes courbes. Né en réaction contre les dérives de l’industrialisation à outrance et la répétition sclérosante des anciens styles, c’est un mouvement soudain qui connaît un développement international, principalement en Europe. Il touche avant tout l’architecture et les arts du décor : mobilier, bijouterie et joaillerie, arts graphiques.
Le mouvement art déco, quant à lui, est né au cours des années 1910 et a pris son plein essor au cours des années 1920 avant de décliner à partir des années 1930. C’est le premier mouvement artistique de portée mondiale dans les domaines de l’architecture et de la décoration. Art déco est l’abréviation de arts décoratifs, et concerne l’architecture, plus spécialement l’architecture intérieure avec ses tapisseries, vitraux, peintures et sculptures ornementales, son ébénisterie, l’emploi de la céramique et de l’orfèvrerie. Le design qui débute dans l’habitat et les bureaux peut y être associé, ainsi que la mode vestimentaire, la typographie des signalisations et des réclames affichées, et les enseignes. Le style art déco prend son envol avant la première guerre mondiale contre les volutes et formes organiques de l’art nouveau. Il consiste en un renvoi à la rigueur classique : symétrie, ordre souvent très stylisé, pierre de taille sans aucun effet pittoresque.
Dans le domaine qui nous intéresse, ces deux mouvements se traduisent par un statut décoratif sans précédent des poupées mannequins et de leurs accessoires, comme le salon de poupée art nouveau et l’armoire de poupée art déco ci-dessous (photos).

   

Les poupées Lafitte-Désirat

Au tournant du XXe siècle, il est de bon ton d’afficher dans les intérieurs à la mode des poupées vêtues de tenues « dernier cri ». Mesdames Lafitte et Désirat (ce sont en fait deux sœurs, mesdemoiselles Daussat, qui accolèrent leurs noms respectifs de femmes mariées pour former celui de Lafitte-Désirat), en partie grâce aux pages élogieuses du magazine Fémina, introduisent dans toutes les maisons où l’on fait des mondanités de frêles silhouettes en cire coulée sur une armature métallique, parées des ultimes tenues haute couture de la capitale (photos). Leurs créations sont des poupées de mode à tête de cire peinte, miroir de la mode des années 1910-1920, qu’elles faisaient élaborer au musée Grévin à Paris. Les deux sœurs seront en activité de 1901 à 1938.

En 1924, à l’exposition « Dames d’aujourd’hui » présentée à l’Hôtel Jean Charpentier, 25 figurines sont exposées, qui reconstituent l’évolution de la silhouette féminine depuis 1900 et sont encore signées Lafitte-Désirat. Des modèles de chez Poiret, Lelong, Lanvin, inspirent ainsi les habillages de poupées qui n’ont plus rien de jouets d’enfant. Voici comment le journal l’Illustration en rendait compte dans son édition du 21 juin 1924 :
« Ce sont quelques figurines sorties d’une vitrine de l’Exposition des Dames d’aujourd’hui, ouvertes cette année encore dans l’Hôtel Jean Charpentier. Au long des murs s’alignent les portraits de femmes, par les artistes réputés, ceux de tous les Salons, réunis pour une fois, dans un choix éclectique. Modestement, sur leurs rayons de glace, les petites poupées, habillées par des doigts ingénieux et prestes, appellent un regard curieux et amusé. Elles sont vingt-cinq, autant de petites reines éphémères et déchues, fixant, année après année, la silhouette de la Parisienne depuis 1900. La mode ne connaît que les courtes souverainetés. Toutes, elles eurent leur heure de vogue. Elles sortaient de chez le grand couturier et représentaient l’élégance, la nouveauté et le bon ton. Il y en a qu’on regrette. Celles-ci sont restées jeunes, charmantes. Le temps semble à peine avoir de prise sur elles. La fantaisie avait, par bonheur, réalisé une de ces harmonies de lignes que l’âge n’atteint pas ; mais la mode ne s’arrête jamais à une trouvaille et elle continue ses variations, car une de ses raisons d’être est l’instabilité. Par contre, certaines semblent à jamais désuètes, plus loin de nous que d’autres plus anciennes, portant mal une vieillesse presque caricaturale. Le style de 1900, si détestable qu’il fut, dura trop pour n’avoir pas sa répercussion sur une mode sensible à tous les courants, à toutes les idées. Et puis l’on vit les simplifications s’opérer ; la robe s’allège de l’abus des parures, la jupe monte, dégageant le pied, puis la jambe, pour redescendre ensuite. C’est l’oscillation naturelle, inévitable ; mais la femme qui, grâce au sport, a pris le goût et l’habitude de certaines libertés se laisserait-elle imposer le corset comprimant la taille et, pour la rue, la queue traînante ? Quelle évolution depuis les courbes de 1902 jusqu’aux formes plates d’aujourd’hui !
Le mérite de Mmes Lafitte-Désirat n’a point été seulement d’habiller avec goût des poupées (notre curiosité commence à s’émousser à l’égard  de ces jouets de grandes personnes), mais de redonner à chacune d’elles l’accent de vérité, le mouvement, l’esprit, qui en font le type d’une époque, d’une année, d’une saison. Tout est d’une documentation rigoureuse, la coupe, l’étoffe, la fourrure, la plume ou l’aigrette du chapeau, la forme et la matière de la bottine ou du soulier, du sac inséparable. Le geste est toujours juste et vif. Quelle supériorité sur les gravures de mode !
Et que de souvenirs, mélancoliques un peu, elles entraînent avec elles, ces petites figurines, sur le Paris d’hier, le Paris déjà disparu, presque suranné, et dont elles furent la parure et le sourire ! »
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Les poupées de salon

De l’ornement de la maison à l’émancipation de la femme

Des années 1920 à l’éclatement de la deuxième guerre mondiale, on s’enthousiasme pour un autre type de poupée décorative, déclinée pour tous les milieux sociaux, la poupée de salon, qui peut porter d’autres noms : poupée boudoir, poupée de lit, cocotte (femme de mœurs légères) ou encore pouffiasse (pas vulgaire, mais à poser sur un pouf !), voire pétasse (avec le même maquillage outrancier que les prostituées de la maison close qu’elle orne). Elle est vendue entière nue ou habillée, ou encore en pièces détachées, afin que la maîtresse de maison, ou sa couturière, puisse l’assembler et l’habiller en fonction du style de son intérieur. Ainsi, elle représente la mode mais peut aussi être costumée et personnalisée.
Elles sont extraordinairement populaires avec leurs riches robes de satin décorées de dentelles, leurs chapeaux à voilette, petites roses et plumes fragiles. Malgré les épithètes de boudoir et de lit, ces dames mélancoliques peuvent se prélasser dans n’importe quelle pièce ou meuble de la maison : une chambre, une bibliothèque ou un fumoir, dans un canapé, un fauteuil de velours ou sur une simple chaise (photo).

Ce ne sont pas non plus des poupées dans le sens usuel du terme : ce sont des ornements. Des créations aussi belles et uniques ne peuvent que susciter la controverse : on les considère scandaleuses, décadentes et provocantes, d’autant plus qu’elles incarnent des stars sulfureuses du muet, comme Mary Pickford (photo de gauche) ou Theda Bara, ou qu’elles fument (photo du centre), ce qui n’était pas bien vu en public pour les femmes à l’époque ; elles se coupent les cheveux, forcent sur le maquillage, raccourcissent leurs jupes, votent, fument le cigare et dansent jusqu’à l’aube. A l’autre bout du spectre de la condition féminine, il existe même des poupées de harem (photo de droite).

Aspects techniques

De nombreux artisans (souvent peu connus, ce qui rend difficile leur identification) travaillent à des modèles uniques, mais on peut noter que dans les années 1930 la société Gégé débute  avec ce genre de poupée, et aussi que l’on en trouve dans les catalogues des grands magasins (Bon Marché, Samaritaine,…). Dans ce dernier cas, les poupées sont très belles mais habillées uniformément (robes en taffetas avec volants). Les matériaux utilisés pour la fabrication de ces poupées de taille moyenne à grande (40 à 95 cm) varient selon leur provenance :

  • France : tête en tissu moulé, pour la plupart recouvert en pongé ou en jersey, parfois en voile de mousseline ; traits peints à la main ; très rarement, tête en plâtre fin ou en cire
  • États-Unis : tête en tissu soyeux moulé ou en composition recouverte d’une peinture laquée
  • Allemagne : tête en composition ou papier mâché, parfois en terre ou en plâtre
  • Italie : modèles les plus raffinés (et les plus chers) tout en feutre

Les corps de toutes ces poupées sont en toile bourrée de paille, de laine, de kapok ou de sciure ; les mains et les avant-bras, ainsi que les pieds jusqu’aux genoux, peuvent être en plâtre (les chaussures sont alors moulées) ; le reste des membres est en tissu cousu ou en composition ; cependant, le corps entier est parfois en tissu. Les cheveux sont en mohair, laine, fil de coton, de rayonne ou de soie, ou en cheveux naturels.
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Les mannequins après la deuxième guerre mondiale

La démocratisation des poupées de mode

Avec le boom des matières plastiques, une nouvelle génération de poupées à jouer et de poupées décoratives fait son apparition sur un marché de plus en plus ouvert aux échanges internationaux. Les poupées mannequins d’après-guerre sont des poupées articulées d’environ 25 cm, typiquement en plastique ou en vinyl, qui reproduisent au départ les proportions stéréotypées du canon de la femme adulte des années 1950, mais qui peuvent par la suite figurer des adolescentes ou avoir des proportions plus éloignées.
Aux Etats-Unis, les poupées de mode sont quasi inexistantes durant la première moitié du XXe siècle. Après 1950, le désir des fillettes de s’identifier à leur poupée et de se tourner vers l’avenir en jouant avec des poupées figurant des femmes adultes pousse à l’avènement des poupées mannequins. Ressentant l’émergence de ce nouveau marché, la société Madame Alexander lance sa poupée Cissy en 1955 (photo).

Cissy est nouvelle et unique pour trois raisons : sa poitrine adulte et ses pieds cambrés, faits pour porter des talons hauts ; sa garde-robe et ses accessoires chics (on dirait aujourd’hui glamour). La concurrence se fit bientôt sentir, avec l’arrivée de la poupée Revlon d’Ideal. Le fabricant Ideal acquiert la licence Revlon pour produire selon le slogan de l’époque « la plus belle poupée jamais faite » en diverses tailles de 25 à 63,5 cm. Habillée de ravissants nylons et cotons imprimés, de rayonne et de velvantine faits dans des styles dépouillés, elle porte une jupe qui peut glisser pour être changée : la classique « little miss Revlon » dispose d’une garde-robe de plus de 100 ensembles !  (photo). Ses cheveux implantés sont en saran, une matière très résistante.

Une autre poupée apparue sur le marché pour concurrencer Cissy est la Cindy du fabricant Horsman. Articulée aux épaules et aux coudes, elle est populaire en raison de son côté glamour et de son prix très compétitif. Entre 1955 et 1959 (l’arrivée du phénomène Barbie, voir ci-dessous), des centaines de poupées imitant les modèles Cissy et Revlon (sculptées par le même prolifique artiste Bernard Lipfert) sont lancées, avec un bonheur plus ou moins égal, par des sociétés telles que Eegee (modèle Little debutante), Uneeda, Belle Doll, Arranbee (modèle Coty), Effanbee (modèle Champagne lady) et Royal.
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Barbie et ses concurrentes en France

En Allemagne, le 12 août 1955, le journal « Bild Zeitung » lance avec l’aide de la société Hausser un nouveau genre de poupée, à silhouette adulte et à trousseau : la poupée mannequin moderne vient de naître, elle s’appelle Lilli (aussi surnommée Bild Lilli) et connaît un vif succès. Fabriquée en plastique dur, elle est articulée et son visage est maquillé. Après un voyage en Europe, Ruth Handler (femme d’Elliot Handler, co-fondateur avec Harold Matson de la société américaine de jouets et jeux Mattel créée en 1945) décide de s’en inspirer et conçoit en 1958 la célèbre poupée Barbie (voir la page Les poupées célèbres d’hier et d’aujourd’hui). Dès sa création, Barbie connaît un succès inégalé à ce jour (voir le compteur en Page d’accueil). À travers les années, son visage et son corps sont plusieurs fois modifiés pour s’adapter aux goûts de chaque génération. De nombreux accessoires (véhicules, maisons, cuisine, animaux,…), vêtements modernes et historiques, petit-ami (Ken), famille (Skipper) et amis sont créés pour l’entourer.
Pour concurrencer Barbie, les grandes entreprises européennes et américaines de fabrication de poupées sortent leurs propres modèles :

Bella

en France, la société Bella, dirigée par Salvi et Lucie Pi, voit l’arrivée de Barbie en 1963 bouleverser le marché et l’image de la poupée mannequin. La société américaine American Character Doll propose alors à Bella, la même année, d’acheter la licence de leur poupée mannequin Tressy de 30 cm (photo gauche), avec son trousseau et ses catalogues en anglais. Cette poupée a la particularité d’avoir une mèche de cheveux qui peut être raccourcie grâce à un bouton-poussoir situé dans son abdomen ou allongée en tournant une petite clé en plastique dans une fente prévue dans le dos. Elle est articulée aux épaules et aux hanches, la taille est fixe. Dans un premier temps, les vêtements typiquement américains rebutent les clientes françaises. Bella décide donc de confectionner ses propres tenues pour répondre à l’attente du public. Tressy remporte un grand succès et devient l’une des poupées fétiches de Bella. Le corps sera décliné en plusieurs modèles de 1965 à 1979. En 1968, Bella introduit Tressy-cils, même corps que Tressy et mèche réglable, avec petit visage allongé aux traits peints, grands yeux verts en amande et paupières bordées de longs cils noirs implantés. Cette jolie poupée porte les vêtements de Tressy.

En 1981 sort la poupée Bella de 31 cm, à corps et visage identiques à ceux de Tressy, mais sans mèche secrète. Les cheveux, courts et épais, encadrent le visage. Bella est disponible en cinq tenues : ballerine, tennis, marin, jogging, sport.
Inspirés par ce style de poupée plus femme qu’enfant, les Pi créent en 1967 trois poupées aux proportions plus grandes : Leslie, Betsie et Cathie. Leslie (« la super-mannequin ») mesure entre 60 et 62 cm et n’obtient pas le succès escompté. Betsie (50 à 55 cm) est également un échec. Leur commercialisation ne dure qu’un an. En revanche, Cathie plaît au public, devient la vedette chez Bella et figure sur les catalogues de 1967 à 1982 (photo centre). Imaginée par le sculpteur José Cotaïna, cette grande poupée de 43 à 48 cm avec tête en vinyle et corps en plastique possède une longue mèche de cheveux rétractable ainsi que des jambes parfois recouvertes d’un collant en jersey. Dotée d’un trousseau important, la poupée Cathie est l’un des plus gros succès de Bella. Elle fait partie des six poupées de collection représentées sur un bloc de timbres émis par la Poste française en 2009. Son alter ego masculin de 49 cm se nomme Jerry (photo droite). Commercialisé de 1972 à 1975 en trois modèles de tête, il est articulé aux épaules et aux hanches. Son trousseau comprend entre autres des tenues de sports tels que le judo, le ski, le tennis ou le football.

Revenons un peu en arrière : dans le sillage de Tressy, Bella propose en 1966 quatre nouveaux modèles, Nancy, Marilyn, Snouky et Bellita. Nancy, reconnaissable à son front haut, ses immenses yeux bleus-verts en amande et sa grande bouche lippue (photo de gauche), mesure comme Tressy 30 cm et peut donc, comme elle n’a pas de trousseau, porter ses vêtements. Elle est articulée au cou, aux épaules et aux hanches.
Marilyn (photo du centre) est la cousine américaine de Tressy, qui vient tout droit d’Hollywood. C’est en fait la version française de la « Mary make-up » d’American Character Doll. Comme Nancy, elle emprunte le trousseau de Tressy. Dotée de grands yeux bleus en amande et d’une petite bouche épaisse rose pâle, elle est maquillable et démaquillable à volonté, on peut même lui teindre les cheveux et lui vernir les ongles.
La petite sœur de Tressy, Snouky (photo de droite) mesure 26 cm et possède un important trousseau hérité de celui de Cricket (American Character), complété par de nombreux accessoires : sacs, chaussures, guitare, appareil photo, quilles, gâteau, caniche,…Bella a conçu pour Snouky quelques tenues dites « Haute couture », dont une robe de communiante. Son visage à l’expression sage est orné de cheveux mi-longs blonds ou bruns avec une mèche réglable au sommet de la tête.

 

Bellita, tête de Snouky (avec maquillage léger et cheveux mi-longs sans mèche réglable) sur corps de Tressy, est vendue habillée d’une robe fourreau simple de couleur rose unie gansée de blanc. Elle est apparemment réservée à la distribution dans les grands magasins, dans lesquels sont également commercialisés les vêtements de sa garde-robe.
Au tournant des années 1970 arrivent Marie-France (1967), Marion (1972) et Ella (1973).  Sa longue chevelure blonde ou brune coiffée par Carita, Marie-France (photo de gauche) est produite par Bella pour le magazine féminin éponyme. Cette poupée de 45 cm articulée au cou, aux épaules et aux hanches, a des yeux en amande à paupières basculantes bordées de cils, une petite bouche close souriant à peine et un petit nez retroussé. Son trousseau comporte huit tenues créées par le magazine, dont des robes de ville, un tailleur, un ensemble pantalon et une robe du soir. La poupée Many, dans le sillage de Marie-France dont elle reprend les caractéristiques, semble avoir été distribuée uniquement dans certains grands magasins comme le Bon Marché.
Marion (photo du centre) est une grande poupée de 48 cm articulée au cou, aux épaules et aux hanches, offrant un trousseau varié. Son visage triangulaire aux traits peints arbore une chevelure blonde flamboyante, brune ou rousse, des yeux bleus dormeurs en amande à paupières basculantes bordées de cils, une bouche rose fermée aux lèvres pleines et un petit nez épaté.
Quant à Ella (photo de droite), la poupée noire métis de 37 cm, ses tenues disco ou hippies fleurent bon leur époque. Elle a une tête joufflue aux yeux bleus dormeurs à paupières mobiles bordées de cils, une bouche fermée aux commissures relevées et un nez retroussé. Les cheveux longs platine ou brun sont retenus par une barrette. Articulée au cou, elle a des jambes souples en mousse armée recouvertes de jersey.

Puis vinrent les années 1980, et avec elles les poupées Bella Bouclette (photo de gauche), Nathie (photo du centre) et Martine (photo de droite). La première, sortie en 1983, mesure 31 cm et a le même visage que la Tressy de 1979. Elle est caractérisée par des yeux peints regardant de face, de longs cheveux raides avec une raie au milieu, qui peuvent être frisés au moyen de bigoudis et d’une lotion fournis dans la boîte d’origine, et des jambes pliantes. Son trousseau composé de 11 tenues peut être acheté séparément.
Nathie (1983) est une grande poupée de 48 cm qui a le même visage et le même corps que Cathie, des yeux ronds noisette ou verts, une petite bouche rouge fruitée, et des cheveux longs blonds ou bruns coiffés la raie au milieu avec une frange. Son trousseau varié est composé de tenues de soirées, d’après-midi, de mariée, et sportives telles que tennis, gym-tonic, jogging,…accompagnées d’accessoires (chaussures, cintres, slips, sac, broche).
Martine, enfin, dernière mannequin de Bella, est une petite poupée de 23 cm sortie en 1984, articulée aux hanches, et à la taille par des élastiques. Ses yeux bleus rêveurs sont peints, avec un point blanc sur la pupille et des cils dessinés, sa bouche fermée est rose corail et son petit nez retroussé. Les cheveux, blonds, sont retenus en queue de cheval. Un problème de fabrication ayant rendu les Martine impropres à la vente, on suppose qu’elles ont été soldées lors de la liquidation du stock d’usine en 1985.
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Gégé

La société Gégé (nommée d’après les initiales de son créateur Germain Giroud), plus grande entreprise française de jouets à la fin des années 1950 et  employant plus de 1 000 personnes à la fin des années 1960 suite à l’arrivée de la technique d’injection des matières plastiques, sort en 1964 la poupée Mily et en 1968 sa grande sœur Dolly.
Mily (photo de gauche), poupée articulée de 30 cm, est dotée d’une tête en vinyle, d’un visage rond aux traits peints avec de petits yeux bleus regardant de face et de cheveux blonds, cendrés, platine ou bruns avec une raie sur le côté. Son corps est en plastique articulé aux épaules et aux hanches, jambes raides. Elle possède un très important trousseau avec des tenues pour chaque occasion, dont les noms fleurent bon les années 1960 : surboum, twist, yéyé. Ses accessoires sont nombreux : sacs, chaussures, lunettes, montre, bijoux, guitare, jumelles, chien, valise, meubles,… « La poupée mannequin dans le vent », vedette du journal « Lisette » à partir de 1966, connaît, avec son journal intime, un grand succès jusqu’à l’implantation en France de Barbie. Une deuxième version de Mily a les jambes pliantes et des cheveux plus longs, elle est aussi vendue coiffée en chignon dans la tenue « Starlette ».
Dolly (photo droite), grande poupée articulée de 52 cm, a un visage ovale avec des yeux dormeurs aux paupières basculantes, un nez droit et fin, une bouche rose fermée et de longs cheveux bouclés de teintes platine à brune. Elle reprend le corps pivotant de Mily, et se voit également dotée d’un abondant trousseau aux tons vifs et motifs géométriques caractéristiques des années 1970 : robes et jupes courtes, pantalons pattes d’éléphant, longues tuniques ajustées, et aussi lingerie, fourrures, robes du soir et robe de mariée. Pour l’anecdote, la princesse Grace de Monaco la fait habiller en 1974-1975 par des grands couturiers. Outre la concurrente de Barbie, Dolly sera celle de la poupée Cathy de Bella (voir ci-dessus).

  

En 1965, Gégé sort Jacky (photo de gauche), le fiancé de Mily qui deviendra son mari en 1966, et Baby (photo de droite), la petite sœur de Mily. Jacky, 31 cm, visage viril et regard franc, cheveux châtains moulés et peints avec une petite mèche sur le front, a un corps en vinyl dur articulé aux épaules et aux hanches. Son trousseau d’homme moderne  et élégant des années 1960 est bien fourni : costumes de ville, habillés ou décontractés, chemisettes, tenue militaire, smoking, tenue de promenade,…
Baby, 24 cm, a un visage rond de petite fille aux traits peints et aux pommettes roses, avec de petits yeux bleus écarquillés au regard direct, une coiffure en casque avec deux couettes, en plusieurs nuances allant du blond au châtain. Le corps en plastique est articulé aux épaules et aux hanches. Présentée en combinaison de coton blanc à bretelles avec festons bleus et ballerines, elle a une garde-robe avec des tenues aux noms évocateurs : campagne, jeudi, Tuileries, parc Monceau, pique-nique, collégienne,…Il existe deux éditions spéciales de Baby, en tenue de ski et sans couettes : sports d’hiver et Jeux Olympiques de Grenoble 1968.

En 1972, Gégé change de style avec l’introduction d’une série de poupées romantiques créées par Yette de Montbrison, les mignonnettes. Mélusine (photo de gauche), Camille et Pétronille sont des poupées de 46 cm ayant le même visage que la première Dolly, mais avec un teint presque translucide, au fini de poupée de cire ancienne. Yeux dormeurs, paupières basculantes, bouche fermée nacrée rose-orangé et cheveux frisés blonds, châtains ou bruns caractérisent le visage des mignonnettes, dont le corps en vinyl est articulé aux épaules et aux hanches. Elles sont souvent vêtues d’une longue robe fleurie agrémentée de rubans ou de dentelles.
Dolly aussi a un mari, c’est Éric (photo du centre). Créé en 1973, ce grand mannequin de 52 cm à cheveux, barbe et moustache châtains a des yeux dormeurs marrons et une bouche ouverte-fermée, ainsi qu’un corps articulé aux épaules, à la taille et aux hanches. Le tronc et le bassin sont en polyéthylène, les bras en vinyl et les jambes pliantes en mousse armée. Sa garde-robe est limitée : vêtements de ville, de sport, et smoking. Le jeune frère de Dolly, Gilles, est semblable à Éric en version d’apparence plus juvénile, blond glabre aux yeux bleus. Le succès de ces deux jeunes gens (photo du centre) fut éphémère.
La même année, Gégé introduit une grande poupée noire métisse de 52 cm aux très longs cheveux noirs avec frange, Aloa (photo de droite). Le visage, de forme identique à celui de Dolly deuxième modèle (joues pleines et pommettes saillantes),  comporte des yeux dormeurs marrons enfoncés dans leur orbite regardant de face, un petit nez court et retroussé et une bouche fermée ombrée de brun. Présentée en tenue de vahinée colorée avec soutien-gorge et paréo assortis, elle a un trousseau résolument exotique : Hawaï, Tropiques,…mais porte aussi une combinaison-pantalon à pattes d’éléphant.

Kiraz

Les poupées Kiraz (photos), à l’effigie des « Parisiennes » de ce dessinateur (Edmond Kirazian, né au Caire en 1923 de parents arméniens) sont commercialisées de 1966 à 1968. Filiformes et hautes de 26 à 28 cm, ces poupées sexy à la moue boudeuse de top model et aux yeux en amande grands ouverts, futiles et glamour (comme on dirait aujourd’hui) à l’instar de leurs sœurs de papier, ont toutes un prénom : Christine, Virginie, Agathe, Sophie, Dorothée,… Produites par la société Birgé Neufchâteau, elles disposent d’un corps en vinyl souple aux jambes renforcées par du métal pour être positionnables, et sont articulées au cou, aux bras, à la taille et aux jambes. Les cheveux implantés longs, mi-longs ou courts ont des coupes et des teintes variées. La couleur des lèvres est assortie aux nombreuses tenues disponibles.

Caprice

La société Caprice, créée en 1957, est spécialisée dans la confection de vêtements et sous-vêtements pour poupées. Elle fabrique et commercialise en 1964 une poupée éponyme de 27 cm au regard langoureux et au sourire de Joconde, petite bouche rose et nez fin, dotée de cheveux longs aux teintes variées allant du blond au brun en passant par le roux flamboyant, et d’ongles de mains et de pieds vernis (photos). Son corps à la plastique irréprochable est articulé à la taille et aux hanches, et son visage triangulaire maquillé à la main. Ses yeux bleus à cils moulés lourdement soulignés de noir regardent à droite. Ses tenues nombreuses portent des noms évocateurs : frissons, Barbizon, Saint-Germain, rêverie, Deauville,…La chanteuse Sheila lui crée à la fin des années 1960 une ligne de vêtements vendue dans les « boutiques Sheila ».
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Clodrey

Fondée en 1952 à Paris par Claude et Georgette Réfabert, l’entreprise Clodrey est à l’origine de plusieurs innovations : une machine qui permet de fabriquer les premières poupées en polyéthylène pour remplacer le celluloïd ; les Jetpartout, ligne de poupées chiffon très solides à masque souple ; la première poupée française à chevelure implantée (« Brin d’or ») en chlorène ; les yeux coucou, qui suivent l’observateur du regard ; Fanfan, premier poupon électronique, qui pleure tant qu’il n’est pas revêtu de sa couverture ; « Petit frère », premier bébé sexué ; « Marie-Claude », première poupée française parlante et marchante.
Caroline (photo de gauche) sort en 1961 et remporte l’oscar du jouet cette même année : poupée de 24 cm à tête en polyéthylène, elle est dotée d’un corps en sept parties articulées par tenons et mortaises. Son visage rond à front haut et traits peints encadre des yeux bleus au regard espiègle en coin et une petite bouche ouverte-fermée rose. La perruque blonde en chlorène est collée et forme un chignon à l’arrière. On peut lui réaliser une garde-robe complète pour l’hiver et l’été, des déguisements  inédits et des costumes de ville, à partir de pièces de tissu imprimé à découper et assembler.
Fabriquée par Ideal Toy Corporation sous licence Clodrey, Crissy, 48 cm, sort en 1970 (photo du centre). C’est une poupée à tête en vinyl et visage rond juvénile aux traits peints, gros yeux bleus ronds à paupières basculantes et regard de face éveillé, bouche fermée rose-nacré et longs cheveux roux implantés avec mèche réglable  (au moyen d’un anneau fixé sur son dos). Son corps est articulé aux épaules et aux hanches, ses bras en vinyl étant légèrement fléchis. Sa garde-robe se compose de six toilettes différentes.
Également fabriquée par Ideal Toy Corporation sous licence Clodrey, Bettina (photo de droite), 30 cm, est introduite en 1975. Sa tête en vinyl affiche un visage rond aux grands yeux bleus fixes, au nez retroussé et à la bouche fermée orangée, encadré par de longs cheveux blonds ondulés. Le corps articulé aux épaules et aux hanches comporte des membres en vinyl. Sa seule tenue d’origine connue est une robe de mariée.

Au début des années 1960 sont commercialisées aux États-Unis trois poupées similaires à Caroline et dotées comme elle de vêtements prédécoupés : Mary Lou, 23 cm, Rosko, Japon (photo de gauche) ; Popi, 31 cm, American Character,  États-Unis (photo du centre) ; Collette, 24 cm, Cragstan Industries, États-Unis (photo de droite) .

Convert

Fondée en 1830, la maison « M. Convert Fils Aîné » est spécialisée dans la vente de produits artisanaux d’Oyonnax (Ain) : peignes, pipes, parapluies,… Sous la direction de Gustave Convert, la société se lance dans la production de celluloïd. En 1951, la maison devient la SARL « Établissements G. Convert » et continue dans l’exploitation des matières plastiques. Pendant plusieurs décennies et jusqu’en 1983, l’entreprise se spécialise dans la production et la vente de poupées et baigneurs, avant de cesser son activité en 1994.
Convert sort la poupée Babette (photo de gauche), 31 cm, en 1963. Elle arbore une tête en plastisol articulée au cou, avec un grand visage rond aux traits peints, des yeux bleus en amande au regard fixe, une bouche fermée épaisse peinte en rose et des cheveux bouclés bruns ou blonds coiffés en boule. Le corps en polyéthylène est articulé aux épaules et aux hanches. Babette, vendue nue avec seulement ses chaussures blanches, est souvent utilisée pour être vêtue de tenues folkloriques, ou achetée par des sociétés pour créer des lignes de poupées habillées.

Corolle

Corolle est une entreprise française de fabrication de poupées créée en Touraine en 1979 par Jacques et Catherine Réfabert, et  devenue filiale autonome du groupe Mattel depuis 1989. Elle introduit en 1989 son unique poupée mannequin appelée Silhouette (photo de droite), haute de 42 cm, à tête en vinyl souple articulée à la base du cou. Celle-ci possède de petits yeux bleus dormeurs, une bouche rose fermée et de longs cheveux blonds. Son corps, de proportions enfantines, est en vinyl souple articulé aux épaules et aux hanches. Outre deux robes de présentation et neuf tenues en prêt-à-porter, Silhouette propose un livre de couture pour enfants, qui leur permet de confectionner des vêtements à partir de patrons et de tissus à découper.

Delavennat

Société française de jouets située à Oyonnax (Ain) de sa création dans les années 1970 à sa liquidation dans les années 1990, Delavennat est connue pour ses déguisements à l’effigie des grands dessins animés des années 1980, ses panoplies de bijoux, perles et accessoires, ses jeux et figurines et ses poupées. Elle sort à dix ans d’intervalle Perle (1975) et Miss Mode (1985). Perle (photo de gauche) est une poupée de 29 cm à tête en vinyl souple articulée au sommet du cou, visage rond souriant aux traits peints, deux gros yeux bleus ronds regardant de face, petite bouche mince et fermée et longue chevelure platine ou châtain. Son visage sera modifié après 1985 : tête plus grosse, grands yeux mauves bordés de cils, point blanc dans la pupille et cheveux de toutes les couleurs (photo du centre). Le corps comprend un tronc en plastique dur et des membres en vinyl, il est articulé aux épaules et aux hanches et doté d’articulations à rotules pour le deuxième modèle, permettant une meilleure posabilité. Les vêtements peuvent être achetés séparément et suivent l’évolution de la mode : en 1993, Perle compte une vingtaine de tenues accessoirisées pour la plage, l’été, le bal, le sport, le mariage,…ainsi que des meubles équipés d’accessoires : coiffeuse, bureau,…
Haute de 29 cm, Miss Mode (photo de droite) est fabriquée à Hong Kong. Sa tête en vinyl souple aux traits peints présente les caractéristiques suivantes : visage allongé aux pommettes saillantes, grands yeux bleus en amande et regard en coin, bouche ouverte-fermée souriante rose saumon et longs cheveux blonds retombant sur les épaules. Le corps en vinyl beige rosé souple et creux est articulé aux épaules et aux hanches. Son trousseau comporte des robes longues de soirée en lamé, en tulle blanc argenté ou en satin, accompagnées de pochettes argent ou or.
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Idé France

Idé France lance en 1969 la petite poupée de 19 cm appelée Tadie Muz ou Minnie Muz (photo de gauche), dont l’intérêt principal réside dans sa maison démontable richement équipée (photo de droite). Cette poupée articulée aux épaules et aux hanches, entièrement en vinyl, possède un visage carré aux traits peints et à l’expression joyeuse, de grands yeux marrons peints, une bouche fermée souriante aux lèvres rose orangé et une abondante chevelure châtain coupée en un carré mi-long. Sa garde-robe vendue séparément est limitée à des petites robes courtes géométriques style fin années 1960.

Joja

Fabriquée à Macau pour le compte de l’importateur Joja établi dans l’Aube, la poupée Sylvie sort en deux versions de même taille (29 cm), l’une en 1960, l’autre en 1964. La première (photo de gauche) est un clone de Bild Lilli (voir plus haut début du chapitre) en matière plastique dure rose pâle articulée au cou, aux épaules et aux hanches, les jambes étant assemblées au corps par un élastique et les ongles des mains et des pieds peints en rouge. Elle est dotée d’un visage étroit aux traits peints, au teint clair et au maquillage chargé, d’yeux bleus en amande regardant de face, d’un petit nez retroussé, d’une bouche fermée rouge vif et de pommettes rose vif. Les cheveux blonds, noirs ou roux en mohair sont insérés entre la face et l’arrière de la tête, tirés en arrière et maintenus par une queue de cheval. Elle est vendue vêtue d’un maillot de bain une pièce en jersey blanc à rayures rouges, roses ou gris foncé et porte des socques rouges à talons. Sa garde-robe fabriquée à Hong Kong est directement inspirée de celle des premières Barbie.
La deuxième version de Sylvie (photo de droite) a un corps en vinyl dur et creux et une tête en vinyl souple, le tout articulé au cou, aux épaules et aux hanches. Elle possède un visage long aux traits peints, des yeux noirs regardant vers la droite, une petite bouche fermée et une coupe de cheveux inspirée par la Barbie « Bubble cut » ou « Ponytail » dont elle rappelle l’expression. Son maillot d’origine est en jersey de coton bleu ciel, les six tenues proposées étant identiques à celles de Barbie en 1964-1965.

Marki

Marki, société familiale créée au début des années 1970 à Valmont (Moselle) et spécialisée dans le petit jouet, a cessé son activité en 2005. Elle fait fabriquer en 1972 à Hong Kong la poupée Martine (29 cm) à tête en vinyl souple et corps en plastique souple et creux, articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Martine (photo de gauche) a un visage ovale aux traits peints, des grands yeux bleus au maquillage chargé regardant en coin, une bouche rose fermée et des cheveux de nuances variées séparés par une raie médiane. Sa garde-robe illustre la mode des années 1970 : couleurs vives, robes longues ou mini, ensembles pantalons, robes en tricot (photos du centre et de droite). Toujours commercialisée, elle continue à suivre la mode. C’est une poupée bon marché qui se vend en sachets, accompagnée d’une tenue et d’accessoires, également sous le nom de Carine, Chloé, Elsa, Susan, Action Dagy, Tina mod,…

Berchet

Berchet, société fabriquant des montures de lunettes depuis 1945, se diversifie dans le domaine du jouet puis échoue dans les années 1980 à reprendre la marque Bella et à se lancer dans la fabrication de jouets électroniques. Elle décide alors de se recentrer sur la conception de produits originaux et créatifs dans les secteurs du jouet premier âge et du jouet d’imitation. En 1988, la société commercialise le studio de Martine (photo de gauche), espace chambre et salle de bains contenu dans une valisette, qui permet de jouer à habiller, laver, coiffer, préparer ou faire dormir dans un décor pastel rose, bleu et blanc la poupée représentant la célèbre héroïne dont les aventures sont contées dans les livres de Marcel Marlier.
La poupée qui va avec la valisette mesure 23 cm. Elle est articulée au cou, aux épaules et aux hanches, bras et jambes pliables, et arbore un visage ovale aux grands yeux bleus étonnés, un nez retroussé, une bouche ouverte-fermée rose et des cheveux roux avec frange et queue de cheval. Elle est livrée avec son chien Patapouf qui est une petite figurine marron monochrome sans détails et non articulée. Sa garde-robe comporte plusieurs tenues vendues séparément (photo de droite).

Peynet / Technigom

Conçue en 1965 par le célèbre dessinateur Peynet (voir Les poupées célèbres d’hier et d’aujourd’hui) et fabriquée par Technigom, Sophie (photos) est une poupée de 26 cm au petit visage avenant avec traits peints, yeux bleus en amande et regard en coin, bouche fermée rose et souriante, fossettes et cheveux longs souples de teinte blonde, brune ou châtain. Elle a une tête en vinyl souple et un corps en plastique dur rose foncé, articulés au cou, aux épaules et aux hanches, les jambes pliantes étant longues et fines. Vendue soit en maillot de bain une pièce à rayures noires et blanches en diagonale, soit vêtue d’une de ses nombreuses tenues, elle est équipée d’accessoires vendus séparément dans des coffrets : sacs, bijoux, lingerie et boîte à chapeaux.
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Technigom commercialise en 1969 une collection de poupées Sophie intitulée « Robes d’époque », représentant des personnages historiques : photo ci-dessous, Catherine de Médicis à gauche et Marie Antoinette à droite.

 

Billyboy Toys

Billyboy est un artiste touche à tout, modèle, designer, créateur de bijoux baroques, collectionneur de poupées Barbie et de vêtements de haute couture. Il rencontre en 1983 Jean-Pierre Lestrade (dit Lala) à Paris et créé avec lui Mdvanii (prononcer midvani, photos), nouveau concept de poupée : mannequin de haute couture pour adulte anatomiquement correct (proportions, poitrine et pubis), tout en résine, réalisé en séries très limitées et peint à la main en France par la société Billyboy Toys. La poupée sort en 1989 à Londres dans le magasin de luxe Liberty. Haute de 25 cm, en résine teintée rose pâle mat, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle a un visage aux traits fins délicatement maquillé, des yeux bleus peints en amande au regard langoureux, un nez fin et droit, une bouche fermée de couleur assortie à la coiffure ou à la tenue, et des cheveux collés sur le crâne en une coiffure très courte, afin de pouvoir porter les perruques en cheveux naturels réalisées par Alexandre. Mdvanii possède une garde robe raffinée conçue dans l’esprit de la haute couture française, dotée de nombreux accessoires : chapeaux, sacs, gants, bas,…Les tenues portent des noms tels que « Dolce Vita », « Ma petite chérie », « Monaco », « Sortilège », « Vanguard »,…En 1990 sort Dheei, son amie noire, et en 1992 l’indienne Soraya, réalisées dans le même moule que Mdvanii. Rhogit, son petit ami, et Zhdrick, le frère de Dheei, sont lancés en 1991.
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Barbie et ses concurrentes dans les autres pays d’Europe
Italie

en Italie, Ottolini produit Sonia (photo de gauche) tandis que son concurrent Bonomi fait fortune avec Jenny (photo de droite).

Sonia est une poupée de 63 cm en vinyl articulée au cou, aux épaules et aux hanches, sortie vers la fin des années 1950, qui existe aussi en version noire. Son visage ovale aux yeux marrons riboulants et dormeurs esquisse un léger sourire de sa petite bouche rouge fermée. Le nez légèrement épaté, elle porte une perruque de cheveux naturels bruns coiffés courts ou tombant sur les épaules. Ses pieds cambrés sont chaussés d’escarpins moulés et peints. Son trousseau est composé de tenues élégantes.
Jenny, produite de la fin des années 1950 à la fin des années 1960, un des premiers mannequins avec une silhouette d’adolescente, mesure 47 cm. Elle est en polystyrène peint, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, et entièrement montée par élastiques. Son visage rond aux grands yeux bleus dormeurs et riboulants et à la petite bouche rose, encadré d’une perruque blonde, brune ou châtain collée, affiche un air serein.  Elle est distribuée en France dans des boutiques de luxe, notamment « Au nain bleu « , où un trousseau lui est dédié.
Particularité de Véronique (photo de gauche), et non des moindres, elle est habillée par Pierre Cardin, qui lui a créé 15 tenues pour toutes les circonstances  : shopping, cocktail, épouse, soirée, discothèque, thé, opéra, matin, défilé, après-midi, vacances, grand prix, promenade, théâtre, grand gala. Fabriquée par Effe et distribuée en France par Bertin, cette poupée de 45 cm sortie en 1980 qui existe aussi en version noire a une tête en vinyl souple rose pâle et un corps en polyéthylène, articulés au cou, aux épaules et aux hanches. Son visage juvénile à l’air étonné, au maquillage délicat et aux traits fins possède des yeux bleus ronds dormeurs en acétate, une bouche en cœur aux lèvres roses, et des cheveux blonds, bruns ou roux coiffés d’une raie au milieu et attachés en chignon sur la nuque.
Fiba lance Barbara (photo du centre) en 1978, poupée de 45 cm au visage rond juvénile, traits peints et teint clair, maquillage soutenu, yeux ronds dormeurs marrons clairs et paupières basculantes, joues rebondies, nez retroussé, petite bouche rouge vif et cheveux mi-longs blond clair coiffés d’une raie au milieu. Sa tête et son corps en vinyle souple sont articulés au cou, aux épaules et aux hanches.  Cette poupée est vendue en habit Charleston. Une version brune habillée en style années 1920 est vendue sous le nom de Vanessa (photo de droite). Ces deux poupées font partie de la série « Leri moda » (la mode d’hier), illustrant selon les tenues les années 1920 à 1940.

Toujours fabriquée par Fiba, la poupée Judy mode (43 cm, photo de gauche) sort à la fin des années 1970 avec le même corps que Barbara et Vanessa (voir ci-dessus), ces dernières étant la version rétro et Judy la version moderne. Le visage rond aux traits peints, teint chair, arbore une bouche ouverte-fermée rose à la lèvre supérieure épaisse, des yeux bleus dormeurs à paupières mobiles, un nez retroussé et de longs cheveux blonds, bruns ou roux avec une raie médiane. Judy mode porte un pantalon large en coton blanc, un haut à rayures verticales, une ceinture noire, un collier argenté et des bottes noires souples sans talons. Trois tenues l’accompagnent : une longue robe blanche de soirée garnie de croquet rose et d’une églantine à la taille ; un manteau en feutrine verte surpiqué de blanc ; une robe d’été en coton fleuri à volant. Une Judy Jeans sortie en 1975 est vêtue de tenues en jean (pantalon, jupe).
Furga présente les trois amies, « poupées plus belles au monde » sorties en 1965 et très populaires en Italie et en France : Susanna la brune italienne, Sylvie la blonde française et Sheila la rousse américaine. Créées par Fulgido Arpaia, elles sont entièrement en vinyl et articulées au cou, aux épaules et aux hanches. Elles ont toutes les trois un visage ovale réaliste, des yeux fixes bleus ou verts en plastique soulignés de longs cils en coton noir très fournis qui leur donnent un air séducteur, une petite bouche rose pâle et de longs cheveux souples et abondants. Leur garde-robe fournie comporte cinq collections aux noms fleuris (Margherita, Mammola, Begonia, Gardenia, Orchidea) comprenant des manteaux, des robes, des ensembles, des tenues de plage, d’intérieur, de la lingerie, des robes du soir, et des tenues d’infirmière, de carnaval, de danseuse et de mariée. Les accessoires ne sont pas en reste : chaussures, chapeaux, sacs, gants, bijoux, parfums, ainsi que meubles, bagages, mallette. En 1967, Simona, la blonde à frange reconnaissable à son grain de beauté, vient s’ajouter pour former les 4 S (photo de droite, de gauche à droite : Simona, Sylvie, Susanna, Sheila).

Après les 4 S, les 2 V : Valentina la blonde et Vittoria la brune, deux poupées mannequins de Furga de 37 cm, à tête mobile, corps, bras et jambes en vinyl souple d’une seule pièce, commercialisées dans les années 1960 (photo de gauche). Visage juvénile aux traits peints, yeux bleus dormeurs à cils très longs regardant de face, petit nez rond, bouche rouge esquissant un léger sourire, les chevelures sont longues et abondantes. Ces poupées sont dotées d’une importante garde-robe vendue séparément.
Margie, créée par Galletti dans les années 1960, est une poupée de 32 cm en plastique moulé, articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Visage juvénile sage aux traits peints, maquillage simple, yeux peints regardant à gauche, nez retroussé, petite bouche en cœur rouge orangé, elle a les cheveux moulés peints de teinte carotte (photo de droite). Elle possède une garde-robe riche, si l’on en croit son slogan « La bambola dal ricco guardaroba ».

Gabar (anciennement Cabar) sort en 1980 une poupée de 38 cm appelée Carol (photo de gauche). Visage juvénile au teint clair sans maquillage, elle est entièrement en vinyl, articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Elle a de grands yeux ronds turquoises très lumineux regardant de face, dormeurs à paupières mobiles, un nez droit, une bouche ouverte-fermée aux lèvres nacrées et une abondante chevelure blonde, brune ou rousse, courte ou longue, souvent frisée. La jambe droite est légèrement fléchie, simulant la marche. Son habillage d’origine est une combinaison-short forme bustier de jersey soyeux noir à petits pois blancs.
À plus de 30 ans d’écart, deux Corinne sont lancées, l’une en 1965 par Italo-Cremona fabriquée en Italie, l’autre en 1998 par Globo et fabriquée en Chine. La première, 38 cm, tout en vinyl, élégante et raffinée, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, arbore un petit visage triangulaire adolescent au teint rose orangé et aux joues fardées. Elle a des yeux bleus ronds fixes ou dormeurs regardant de face, un petit nez fin, une petite bouche fermée rose aux lèvres épaisses, et une longue chevelure bouclée blonde en diverses nuances, brune ou rousse (photo du centre). Elle est sortie également en version bronzé et noire, ainsi qu’en série spéciale dite « Gaslight Beauties », yeux fixes, peau très pâle et belles tenues à l’ancienne mode avec dentelles. Sur sa boîte est indiqué « la bambole con tanti vestiti » (la poupée aux nombreux vêtements), elle a en effet une imposante garde-robe qui a suivi l’évolution de la mode jusqu’à la fin des années 1970, ainsi que des accessoires, dont ses célèbres lunettes (photo de droite), et du mobilier.
La seconde Corinne est plus grande (45 cm), tête en vinyl souple aux traits peints, corps en plastique creux articulé aux épaules, à la taille et aux hanches, silhouette de jeune fille bien proportionnée. Le visage aux mâchoires carrées arbore un léger sourire sur sa bouche fermée aux lèvres rosées, un petit nez, des yeux marrons en amande cerclés d’eye-liner noir et des longs cheveux châtains bouclés couvrant le front. Elle est vendue en tenues décontractées de la fin des années 1990, dans des circuits de distribution bon marché.
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Italo-Cremona sort à la même période que Corinne deux autres poupées au visage juvénile, Jenni (photo de gauche), 32 cm, en 1964 et Marie-Claire, 30 cm, en 1966. Toutes deux sont entièrement en vinyl, articulées au cou, aux épaules et aux hanches. Jenni a des joues pleines, un assez gros nez, des petits yeux bleus dormeurs regardant de face avec un air rêveur, une bouche fermée aux lèvres épaisses avec un pli du menton marqué, et une abondante chevelure courte frisée ou longue, déclinée en plusieurs nuances. Une particularité : ses deux bras, reliés, se lèvent en même temps. « Vestita da Schubert, pettinata da Alexandre…ora anche snodata » : Jenni est habillée, avec une garde-robe impressionnante de 60 toilettes, par le grand couturier italien Emilio Schubert et coiffée par Alexandre…et maintenant articulée. Dans certaines boîtes, un patron taille enfant permettait à lafillette d’avoir la même robe que sa poupée. Italo-Cremona produit également la même année deux autres poupées de 32 cm à la taille articulée, vendues dans la même boîte d’origine que Jenni, donc habillées par Schubert et coiffées par Alexandre, qui formeront avec Jenni les 3 J.
Considérée comme la petite sœur de Jenni par les collectionneurs italiens, Nancy (photo de gauche) est une poupée de 30 cm fabriquée par Italo-Cremona uniquement pour l’exportation (sous le nom de Kitty, photo de droite, pour le Royaume-Uni et les États-Unis), en 1965. Tête et bras en vinyl souple, corps et jambes en vinyl rigide, elle est articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Visage rond aux traits peints, yeux bleus ou marrons dormeurs regardant de face, nez retroussé, bouche rose en cœur fermée, pli du menton prononcé, ses cheveux longs et abondants sont blonds, platine, bruns ou roux. Nancy possède sa garde-robe vendue séparément.

Toujours à la même période, très productive pour Italo-Cremona, sortent les deux versions de Marie-Claire, poupées en vinyl articulées au cou, aux épaules et aux hanches, à taille fixe, vendues avec leurs garde-robes importantes dans la boutique du magazine Marie-Claire et dans certains grands magasins : Galeries Lafayette, Inno-France, Magasins modernes, Monoprix, Nouvelles Galeries et Uniprix ; le vêtement d’origine est un peignoir bleu en toile de coton uni bordé de biais blanc.
La première version (photo du centre), haute de 29 cm, a le visage ovale, les traits et yeux peints, le  front bombé, le nez assez large, une bouche fermée et sérieuse, les cheveux longs et fournis, et existe en brune aux yeux bleus, blonde aux yeux noisettes et rousse aux yeux verts. Cette version existe en deux modèles : le premier modèle (sorti en 1965) a le regard à gauche, les bras indépendants et les jambes raides ; le second (sorti en 1966) a le regard droit, les bras solidaires, les jambes pliantes,  existe de plus en blonde platine aux yeux verts, et propose des vêtements créés par Victoire portant des noms de fleurs (Jacinthe pour un tailleur, Muguet pour une robe, Coucou pour un déshabillé, Lys pour une tenue de mariée,…) ou de bijoux ; pour Noël 1969, le deuxième modèle  est rebaptisé Fany pour la revue Mon Tricot, qui la propose en vente par correspondance et créé pour elle des modèles de tricot.
La deuxième version (photo de droite), plus grande (31 cm) a un visage plus rond, des traits plus fins, des yeux plus petits regardant à droite, une bouche fermée et souriante, des jambes plus longues, une poitrine moins pointue et pas de nombril.

En 1980, surprise ! une poupée italienne produite par Migliorati porte un poupon articulé en vinyl dans son ventre, où est prévue à cet effet une cavité (photo de gauche) avec couvercle bombé en plastique dur. Maman-surprise, c’est son nom en français dans le texte, qui mesure 40 cm, a une tête en vinyl et un corps en plastique dur articulés à la tête, aux épaules et aux hanches. Elle présente un visage avenant ovale aux traits finement peints, de grands yeux bleus en amande regardant de face soulignés de taches de rousseur, un petit nez, une bouche fermée rose pâle et des cheveux blonds ou bruns avec queue de cheval et frange couvrant tout le front. Sa tenue d’origine est une robe de coton imprimé avec deux poches décalées, l’une portant l’inscription « Maman Surprise », l’autre un dessin de chatte et son chaton (photo du centre).
Un an plus tôt sort Martine, fabriquée conjointement par Migliorati et Fiba, poupée de 44 cm tout en vinyl articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Son visage rond presque enfantin possède des yeux bleus dormeurs à paupières mobiles, un petit nez retroussé, une bouche fermée entrouverte aux lèvres épaisses peintes en rose et des cheveux longs blonds, châtain ou brun bouclés. Elle est vendue vêtue d’une longue robe romantique en tissu rayé blanc et gris bordé de dentelle blanche, avec chapeau assorti (photo de droite).

Dix ans plus tard, voici Anna, produite par Migliorati, poupée souriante de 29 cm à la tête et aux membres en vinyl, au tronc en plastique dur, articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Son visage rond aux traits peints arbore de grands yeux bleus lumineux regardant de face, un nez retroussé, une bouche entrouverte peinte en rose et une abondante chevelure blonde ondulée. Elle est vendue dans un coffret « Anna In » contenant une poupée au teint bronzé, des tenues et des accessoires (photo de gauche) avec le slogan « Una ragazza scottante » (une fille brûlante).
Les deux modèles de la Golden Princess de Sebino, distribués par Singer, se différencient par des détails du visage. Hautes de 48 cm, entièrement en vinyl, articulées au cou, aux épaules et aux hanches, elles présentent toutes deux un visage et un corps juvéniles, des jambes raides et des yeux gris-bleus dormeurs à paupières  mobiles regardant de face. Leur garde-robe est réalisée à partir de patrons, d’instructions de confection, de parties de vêtements pré-découpées, de fils et d’accessoires de couture (fermeture, boutons,…). Six vêtements à coudre sont déclinés :  Corinne, Valérie, Isabelle, Sophie, Aline, Nathalie.  Singer propose la machine à coudre « Golden Panoramic Singer », réplique exacte d’une véritable machine, pour assembler les parties pré-découpées.
Le premier modèle (photo du centre), sorti en 1967, a un visage ovale au grand front orné d’un nez fin et d’une petite bouche fermée aux lèvres rose pâle, entouré de longs cheveux blonds roux avec une raie médiane. Il est vendu en robe rouge à col blanc garnie de guipure blanche.
Le deuxième modèle (photo de droite), produit en 1969, offre un visage plus rond, des joues pleines, un nez plus court et retroussé, une bouche ouverte-fermée sur des incisives et de longs cheveux blonds roux avec une raie à gauche.
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Quelques années plus tard (1973), Sebino lance Bettina, distribuée en France par Convert, poupée de 42 cm tout en vinyl de teinte orangée, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, mains repliées comme celles des Sasha Morgenthaler de Trendon, corps et tête de jeune adolescente. Elle est disponible en deux versions, avec un corps identique et des visages différents. Le visage ovale aux traits peints de la première version, qui arbore un air sérieux, des yeux dormeurs de ce gris-bleu caractéristique de Sebino, à paupières mobiles, un nez fin et une bouche fermée rose pâle, est encadré par de longs cheveux ondulés bruns, blonds ou roux (photo de gauche). Celui de la deuxième version est plus enfantin et esquisse un sourire (photo de droite). Elle possède une garde robe élégante, 12 tenues pour les 12 mois de l’année et quatre pour les occasions importantes, et sera même habillée par Biki, couturière milanaise de renom qui compta Maria Callas parmi ses clientes.

Allemagne

en Allemagne, si Lilli (voir début de chapitre précédent : Barbie et ses concurrentes en France) ne résiste pas à sa grande rivale américaine (la production cesse en 1961), la société Plasty lance en 1964 la poupée Petra qui va perdurer pendant deux décennies. Fabriquée à un coût plus modeste que Barbie, elle est moins élaborée mais son prix de vente lui permet d’attirer sa clientèle. La société Bush sort le mannequin Karina et sa version bébé Karinchen (photo de gauche).
Lilli (photo du centre), créée en 1955 par Max Weissbrodt et fabriquée par O & M Hausser, est, avec sa morphologie adulte, son matériau plastique, ses cheveux implantés en mohair et sa garde-robe riche et variée (plus de 100 tenues conçues par Martha Maar et réalisées par la 3M Puppenfabrik), la première poupée mannequin moderne. Disponible en deux tailles de 29 et 18 cm, son corps élancé et sa tête en plastique dur sont articulés au cou, à la taille et aux hanches. La tête est composée de deux parties qui se rejoignent grâce à une vis cachée sous les cheveux. Elle possède un visage étroit aux traits peints, au teint hâlé et au maquillage élaboré. Ses yeux peints en amande regardent de côté, son nez est retroussé, sa bouche sensuelle fermée très rouge et ses joues ombrées de rose.  Elle est coiffée en arrière, porte une queue de cheval avec, sur le front, une mèche en accroche-cœur. Lilli est généralement blonde aux yeux noirs, parfois brune, auburn ou rousse avec des yeux bleus. Particularité, ses pieds sont très cambrés, dans des escarpins ou mules à talons hauts moulés et peints en noir.  Lilli est vendue habillée, des ensembles supplémentaires,  reflets de la mode des années 1950, étant disponibles séparément : tenues de soirée, de plage, de tennis ainsi que robes de coton et pyjamas. Elle est aussi accompagnée de très beaux meubles.
Petra est une poupée de 29 cm au visage étroit, au front haut et à l’expression sensuelle et grave. Tête et corps en vinyl articulés au cou, aux épaules et aux hanches, elle a les yeux noirs,  le regard en coin et la bouche fermée rouge vif. D’autres versions seront proposées : à perruque interchangeable en 1966, à jambes pliantes et taille tournante en 1967, à jambes droites en 1970, Petra Star (photo de droite) à visage rond souriant,  grands yeux bleus regardant de face et jambes pliantes en  1972, Petra Juwel, Petra Sommerwind, Petra Princess, Petra Festival avec modifications du visage,…Sa tenue d’origine est un maillot en jersey de coton rouge. Sa garde-robe,  imitée de celle de sa concurrente désignée Barbie, est vendue séparément en boîte. Celle de Petra Star, Fred (son fiancé) et Peggy (sa petite sœur)  est imposante, avec plus de 200 modèles ; ils ont une maison avec du mobilier et l’électricité dans chaque pièce ; Pim et Pam, leurs enfants, ont aussi vêtements et accessoires.

 

Fred, le fiancé (ou le frère, selon les sources, mais alors quid des enfants Pim et Pam ?) de Petra, mesure 30 cm et sort en 1967. Une première version, tête et corps en vinyl articulés au cou, aux épaules et aux hanches, a l’air viril, malgré sa constitution plutôt fluette. Yeux marrons regardant droit, nez long et fort, bouche fermée aux lèvres minces de couleur mauve, il a les cheveux moulés noirs et courts, la raie à gauche. Son trousseau vendu en boîte séparée est souvent la copie de celui de Ken, avec des tenues comme « Ski champion » ou « Best man ». Une deuxième version de 1973 (photo de gauche) a les mâchoires plus carrées, un nez plus fin, les yeux bleus, la bouche rose pâle légèrement souriante, les cheveux implantés mi-longs, et surtout un corps d’athlète en plastique dur. Son trousseau suit la mode avec des pantalons à pattes d’éléphant de couleurs vives, et des tenues de sport. Enfin, un Party Fred tardif de 1989 et 31 cm en smoking et nœud papillon a les muscles et tendons bien dessinés, les cheveux moulés et la raie à droite.
Peggy, la petite sœur de Petra, est proposée en deux versions principales. La première (1967, 24 cm, photo de droite), tête et corps en vinyl articulés au cou, aux épaules et aux hanches, a un visage de fillette aux traits peints rappelant Skipper (petite sœur de Barbie), des yeux bleus en amande au regard en coin, une bouche fermée orangée et des cheveux longs et raides, raie au milieu et frange couvrant le front. Sa garde-robe vendue séparément comporte des répliques de tenues de Skipper, comme « Silk’n fancy », « Flower girl », « Happy birthday » ou « Party pink ». La seconde (1975, 23 cm) se démarque de Skipper. Elle a un tronc en plastique dur, un visage plus ovale, des yeux bleus regardant de face, une petite bouche fermée aux lèvres minces et des cheveux mi-longs roux sans frange séparés par une raie médiane.

En 1967, la société Schildkröt, productrice d’un nombre impressionnant de poupées classiques, lance une série de trois poupées mannequins en vinyl : Gaby (équivalent allemand de la française Tressy), Kessy (amie de Gaby) et Babsy (petite sœur de Gaby). Gaby (30 cm, photo de gauche), corps élancé et jambes fines, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, est montée par emboîtement et élastiques. Visage rose pâle ovale à l’expression sérieuse, yeux bleus peints en amande regardant de côté, petit nez droit, bouche fermée rose, cheveux longs blonds, bruns ou roux, elle est dotée comme Tressy d’une mèche « magique » qui s’allonge en appuyant sur un bouton sur l’abdomen et qui raccourcit en tournant une petite clé dans une fente située dans le dos. Sa garde-robe est vendue séparément, sa tenue d’origine étant une robe de coton rouge avec une ceinture blanche tenant sa clé attachée, des chaussures blanches et une culotte blanche.
Traits légèrement peints pour pouvoir la maquiller (comme « Mary make-up » d’American Character) au moyen de deux crayons lavables (un rouge à lèvres et un eye-liner brun), Kessy mesure 30 cm. Articulée au cou, aux épaules et aux hanches, et montée par emboîtement et élastiques, corps élancé et jambes fines, elle n’a pas la mèche magique (voir ci-dessus). Visage sérieux, yeux peints regard côté droit, petit nez droit, bouche fermée rose, ses cheveux sont disponibles en couleurs  blonde, brune ou rousse. Elle est vendue avec une robe rose sans manches (photo du centre), des chaussures blanches et une culotte blanche, son trousseau étant disponible séparément.
Babsy est plus petite (25 cm), corps élancé et jambes fines, elle est articulée et montée comme sa grande sœur Gaby. Visage sérieux, yeux peints regard côté droit, petit nez droit, bouche fermée rose, elle est dotée comme Gaby de la mèche magique (voir ci-dessus).  Son visage a plus de couleur que celui de Kessy et Gaby, avec un léger fard sur les joues. Plusieurs teintes de cheveux sont disponibles telles le blond, le brun ou le miel. Sa tenue d’origine est une robe bleue bordée de blanc (photo de droite), des chaussures blanches et une culotte blanche, sa garde-robe étant vendue séparément.
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En 1984 sort chez Schildkröt un couple de poupées mannequins de 47 cm en vinyl doux, Hannerl (photo de gauche) la fille et Twen (photo du centre) le garçon. Articulées au cou, aux épaules, aux coudes, aux hanches et aux genoux, elles peuvent toutes deux être baignées. Hannerl a un corps mince de jeune femme, un visage allongé sérieux, des yeux dormeurs, un nez droit, une bouche fermée et des cheveux très longs blond platine. Vendue d’origine en combinaison anorak marron et béret blanc, on la trouve également en tenue de princesse, Blanche- Neige et la Belle au Bois Dormant. Twen a  un corps mince de jeune homme, un visage allongé sérieux aux traits masculins marqués, des yeux dormeurs, un nez droit, une bouche large fermée, un menton prononcé et des cheveux mi-longs blond platine.
Fabriquée en Chine pour Simba Toys, Steffi Love, poupée sexy de 29 cm, sort en 1990. Tête et jambes en vinyl, tronc et bras en plastique dur, elle est articulée au cou, aux épaules et aux hanches, taille pivotante. Visage rond aux traits peints, elle arbore un air serein, de grands yeux bleus turquoise regardant de face, un petit nez, une bouche fermée rouge pâle et de longs cheveux blonds avec une frange. Vendue dans différentes tenues (« Life style », « Beach party », « Robe brillante »), elle est accompagnée de vêtements vendus séparément et de nombreux accessoires : voiture de safari, camping-car, cheval d’équitation, carrosse de Cendrillon, matériel de vétérinaire ou de nursery, moto, VTT,…On l’aura compris, Steffy est très active, mais elle trouve tout de même le temps de fonder une famille avec Kevin, la petite Efi et bébé (photo de droite).

Grande-Bretagne

en Grande-Bretagne, la poupée Sindy de Pedigree Soft Toy, conçue par Dennis Arkinstall, apparaît en 1963 avec l’accroche publicitaire « The doll you love to dress » (la poupée que vous adorez habiller, photo de gauche). Elle est distribuée en France dès 1964 par la société Meccano. Lancée à grand renforts de publicité écrite et télévisée, elle connaîtra un franc succès tout au long de ses 40 années d’existence. Preuve de son succès international, elle est baptisée par le journal « Lisette » en 1964 « L’idole des copines » et en 1965 « La vraie petite jeune fille à la page ».
C’est une poupée de 30 cm à tête en vinyl et corps en plastique dur articulés au cou, aux épaules et aux hanches. Elle arbore un visage avenant d’adolescente aux traits peints et aux yeux bleus regardant à droite, un nez retroussé, une bouche fermée rouge orangé et des cheveux blonds, brun ou auburn coiffés en boule et retenus par un serre-tête rouge. Elle est vite rejointe par une famille (Paul son fiancé et Patch sa jeune sœur, voir ci-dessous), des amies (Mitzi et Vicky, voir ci-dessous) et des amies de Patch (Poppet et Betsy, voir ci-dessous). Sindy s’accompagne de multiples habillages, accessoires et meubles suivant l’évolution de la mode, vendus séparément. Sa tenue de présentation est « Weekenders » : jean, haut rayé et tennis blanches. Certains de ses vêtements sont d’authentiques créations de célèbres stylistes anglais, comme David et Elisabeth Emanuel, qui ont à leur actif la robe de mariée de la princesse Diana. Les huit premières tenues sont dessinées par les stylistes Tuffin & Foale et miniaturisées par Valerie Sanders, elles portent des noms évocateurs : « Lunch date », « Sleepy time », « Dream date », « Shopping in the rain », « Poney club ».  Elle a aussi des robes en prêt-à-porter, dont les patrons figurent dans un livre édité par Robert Wools.
Elle subit des modifications fréquentes et connaît de nombreuses versions : « Walking Sindy » en 1969, une nouvelle « Basic Sindy » et « Lovely lively Sindy » en 1971, une autre « Basic Sindy » et « Active Sindy » en 1974, « Royal occasion Sindy » à l’occasion du Jubilé d’argent de la Reine en 1977,…suivent d’autres modèles avec un nouveau visage, conçus en 1986 par un nouveau designer : « Fun time Sindy », « Disco magic Sindy », « Starlight Sindy », « Silver skater Sindy », « Magic moments Sindy », « Sindy goes to Dallas », « Jazzdance Sindy », « Snow princess Sindy », « Romance and roses Sindy », « Ballerine Sindy » et « My first Sindy ».
Mais la concurrence est rude : en 1987, après la cessation d’activité de Pedigree, Sindy est rachetée par la société Hasbro qui la commercialise en 1990 (ainsi que Paul) sous de nouveaux corps et visage (photo de droite) avec une nouvelle accroche « New look city girl » (la fille urbaine au nouveau look).

Paul ne tarde pas à rejoindre sa fiancée Sindy, en 1965. Clin d’œil aux Beatles, auxquels il emprunte le prénom de Mac Cartney et le styliste Hardy Amies. Il mesure 32,5 cm, tête et membres en vinyl, tronc en plastique, articulés au cou, aux épaules et aux hanches. Son visage rond d’adolescent aux traits peints arbore un léger sourire de sa bouche fermée rose pâle, des yeux gris au regard de face, un nez épaté et des cheveux moulés peints châtain foncé. Sa tenue de présentation est « Casuals », jean et pull rouge ou vert à col roulé, tennis blanches. À l’instar de Sindy, sa garde-robe est importante (photo de gauche) et comprend des tenues décontractées comme « Casuals » ou « Seaside », ainsi que des ensembles habillés comme « Time off » ou « London look ». Les vêtements sont vendus en boîte séparée, avec les accessoires : sandales, sac, lunettes, peigne, rasoir,…Un modèle de 31cm à cheveux implantés bruns apparaît brièvement de 1967 à 1968. Comme Sindy, Paul sera repris par Hasbro en 1987.
La jeune sœur de Sindy, Patch, est une fillette de 23 cm sortie en 1966. Avec sa tête et ses membres en vinyl, son tronc en plastique, articulés au cou, aux épaules et aux hanches, elle porte une tenue de base décontractée : jean à plastron sur corsage pointillé rouge et blanc à manches courtes bordé de blanc à l’encolure, foulard et rapiéçage sur jambe droite assortis au corsage, chaussures plates blanches (photo de droite). Sa garde-robe vendue séparément est signée Miss Oxford. Elle a un visage rond souriant à l’expression espiègle, des traits peints, des yeux bleus regardant à gauche soulignés de taches de rousseur, un petit nez retroussé, une bouche en cœur rouge orangé et des cheveux blonds, bruns, châtains ou roux coiffés en carré court avec frange.
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De la même taille que son amie Sindy, Mitzi la petite française au pair introduite en 1967 peut en partager la garde-robe. Entièrement en vinyl et articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle arbore un visage sérieux aux traits peints et aux grands yeux bleus regardant à droite, un nez fin, une large bouche fermée aux lèvres pleines et roses, et des cheveux longs roux flamboyants ou plus rarement blonds. Sa tenue d’origine (photo de gauche) est un pull bleu à coll roulé et manches longues, avec béret assorti, jupe portefeuille verte fermée par une épingle à nourrice, chaussures basses vertes assorties à la jupe. Mitzi est livrée avec un charme, une tour Eiffel miniature, qui va sur le bracelet doré de Sindy.
Sindy a aussi une amie anglaise, Vicky, sortie en 1968, avec la même taille et le même corps que Mitzi. Elle a un visage souriant, les traits et les yeux peints, bleus et regardant à gauche, un nez fin, une large bouche avec dents apparentes peintes et des cheveux blonds bouclés, coiffés en boule. Elle est vendue avec un haut sans manches rose, une jupe violette avec rubans vert et rose et des chaussures blanches à talons (photo du centre). Comme Mitzi, elle peut partager la garde-robe de Sindy, et est livrée avec un charme représentant une raquette de tennis.
Betsy, l’amie américaine de Patch sortie en 1967, est une poupée de 15 cm en vinyl articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Visage souriant de petite fille aux traits peints, yeux bleus au regard droit, petit nez rond, bouche large souriante, cheveux longs blonds ou bruns avec frange, elle porte comme vêtement d’origine une robe rouge bordée de dentelle blanche, une culotte blanche et des chaussettes blanches (photo de droite). Dans son trousseau, on trouve deux nuisettes « Sleep tight », une tenue de jeu « Fun and games » et une robe « Party time », le tout avec des accessoires : brosse, peigne, miroir, chiot Hector avec sa laisse, son bol et son os, sac à main avec bouquet de fleurs.

Poppet, l’autre amie de Patch sortie en 1967, a la même taille qu’elle et peut porter ses vêtements. Tête et membres en vinyl, corps en plastique, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle est vendue avec une jupe écossaise, un pull rouge, des chaussettes blanches et des chaussures noires (photo de gauche). Elle a un visage souriant de fillette aux traits peints, des yeux bleus peints regardant côté droit, un nez large retroussé, une bouche fermée souriante et des cheveux bruns ou roux coiffés en carré. Un blazer, des chaussures blanches à nœud moulé ainsi qu’un charme en double cœur sont inclus dans sa boîte.
Connue sous le nom de Suky à partir de 1974, et de Suzy en Europe de 1974 à 1976, cette petite poupée au corps de femme de 15 cm est fabriquée par Lesney et distribuée par Matchbox. Tête et membres en vinyl, tronc en plastique, articulée au cou et aux épaules, taille pivotante, ses mains lui permettent de tenir des accessoires. Elle a un visage ovale d’adolescente à l’expression mélancolique avec de grands yeux bleus cerclés de noir au regard direct, un petit nez retroussé, une bouche fermée rouge, et des cheveux blonds, bruns ou châtains mi-longs roulés ou longs avec une raie médiane. Six tenues d’activité sont proposées à sa sortie : « Ballerina » (photo du centre) , « Nurse », « Tennis player », « Horse rider », « Skater », « Shopper ». En 1975, avec meubles et accessoires : « Picnic », « Home cleaning », « Camping », « Wedding », « Cinderella », « Cooking ». En 1976, « Swimmer » et « Bedtime ». En 1978, « La maison de Suky », « Fashion show » et « Suky mode », six tenues vendues séparément.
Élégante poupée aux coiffures travaillées et au trousseau composé de tenues de soirée en tissus chatoyants dans le style des années 1980, Sarrah (photo de droite) est fabriquée par Wellco et distribuée en France par Socojou. De taille 29 cm comme beaucoup de poupées mannequins (Barbie, Lilli, Anna, Petra, Miss mode, Perle, Sylvie, Martine,…) et lancée en 1980, tête et membres en vinyle, corps en plastique, elle est articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Son visage aux traits peints et à l’expression calme possède des yeux bleus en amande regardant de face, un nez long et droit, une large bouche rouge fermée et des cheveux longs bruns, blonds ou roux.
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En 1973, la célèbre styliste anglaise Mary Quant (créatrice de la mini-jupe et du mini-short) lance en association avec la société Flair Toys la poupée Daisy (photo de gauche). Le symbole porte-bonheur de Mary Quant est la marguerite, d’où le nom de Daisy. Elle sera commercialisée jusqu’en 1983 et distribuée en France par la société Raynal sous le nom de « Daisy, la poupée romantique » , avec mobilier et deux séries de tenues : la « Collection boutique » et la « Collection couture ». Selon l’accroche publicitaire, Daisy est « The best dressed doll in the world » (« la poupée la mieux habillée au monde »). Haute de 23 cm, tête en plastique et corps en vinyl aux jambes longues, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle arbore un visage juvénile aux traits peints, de grands yeux bleus ronds regardant à gauche, un nez légèrement épaté, une petite bouche rose vif et des cheveux longs et bouclés de nuances variées. Avec des centaines de  tenues différentes, sa garde-robe illustre la mode des années 1970 et l’originalité de la styliste. Les matériaux utilisés incluent le satin pour les longues robes de soirée, le jersey extensible de nylon/polyester pour les T-shirts, la fausse fourrure pour les vestes et chapeaux assortis, et le denim pour les  jeans, gilets, chapeaux, jupes et salopettes. Le coton est à usage multiple : longues robes gitanes, blouses, tabards, mini-jupes,…et les fleurs, bandes et pois sont omniprésents. Les chaussures ne sont pas en reste : socques à plates-formes, sandales multicolores et go-go boots. Daisy possède aussi une maison et une collection de beaux meubles reflétant la mode des années 1970 dans la cuisine et le style victorien dans la chambre. Elle possède de plus vélo, scooter et animaux de compagnie (le chien Spot et le cheval Archie). À l’instar de Sindy, elle se décline en de nombreux modèles :  « Darling Daisy », « Brunette Daisy », « Skating  Daisy », « Dizzy  Daisy », »Dashing  Daisy », « Three styles  Daisy », « Walking along  Daisy », « Country style  Daisy »,  « Britania Daisy » proposée en 1977 pour fêter le 25e anniversaire du règne de la reine Elisabeth II, « Daisy long legs », poupée marcheuse de 38 cm,  et « Career girl  Daisy ». Un livret à thème est édité chaque année, mettant en valeur les activités et les tenues de la poupée. Elle a évidemment une famille et une amie : Bubbles, petite sœur de Daisy, mesure 19 cm, et a les cheveux courts implantés avec une coupe au carré ; Squeak le petit frère mesure 12 cm, il a les cheveux moulés noirs et un pouët (squeaker en anglais) dans le corps ; la meilleure amie de Daisy, Amy, est brune avec raie sur le côté, ses cheveux sont raides et arrivent aux épaules.
À la même époque, la société Palitoy produit une poupée de taille plus réduite (17 cm) nommée Pippa. Distribuée en France par Meccano, elle possède une impressionnante garde-robe : durant les années 1970, 48 nouveaux vêtements sortent par an (photo de droite) ! Tête et membres en vinyl, corps en plastique, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, la version de base présente un visage aux traits peints et à l’expression neutre, des yeux bleus au regard direct, une petite bouche fermée rose et de longs cheveux blonds. Pippa (et toutes ses versions telles que Princess, Gala occasion,…), ainsi que les amies Marie, Britt, Mandy, Penny, Gail, Karine et Tchou sont toutes produites avec le même moule de tête. Chaque visage est rendu unique en jouant sur le ton de la chair, la peinture faciale, la couleur des yeux, la coiffure et la couleur des cheveux. Tammie, Rosemary et Emma utilisent un autre moule de tête, avec un petit sourire enjoué et des fossettes. Jasmine a une tête à part, seule amie à ne pas avoir de cils implantés. En 1973 apparaissent des versions dansantes pour Pippa, Princess Pipa, Tammie, Marie et Britt : un mécanisme dans le torse, attaché à un bras, déclenche la danse lorsqu’on bouge le bras. Pour en revenir à la garde-robe, elle se décline en collections inspirées des grandes capitales du Monde et comprend des vêtements qui reflètent la mode des années 1970, pour toutes les occasions (sortir, voyager, flâner, se marier,…) et tous les métiers (infirmière, hôtesse de l’air, secrétaire, princesse,…). Pippa a sa maison, son studio et son fiancé Yan (ou Pete, chez Palitoy), qui possède sa garde-robe pop.
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Après la réussite de la Tressy d’American Character aux États-Unis, fabriquée sous licence française (voir Bella plus haut), celle-ci arrive en Angleterre en 1964, fabriquée sous licence américaine par la société britannique Palitoy. Elle est bientôt suivie de sa petite sœur Toots (Cricket aux États-Unis) en 1965 et de ses amies Mary Make-Up en 1967 et Sheena en 1973. La Tressy anglaise est physiquement identique à l’américaine : 30 cm, en vinyl, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, bras et jambes raides et les yeux peints, elle possède la mèche magique (voir Bella plus haut). Elle en diffère par le vinyl rose pâle qui donne à son visage un aspect translucide, voire brillant. La Tressy anglaise remporte comme sa consœur américaine un vif succès, et sera proposée en quatre versions jusqu’au début des années 1980 :
Tressy n°1 a les jambes raides, les yeux bleus regardant à droite, et les cheveux longs sans frange blonds, auburn, châtains ou bruns. Elle est vendue habillée d’une robe fourreau citron, turquoise ou rose avec une petite chaîne en ceinture, une culotte blanche et des mules ouvertes à hauts talons blanches (photo de gauche).
Tressy n°2, fabriquée de 1969 à 1973, a les jambes raides, une nouvelle tête plus ronde, les yeux bleus regardant de face, et les cheveux longs avec frange blonds, roux ou bruns. Elle offre des accessoires complémentaires : brosse et pinces à cheveux, rubans, barrettes et bigoudis. Sa tenue de présentation est une robe courte en nylon bleu ou en lamé argent, or (également en versions longues) ou rouge, avec culotte blanche et mules fermées à talons blanches (photo du centre).
Tressy n°3, ou Super Tressy, sort en 1976, corps en plastique dur et tête en vinyl avec les cheveux plus courts, taille, coude et poignets pivotants, et une clé permanente fixée dans le dos. Vendue avec un nécessaire à teinture de cheveux, soit seule en boîte soit incluse dans le set « Tressy salon de coiffure » vêtue d’un ensemble de coiffeuse pantalon et haut en tissu imprimé à fleurs avec mocassins fermés (photo de droite).

Tressy n°4 apparaît en 1979, bras et jambes en vinyle souple qui plient et gardent la pose, poignets articulés, taille pivotante, clé permanente fixée dans le dos. Elle est vendue habillée d’une robe avec haut uni bleu ou rouge et jupe en vichy assortie (photo de gauche).
Une curiosité, la Tressy fabriquée pour le marché allemand en 1979, Goldköpfchen (petite tête blonde), commercialisée en Allemagne par Plasty/Airfix (photo du centre).
Toots, la petite sœur de Tressy, est une poupée de 24 cm sortie en 1965. Entièrement en vinyl, son corps de jeune fille sans poitrine est articulé au cou, aux épaules et aux hanches. Son visage enfantin à l’expression sérieuse et aux traits peints regarde à droite avec ses yeux bleus peints, son petit nez fin, sa bouche fermée rose et ses cheveux roux dotés de la mèche magique. Elle est vêtue d’origine d’une tenue de danseuse avec tutu et chaussons blancs , et dispose d’un large trousseau et d’accessoires vendus séparément (photo de droite).

Une version tardive de Toots appelée Silky, 25 cm, produite par la filiale Bradgate de Palitoy , sort en 1976, également avec la mèche magique, mais avec une clé permanente dans le dos. Entièrement en vinyl, son corps de femme avec poitrine est articulé au cou, aux épaules et aux hanches. Visage sérieux, yeux peints regard de face, nez droit, bouche fermée rose, cheveux implantés en coupe boule de nuances blonde ou brune, sa tenue de présentation est un ensemble tunique rayée blanc-rouge-jaune-bleu et pantalon rouge (photo de gauche), ou un ensemble rouge de style marin composé d’un haut avec cravate rayée et d’une jupe.
Meilleure amie de Tressy, Mary Make-Up a le même corps, de 30 cm, mais sans les équipements de la mèche magique qu’elle ne possède pas. En revanche, elle a un vernis spécial sur le visage qui permet de nettoyer et de maquiller ses paupières, ses sourcils et ses lèvres, ainsi que des produits spéciaux pour peindre ses ongles et teindre ses cheveux. Visage sérieux, yeux bleus regardant côté droit, nez droit, bouche fermée, cheveux coiffés coupe boule avec frange, elle a comme tenue de présentation une robe rouge ou bleue avec manches longues rayées assorties, un bandeau assorti pour tenir les cheveux pendant le nettoyage/maquillage, une culotte blanche et des mules blanches ouvertes (photo du centre). Des tenues et chaussures supplémentaires sont vendues séparément.
Autre amie de Tressy, Sheena mesure 46 cm et sort en 1973. Cet équivalent anglais de la Cathie de Bella (voir plus haut), tout en vinyl articulée au cou, aux épaules et aux hanches, est dotée de la mèche magique. Visage souriant, yeux dormeurs généralement bleus, parfois marrons, nez droit, bouche rose légèrement entrouverte souriante, elle a les cheveux blonds en coupe boule. Vendue en tailleur pantalon en lurex mauve avec chaussures assorties (photo de droite), son trousseau se compose de cinq tenues disponibles séparément : « Belle of the ball », « Summertime », « Cap it all », « Anchors aweigh », « Gipsy girl ».
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Alter ego féminine du populaire Action man pour les garçons produit par Palitoy, Action girl est une poupée de 28 cm (photos), clone de la Dollikin américaine d’Uneeda, qui a concédé une licence à Palitoy pour la fabriquer et la commercialiser de 1971 à 1977. Tête en vinyl et corps de femme  en plastique avec poitrine articulés au cou, épaules, coudes, poignets, hanche, genoux et chevilles, taille tournante, elle a un visage sérieux aux traits peints, des yeux bleus pâle regardant à droite, un nez épaté, une bouche rose épaisse fermée et des cheveux longs blonds, platine, roux, châtains ou bruns avec une frange. Les différences avec Dollikin sont mineures : cette dernière regarde de face avec des yeux bleus foncés, a trois cils peints sur la paupière supérieure et une queue de cheval. La tenue de présentation d’Action girl est constituée d’une combinaison une pièce unie, avec une ceinture-foulard ou avec le haut fleuri, et de bottes. Une garde robe très importante est vendue séparément, ainsi que des accessoires et du mobilier.

L’une des poupées les plus originales de Palitoy est sans doute Nurse Carol. Lancée au début des années 1960, elle est vendue avec deux bébés jumeaux et porte une tenue de sage-femme de l’époque : robe bleue, tablier blanc, ceinture rouge, bas noirs et cape blanche (photo de gauche) ; elle porte également un  soutien-gorge,  une culotte et des chaussures à talons hauts. Haute de 38 cm, tout en vinyl, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle a un visage sérieux et l’air paisible, des yeux dormeurs bleus ou marrons, un nez droit, une petite bouche fermée rose, et des cheveux bruns ou blonds bouclés encadrant le visage avec frange.
La populaire série des Dolly Darlings de Palitoy a des racines américaines : en effet, ces petites poupées mannequins de 10 cm qui peuvent être emmenées partout sont créées par Hasbro au milieu des années 1960, avant d’être produites et distribuées en Grande-Bretagne par Palitoy sous licence Hasbro. En vinyl, articulées au cou, aux épaules, aux hanches et aux jambes, elles ont un visage sérieux, des yeux peints regardant à gauche, un petit nez en relief, une petite bouche en cœur ouverte laissant apparaître une incisive supérieure, et des cheveux implantés (ceux des Hasbro sont moulées) en diverses longueurs, teintes et coiffures. Une particularité : le bras droit est tendu et la main revient en position « danseuse » vers le corps. Les Dolly Darlings de Palitoy sont proposées en de nombreuses tenues, dont le prix modique a contribué à leur succès : « Sleigh ride », « Tam O’Shanter » (photo du centre), « Sunny day », « Lounge suite », « Strawberry fair », « Outdoor sporty », « School days », « Slumber party », « Tea time » (à gauche photo de droite), Go team go », « Boy trap », « Hipster », « Summer day », « Casual ».

Les poupées Faerie Glen sont surtout réputées pour la qualité et l’étendue des tailles de leurs vêtements, chacun portant une étiquette en soie avec la marque et l’image d’une fée. Les plus connues sont Gigi (38 cm, photo de gauche), Jackie (51 cm), remarquables toutes deux par leurs grands yeux scintillants et leur absence de vernis sur les doigts et orteils, et Tina (30 cm, photo de droite). Gigi, introduite en 1962, porte des tenues décontractées et habillées, parmi lesquelles une élégante robe de soirée en dentelle noire sur taffetas rouge, et une robe de bal en nylon blanc tontissé ornée de tresses noir et or avec un corsage noir sans bretelles en velventine. Tina, adolescente de taille Sindy, introduite en 1967, tout en vinyl, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, a un visage ovale aux traits peints, de grands yeux bleus regardant à droite, un nez retroussé, une bouche rouge en cœur et des cheveux courts blonds, bruns, auburn ou carotte.
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Le nom commercial de Chiltern est utilisé à partir de la fin des années 1950 par H.G. Stone & Co., filiale de L. Rees & Co., producteur de poupées et d’animaux en peluche de qualité depuis les années 1900. Chiltern fabriques des poupées adolescentes de grande taille, dont celle de la photo ci-dessous, haute de 48 cm, qui seront populaires dans les années 1960 jusqu’à ce que les poupées plus petites de type Sindy viennent les détrôner. Son visage agréable à l’expression étonnée inclut de grands yeux bleus dormeurs à longs cils, un nez retroussé, une petite bouche rouge fermée et des cheveux blonds courts ondulés coiffés en arrière. Articulée au cou, aux épaules et aux hanches, son corps svelte révèle un début de poitrine, et ses ongles de pieds et de mains sont vernis. Elle porte une élégante robe sans manches en nylon rose et grise à volants, à motifs de fleurs et de feuilles noires, et des sandales blanches à hauts talons.

Espagne

en Espagne, la société Famosa, née à Onil (province d’Alicante) en 1957 du regroupement de 26 petites entreprises, rencontre durant une quinzaine d’années un beau succès avec la poupée Nancy (photo de gauche), son copain Lucas et Lesly, sa petite sœur. De taille plus grande (42 cm) qu’une poupée mannequin standard, Nancy est sculptée par Agustin Juan Alexander  (Tino Juan) et commercialisée à partir de 1968 avec des vêtements plus proches de ceux d’une adolescente que les tenues plus adultes que confectionne Mattel pour Barbie. Tout en plastique injecté de couleur chair (elle existe aussi en teints métis noir ou noir), articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle a un grand visage juvénile doux au large front et au maquillage discret, des yeux dormeurs bleus ou marrons avec un regard vif de face, un petit nez retroussé, une bouche fermée légèrement souriante rose tendre et des longs cheveux blonds en nylon bruns, roux ou noirs séparés par une raie médiane. Première poupée espagnole à porter des pantalons, Nancy possède une garde-robe très complète (ainsi qu’une armoire en bois) adaptée au goût d’une jeune adolescente des années 1970 et 1980, qui atteint le nombre de 68 robes en 1989. Face à la déferlante Barbie qui arrive en Espagne en 1978, Famosa réagit avec  « Nancy mannequin », plus sexy que Nancy. Mais le public réclame le retour de la poupée originale, et en 2000 sort « Nancy collection », une édition limitée à six modèles différents par an. En 2004 est lancée  « Nancy top », avec une image plus décontractée qui fait penser aux Bratz. Suite à une  enquête auprès des fans de Nancy, Famosa réédite une Nancy noire aux cheveux courts  en 2009 (photo du centre).
Nancy a une compagne qui a le même corps qu’elle mais une tête issue d’un moule différent, Selene :  Cette amie extra-terrestre a les cheveux bleutés et son regard s’illumine dans l’obscurité (photo de droite). Lancée en 1980, tout en vinyl, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, ses yeux verts ouverts clignotent lorsqu’on tourne son médaillon jaune magique.

Famosa sort également dans les années 1980 la poupée Darling (photo de gauche), blonde flamboyante de 30 cm aux grands pieds. Visage de jeune fille aux traits peints, grands yeux turquoise regardant de face, bouche fermée rose à large sourire et longs cheveux blonds gonflés retombant sur les épaules, elle est dotée d’une tête en vinyl et d’un corps en plastique articulés au cou, aux épaules et aux hanches. Vendue en robe fourreau bleue à large ceinture en lamé nouée sur les hanches et blouson doré, sac rouge, chaussures et collants noirs, elle dispose d’un large trousseau : robes de ville, de cocktail, de soirée, déshabillé, tenues de sport et de détente.
Son concurrent Novogama lance en 1967 Laura, une blonde au carré mi-long de 29 cm (photo de droite). Tête en vinyl et corps en polyéthylène, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle a un visage rond juvénile aux traits peints, de petits yeux bleus regardant de face, un nez épaté, une bouche fermée rouge orangé et des sandales moulées à talons compensés peintes en rouge. Laura est vendue dans un coffret avec anse métallique contenant un mannequin de couture à sa taille, un nécessaire de couture et six patrons : mini-jupe, robe d’après midi, manteau, uniforme de collégienne, ensemble de nuit, tenue de plage. Son ensemble de présentation est une robe écossaise cintrée en haut à jupe plissée, col et emmanchures ourlées de blanc, et visière large assortie formant chapeau, par laquelle ressortent les cheveux en queue de cheval.
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Novogama produit aussi ses Tressy, « La muñeca  de los mil peinados », la poupée aux mille coiffures, dotée d’un mécanisme de mèche magique (voir Tressy de Bella plus haut). Deux modèles de 43 et 50 cm en 1964, en vinyl articulés au cou, aux épaules et aux hanches, corps et têtes de fillettes, visage sérieux, yeux bleus dormeurs, nez retroussé, tâches de rousseur, bouche fermée, ils ont les cheveux blonds ou roux, longs ou courts. Livrées avec leurs accessoires de coiffure, chaque poupée a sa tenue d’origine : robe courte sans manches bleue ciel à pois et col blancs, chaussettes et chaussures blanches (photo de gauche) pour la 43 cm, jupette bleue marine et chemisier blanc à parements bleus, chaussettes et chaussures blanches (photo du centre) pour la 50 cm.
Un modèle de 30 cm en vinyl articulé au cou, aux épaules et aux hanches, visage et corps de jeune femme, sort en 1969. Traits peints, yeux bleus regardant de côté, nez fin et droit, bouche rose fermée, les cheveux sont de nuances variées : blonde, cendrée, platine,auburn, brune. Sa tenue d’origine est une robe en jersey de coton fin rouge, bleu ou vert bordée de blanc au col et emmanchures, avec ceinture-cordelette blanche, culotte et escarpins blancs (photo de droite).

Pays-Bas

Née en 1978 de la colère de l’entreprise hollandaise Otto Simon de se voir refuser le renouvellement par Pedigree de sa licence de distribution de Sindy aux Pays-Bas, Fleur (modèles Belle Fleur et Basic Fleur) est conçue et réalisée très rapidement sur le modèle de Sindy, son trousseau étant inspiré de la mode du moment telle que couverte par les magazines féminins comme Margriet ou Libelle. Le succès est immédiat aux Pays-Bas et dépasse celui de Sindy et Barbie. Il n’est cependant  pas prolongé à l’exportation. La direction d’Otto Simon décide à la fin des années 1980 de confier la conception à l’Angleterre, ce qui débouche sur les modèles New look Fleur (Disco dance, Look around), désapprouvés par le reste de l’entreprise et boudés par le public. La production cesse en 1988.
Fleur est une poupée de 30 cm à tête en vinyl et corps de femme avec poitrine en plastique articulés au cou, aux épaules et aux hanches, taille pivotante, bras, jambes et chevilles pliantes. Son visage rond juvénile aux traits peints arbore un léger sourire de sa petite bouche orange fermée, de grands yeux bleus ronds regardant à droite, et de longs cheveux blonds frangés retenus par une queue de cheval. Sa tenue de présentation est un T-shirt vert portant l’inscription « Fleur », une jupe imprimée de fleurs vertes et bleues et des chaussures à talons compensés (photo de gauche). D’autres tenues sont vendues séparément, ainsi que des accessoires et du mobilier. Au début des années 1980, un modèle nommé « Fleur Promotie » (Fleur promotion, photo du centre) est commercialisé avec un visage différent, les yeux plus petits et le visage plus allongé, plus connu sous le nom de « Dungaree Fleur », car elle porte une salopette en denim (dungaree en anglais).

Clone de Yellowstone Kelley, poupée bronzée de Mattel, elle-même utilisant le moule de tête de la populaire Steffie, Super-Linna est lancée en 1973 par le fabricant néerlandais Tomfu-Nekmer. Haute de 29 cm, tête en vinyl et corps en plastique, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, taille pivotante, cette sensuelle poupée possède un visage ovale aux traits peints, des yeux noisette regardant de face à paupières ombrées de beige clair, une bouche fermée et charnue, et de longs cheveux ondulés blonds, bruns ou roux séparés par une raie médiane. Sa tenue de base comprend un corsage blanc sans manches et un short à rayures tricolores, avec des bottes oranges ou blanches (photo de gauche). Sa garde-robe se compose d’une douzaine de tenues variées vendues séparément avec accessoires de base tels que chaussures et sacs : décontractées, robes longues de soirée, pour le sport, robe de mariée.
Une aussi jolie poupée se devait d’avoir un petit ami : c’est Active man, tout en vinyl, articulé au cou, aux épaules et aux hanches, taille pivotante, mannequin de 31 cm sorti en 1973. Corps musclé, visage viril souriant aux traits peints, petits yeux bleu foncé regardant de face, nez droit, bouche fermée peinte rose entrouverte sur un intervalle blanc, il a les cheveux mi-longs châtains avec une raie à gauche. Sa tenue est une saharienne en toile sans manches avec short coordonné et bottes noires (photo de droite).
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D’abord fabriquée en Allemagne par la société Drei M (Martha Maar Mönchröden)  au début des années 1960, où elle est plus connue sous le nom de Schwabinchen, et ensuite par Wildebras aux Pays-Bas de 1962 à 1976, Willy est une poupée de 26 cm tout en vinyl articulée au cou, aux épaules et aux hanches avec une taille pivotante. Visage ovale à l’expression énigmatique, au front haut et aux traits peints, grands yeux bleus en amande regardant à droite, nez droit, bouche rouge pincée, ses cheveux courts ou longs sont blonds, bruns ou roux. Sa tenue d’origine est une robe à carreaux roses et blancs (photo de gauche) et elle possède une garde-robe vendue séparément (photo de droite).

Belgique

Il a créé la robe de mariée en vichy rose  de Brigitte Bardot en 1959. À l’aube des années 1960, décennie de toutes les modes, Jacques Esterel, styliste et auteur-compositeur, dessine la garde-robe de Mam’zelle Paname, charmante poupée belge de 32 cm fabriquée par la société Unica (photo de gauche). Entièrement en vinyl, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle a un visage ovale aux grands yeux bleus ou marrons étonnés regardant de face (photo du centre), un nez fin, une petite bouche pincée en forme de cœur et des cheveux courts, mi-longs, longs ou coiffés en boule avec ou sans frange, de diverses nuances (blonds, châtains, bruns ou roux). Chaque vêtement de sa garde-robe vendue séparément (photo de droite) porte un prénom à la mode dans les années 1960 : Coco, Bibiche, Lulu, Nana, Loulou, Nini,…
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La concurrence américaine de Barbie
Bratz

Aux États-Unis, les concurrentes les plus sérieuses de Barbie sont les poupées Bratz. Produites par MGA Entertainment, le fabricant  des Lalaloopsy (voir Les poupées célèbres d’hier et d’aujourd’hui), elles sont introduites au nombre de cinq en 2001 : Jade, Yasmin, Sasha, Meygane et Cloe (photo). Ces poupées multiculturelles sulfureuses et provocatrices de 25 cm, aux yeux en amande et à la bouche pulpeuse, habillées tendance pop, se heurtent à l’hostilité de certains parents : toutefois, leur succès auprès des petites filles fait perdre à Barbie en l’espace de quatre ans 18 % de parts de marché au niveau mondial, retard que Mattel (fabricant de Barbie) mettra des années à combler.

Lammily

Average is beautiful ! Toujours aux États-Unis, une concurrente inattendue se présente en 2014 sous la forme d’une poupée aux proportions réalistes, conçue à partir d’une Barbie redessinée au niveau des formes (pour reproduire les mensurations moyennes d’une américaine de 19 ans), du visage et des cheveux, dotée d’articulations supplémentaires et d’un maquillage atténué. Lammily (photos), ainsi baptisée d’après le nom de son créateur Nickolay Lamm, pousse le réalisme jusqu’à avoir de l’acné, de la cellulite, des tatouages, des cicatrices et même ses règles !
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Hasbro

Hasbro (contraction de Hassenfeld Brothers) est une société américaine spécialisée dans les jouets et les jeux, créée en 1923 par les frères Henry et Helal Hassenfeld. Entreprise de textile à l’origine, elle se diversifie dans la papeterie puis le périscolaire avant de se convertir au jouet dans les années 1940. Le créateur du célèbre G.I. Joe, qui dépasse Mattel comme premier vendeur mondial de jouets en 1985, n’est pas en reste sur les poupées.
Dès 1970, Hasbro introduit la longiligne poupée Leggy de 26 cm au visage et corps de femme, tête en vinyl, corps et membres en plastique, articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Visage long et fin aux traits peints, grands yeux marrons regardant de face, petit nez, bouche fermée rouge, longs cheveux généralement bouclés. Les vêtements reflètent le style des années 1970, pantalons pattes d’éléphant et chaussures à semelles épaisses. Il existe quatre modèles de Leggy (photo de gauche) : Kate (cheveux roux), Nan (cheveux bruns), Sue (la noire), Jill (cheveux blonds).
En 1982, c’est au tour de Clelie Mode d’entrer sur le marché. Fabriquée par Hasbro et distribuée en France par CEJI, cette autre poupée élancée de 33 cm à tête en vinyl et corps de femme en plastique de couleur bistre n’est articulée qu’au cou, figée dans une posture élégante (photo de droite). Des fentes latérales intérieures et extérieures le long des membres et du tronc permettent d’insérer des bandes de tissu pour habiller la poupée. Visage de jeune femme aux traits peints, yeux bleus regardant de face, nez droit, bouche fermée rose pâle entrouverte, intervalle blanc entre les lèvres, elle a de longs cheveux blond clair retombant en boucles sur les épaules avec une raie à droite. Clelie Mode est vendue nue en coffret contenant : paillettes, colle pour paillettes, crayon marqueur pour tissus, stylet pour insérer les bandes de tissu, bandeau élastique pour les pantalons lamés, pochette à fermoir, chaussures, sac à main, socle, patrons et tissus pour réaliser les six toilettes de base.

C’est au milieu des années 1980 que s’affirme la volonté de concurrencer directement la Barbie de Mattel avec deux produits : Jem et Maxie. Jem est une ligne de poupées mannequins à récit qui exploite l’influence des vidéos musicales sur la jeunesse de cette époque, et qui a sa série télévisée de dessins animés. Elle a une double identité : à la ville, elle est Jerrica Benton, associée dans la Starlight Music Corporation ; avec l’aide de l’ordinateur holographique Synergy, elle devient Jem, une sulfureuse chanteuse de rock (photo de gauche). Jem/Jerrica sort en 1986 : la poupée est habillée, pose et change de coiffure suivant son personnage. Haute de 32 cm, elle est entièrement articulée y compris aux coudes et aux genoux, avec une taille flexible. Elle est vendue avec  robe de scène, bas, ballerines à paillettes, démêloir, bracelet, ceinture réversible, microphone, robe de ville, perruque, escarpins, lunettes de soleil, poster du groupe « Les hologrammes » (photo de droite) et support. Jusqu’en 1988, puis repris par la société Integrity Toys de 2012 à 2017, Jem et ses compagnons sont déclinés en de nombreux modèles.
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Deuxième tentative pour détrôner Barbie la reine des mannequins, Maxie, étudiante américaine type, californienne aimant le sport et la plage, est une poupée de 29 cm avec de petits pieds et des bras non pliables promue, comme Jem, par une série télévisée de dessins animés (photo de gauche). Maxie et ses amis (photo de droite) sont commercialisés pendant près de trois ans, 9 modèles en 1988, 15 en 1989 et  5 en 1990. En 1990, 4 modèles non produits sont à l’étude. Maxie offre une déroutante variété de styles : la plupart des tenues sont réalisées en couleurs multiples, rendant difficile l’évaluation de sa garde-robe.

Souvenons-nous (§ 7.3.3) : en 1987, après la cessation d’activité de Pedigree, Sindy est rachetée par la société Hasbro qui la commercialise en 1990 (ainsi que Paul) sous de nouveaux corps et visage avec une nouvelle accroche « New look city girl » (la fille urbaine au nouveau look). Les dépenses de publicité sont colossales (3 millions £ entre 1987 et 1993). Un magazine Sindy est même lancé, à l’instar du bimensuel de Barbie. La poupée de 29 cm, tête et membres en vinyl et corps en plastique, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, a les traits peints, des yeux gris-mauves, une bouche fermée entrouverte rose fuchsia au sourire franc et des longs cheveux le plus souvent blond platine (photo de gauche). Sindy est vendue dans différentes tenues accessoirisées, des vêtements étant disponibles séparément sous blister . En 1989, elle est reconçue et se rapproche du physique de Barbie (photo du centre), ce qui vaut à Hasbro un procès de Mattel qui se termine à l’amiable. Elle est introduite en France en 1994, avec une amie noire appelée Imani. Mais la résistance de Barbie, la concurrence de Polly Pocket et l’américanisation impopulaire de Sindy lui font du tort. Elle est à nouveau reconçue en 1999 pour être plus « urbaine » par le nouveau détenteur de la licence Vivid Imaginations. Relancée à deux reprises en 2003 (New Moons) et en 2006 (Pedigree Toys) avec des changements majeurs, elle est réincarnée une fois de plus en 2016 (Tesco) pour ressembler à « la fille d’à côté » (photo de droite), avec une taille qui passe de 27 à 49 cm et un physique plus réaliste qui signalent un retour à la sculpture « classique » des années 1960 et 1970.
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Paul, le fiancé de Sindy, part aussi chez Hasbro en 1987. Entièrement refait, c’est une poupée de 29 cm, tête et membres en vinyl, tronc en plastique, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, jambes pliables et peau bronzée. Visage rectangulaire à l’air décidé, traits peints, yeux bleu-vert au regard direct, bouche fermée brune entrouverte sur une rangée de dents, il a les cheveux châtain moulés courts (photo de gauche) ou implantés long dans sa version estivale (photo de droite). Paul a une garde-robe limitée, adaptée aux goûts vestimentaires des années 1990.

American Character Doll Corporation

En 1963 arrive sur le marché des poupées mannequins Tressy, produite par American Character Doll, avec une innovation clairement destinée à concurrencer Barbie : la mèche de cheveux extensible (magique), qui peut être raccourcie grâce à un bouton-poussoir situé dans son abdomen ou allongée en tournant une petite clé en plastique dans une fente prévue dans le dos. Cette poupée de 31 cm à tête et bras en vinyl, corps de femme et jambes en plastique articulée au cou, aux épaules et aux hanches connaît immédiatement un immense succès et la mèche magique est rapidement étendue à d’autres poupées et copiée ou revendue dans le monde entier. Son visage ovale au teint clair et aux traits peints arbore un maquillage élaboré, des yeux bleu clair regardant à droite, un nez fin et droit, une bouche fermée rouge et des cheveux blonds, bruns ou roux. Sa robe de présentation est un fourreau rouge gansé de blanc et décolleté en V dans le dos (photo de gauche). Sa garde-robe variée comprend des tenues pour chaque occasion de la vie. Comme son homologue anglaise de Palitoy, Tressy sort en quatre versions : la première a les bras plus longs que les versions suivantes ; la deuxième, de 1964, a les jambes raides ; la troisième, sortie en 1965, « Magic Make-up », dont la version noire est recherchée, a le visage et la chevelure recouverts d’un vernis qui permet l’application de maquillage et de teinture ; la quatrième, appelée « Mod Tressy » ou « Posing Tressy », de 1965 également, est coiffée avec une frange que ne possèdent pas les autres versions. Une Tressy afro-américaine est produite en deux versions : la première, sortie en 1964, a les jambes raides (photo du centre) ; la seconde, de 1965, a un visage « Magic Make-Up » et des jambes pliantes (photo de droite).
En 1965 sort aux États-Unis la « New Tressy », jambes pliantes et un nouveau vinyl pour la tête qui lui permet d’être maquillée avec des cosmétiques compatibles avec Mary make-up mais pas avec les autres Tressy. Cette poupée est commercialisée en France par Bella sous le nom de Miss twenty.
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Qui est Mary Make-Up ? C’est la meilleure amie de Tressy, qui a une particularité : grâce à des cosmétiques vendus en coffret et à un revêtement spécial sur son visage, elle peut être maquillée et ses cheveux teints. Sortie en 1964, tête, torse et bras en plastique, bras en vinyl, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle mesure 29 cm. Elle possède un corps de femme et les mêmes jambes raides que la seconde version de Tressy. Visage triangulaire pâle et non maquillé, air sérieux, yeux bleus en amande regardant à droite,  nez droit, bouche fermée rose, Mary Make-Up a des cheveux blonds courts sans mèche secrète.  Elle a pour tenue de présentation une robe fourreau bleue (photo de gauche) ou rouge  gansée et ceinturée de blanc, une culotte blanche et des mules blanches ouvertes. Sans trousseau, elle peut emprunter celui de Tressy. Une deuxième version de 1966 possède la mèche secrète et des jambes pliantes. En 1967, une troisième version est commercialisée en tenue d’hôtesse d’American Airlines (photo du centre). Les cosmétiques en coffret sont compatibles avec la « New Tressy », ou « New Tressy Magic Make-Up Face ». Mary Make-Up est vendue en France sous le nom de Marilyn par Bella (voir Bella plus haut).
Tressy a aussi une petite sœur, Cricket, petite poupée de 23 cm sortie en 1964. Tête et membres en vinyl, corps de fillette en plastique, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle possède un petit visage rond  aux traits peints et à l’air sérieux, des petits yeux bleus en amande regardant à droite, un nez droit, une petite bouche fermée aux lèvres minces rouge-orangé et des cheveux blonds mi-longs. Elle est vendue en tenue de danseuse avec tutu et chaussures blanches (photo de droite). Sa garde-robe comporte une douzaine de tenues illustrant la culture pop des années 1960, dont « Hootenanny », « School days », »Ship ahoy », « Sugar’n spice » et « Windy weather ». Quatre versions de Cricket ont vu le jour : la première en 1964 avec des jambes raides, des yeux marrons regardant vers la droite et des cheveux longs avec frange bruns, blonds ou roux, c’est la cousine de Tressy et elle n’a pas de mèche secrète ; la seconde, en 1964 également, est identique à la première à l’exception des yeux qui deviennent bleu turquoise et regardent vers la gauche ; la troisième tient sur ses jambes (« posing legs »), qui sont pliantes ; la quatrième, sortie en 1965, est décrite ci-dessus, et prend du galon en devenant la petite sœur de Tressy, elle a la mèche magique, coiffée en une sorte de chignon haut enroulé avec nœuds et ruban maintenus par 4 épingles.
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Effanbee

Brenda Starr, reporter aventurière, glamour et féministe, est l’héroïne d’une bande dessinée créée en 1940 par l’illustratrice Dale Messick pour l’agence de presse Chicago Tribune Syndicate. Le nom du personnage vient de Brenda Frazier, une débutante célèbre des années 1930, et le physique de celui de l’actrice Rita Hayworth. En 1964, l’entreprise Madame Alexander Doll Company introduit une poupée mannequin Brenda Starr de type Barbie. C’est un échec commercial, la poupée est rebaptisée Yolanda en 1965 et la production arrêtée en 1966. En 2003, l’entreprise Effanbee Doll Company introduit une poupée mannequin de collection Brenda Starr de 41 cm, vendue avec des tenues à la mode des années 1940 inspirées de la bande dessinée (photo de gauche). Entièrement en résine, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, son beau visage ovale arbore des yeux bleus peints au regard direct lui donnant un air décidé, un nez droit et fin, une bouche fermée rouge vif, des oreilles percées et des cheveux roux longs coiffés en grandes boucles. En 2004, deux ans après le rachat d’Effanbee par la Tonner Doll Co, elle prendra le corps de Tyler Wentworth, une des poupées vedette de Robert Tonner, permettant ainsi les échanges de vêtements entre les deux poupées, et aura un nouveau visage. La collection est étendue en 2004 pour inclure « Daphne dimples », l’assistante de Brenda (photo du centre), puis son fiancé Basil Saint John avec une importante garde-robe en 2005 (photo de droite). En 2007, la ligne Brenda Starr est retirée du marché.

Ashton Drake Galleries

Créée en 1995 par l’illustrateur Mel Odom, Gene Marshall est une grande (39 cm) poupée mannequin de collection pour adultes dont le personnage de fiction est inspiré par l’âge d’or hollywoodien (les années 1930 à 1950). Chaque poupée à récit possède une thématique cinématographique complexe basée sur la mode de cette période ou sur des costumes historiques version Hollywood, Gene étant une actrice. L’idée d’une grande poupée de mode destinée aux collectionneurs adultes vient de Mdvanii (voir plus haut § 7.2.14), et le succès populaire de Gene Marshall ouvre la voie à ce nouveau genre de poupées :  Tyler Wentworth de la Tonner Doll Company, Alexandra Fairchild Ford de Madame Alexander et Clea Bella de  Bella! Productions. Entièrement en résine, Gene est articulée au cou, aux épaules et aux hanches (les Simply Gene de 1999 ont de plus les genoux articulés). Visage ovale aux grands yeux bleus regardant langoureusement de face, maquillage élaboré, petit nez, bouche fermée aux lèvres rouge vif, oreilles percées, sa coiffure soignée existe en brun, blond, platine et roux. Elle dispose d’une garde-robe très fournie : comme en haute couture, chaque tenue est minutieusement réalisée et s’inspire d’un personnage imaginaire de la biographie de l’actrice. Les premières poupées sont vendues vêtues, puis vêtues en édition limitée, enfin, nues « prêtes à habiller ». Des tenues, accessoires et meubles sont aussi créés et vendus séparément.
Entre 1995 et 2005, les poupées sont fabriquées par Ashton-Drake Galleries. De 2005 à 2010, elles sont conçues par Jason Wu (styliste canadien) et fabriquées par Integrity Toys. En 2013, Gene Marshall ressort sous la forme d’une BJD en résine, fabriquée par JAMIEshow Dolls, déclinée en plusieurs personnages : « Phoenix » (photo de gauche), « J’adore », « White orchid ». En 2014 est lancée Oona Bellwether, en 2015 Madra Lord (photo du centre), Violet Waters, Trent Osborne et « Black lipstick Gene » (photo de droite), une version noir et blanc sous la forme d’une dame en résine grise.
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La concurrence canadienne de Barbie
Regal Toy

Le Canada aussi veut sa Tressy ! c’est la sociéte Regal Toy Co. qui commencera à les fabriquer en 1964. Comme ses sœurs américaine (American Character), britannique (Palitoy) et française (Bella), elle a la mèche magique et mesure 30 cm. Elle est produite en deux versions. La première, corps de femme avec poitrine et jambes en plastique, bras et tête en vinyl, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, a un visage sérieux, un maquillage appuyé, des yeux bleus peints regardant à droite, un nez droit, une bouche fermée orange charnue et des cheveux blonds, châtains ou bruns. Sa tenue de présentation est identique à celle de la Tressy américaine : robe courte rouge bordée de blanc au col et aux emmanchures, ceinture avec la clé attachée, culotte blanche et mules blanches ouvertes (photo de gauche).
La deuxième version, sortie en 1965 avec un maquillage de base plus doux,  porte une robe de coton bleu marine galonnée de satin blanc avec une ceinture de coton blanc, une culotte et des mules blanches (photo du centre). On trouve séparément du maquillage pour rehausser les couleurs de son fard à paupières ou de son rouge à lèvres.
Regal Toy a aussi produit une Mary Make-Up (amie de Tressy), en 1965. Elle ne possède pas la mèche magique, mais un vernis spécial sur le visage qui permet de nettoyer et de maquiller ses paupières, ses sourcils et ses lèvres, ainsi que des produits spéciaux pour peindre ses ongles et teindre ses cheveux. Elle a une coiffure boule de cheveux noirs, un teint de peau plus foncé et un fard à joues très vif sur les pommettes. Sa tenue de présentation est une robe bleu clair galonnée de blanc au col et aux emmanchures avec une ceinture, une culotte et des mules ouvertes blanches (photo de droite). C’est sans doute la plus rare des poupées de la famille Tressy dans le Monde.
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Les concurrentes de Barbie à Hong Kong
Camay

Clone bon marché de la Tammy d’Ideal Toy Corporation, cette poupée de 29 cm fabriquée à Hong Kong dans les années 1960 s’appelle Camay en Grande-Bretagne en raison de son marquage, Pagine en Allemagne du nom de la laine avec laquelle elle est vendue, et Solariane en France, où les 3 Suisses la vendent avec leurs coffrets de tricot. Tête et bras en vinyl, corps et jambes en plastique, elle est articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Visage rond sérieux aux traits peints, yeux bleus regardant à droite, nez retroussé, petite bouche rouge en cœur,elle a les cheveux roux, bruns ou blonds coiffés en boule ou mi-longs avec une petite frange. Sa tenue de présentation est une combinaison short de nuit bleu ciel (photo de gauche). On la trouve également sans nom dans un coffret « Transcar » avec des patrons de couture, ou dans un blister dans les magasins Prisunic.

Evergreen

La série télévisée britannique Thunderbirds (Les sentinelles de l’air) a inspiré vers la fin des années 1960 la création de deux poupées devenues rares de 28 cm, Lady Penelope et Tin-Tin, fabriquées à Hong Kong par Evergreen. Toutes deux ont une tête et des bras en vinyl, un corps et des jambes en plastique, sont articulées au cou, aux épaules et aux hanches, et ont un visage ovale sérieux aux traits peints. Lady Penelope possède des yeux bleus regardant de face, un nez droit, une large bouche fermée aux lèvres épaisses peinte en rose et des cheveux blonds courts avec une raie à gauche (photo du centre). Sa garde-robe comprend six tenues vendues séparément. Tin-Tin a le type asiatique, des yeux marrons, un nez droit, une bouche fermée rouge et des cheveux noirs coiffés en chignon (photo de droite).

Fab-Lu

Encore un clone, de Bild Lilli cette fois (voir plus haut Barbie et ses concurrentes en France). C’est Babs, l’adolescente reine de la mode autoproclamée, produite à Hong Kong au début des années 1960 par Fab-Lu. Poupée de 29 cm tout en plastique avec des tons chair, articulée au cou, aux épaules et aux hanches, elle est tendue par des élastiques assurant le maintien des jambes et des bras, et possède des cheveux en mohair bruns, blonds ou roux pris entre les deux parties de la tête et coiffés avec une queue de cheval. Sa tenue de présentation est un maillot de bains une pièce à rayures noires et blanches (photo de gauche), et sa garde-robe de 39 ensembles se rapproche beaucoup de celle de Barbie. Chad Valley en Grande-Bretagne et Joja en France commercialisent Babs sous le nom de Sylvie.
Babs a une petite sœur de même taille produite au début des années 1960, clone (comme Camay) de la Tammy d’Ideal Toy Corporation et nommée Randy (photo du centre). Tête et bras en vinyl, corps et jambes en plastique, elle est articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Son visage aux traits peints légèrement maquillé affiche un air sérieux, des yeux bleus ou marrons regardant à droite, un nez retroussé, une petite bouche en cœur rose et des cheveux courts bruns, roux ou blonds. Sa garde-robe de 18 costumes, très similaire à celle de Tammy, comporte les tenues « Queen of the  courts », « Clam diggers », « Beauty and the beast », « Park avenue », « Special occasion only », « Flair for fun »,  « Snow fun » , « Everybody’s sweetheart », « Low tide », « Jumping Jiminy », « Tea for two », « Sleep tight », « Outdoor girl », « Bermuda bound », « Home alone » et « Let it rain ». Cette poupée, extrêmement rare, est vendue en Grande-Bretagne sous le nom de Mary Lou par Chad Valley.
Babs a aussi, et c’est bien normal, un petit copain. Bill, c’est son nom, est un clone de Ken de 29 cm fabriqué au début des années 1960. Tête en vinyl, corps fin musclé et membres en plastique, il est articulé au cou, aux épaules et aux hanches et tient debout sans support. Visage rectangulaire aux traits peints, air décidé, yeux marrons, nez droit, il a les cheveux bruns moulés. Sa garde-robe comporte neuf tenues distinctes vendues en coffre séparé, presque identiques à celles de Ken, dont : « Swimming trunks », « Baseball », « Cheerleader », »Golf », « Trench coat », « Tuxedo » (photo de droite) et « Uniform ».
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Les Hong Kong Lilli

Tout au long des années 1960, Babs fait des émules et l’on voit fleurir des clones, concurrentes ou copies de Bild Lilli « made in Hong Kong », baptisées « Hong Kong Lilli » du fait de leur marquage Hong Kong sur la tête ou dans le dos. Parmi les premières sociétés à se lancer sur ce marché figure Dura-Fam Ltd (clone, photo de gauche). Un jeu de moules loués à la compagnie Chang-Pi Su Co. et réduits de 29 cm à 19-20 cm conduit aux poupées vendues sous le nom de « Cherie » (photo du centre). L’entreprise australienne Haro-Mate Ltd vend des poupées marquées Hong Kong (photo de droite).

Debby Toy produit des poupées nommées Debbie, à corps en plastique creux, jambes raides et queue de cheval en plastique moulé, en trois versions de visage selon l’humeur : joyeux, triste ou furieux. Gina Ann Modes, fabriquée par UPF, est un clone médiocre de Bild Lilli : poupée de 15 cm tout en plastique mou (y compris la culotte et le soutien-gorge !), elle a les cheveux moulés peints et le socle fourni dans l’emballage (photo de gauche).

Lily wig hair (Lily à perruques), tête en vinyl et corps et membres en plastique, de fabricant inconnu, est vendue en tenue de bain avec quatre perruques (blonde, platine, brune, châtain) interchangeables. Une version similaire est vendue en Allemagne sous le nom « Hair fair frisuren salon », avec deux perruques et une robe.
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Davtex

Suzette est produite par L. Davis Textiles Co. Limited (Davtex), vendue seule ou avec trois têtes de rechange coiffées en queue de cheval ou boucles platines ou châtain (photo de gauche). Le petit ami de Suzette est un clone de Ken nommé Don. Davtex produit également Jacki, la bonde aux taches de rousseur clone de Barbie, ci-dessous (photo de droite) en robe de la colonie britannique de Hong Kong.

Telsalda

Wendy est une poupée de 28 cm à tête et bras en vinyl, corps et jambes en plastique, articulée au cou, aux épaules et aux hanches. Son visage ovale aux traits peints arbore des yeux bleus ronds regardant de côté avec un air étonné, un nez retroussé, une petite bouche fermée rose, et des cheveux châtain coiffés en boule. Elle est vendue en tailleur à carreaux blancs et noirs avec col et ceinture rouges, et deux têtes de rechange aux cheveux bruns et blonds (photo de gauche). Elle est également vendue avec sa jeune sœur Cheeky et deux têtes de rechange (photo de droite).
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La révolution des poupées d’art et des poupées artistiques des années 1990 aux États-Unis

Une génération après l’introduction par Madame Alexander de sa poupée mannequin novatrice Cissy, les enfants qui l’ont possédée ainsi que d’autres poupées de mode de la fin des années 1950 et du début des années 1960 sont maintenant des adultes. Cet âge d’or de la fabrication de poupées a engendré des dizaines de milliers de collectionneurs enfants du baby-boom qui ont grandi avec Cissy, Barbie, Tammy (poupée d’Ideal Toy Company lancée en 1962) et Tressy, mais la demande pour autre chose était dans l’air.
De nombreux collectionneurs de poupées de mode des premières heures ont commencé avec Barbie, ce qui conduit Sibyl DeWein et Joan Ashabraner à publier la somme « The collectors encyclopedia of Barbie dolls and collectibles ». La collection des Barbie bat son plein, mais malgré sa popularité chez les plus jeunes, elle n’est pas prise au sérieux dans le milieu établi des clubs de poupées réunis dans l’influente UFDC (United Federation of Doll Clubs). Les entreprises de jouets dominantes telles que Mattel, Madame Alexander et Hasbro, et les fabricants de poupées établis comme Effanbee et Royal House of Dolls semblent de prime abord peu disposées à s’emparer du marché des poupées de collection qui explose littéralement. À partir du milieu des années 1980, elles ne peuvent plus répondre à la demande des collectionneurs : ils veulent plus, une meilleure qualité que celle de jouets pour enfants, et des conceptions plus élaborées.
Les années 1980 et 1990 voient la renaissance de la vente directe avec les catalogues spécialisés. Dans le domaine des poupées, celui d’American Girl est particulièrement élaboré et élégant, et réussit à faire quelque chose que ne paraissent pas pouvoir faire ses concurrents : vendre des poupées chères à un large public. Dans le même temps, les principales sociétés de marketing direct se mettent à vendre toutes sorts d’articles à collectionner, des assiettes aux décorations de Noël en passant par les poupées de mode. Les Ashton-Drake Galleries et Franklin Mint sont des acteurs majeurs de ce secteur et vendent énormément de poupées : leurs publicités omniprésentes pour des poupées de collection en porcelaine semblent être dans tous les magazines.
C’est à cette époque que s’opèrent deux mouvements révolutionnaires, qui vont pouvoir combler la forte demande qui se manifeste en poupées de collection de qualité : l’arrivée de nombreux artistes en poupées de talent d’une nouvelle génération, dans le sillage des pionniers du NIADA (Dewees Cochran, Dorothy Heizer, Martha Thompson, Gertrude Florian, Helen Bullard, Lewis Sorensen, Fawn Zeller, Magge Head, Ellery Thorpe, Halle Blakely, Muriel Bruyere, voir Les artistes en poupées pionniers) ; l’émergence de petites entreprises produisant des poupées avec un profil de personnage.
Parmi les artistes de cette nouvelle génération, on peut en citer deux (également membres du NIADA) qui réalisent qu’une poupée mannequin peut s’éloigner de l’archétype de Barbie, et produisent quelques unes des poupées de mode les plus magnifiquement sculptées à ce jour : Martha Armstrong-Hand et Elizabeth Brandon. La première est une transfuge de chez Mattel où elle a été la créatrice de nombre de ses poupées phares. Elle travaille la porcelaine et sculpte des poupées surprenantes de vie avec de superbes articulations sphéroïdes (photo gauche). La seconde, Elizabeth Brandon, est également spécialiste en poupées mannequins hautement réalistes et stylisées (photo droite). Elle est l’auteure d’une magnifique poupée amérindienne réalisée au début des années 1990.
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Les poupées à récit

Les poupées à profil de personnage, c’est-à-dire accompagnées d’un récit imaginaire retraçant leur histoire, leurs goûts et leurs aventures ne sont pas nouvelles : en remontant aussi loin que Raggedy Ann (voir Les poupées célèbres d’hier et d’aujourd’hui) et la Patsy d’Effanbee, les poupées et les récits vont de pair ; Barbie donne naissance à des récits, relatés dans des ouvrages ; les poupées American Girl sont tellement documentées qu’on peut croire qu’elles sont faites pour vendre les ouvrages et non l’inverse ! Dans ce contexte, avec l’expérimentation de nouvelles formes et tailles pour les poupées mannequins d’une part, et l’importance croissante des récits d’autre part, une révolution est sur le point d’aboutir. La question est de savoir qui va rassembler ces deux éléments : la réponse viendra en 1995, avec la poupée Gene de l’illustrateur Mel Odom, soutenu par Ashton-Drake.
Gene est aussi importante que Cissy : avec ses formes novatrices, sa grande taille de 39 cm, ses yeux déviants, ses cheveux implantés, sa nature de poupée artistique destinée aux collectionneurs et son récit travaillé, elle pose un jalon dans l’histoire de la poupée mannequin (photo). Son récit est engageant : c’est une jeune femme des années 1930 à 1950 qui va à Hollywood pour devenir une star ; ses costumes sont une interprétation de la mode de ces trois décennies. La poupée rencontre immédiatement un immense succès, et définit un tout nouveau marché pour la poupée de mode : le collectionneur adulte. Bien que sa production n’aie pas été suivie ces dernières années, une nouvelle version en résine a été lancée récemment par JAMIEshow.

Une autre poupée de mode à récit marquante produite par une entreprise est Tyler Wentworth (photo gauche). Haute de 41 cm, c’est une poupée moulée par injection avec une tête en vinyl peinte à la main, lancée en 1999. Son créateur Robert Tonner veut « produire une poupée mannequin haut de gamme et abordable avec une garde-robe inégalée à ce jour. En utilisant mon réseau de la 7e avenue (quartier de la mode à New-York), j’ai pu collecter des tenues faites d’étoffes incroyables. Je me souviens en particulier d’un pardessus en cachemire et d’une robe en dentelle de France perlée à la main ». Pour le profil du personnage, Tonner utilise son expérience personnelle et en fait une styliste de mode. Il la dote d’accessoires pour consolider son récit, tels qu’une table à dessin. Outre Gene et Tyler, d’autres poupées remarquables sont produites dans les années 1990 et 2000 : Daisy et Willow, deux anglaises qui aiment la mode, créées par Doug James et Laura Meisner (Willow, photo centre) ; Alexandra Fairchild Ford, éditrice de mode créée par Madame Alexander ; Brenda Starr (photo droite), reporter héroïne d’une bande dessinée populaire, créée par Effanbee.
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Les poupées mannequins asiatiques et la révolution londonienne des SybaritesTM

La situation en Asie

Dans un style complètement différent qui ne souffre pas de la concurrence de Barbie, les sociétés japonaise Takara et PetWORKs lancent respectivement les poupées Licca-chan en 1967 et Momoko et Ruruko en 2001, tandis que MGAE (Micro-Games America Entertainment) sort les Lalaloopsy en 2010 (voir pour ces trois gammes de poupées mannequins la page Les poupées célèbres d’hier et d’aujourd’hui). D’autres catégories de poupées mannequins sorties au Japon, en Corée du Sud et en Chine viennent enrichir le tableau et connaissent un vif succès depuis leur création : il s’agit des poupées Pullip, Blythe et BJD.

La révolution des SybaritesTM

Pour terminer, venons-en au coup de tonnerre britannique causé par ces poupées mannequins de luxe, nouvelles icônes de la mode créées à Londres en 2005 par la société Superdoll-Collectibles, les SybaritesTM.
Les Sybarites, historiquement, sont les habitants de Sybaris, cité de la Grande-Grèce qui fut une colonie grecque du sud de l’Italie en Calabre actuelle, cité réputée pour sa somptuosité et son luxe, ses lieux de plaisirs, et la mollesse de ses habitants. Le sybarite est aussi une personne s’adonnant au sybaritisme, doctrine philosophique prônant la recherche du plaisir dans une juste proportion, décriée ultérieurement par le dogme chrétien qui lui associe  la luxure et l’indiscipline.
Toutes ces qualités sont représentées dans les poupées luxueuses, sensuelles, raffinées, réalistes et très élaborées de Charles Fegen, couturier spécialisé en lingerie de mariées, et Desmond Lingard, couturier surdoué, tous deux originaires d’Afrique du Sud et grands collectionneurs de poupées. Ils ont commencé par créer des robes pour poupées par simple passion, puis devant le succès rencontré, ont créé leur poupée avec trois objectifs : répondre aux critères esthétiques de leurs créations de mode ; trouver le moyen aussi abouti que possible qui leur permettrait de s’exprimer en tant que créateurs de haute couture ; réaliser la poupée idéale qu’ils avaient si longtemps cherchée en tant que collectionneurs. Leur société Superdoll-Collectibles sort le premier modèle de SybaritesTM Clone 0101 Venus D’Royce en 2005, poupée d’artiste en résine de 41 cm entièrement articulée, dont le moule, qui devait initialement servir à une poupée unique, a en fait servi à réaliser deux variantes. La première poupée produite en plus d’un exemplaire, Sureal (photo), est vendue en quelques heures.

La fabrication à la main des premières poupées dans leur atelier londonien se révélant insuffisante pour satisfaire le marché, celle-ci est transférée en Chine. Les poupées ont 17 points d’articulation, et des corps tendus par élastiques similaires aux BJD japonaises Super Dollfie. La SybariteTM, introduite peu après les BJD asiatiques, diffère de ces dernières en ce qu’elles sont plus des mannequins de haute couture destinés aux collectionneurs (photos) que des jouets pour enfants inspirés par l’anime (quoique les BJD se collectionnent aussi…).
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Connus pour leurs commentaires subversifs en matière de société et de politique, Fegen et Lingard le sont aussi pour leurs nombreux coups publicitaires : en 2007, lors d’un défilé de mode Dior, un siège du public était affecté à une poupée ! En mars 2008, la BBC diffuse un reportage sur Fegen et Lingard dans lequel elle affirme que les créations manuelles du duo sont traitées avec « le respect normalement donné aux défilés de mode ». David Harper, de la BBC, les accompagne à Paris où leur collection 2008, intitulée « guerre + paix », est présentée dans une résidence privée du XVIe siècle. Fegen explique quelques unes des idées qui sous-tendent sa collection, comme les chaussures blanches à pois rouges représentant « des champignons magiques pour le petit-déjeuner », et montre des tenues portant de petites balles qui sont en fait des bâtons de rouges à lèvres miniature. À la fin du reportage, David Harper affirme que des SybaritesTM uniques faites à la main se sont vendues entre 20 000 et 40 000 $. Des collectionneurs sont interviewés mais refusent de parler prix avec la chaîne de télévision. Lors de la collection parisienne, l’achat d’un ensemble de deux poupées requiert un contrat signé stipulant que les propriétaires ne doivent ni publier le prix ni vendre leurs poupées durant trois ans.
De 2004 à 2012, la gamme des FashionskinTM est lancée, caractérisée par un travail sur les peaux, depuis l’ensemble maillot de corps collant imprimé donnant l’illusion que le corps est couvert de tatouages (Fashionskin_1TM) jusqu’aux bas en néoprène imprimé donnant l’illusion d’un écorché de planche anatomique (Fashionskin_4TM).
En 2015, Superdoll-Collectibles dévoile leur nouvelle gamme et assure avec succès la transition de la résine au vinyle pour la production de poupées. Cette nouvelle génération de SybaritesTM (photos) a une tête Clone 1000 Venus D’Royce et un corps GEN_X entièrement faits d’un vinyle semi-solide, toujours maintenus par des élastiques, mais dotés d’un nouveau type d’articulation. En octobre 2016, réintroduction de la résine avec un corps mis à jour GEN_4.5 et une tête nouvelle Clone 800 Venus D’Royce. Les poupées seront produites conjointement en résine et en vinyle.

Selon Samy Odin, co-fondateur du musée de la poupée à Paris, qui a organisé l’exposition de 2010 « Nouvelles icônes, des poupées Pandore aux Sybarites », Fegen et Lingard ont « inscrit leurs SybaritesTM dans la lignée des Pandores et des poupées mannequins du second empire, si exquises dans leur incarnation du luxe et du raffinement », et, comme ces ancêtres, elles « incarnent un renouveau, pour ne pas évoquer une véritable révolution, aussi bien dans le monde des poupées que dans celui de la mode ».
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Sources de la page

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7 réflexions sur « Histoire des poupées mannequins »

  1. Encore une mine d’or, je n’ai lu que certains passages en entier et d’autres plus en diagonales donc une raison de plus pour revenir sur votre site !!!
    Je suis seulement un peu déçue de ne trouver que Bella dans les compétiteurs français de Barbie alors qu’elle n’est pas une création française à la base… J’aurais aimé trouvé les poupées Kiraz, Caprice, Peynet, Convert et compagnie mais surtout ma chouchoute Mily de Gégé et sa grande sœur Dolly…
    Peut être dans un autre article déjà écrit ou à venir ?
    Merci pour tout ce travail de recherche et de traduction

    1. Merci pour ces infos, je pense grâce à elles compléter la page sur les poupées mannequins. Vos commentaires m’encouragent. Bonne journée.

  2. Merci de nous faire partager vos connaissances.
    J’étais venue chercher des renseignement sur les Fearie Glen de 29cm.
    Mais finalement qui est cette petite poupée à la gauche des Sophie de Peynet ??
    J’en ai une depuis des années elle mesure 21cm je crois et ne porte aucune marque.
    Peut être ai-je mal lu.

    1. Bonjour M. Claude. La poupée à gauche des Sophie de Peynet est Martine (29 cm), fabriquée à Hong Kong en 1972 pour le compte de l’entreprise française Marki (voir paragraphe « Marki » au-dessus du paragraphe Peynet/Technigom, cliquer sur Marki dans le sommaire en haut de page). Pour les Faerie Glen, cliquer sur le § 7.3.3 dans le sommaire et descendre jusqu’en bas du §. Si vous lisez l’anglais, vous pouvez acheter pour pas cher sur internet la version numérique du livre de Susan Brewer « British dolls of the 1960s » où il est question des Faerie Glen. Voilà, j’espère que j’ai répondu à vos questions. Amicalement. Patrick.

  3. Merci pour votre réponse. Cependant, et c’est la raison pour laquelle je ne comprenais pas votre commentaire, la photo, si c’est bien la poupée à chemisier blanc et jupe à carreaux dont il est question, n’est pas Martine, j’en ai une aussi. La poupée de la photo mesure 23cm, corps dur, taille tournante, jambes pliantes, tête vinyle emboitée sur pivot, avec une position particulière des mains donnant à penser qu’elle tenait un guidon ou autre chose.. Aucune marque. Elle va rester inconnue..
    Encore merci pour votre site.

  4. Je reviens vers vous car j’ai identifié la poupée. Il s’agit d’une Martine mais celle de Berchet éditée en mallette studio en 1987 et faisant référence à la Martine d’une dizaine d’années héroïne bien connue des livres de marcel MARLIER. A ne pas confondre avec celle des éditions Atlas plus récente.

    1. Merci M Claude pour ces précisions. J’ai modifié les photos du § Marki et ajouté un § Berchet pour en tenir compte.

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