Les poupées célèbres d’hier et d’aujourd’hui

Introduction

Dans le monde merveilleux de la poupée, qu’elle soit artisanale, artistique ou réalisée par un(e) artiste,  selon la classification de François Theimer et Michel Voinier, certaines laissent des traces dans l’imaginaire populaire, au-delà du cercle des collectionneurs, des acteurs de ce secteur d’activité et plus généralement des connaisseurs en poupées de collection.
Dans des genres très différents, elles ont marqué leur époque, intrigué, choqué, terrorisé, séduit ou fasciné, posant parfois un jalon, voire une rupture, dans l’histoire de la poupée ou dans l’histoire de l’art tout court. Elles ont aussi repris les traits de personnages de bande dessinée, de dessin animé ou de cinéma. Petit tour d’horizon chronologique des poupées inoubliables.

La petite danseuse de Degas

Également appelée « La petite danseuse de quatorze ans », c’est une sculpture en cire d’Edgar Degas (1834-1917) qui représente une danseuse classique en position de quatrième, le visage et le corps teintés en sombre, les cheveux noués par un ruban en satin, coiffée de vrais cheveux, vêtue d’un bustier en soie, d’un tutu en tulle, de bas et de chaussons de danse.
Présentée dans une vitrine à l’exposition impressionniste de 1881 à Paris, elle choque certains par son réalisme, le traitement peu commun à l’époque de la couleur en sculpture, et l’emploi d’accessoires réels. Elle est comparée à un singe ou un aztèque ; des critiques lui trouvent un visage « où tous les vices impriment leurs détestables promesses, marque d’un caractère particulièrement vicieux ».
C’est, selon les auteurs susnommés en introduction, et pour les raisons même qui ont choqué, la première poupée d’artiste.
Après la mort de Degas, des épreuves d’après l’original sont éditées en bronze par le fondeur Adrien-Aurélien Hébrard. 29 exemplaires recensés sont conservés dans les musées et collections privées, la cire et le tirage original se trouvent à la National Gallery of Art de Washington, d’autres épreuves sont exposées au musée d’Orsay de Paris (photo), au Metropolitan Museum of Art de New York ou à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague.
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La poupée d’Albert Marque

Albert Marque (1872-1939) est un sculpteur et peintre français qui obtient la reconnaissance du public au début du XXe siècle, en particulier pour ses bustes et bas-reliefs d’enfants. En 1915, la maison de mode parisienne de Jeanne Margaine-Lacroix lui confie la conception d’une poupée. Il s’inspire de la silhouette et de l’expression d’une fillette de son époque pour réaliser plusieurs sculptures, dont des moules sont envoyés à la manufacture de Sèvres pour fabrication d’une série limitée à environ 50 exemplaires numérotés et signés sur la nuque.
Les vêtements des poupées, d’une très grande variété reflétant en particulier les coutumes vestimentaires historiques de la royauté et de la paysannerie françaises, sont réalisés par l’atelier de Jeanne Margaine-Lacroix. L’ensemble (photo) est censé exalter le génie et la culture français, particulièrement en ces temps de guerre, en réponse à la popularité des poupées allemandes.
Sur le plan esthétique, cette poupée marque une rupture avec le style policé des poupées de l’époque, par son expressivité rêveuse et la finesse de ses traits. Cette image naturaliste renouvelée de la poupée française influencera nombre d’artistes en poupées des générations suivantes.
La poupée « A. Marque », nom sous lequel elle connaît rapidement un grand succès, avant d’atteindre une nouvelle notoriété dans les années 1970 après une période d’oubli, est aujourd’hui la plus recherchée par les collectionneurs du monde entier et se vend aux enchères à des sommes record : le 29 mars 2014, la poupée numéro 27 est adjugée 300 000 $ chez Theriault.
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                                              Crédit photo copyright François Theimer

La poupée d’Hans Bellmer

Hans Bellmer (1902-1975), peintre, photographe, graveur, dessinateur et sculpteur franco-allemand, est l’un des artistes majeurs du surréalisme. Il abandonne en 1924 sa formation d’ingénieur, et se rend l’année suivante à Paris, où il fréquente les dadaïstes et les surréalistes. À l’arrivée au pouvoir en Allemagne des nazis en 1933, il décide de ne plus rien faire qui puisse servir l’État.
Il réalise en 1934 son œuvre la plus connue, « La Poupée », qualifiée d' »art dégénéré » par les nazis : c’est une sculpture de bois, papier mâché collé et peinte, figurant en taille réelle (1,40 m) une jeune fille multiforme avec une perruque brune, seulement vêtue de chaussettes blanches et de chaussures vernies noires (photo). Elle possède de nombreux membres à articulation sphéroïde, la tête et le cou étant amovibles.
L’artiste multiplie les variations avec les éléments de son corps : amputée aux genoux et la tête décapitée ; monstre à quatre jambes articulées à la boule centrale du ventre ; unijambiste décapitée à perruque blonde, désarticulée et jetée à même le sol. Il les photographie dans différents décors puis les colorie.
« La Poupée » est, selon son auteur, une « créature artificielle aux multiples potentialités anatomiques », par laquelle il entend découvrir la « mécanique du désir » et démasquer « l’inconscient physique » qui nous gouverne ; elle est enfantine, mais également victime de perversions sadiques (Bellmer a illustré en gravures les ouvrages du Marquis de Sade) ; elle est enfin, au-delà de l’esprit de révolte contre l’ordre nazi, avant tout œuvre de mélancolie et d’ »inquiétante étrangeté » -les photographies rappellent ce concept freudien (« unheimlich » en allemand)-, mêlant pulsion du désir et pulsion de mort.
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Bleuette

Dans un genre très différent, la poupée Bleuette a aussi marqué son époque. Elle voit le jour en 1905, lorsque les très catholiques éditions  Gautier-Languereau commandent à la SFBJ pour le lancement de la revue enfantine « La semaine de Suzette », destinée aux petites filles, une poupée offerte en prime pour tout abonnement annuel.
Une série de 20 000 poupées Jumeau est alors fabriquée, mais 60 000 abonnements sont pris, épuisant la série avant même que le premier numéro de la revue soit sorti ! Cette série, appelée  » Bleuette Jumeau », est suivie un peu plus tard par la série « Bleuette Fleishmann », du nom du directeur allemand de la SFBJ qui la commande en Allemagne pour diminuer les prix de revient (en partie parce que l’éditeur décide de proposer la poupée à la vente, devant le succès rencontré),  et pour pallier l’épuisement des stocks français.
Bleuette a un corps en composition complètement articulé (11 articulations) et mesure 27 cm jusqu’en 1933, puis 29 cm jusqu’à la fin de sa production en 1960. Elle a une tête en biscuit jusqu’à 1939, puis en composition jusqu’en 1958, quand un corps et une tête en plastique rigide viennent les remplacer pour les deux dernières années de production.
Le succès de Bleuette, dû sans doute à son air naïf et charmant, à son regard bleu vif (les yeux sont d’abord fixes puis dormeurs à partir de 1919) et à sa petite bouche rouge ouverte sur quatre incisives (photo), perdure également grâce à son rôle de poupée mannequin pour les jeunes lectrices que la revue veut initier à la couture, en leur proposant des patrons, plus de 1 060 publiés pendant les 55 années d’existence de la poupée ; de nombreux stylistes contribuent à sa garde-robe, dont Jeanne Lanvin.
La revue propose également des maquettes de mobilier, à réaliser en carton. Dans les locaux de l’éditeur, on peut acheter du mobilier, des têtes et des perruques, et même faire réparer sa poupée. Le but avoué de la revue est, au travers de la poupée, de ses accessoires, et d’articles consacrés aux arts ménagers, d’apprendre aux petites filles leur futur rôle de mère et de bonne épouse chrétienne : il y a même dans le trousseau de Bleuette des robes de baptême, de communiantes et de mariées.
On lui donne une petite sœur, Benjamine, en 1926, puis son petit frère Bambino en 1928, qui connaîtra un certain succès, et enfin une sœur aîné, Rosette, de 1955 à 1960. Elle a aussi une compagne célèbre, Bécassine.
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Bécassine

Qui ne connait pas Bécassine ? Ce personnage de bande dessinée créé par Émile-Joseph-Porphyre Pinchon (1871-1953) en 1905, apparaît  dans le premier numéro de « La semaine de Suzette » (voir Bleuette ci-dessus), le 2 Quel rapport avec les poupées, me direz-vous ? Eh bien, Bécassine est déclinée sous la forme de poupées portant son costume à trois reprises : la première en 1922, modèle « incassable » de 39 cm créé en exclusivité pour les grands magasins du Printemps, accompagné de deux autres versions en tissu bourré de 26 et 31 cm ; la seconde en 1950, présente dans les catalogues de la poupée Bleuette, en tissu bourré et proposée en quatre tailles (32, 34, 40 et 50 cm), dont les modèles de Reine Dégrais (photo) ; la troisième en 1953, destinée aux tout petits, en mousse de latex.
retrouve en motocyclette, en avion, en voiture, au téléphone, escaladant les Alpes, pilotant un avion et faisant du cinéma. Françoise Dolto, la célèbre psychanaliste, signale qu’elle est le « modèle d’une éducation moderne et d’une compréhension de la psychologie enfantine ».
Le musée de la poupée à Paris lui a consacré une exposition en 2015, intitulée « Bécassine dévoile les trésors de Louloute », personnage des aventures de Bécassine inspiré par la vraie Claude, fille unique de Maurice Languereau, alias Caumery, scénariste de Bécassine après Pinchon et éditeur du magazine « La Semaine de Suzette ». Caumery dote Bécassine d’une psychologie plus dense et lui donne à cette occasion son vrai nom, Annaïck Labornez. Loulotte grandit en même temps que Claude au cours des albums, de « Bécassine nourrice » à « Bécassine au studio », entre 1921 et 1939.
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Kewpie

La dessinatrice américaine Rose O’Neill publie en 1909 dans le « Ladies home journal » un dessin humoristique qui met en scène un bébé au sourire taquin et au regard de côté rieur appelé Kewpie. Ce personnage étonnamment moderne, à la touffe de cheveux blonds sur le sommet du crâne, au visage joufflu et au ventre rond, les doigts en étoile et nu comme un ver, est venu à l’idée de son auteure dans un rêve. Elle en parle comme « d’une sorte de petite fée ronde dont la seule idée est d’apprendre aux gens à être joyeux et gentils en même temps ». Kewpie vient de Cupid, le mot anglais pour Cupidon, le dieu romain du désir, de l’amour érotique, de l’attraction et de l’affection.
Le personnage devient populaire auprès des adultes et des enfants, et Rose O’Neill commence à en faire des poupées de papier, appelées « Kewpie Kutouts ». Elles est contactée en 1912 par la société  Geo. Borgfeldt & Co pour éditer une série de poupées et de figurines. Un brevet est délivré en novembre 1913 et c’est la firme de jouets allemande J.D. Kestner, située à Waltershausen, qui est chargée de la fabrication de poupées en biscuit. Les premiers exemplaires ne satisfont pas Rose O’Neill, qui se rend en Allemagne pour superviser une nouvelle conception débouchant sur une gamme de neuf tailles de poupées de 2,5 à 30 cm, dont certaines ont des bras articulés. Toutes portent des petites ailes bleues derrière la nuque, et un décalcomanie en forme de cœur sur la poitrine qui indique « Kewpie Germany » (photo), beaucoup d’entre elles sont signées à la main dans le dos ou sous les pieds.

Ces poupées rencontrent un succès international et se retrouvent dès 1914 dans des publicités et des produits dérivés : vaisselle, hochets, savons, moulins à poivre, livres de coloriage, papeterie,…Rose O’Neill utilise le personnage à des fins de promotion du mouvement pour le droit de vote des femmes.
Lorsque la guerre éclate, la production des Kewpie est déplacée en France et en Belgique. A partir de 1916, des poupées en composition sont fabriquées aux États-Unis, dont une version de 56 cm. Le décalcomanie indique cette fois « Kewpies, des. & copyright by Rose O’Neill. ». Au milieu des années 1920, des versions en celluloïd de petite taille font leur apparition sur le marché, essentiellement produites au Japon, hors licence et de moindre qualité, souvent données comme prix dans les fêtes foraines. À cette époque, des Kewpie sont vendus habillés.
L’usage de la photographie en publicité provoque une baisse de popularité des Kewpie. Malgré cela, des poupées sont toujours fabriquées jusqu’à aujourd’hui, incluant des versions en plastique dur (à partir de 1949 par Effanbee), en caoutchouc souple, vinyl et biscuit produites par Jesco et Cameo Co. des années 1960 aux années 1990. Ces copies ne portent pas de décalcomanie sur la poitrine.
Très recherchées par les collectionneurs, les Kewpie atteignent des sommes importantes : selon Dawn Herlocher, auteure de l’ouvrage « 200 years of dolls : identification and price guide », une poupée de 25 cm avec une tête en biscuit, un corps en composition et des yeux en verre est estimée à 6 500 $.
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Nénette et Rintintin

 Nénette et Rintintin est un couple d’enfants crée en 1913 par Francisque Poulbot (1879-1946), célèbre dessinateur des « Poulbots », ces gamins des rues de Paris effrontés et gouailleurs. Il s’agit à l’époque d’exalter le patriotisme français, but que Francisque Poulbot poursuit pendant la grande guerre en signant des affiches et des cartes postales patriotiques, puis à la fin de la guerre en concevant le couple de poupées porte-bonheurs Nénette (lui) et Rintintin (elle), suite à une demande de la SFBJ, décidée à redonner une image plus patriotique à ses poupées. Francisque Poulbot est d’autant plus motivé par ce projet qu’il est révolté par la suprématie allemande dans le secteur du jouet en France, dont les journaux français moquent la quantité excessive et la mauvaise qualité.
Sorties tout d’abord sous forme de poupées à tête de porcelaine (photo), elles deviennent deux petits mannequins en fils de laine reliés par un fil. Ils sont très populaires en 1918, et on les offre à l’être aimé parti sur le front ou resté à l’arrière, parfois accompagnés de leur enfant Radadou. Le couple restera populaire après guerre.
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Raggedy Ann

Elle n’est pas très connue de ce côté-ci de l’Atlantique, mais fait un tabac aux États-Unis depuis plus d’un siècle auprès des enfants.
Raggedy Ann (littéralement « Anne de chiffon ») est un personnage créé par l’auteur américain Johnny Gruelle (1880–1938) dans une série d’ouvrages qu’il a écrits et illustrés à l’intention des jeunes enfants : c’est une poupée de chiffon représentant une petite fille aux cheveux faits de brins de laine rouge, avec un petit nez triangulaire, souvent vêtue d’une robe bleue et d’un tablier (photo).

C’est d’abord un personnage de poupée créé en 1915, introduit au public dans le livre Raggedy Ann stories publié en 1918, et vendu avec un grand succès accompagné d’une vraie poupée de chiffon fabriquée en 75 000 exemplaires entre 1918 et 1926 par la firme Non-Breakable Toy pour le compte des éditions Volland.
La légende veut que ce soit Marcella, la propre fille de Gruelle, qui ait trouvé une poupée de chiffon sans visage dans le grenier de sa grand-mère, et que l’écrivain suggère que la grand-mère couse un bouton de chaussure à la place d’un œil manquant de la poupée. L’écrivain a ensuite combiné les titres de deux célèbres poèmes de James Whitcomb Riley, The raggedy man (l’homme en guenilles) et Little orphant Annie (Annie la petite orpheline) et suggéré que la poupée s’appelle Raggedy Ann. Patricia Hall, la biographe de Gruelle, note que la date de cette supposée découverte varie entre 1900 et 1914, et que son lieu est situé comme étant la banlieue d’Indianapolis (Indiana), le centre ville de Cleveland (Ohio), ou encore la campagne du Connecticut. En réalité, comme l’a rapporté la femme de Gruelle à Patricia Hall, c’est l’écrivain lui-même qui a récupéré une vielle poupée dans le grenier de ses parents à Indianapolis au début du XXe siècle, et déclaré qu’elle ferait une bonne histoire. Et en effet, c’est en observant plus tard sa fille jouer avec des poupées que Gruelle se mit à écrire les premières histoires de Raggedy Ann.
La légende veut aussi que Ruelle ait créé Raggedy Ann en hommage à sa fille décédée à l’âge de 13 ans des suites d’une vaccination infectée, alors qu’il reçut le brevet de sa poupée (photo) en septembre 1915, le mois du décès de Marcella. Le fait que ce décès soit dû non pas à un effet secondaire de la vaccination mais à une infection n’a pas empêché le mouvement anti-vaccination de prendre Raggedy Ann pour emblème. L’un des exemplaires de Raggedy Ann, baptisé Annabelle, serait possédée par un esprit et aurait fait l’objet d’un exorcisme en 1970 ; la poupée de chiffon incriminée est conservée dans la demeure des époux Warren, célèbre couple de démonologues et médiums américains. Elle est le sujet d’un film d’horreur sorti en 2014.

Jusqu’en 1928, c’est une vingtaine d’ouvrages des histoires de Raggedy Ann qui verront le jour, ainsi qu’un frère apparu en 1920, Raggedy Andy. Quatre sociétés se sont relayées jusqu’à aujourd’hui pour fabriquer la poupée, la dernière en date étant Aurora World.
Raggedy Ann reçut la consécration en 1997 sous la forme d’un timbre postal à son effigie, et en 2002 en entrant dans le panthéon national des jouets.
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Petit Colin

Petit Colin est le plus célèbre des  baigneurs et le plus ancien poupon industriel de marque française. Produit à partir de 1927 par l’entreprise Petitcollin, fondée en 1896 et fabriquant à l’origine des articles de coiffure en corne puis en celluloïd, il fait partie de la série des grands modèles de baigneurs en celluloïd (jusqu’à 60 cm) produits par la marque entre 1924 et 1938.
Son histoire est jalonnée de changements : de 1927 à 1930, il a des jambes torses ou des jambes raides de nourrisson (les pieds remontant vers le haut) ; en 1929, les yeux, auparavant en verre, sont aussi en celluloïd ; en 1930, il a également des jambes raides simples ; en 1931, apparition des yeux dormeurs, riboulants en 1932 et rivés en 1935 ; en 1933, il est doté d’un mécanisme parleur ; en 1945, arrêt de la fabrication des jambes raides de nourrisson et apparition des yeux en polystyrène ; en 1950, il est bébé marcheur ; en 1951, il reçoit une boîte à musique ; en 1954, il est produit en polystyrène feuillé (styrolin) ; en 1956, début de l’emploi du polyéthylène soufflé ; en 1960, abandon du celluloïd, interdit à la commercialisation en raison de son caractère inflammable ; en 1961, fabrication de têtes et membres en vinyle et apparition du bébé buveur.
Aujourd’hui, il est  proposé en versions blanc, noir ou métis, nu (photo) ou habillé, de taille 6 à 60 cm, en polyéthylène finition satinée, avec yeux et cheveux peints.
Petitcollin est la plus ancienne et la dernière fabrique française de poupées encore en activité en France.
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Marinette

La poupée Marinette, c’est la rencontre de Beatrice Mallet, une illustratrice talentueuse originaire d’Angleterre, de Benjamin, un journal pour les enfants créé par Jean Nohain, notre Jaboune national « bien de chez nous », célèbre animateur de radio et de télé (reine d’un jour, 36 chandelles) et des culottes Petit Bateau, qui sont comme chacun sait de rigueur pour bien habiller les enfants.
Beatrice Mallet (1896-1951), née Fox à Long Eaton près de Nottingham (Derbyshire), Angleterre, suit des cours de dessin dès l’âge de dix ans et choisit la Joconde pour sa première caricature. Elle épouse en 1919 le dessinateur et peintre français Hervé Mallet. Le couple s’installe en France, où elle commence une carrière de dessinatrice-affichiste ayant pour sujets les enfants, qu’elle dessine espiègles et joufflus, avec des pommettes rouges et des yeux rieurs. Ses premières parutions connues sont la couverture des catalogues de jouets des grands magasins « Les Galeries Lafayette » et « Aux trois quartiers » à Paris, où apparaissent déjà en décembre 1922 « Bob et Clarys, poupée de Béatrice Mallet en tissu bourré, tête artistique incassable, habillage drap, se déshabillant, fille ou garçon, hauteur 0m35 ».
Le couple Mallet expose au salon des humoristes, auquel participe aussi Germaine Bouret, célèbre illustratrice ayant comme Beatrice une prédilection pour le thème des enfants. En 1924, Beatrice Mallet fait évoluer le logo de Petit Bateau, marque de culottes pour enfants créée en 1920 par le bonnetier Pierre Valton, qui inventa la culotte en coupant les jambes d’un caleçon long, et conçoit à cette fin le personnage de Marinette (photo), petite fille potelée et rieuse qui illustre les réclames pour Petit Bateau dans la presse de l’époque : le Petit écho de la mode, le Pélerin, Fémina, les Annales, l’Illustration, le Jardin des modes.

En 1925, elle dessine des papiers peints, l’année suivante des cartes postales pour les éditeurs Raphaël Tuck & sons, Delrieu et Troisses, et commence en 1930 des séries d’affiches publicitaires pour de grandes marques.
Le périodique de presse enfantine Benjamin, dont Beatrice Mallet sera la principale dessinatrice, est créé en 1929 pour proposer aux enfants un journal vivant, instructif, proche de l’actualité, tout en leur apportant des distractions. Il s’adresse aussi bien aux garçons qu’aux filles. En décembre 1931, Tante Sophie annonce la nouvelle, Benjamin nous présente Marinette, la poupée des benjamines :

« …Benjamin vient de créer une poupée nouvelle, une poupée spéciale pour vous, une poupée que seules les benjamines possèderont : Marinette. Permettez-moi de vous présenter tout de suite cette nouvelle venue… Vous connaissez déjà toutes et tous les traits de Marinette, la sympathique héroïne des culottes Petit Bateau. Eh bien, la « poupée Marinette », ce sera Marinette elle-même… en chair et en os – ou plutôt en cheveux et en bois… Marinette est ravissante…Elle mesure 35cm de haut (c’est à dire que c’est déjà une assez grande fille) ; sa tête est incassable, ce qui sera précieux pour celles d’entre vous qui ont des petits frères ; elle a de beaux cheveux blonds, des yeux dormeurs à cils et un petit air bien original ; elle est entièrement articulée… Et elle vous sera livrée avec des bas et des souliers et, bien entendu, avec une amusante petite culotte « Petit Bateau » à sa taille… …Cette Marinette que vous aurez toutes et que toutes vous aimerez, nous allons l’habiller ensemble… Marinette sera à la fois un joujou et comme un petit mannequin. Elle vous amusera et vous servira. Marinette est bien dans la ligne que s’est tracée Benjamin : vous distraire utilement et intelligemment. »

Fabriquée par la SFBJ, Marinette est une poupée entièrement articulée au corps en composition, membres en bois et tête incassable en carton moulé et peint, existant en modèles laqué brillant et mat. Elle a les yeux bruns, dormeurs, en amande et tournés sur le côté, et la bouche entrouverte. À l’origine, elle portait une perruque coiffée avec la raie au milieu et deux petites couettes (photo).

Comme les autres périodiques de l’époque proposant des poupées (la semaine de Suzette, Modes & Travaux), le but avoué de ces dernières est de préparer de façon ludique les fillettes à leur futur « métier de mère ». Marinette possède un trousseau, soit confectionné à la maison, soit en prêt-à-porter, mais il s’agit des mêmes vêtements.
En novembre 1934 est créé un supplément illustré au journal, Benjamine, « la petite sœur » de Benjamin, essentiellement dédié aux jeunes filles. Outre Benjamin, Beatrice Mallet dessine dans des revues comme « Jean-Pierre », « les enfants de France supplément du Figaro » et « la Mode nationale : les Enfants, les Patrons favoris ». En 1936, elle commence à collaborer avec son mari à l’illustration de livres tels que Hubert du bois, Zoo city, Mother goose, la sœur de Gribouille, les Mamichou et le voyage de Gulliver.
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François et Jacky

Les deux vedettes de la SNF (Société Nobel Française, créée en 1927, anciennement SIC -Société Industrielle de Celluloïd- en ce qui concerne la fabrication de jouets et poupées) sont nés respectivement en 1931 et 1935. Ce sont de très beaux baigneurs d’excellente qualité, étudiés avec soin et qui connaissent rapidement un très grand succès, à l’instar des autres modèles de la marque :  Dominique fille et garçon, Claudine et Claudinet, Monique, Josette, Calino, Pat et Martine, Dany, ainsi que d’autres modèles qui ne portaient pas de prénom.
François, bébé de quelques mois sage et souriant (photo), existe en de nombreuses dimensions et a les jambes courbes ou raides, la tête mobile à partir de 25 cm, les yeux peints, fixes, dormeurs et/ou riboulants, et les cheveux moulés et peints. Il est monté sur élastique et/ou ressort, et sera  fabriqué au cours de son existence, qui se terminera en 1963,  en celluloïd (translucide ou opaque), sicoïd, novoïd puis polyéthylène.

Contrairement à François, Jacky est un bébé qui ne sourit pas. Le regard triste et rêveur, il a les jambes semi-ployées  et les bras pliés de façon à ce que, mis sur le ventre, il donne l’impression de marcher à quatre pattes (photo). Fabriqué en tailles variées de 7 à 60 cm, il a la tête mobile et les yeux fixes à partir de 25 cm, peints, fixes, dormeurs et/ou riboulants à partir de 35 cm, ainsi que des cheveux moulés et peints. Il existe un modèle rare à jambes raides avec articulations sur rotules. Monté sur élastique, il est réalisé en celluloïd mat, sicoïd, novoïd puis polyéthylène jusqu’en 1963, date de la fermeture de la fabrique de poupées.

François et Jacky existent en version peinte en noir, et Jacky en modèle « africain ». Ils sont proposés nus ou habillés. On en trouve actuellement des modèles  en tenue d’époque d’une taille d’environ 45 cm entre 80 et 130 €, ce prix raisonnable s’expliquant par leur relative abondance sur le marché et par la fragilité du celluloïd, qui devient friable avec le temps.
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Shirley Temple

Franchissons l’Atlantique pour aller à la rencontre de ce qui est un des plus grands phénomènes de l’histoire de la poupée, plus de six millions d’exemplaires vendus en six ans pour un montant jamais atteint par une autre poupée.
Shirley Temple est une jeune actrice américaine, star mondiale dès l’âge de six ans, qui commence à tourner des courts-métrages à 3 ans, en 1931. La société  Ideal toy and novelty achète en exclusivité les droits dérivés de l’image de Shirley et livre les premières poupées pour Noël 1934 : tête en composition à base de pâte à bois, yeux en verre dormeurs ou riboulants, bouche ouverte sur six dents et une langue, les fameuses fossettes de l’actrice et des perruques en mohair blond avec de grosses anglaises ; elles sont fabriquées jusqu’en 1939, en douze tailles de 23 à 69 cm (photo).
Les habits estampillés Temple sont très cotés, surtout les tenues que l’actrice porte dans les films.
Fin 1935, Ideal sort des poupons « Shirley Temple babies » en six tailles de 36 à 68,5 cm : tête et membres en composition, corps en tissu bourré avec une voix cousue dans la poitrine, cheveux modelés ou recouverts d’une perruque en mohair bouclée.
La poupée Shirley est beaucoup copiée, aux États-Unis comme au Canada, au Japon, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France.
En 1957, Ideal reprend la production des Shirley, cette fois-ci en vinyl. Des poupées en vinyl, plastique et porcelaine sont fabriquées de 1958 à nos jours, moins jolies que celles des années 1930.
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Nano et Nani

Nano est le fleuron des Établissements G. Convert, à l’origine entreprise de vente d’articles de bimbeloterie fondée en 1830, qui construit une usine de celluloïd en 1904, un site de soufflage de poupées et de jouets en 1911, puis développe la fabrication de poupées en celluloïd à partir des années 1930, et introduit sur le marché en 1951 les premières résines polyester réalisées en France.
Nano, créé en 1936, est un bébé joufflu et potelé, au regard profond, arborant un petit sourire au coin de ses lèvres charnues (photo), disponible en jambes courbes ou droites, nu ou habillé. Avant d’arriver au visage définitif, le sculpteur Mesniankine s’y reprend à de nombreuses reprises. C’est un bébé en celluloïd avec des cheveux bruns moulés peints et bouclés, des yeux bruns en verre et le teint mat. Son alter ego Nani a les cheveux blonds, les yeux bleus et un teint rosé. Ils ont la particularité d’avoir souvent des articulations aux poignets, en plus de la tête et des membres mobiles. Produits dans des tailles de 25 à 70 cm (avec voix à partir de 35 cm), ils ont les yeux fixes, riboulants et dormeurs (mécanisme développé par Convert)   ou simplement dormeurs. Ils sont fabriqués d’abord en celluloïd, puis aussi en Naxoïd, avant d’être les premiers baigneurs en polyéthylène (Naltène) en 1954. À partir de 1961, Convert fabrique des modèles en plastique, puis arrête définitivement la production en 1983.
Nano a  pour titres de gloire d’avoir été sculpté en immense baigneur de quatre mètres de haut, pour l’exposition « La ville et l’enfant » au centre Pompidou en 1977, et d’être tellement célèbre que son nom désigne aujourd’hui toutes les poupées fabriquées par les Établissements Convert.
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Josette et Françoise

La poupée Josette est une production de la SNF (Société Nobel Française), dont le nom est lié à la fabrication des poupées en celluloïd et à celle de la dynamite : en effet, le celluloïd est une matière artificielle ayant pour base la nitrocellulose (fibre généralement issue du coton et modifiée par un traitement aux acides), qui peut aussi intervenir dans la fabrication de la dynamite, d’où une histoire conjointe des sociétés de fabrication de celluloïd et de dynamite, dont la SNF, créée en 1929 de la fusion de la Société Industrielle des Matières Plastiques (S.I.M.P.) et de la Société Générale pour la Fabrication de la Dynamite, apparaît comme l’une des principales représentantes.
La petite Josette est donc une charmante fillette aux cheveux moulés coupés courts avec une raie sur le côté gauche, existant en huit tailles variables de 12 cm (photo) à 47 cm, articulée aux épaules, aux hanches, et au cou pour les plus grandes, qui sont pieds nus, tandis que les plus petites portent des chaussettes blanches peintes et des chaussures moulées marron ou noir peintes.

Comme les autres modèles de la SNF fabriqués à la fin des années 1930, Josette n’a pas été produite en celluloïd, mais en Sicoïd ; à partir de 1950, elle sera produite en Novoïd. Elle existe en trois versions : brillante ou mate avec les yeux peints, mate et yeux fixes imitant les yeux naturels avec cils.
Josette va connaître une nouvelle vie sous le nom de Françoise : de fait, elle est choisie en mars 1951 par le magazine féminin Modes & Travaux (fondé en novembre 1919 par Edouard Boucherit, 4e titre de la presse féminine en 2015 selon l’OJD, avec une diffusion payée par numéro de 387 088 exemplaires) pour être la poupée que les petites filles pourront habiller grâce aux explications du journal, qui a créé à leur intention une page (devenue double depuis) de conseils et de patrons appelée « le journal des petites filles de Modes & Travaux ». Voici comment Françoise est annoncée :
« Nous vous présentons Françoise, que vos parents seront heureux de vous offrir pour vos Pâques si, comme nous n’en doutons pas, vous avez été sages et avez bien travaillé en classe durant ce deuxième trimestre. Françoise est une ravissante poupée en celluloïd  avec de jolis yeux en porcelaine ombrés de cils naturels, spécialement conçue pour être habillée facilement ». En réalité, la majorité de ces poupées est en Novoïd mat ou brillant et leurs yeux ne sont pas en porcelaine mais en acétate de cellulose et surtout en polystyrène, en plus d’un modèle ordinaire avec les yeux peints. La garde-robe de cette poupée de 39 cm est variée, facile à confectionner et suit la mode de l’époque ; le journal propose également des vêtements tout faits ainsi que des accessoires tels que sacs à main, chaussures, chaussettes,…
Poupée vedette dans les années 1950, elle disparaît en 1960, en raison de l’épuisement des stocks, de la défectuosité probable du moule et de la lassitude des enfants et des parents qui la trouvent démodée. Elle est remplacée par Marie-Françoise, une poupée plus moderne au visage éveillé, au corps élancé et portant une perruque.
Cependant, en 1998, à la demande des anciennes propriétaires nostalgiques de Françoise et face au succès non démenti des poupées de Modes & Travaux, la société Petitcollin (fondée en 1860 par  Nicolas Petitcollin, qui commence à fabriquer des poupées en 1912 et lance le fameux baigneur Petit Colin en 1924) réédite les premières poupées de Modes & Travaux, dont : une édition limitée de Françoise de fin 1998 à 2000, avec une tête (fragile) en résine de polyuréthane, le corps en polyéthylène et les yeux dits « cristal » fixes ; une édition numérotée de Françoise à partir de l’automne 2000, avec un nouveau moule, une tête en PVC durci et des yeux fixes ou peints, le  visage étant un peu différent et légèrement plus grand (photo). La production de Françoise durera jusqu’en 2011.
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Michel

Michel est le petit frère de Françoise (voir ci-dessus). Comme elle, il est fabriqué par la SNF et proposé par le magazine féminin Modes & Travaux pour offrir aux petites filles de ses lectrices des poupées et bébés servant de base à la confection d’une garde-robe à la mode de l’époque. En août 1954, la poupée Françoise annonce dans le journal la naissance de Michel en ces termes : « Je t’annonce une bonne nouvelle. Je vais avoir un petit frère le mois prochain. » En septembre de la même année, un faire-part annonce dans le journal : « Françoise de Modes & Travaux a la joie de vous annoncer la naissance de son petit frère Michel ».
C’est un baigneur en Novoïd de 40 cm qui figure un bébé de quelques mois, au visage joufflu souriant et au front haut, avec une chevelure moulée frisée blonde ou châtain et une mèche bouclée sur le devant. Il a des yeux dormeurs en polystyrène avec cils, bleus ou marrons, une petite bouche rose entrouverte, les bras et les jambes courbés (photo).

Ce premier modèle sera produit jusqu’en janvier 1963. En septembre 1961 débute la production simultanée d’un Michel en polyéthylène avec quelques modifications suite à la refonte des moules. Le tronc est identique, la tête est un surmoulage du modèle en Novoïd, ce qui lui donne un visage légèrement différent de l’original. Il a un regard également différent, dû à l’indépendance de ses yeux à fuseaux très en amande (photo).

Ce modèle sera aussi produit jusqu’en janvier 1963, date de l’incendie de l’entrepôt de Chauffry (Seine-et-Marne), qui entraînera la fermeture de l’usine, le licenciement de 130 ouvriers et le rachat par Petitcollin du département jouets de la SNF.
Michel réapparaît dans Modes & Travaux en octobre 1964, annoncé comme suit : « Et voici la surprise de l’année, un bébé Michel au corps identique, mais au visage modernisé et adouci par de courts cheveux blonds. Ceux-ci, en Clorène de Rhovyl, sont implantés et lavables, comme ceux de sa sœur (Marie-Françoise) ». Le visage est très différent des modèles de la SNF : la tête est en PVC, il a un petit nez retroussé, un sourire plus large et plus coquin, et à partir de 1965 les cheveux pourront être bruns, moins raides et plus longs (photo).

 Malgré de nombreuses péripéties de la marque Petitcollin (crise de 1970, reprise des activités par la société de services Jamarex en 1972, rachat par Vilac en 1995), la production des Michel est maintenue de 1964 à 2013. A partir de 1996, l’exclusivité des poupées de Modes & Travaux est levée, et on peut les trouver dans des boutiques spécialisées.
Comme pour Françoise, Petitcollin réédite le modèle Michel de la SNF, à partir de surmoulages d’exemplaires en polyéthylène produits entre 1961 et 1963, sous le nom de « Michel original », en 1999 ; produit tout d’abord de 1999 à 2000 en édition limitée avec une tête en résine de polyuréthane et des yeux « cristal » fixes, il sera ensuite fabriqué en édition numérotée en deux modèles : tête en polychlorure de vinyle durci mat ou brillant, yeux en « cristal » fixes ; dans tous les cas, le corps est le même.
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Betty Boop

Boop-Oop-a-Doop, c’est moi Betty Boop ! La plus glamour et sexy des personnages féminins de dessins animés et de BD naît en 1931, dans une série américaine créée par les Fleischer Studios aux États-Unis, où elle est la première héroïne de dessin animé. Représentée sous les traits d’une petite femme brune aguicheuse et sensuelle, elle a pour modèle la chanteuse Helen Kane.
Dès 1934, on la trouve sous forme de produits dérivés les plus variés : manteaux, tasses, cartes, montres, savons, jouets, bonbons, mouchoirs ou encore…poupées !
La première est une poupée de caractère articulée en pâte de bois, sortie en 1932 par la société Cameo Doll. Bien plus tard, Mattel fabrique une gamme de Betty Boop en vinyle à l’attention des collectionneurs, toutes vêtues de robes moulantes, avec des boas en plume et des accessoires scintillants (photo). On trouve aussi dans les boutiques pour collectionneurs des poupées à corps mou (comme les modèles « vacillant » ou « hochant la tête »), des figurines habillées en résine ou céramique, des poupées grinçantes en vinyle ou des Betty musicales en porcelaine.
La société Precious Kids sort une gamme de poupées en vinyle de 30,5 cm qui porte des tenues variées : GI, infirmière, patriote, star d’Hollywood, et une version parlante qui dit « I wanna be loved by you » (titre de chanson célèbre de Marilyn Monroe), et bien entendu « Boop-Oop-a-Doop ». La plus intéressante interprétation de Betty Boop est produite par Marty Toys au début des années 1990 : habillée tendance, en pull rayé en tricot, ou en tenue de jogging colorée, à mille lieues de l’omniprésente robe rouge. Des poupées sont aussi fabriquées par la société Madame Alexander Doll, qui, tout en conservant l’apparence de Betty Boop, lui donnent un visage plus réaliste, s’éloignant du personnage de dessin animé.
Le succès des poupées Betty Boop, et au-delà celui des autres produits dérivés, ne se dément pas pour une raison toute simple : à mi-chemin entre innocence et sensualité, elle plaît autant aux hommes qu’aux femmes.
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Blanche-Neige

Non, ce n’est pas Walt Disney qui  a écrit « Blanche-neige et les sept nains ». La version écrite la plus connue de ce conte est celle recueillie et mise en forme par les frères Grimm en 1812, vraisemblablement inspirée par un mythe germanique, bien que plusieurs mythes européens puissent correspondre au personnage de Blanche-neige.
Cela dit, l’adaptation au dessin animé des studios Disney sortie en 1937 est un jalon dans l’histoire de l’animation et du cinéma tout court, tant par le succès rencontré dans le monde entier et par ses innovations techniques (c’est le premier long-métrage d’animation au monde sonore et en couleurs) et artistiques, que par le montant record de son budget de production.
Et les poupées là-dedans, me direz-vous ? Eh bien, il n’a pas fallu attendre longtemps avant que Chad Valley ne lance en 1938 un ensemble de poupées de Blanche-neige (41 cm) et des sept nains (15 cm) très ressemblants, avec un corps en calicot et un un visage  moulé en feutre peint. La même année puis en 1940, la firme Madame Alexander Dolls sort deux Blanche-Neige  en composition avec des tenues différentes. Nombreuses sont les poupées vendues dans les boutiques Disney à partir des années 1970 à être fabriquées par Mattel, comprenant généralement un corps de Barbie et une tête spécialement modelée ; avec le temps d’autres constructeurs y font leur apparition, tels que Vivid Imagination ou Simba. En 1978 sort une Blanche-Neige par Pedigree très similaire à Sindy et recherchée pour sa boîte comportant d’étonnants dessins issus du film.
Mais les poupées Blanche-Neige n’illustrent pas que le dessin animé de Disney, elles figurent même souvent des personnages tirés du conte original : parmi celles destinées aux collectionneurs, on trouve plusieurs conceptions de Dianna Effner, qui a travaillé avec l’entreprise de porcelaine Edwin Knowles pour créer une poupée de 36 cm au joli visage innocent  (photo) dans sa série de 1991 « Les héroïnes des forêts de contes de fées ».

Robert Tonner produit en 2009 une poupée à articulations sphéroïdes en édition limitée de 1 000 pièces, avec une toute nouvelle sculpture de visage ; l’année 2011 voit la sortie d’une poupée de collection de 29 cm en exclusivité pour les boutiques Disney ; inhabituelle, elle est inspirée par les illustrations de mode des années 1950 et 1960.
Dans le genre excentrique est lancée la même année la Blanche-Neige Harlequin de Moxie Girlz, poupée de 29 cm en vinyl avec de grands yeux bleus en amande, un petit sourire coquin, une longue chevelure brune et une robe au-dessus du genou !
La plus belle et fidèle des versions est peut-être celle de R. John Wright : faite à la main en feutre moulé, parfaitement peinte et délicatement maquillée, elle est accompagnée des sept nains, tous les personnages étant très ressemblants (photo).
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Les amoureux de Peynet

Les « amoureux », le poète et sa compagne, ont été créés en 1942 par Raymond Peynet (1908-1999), dessinateur humoristique français. Ils sont déclinés sur de nombreux supports : affiches, illustrations, cartes postales, médailles, porcelaines, écharpes, timbres,… Les poupées n’échappent pas à la règle : réalisées en mousse de latex entre 1953 et 1968 et habillées à la mode (les vêtements étant fabriqués à domicile par des couturières), elles mesurent 31 cm et connaissent un immense succès, avec plus de six millions d’exemplaires vendus. Elles comptent 170 modèles parmi lesquels certains sont repris en couple (photo), et sont souvent accompagnées d’accessoires miniature, parfois de mobilier, supports, cadres et décors.
Les amoureux de Peynet, tendres, poétiques, naïfs, charmants, universels, conquièrent depuis leur naissance la France puis le Monde entier, jusqu’au Japon où deux musées leur sont consacrés.
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Alice

Alice qui ? Alice au pays des merveilles bien sûr ! Les aventures contées par le mathématicien anglais Charles Lutwidge Dodgson (alias Lewis Carroll) en 1865 ont enchanté des générations d’enfants et d’adultes, avec leur myriade de personnages et de situations loufoques. Le lapin blanc, le chapelier fou et autre reine de cœur ont inspiré nombre de livres, BD, mangas, dessins animés, films, albums de musiques, ballets, opéras, pièces de théâtre, et j’en passe.
Les poupées n’y ont pas échappé, à commencer par la série de poupées en étoffe moulée de jersey peint créée par Martha Chase dans les années 1920 (photo), puis les nombreuses poupées en étoffe réalisées à la main par Madame Alexander en 1923, au début de sa carrière.

La sortie du dessin animé de Disney en 1951 déclenche une vague de créations, parmi lesquelles on peut citer une poupée de type Sindy lancée par Pedigree au début des années 1970, vêtue de la tenue usuelle d’Alice, robe de coton bleue et tablier blanc.
Mattel produit entre autres une Alice Barbie inhabituelle en 2007, qui porte une robe de soirée courte en soie bleue, a de longs cheveux auburn, de grands yeux et des lèvres pulpeuses ; son compagnon Ken incarne le chapelier avec une tenue loufoque.
L’artiste Pauline Bjorness-Jacobsen réalise plusieurs grandes Alice, dont une poupée en porcelaine de 36 cm accompagnée d’un lapin blanc portant une grande montre. Une autre (très) grande Alice de 66 cm est due à la créatrice Eva Helland, de la firme Lee Middleton.
Ces dernières années connaissent une avalanche de versions modernes de la traditionnelle Alice, généralement avec de plus grand yeux, des coupes de cheveux branchées et des tenues excentriques : poupée Pullip « Fantastic Alice » à 13 articulations ; « Hunting rabbit » de la série des Kickit par Robert Tonner, qui produit aussi une édition limitée de 500 « Re-Imagination My Wonderland Tweedle DeDe » (photo) ; celles de Moxie Girlz et d’Ashton-Drake (qui fait partie de sa série de poupées comptine de 30 cm à articulations sphéroïdes conçue par Dianna Effner).


Lorsque sort le film « Alice in Wonderland » en 2010, Robert Tonner (encore lui) en réalise les quatre personnages principaux, dont une poupée de Johnny Depp de 43 cm en chapelier fou avec un maquillage élaboré et une tenue très finement détaillée : chemise imprimée à boutons dorés, pantalon de serge brodé avec bordure en dentelle, écharpe, chaussettes dépareillées et bottes en imitation cuir, veste ornée de rubans multicolores, passementerie dentelée, drapage lacé et broderies, haut-de-forme à epingles empierrées (photo).

Ce ne sont là que quelques exemples illustrant la variété des productions inspirées par le personnage d’Alice, classique chez les créateurs de poupées, qu’elles soient destinées aux enfants ou aux collectionneurs.
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Caroline

C’est de la Caroline de GéGé (des initiales de Germain Giroud, fondateur de la société en 1933) qu’il sera question  ici, à ne pas confondre avec les deux modèles antérieurs, la Caroline de Convert, fillette à perruque de 30 cm très utilisée pour les poupées folkloriques, et celle de Raynal, bébé parlant de 40 cm à corps bourré et membres et tête en Rhodoïd puis en Rhodialite.
Caroline de Gégé, donc, est née en 1956 et fait partie de la série « Les petites filles de France » en acétate de cellulose (Rhodoïd pour la tête, Rhodialite pour le corps et les membres) lancée par la firme en 1955. Ce sont de jolies fillettes au visage rond, au nez pointu et à la petite bouche fermée sur un sourire. Elles portent une perruque en cheveux naturels courts, avec une raie sur la gauche, et sont dotées d’un mécanisme de parole par retournement.
Notre Caroline mesure 50 cm et a les yeux dormeurs et riboulants. L’année suivante, date de naissance de la princesse de Monaco, sort la poupée éponyme de 46 cm dont un exemplaire avec trousseau est offert à la famille princière.
Par la suite, Caroline recevra de nombreuses innovations (photo) : dispositif de parole à plusieurs phrases sous licence Mattel (elle ne dit pas comme Barbie « le cours de maths est duraille », mais des phrases plus innocentes comme « posez-moi dans mon petit lit »), mécanismes de marche, d’envoi de baiser, de mouvement des lèvres, enfin système électrique de parole.
Elle changera de visage (expression boudeuse), de coiffure (frange et longs cheveux blonds ondulés), de taille (jusqu’à 63 cm) et de matériau (polystyrène, puis polyéthylène et PVC). Ses vêtements, comme ceux des poupées GéGé en général, sont cousus avec soin dans des tissus de qualité et reflètent la mode de leur temps. À son arrêt de production en 1976, elle se sera vendue à plus de 1 800 000 exemplaires.
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Barbie

La plus célèbre, la plus vendue et la plus controversée des poupées, Barbie attire les superlatifs. Elle naît en 1959 d’un plagiat de Bild Lilli, lancée en Allemagne en 1955 et dont elle reprend les codes : morphologie adulte, cheveux implantés et fabrication en matière plastique avec une garde-robe contemporaine en tissus, taille de 29 cm.
Elle connaît immédiatement un succès mondial, avec sa sa poitrine opulente, sa taille ultra-fine et ses longues jambes qui tranchent avec le style rond et asexué des poupées de l’époque, et son rôle d’icône de la mode (photo). Ces mensurations disproportionnées, qui feront débat, sont ramenées petit à petit à des proportions plus réalistes, pour arriver en 2016 au modèle « curvy » (littéralement avec des courbes, bien roulée) : moins de poitrine, petit ventre rond, hanches plus larges, fesses et cuisses arrondies.
Au cours de son existence, Mattel, son fabricant, saura épouser toutes les modes, les évolutions sociologiques et techniques, et s’adapter au marché. Verront le jour : des Barbie adolescentes, à hanches et genoux articulés, parlantes (années 1960) ; étudiantes, avec pouces et mains articulées, qui se grandissent, « olympiques » avec pression dorsale, qui  envoient des baisers, à cheveux lavables et frisables, qui peuvent se maquiller (années 1970) ; qui se professionnalisent, avec un handicap, poupées « ethniques » et internationales (années 1980) ; à phrases programmables,  sirènes qui chantent sous l’eau et dont la chevelure change de couleur,  modèles de collection haut de gamme inspirés par le cinéma, la musique et la télévision  (années 1990) ; développement de jeux vidéo dérivés, éditions limitées du 50e anniversaire (années 2000) ; changements anatomiques, pour répondre aux nouveaux canons de beauté et à l’accusation de favoriser l’anorexie de certaines fillettes par identification, Barbie équipée d’une caméra et d’un écran LCD, poupée connectée wi-fi à reconnaissance vocale (années 2010).
La stratégie commerciale de la firme, c’est aussi de maximiser la vente des accessoires en passant des accords avec des fabricants de vêtements. Elle pratique dès 1967 l’obsolescence planifiée : les anciennes poupées peuvent être échangées contre les nouvelles, qui coûtent alors moitié prix. Des clubs des amies de Barbie sont fondés, avec envoi de lettres personnalisées pour fidéliser la clientèle de fillettes.
Mais Mattel connaît un revers depuis quelques années : en partie à cause de l’échec commercial de la poupée connectée, de l’arrivée tardive sur le marché du numérique et de la perte de la licence princesses Disney, le chiffre d’affaires mondial des Barbie est passé de 1,27 milliards de dollars en 2012 à 906 millions de dollars en 2015.
Distancée dans les rayons des magasins de jouets et sur les réseaux sociaux par la reine des neiges, la plus célèbre des poupées depuis 58 ans saura-t-elle rebondir ?
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Licca-chan

Coucou c’est moi, la Barbie japonaise. Je m’appelle Licca-chan (petite Licca), de mon nom complet Licca Kayama, et je suis une poupée mannequin articulée en plastique née en juillet 1967 de l’imagination de Miyako Maki, une créatrice de shōjo manga (manga pour les adolescentes), et des mains de Takara (firme japonaise de fabrication de jouets créée en 1955 et dont le slogan est « jouer c’est culturel »). Ma mignonne bouille souriante aux grands yeux (photo) a tout de suite conquis le cœur des petites japonaises, et pour cause je leur ressemble :

je mesure 1,42 m et je pèse 34 kg (en fait ma vraie taille est 21 cm !), j’ai 11 ans et je vais au collège Shirakaba Gakuen, j’aime pas trop les maths (comme ma cousine Barbie), je suis douée en langues, musique et dessin, et j’adore les glaces ; mes livres préférés sont « Anne… la maison aux pignons verts » et « La petite princesse », et j’adore le manga « Doraemon ». Mes hobbies ont évolué avec le temps : au début j’aimais chanter et jouer du piano, puis j’ai découvert le lèche-vitrines, la pâtisserie et le tennis. Ah au fait ! mon père s’appelle Pierre, c’est un musicien français, ma mère, Orie, est japonaise et styliste de mode.
A la fin des années 1990, j’apparais dans une série anime à la télé de Tokyo intitulée « La super poupée Licca-chan », et je sors en version « street Licca », DJ icône du rock indépendant de la maison de disques « Rough Trade Records », avec mes baskets Converse roses et ma coupe courte de cheveux blonds (photo).

En 2001, je sors en version enceinte cette fois, à l’occasion de la naissance d’Aiko la princesse Toshi. J’ai droit à un festival à Osaka en 2002, pour fêter mes 35 ans et ma vente à 48 millions d’exemplaires depuis ma naissance.  Pour mes 40 ans en 2007, je sors en version globe-trotter et en jeu vidéo. Entre-temps, mon fabricant a fusionné en 2006 avec la société Tomy, pour former Takara Tomy.
Nul doute que je vais encore longtemps faire la joie des petites filles et de leurs mamans, au Japon et à l’étranger.
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Harry Potter

Tous dans le Poudlard express voie 9 ¾, une bonne partie de quidditch nous attend à l’arrivée !
Je ne vous ferai pas l’injure de vous demander à quoi cette phrase vous fait penser, ni de vous rappeler, comment pourrait-on le faire en quelques lignes, l’essentiel de la saga d’Harry Potter, traduite en breton ne l’oublions pas. Sachez seulement que le premier manuscrit de J.K. Rowling a été refusé par neuf éditeurs, comme quoi tout le monde peut se tromper.
Dès la sortie du premier film en 2001, des poupées sortent en produits dérivés, dont les ensembles de Mattel : « les amis de Gryffondor » à corps mou de 30 cm et cheveux épais en fils de laine (photo) ; « les héros de Poudlard », trio de poupées de 13 cm habillées en uniformes d’écolier avec cape noire ; la série des minis magiques à cheveux implantés, figurines de 8 cm qui comprenaient Hagrid (gardien des clés et des lieux de Poudlard), Ginny Weasley (la petite sœur de Ron) et Albus Dumbledore (le sorcier directeur de Poudlard).

En 2002, la firme allemande Götz lance trois grandes poupées en édition limitée de 46 cm en vinyl, Harry, Ron et Hermione en uniforme d’écolier, avec des visages un peu étranges qui leur donnent beaucoup de caractère ; les tenues et accessoires (un balai pour Harry, des livres pour Hermione, un rat pour Ron) sont réalisés avec soin.
Quelques années plus tard, la société Gund crée le même trio, en peluche cette fois, avec des visages délicatement peints sur des têtes en tissu bourré. Le trio porte la cape noire usuelle, sur une tenue plus décontractée : jeans et hauts colorés. Gund est aussi l’auteur de poupées moins habituelles, en peluche ou en tissu : Hagrid, Norbert Dragonneau (le bébé dragon), Hedwige (la chouette blanche de Harry), Touffu (le chien à trois têtes), Miss Teigne, la chatte d’Argus Rusard (le concierge de Poudlard).
En 2005, le célèbre créateur et fabricant de poupées mannequins Robert Tonner annonce la sortie d’une série de 40 modèles dont la plupart sont articulés en 14 points, avec une taille de 43 cm. Les poupées sont extrêmement ressemblantes aux acteurs des films, et les visages sont tous peints à la main. Parmi les modèles de la série : « Harry Potter à Poudlard », dans son uniforme d’écolier composé d’un chandail gris, d’un pantalon de flanelle et d’une cape noire (photo) ; Ron vêtu de sa robe en tapisserie sur un pantalon et une chemise à jabot avec nœud papillon en velours ; Hermione dans une robe à teintes dégradées de chiffon pourpre froissé, et… Albus Dumbledore, Cho Chang, Drago Malefoy, Fleur Delacour, Ginny Weasley, Bellatrix Lestrange, Dobby, Pattenrond, Fumseck, Kreattur, Lucius Malefoy, Luna Lovegood, Minerva McGonagall, Severus Rogue, Viktor Krum et Voldemort. Cette série en éditions limitées sera déclinée de 2005 à 2012.

Pour finir cette liste non exhaustive, un étonnant travail de l’artiste californien Noel Cruz, qui transforme des poupées de série en modèles hyperréalistes en les démaquillant, en refaisant leur maquillage méticuleusement et en les coiffant (photo).
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Momoko et Ruruko

Momoko est un prénom féminin japonais : momo signifie « pêche » , et ko, un suffixe courant dans les prénoms de fille, veut dire « enfant ». La Momoko doll est une poupée mannequin à l’échelle 1/6, soit 27 cm, conçue en 2001 sous la supervision de Namie Manabe, directrice artistique du logiciel de messagerie internet PostPet (et passionnée de poupées), produit par la société PetWORKs, qui crée une division poupées en 2001, suite au succès de Momoko.
Le concept de base vise la représentation de la jeune fille japonaise moderne de la vie quotidienne, « que l’on peut croiser dans la rue ». Le slogan « Je voudrais ressembler à cette fille ! » fait de Momoko une jeune fille au caractère décidé et bien trempé, « anti-romantique », que l’on retrouve sur les traits de son visage (photo).

 

Selon PetWORKs, la popularité de Momoko s’étend, au-delà du public des collectionneurs, parmi les jeunes femmes qui la considèrent comme un objet de mode ou une œuvre de créateur. De fait, cette poupée sert comme mannequin pour des marques de mode et des publicités.
Comme la plupart des poupées articulées asiatiques (Pullip, Blythe, Obitsu,…), le corps de Momoko peut prendre une multitude de poses grâce à de nombreuses jointures bien visibles : cou, épaules, coudes, poignets, hanches, genoux, chevilles et même buste sont mobiles. Elle offre une grande posabilité, grâce à une tête légère et un corps stable.
Momoko a une garde-robe très diversifiée et soignée : allure décontractée, uniforme de collégienne, robes de mariées occidentales, style punk ou gothique, tenue de secrétaire, nuisette, kimono,…
En avril 2005, la plus grande partie de la production passe chez le fabricant industriel Sekiguchi, le créateur du célèbre Kiki (singe en peluche qui connaît un succès international dans les années 1980), fabricant qui garde le concept et modifie légèrement le design.
PetWORKs continue toutefois à fabriquer des poupées avec le même corps que les Sekiguchi, mais avec un maquillage (et parfois une tête) légèrement différents, sous le nom de PW-momoko, avec deux lignes en éditions limitées : CCS (Close-Clipped Sheep, mouton tondu à ras ??), de trois types (modèles de collection lancés trois fois par an, modèles domestiques en tenues décontractées, modèles d’aujourd’hui, en relation avec un événement) ; ae (artist exclusive), modèles d’artistes en poupées.
Il existe aussi des éditions limitées Sekiguchi, réalisées en collaboration avec les grands magasins Isetan ou encore le studio Gainax (créateur de dessins animés et de jeux vidéo).
En octobre 2013, la petite sœur de Momoko, Ruruko, fait son apparition. Lancée par PetWORKs, c’est une gamme de mini poupées mannequins (20 cm) entièrement articulées destinée à présenter la mode pour enfants. Chaque modèle est édité en quantité limitée, sur la base du corps « pure Neemo XS » fourni par Azone (fabricant japonais de poupées mannequins inspirées du manga et de l’anime).
Comme sa grande sœur, Ruruko rencontre un succès immédiat. C’est une poupée qui sait installer « une atmosphère relaxante et apaisante » et « aime la mode plus librement, plus audacieusement ». Il existe quelques modèles de Ruruko garçon (photo).
Les Momoko et les Ruruko coûtent sensiblement le même prix, entre 200 et 300 €.
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Lalaloopsy

We’re Lalaloopsy ta daaa ! Entrez dans le monde fantasque des Lalaloopsy, autrefois poupées de chiffon devenues vivantes lorsque leur tout dernier point fut cousu, et suivez leurs aventures échevelées à Lalaloopsy land, le pays des Lalaloopsy.
Une gamme de poupées est lancée en juillet 2010 par la firme MGA (Micro-Games America) Entertainment sous le nom de « Bitty buttons » (boutons décousus). Rebaptisée Lalaloopsy, cette gamme de huit poupées espiègles de 13 cm, avec une bouille toute ronde, des yeux en boutons, une bouche cousue, une coiffure en plastique élaborée et une tenue reflétant leur personnalité, croît rapidement en popularité, est encensée par la presse écrite et télévisée et arrive en tête du nombre de requêtes Google le 21 décembre 2010. Son slogan est « sew magical !, sew cute ! », jeu de mots entre sew (coudre) et so (tellement), que l’on pourrait traduire par « si magique ! si mignon! ». Chaque personnage, affublé d’un surnom comique,  a une identité (jour de couture, origine du tissu), une petite histoire et un animal de compagnie : par exemple, la poupée « Storm E. Sky » (encore un jeu de mots, stormy sky signifiant ciel orageux) est une rebelle parfois incomprise, mais qui aime jouer de la guitare et s’éclater avec des amis ; elle a été cousue le 29 juillet à partir de rubans de nuages pluvieux, et possède un chat (photo).

MGAE a aussi un discours sur ses poupées : « elles sont là pour enseigner aux enfants l’originalité de chaque personne, des leçons importantes de la vie telles que la diversité et l’individualité, l’idée que chacun mérite une deuxième chance, et pour stimuler leur imagination et leur créativité ». Pour illustrer ce propos, 1 000 poupées infirmières « Rosy Bumps ‘N Bruises » (Rosy coups et bleus) sont distribuées à des centres de la Croix Rouge en novembre 2011, pour promouvoir le don du sang et rendre hommage aux infirmières.
À partir de 2011, d’autres personnages sont introduits, ainsi que des chansons, des jeux vidéos,  des dessins animés diffusés en séries télé, vidéo en continu et VOD, et une comédie musicale. Ce sont en tout pas moins de 170 personnages qui seront lancés entre 2010 et 2016, sans compter les versions mini, bébé et minuscule.
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