Créatrices contemporaines

Introduction

François Theimer et Michel Voinier, dans leur ouvrage « Poupées, un art contemporain : les artistes français » paru aux Editions Polichinelle en 1995, distinguent trois catégories de poupées de collection :

  • la poupée  artisanale, œuvre artistique répétitive et manuelle, limitée dans sa création et renouvelant simplement un genre déjà établi
  • la poupée  artistique, continuité industrielle d’une œuvre originale d’un artiste
  • la poupée d’artiste, par essence une œuvre originale et unique

Ils désignent le terme poupée comme incluant la sculpture polychrome anthropomorphe, à l’image de « la petite danseuse de quatorze ans » (aussi intitulée « grande danseuse habillée »), sculpture d’Edgar Degas réalisée en cire entre 1875 et 1880 et vêtue d’un bustier en soie, d’un tutu en tulle, de bas et de chaussons de danse, première poupée d’artiste selon les auteurs (photo, épreuve en bronze d’après l’original).

Les créateurs de poupées de collection contemporains, dans leur immense majorité des créatrices, interviennent dans ces trois catégories. Les collectionneurs s’orientent dans telle ou telle catégorie en grande partie en fonction de leur budget : entre la petite poupée de chiffon à 30 € dénichée dans un salon ou une brocante à la poupée d’Albert Marque adjugée à 168 000$ dans une vente aux enchères en 2011 (photo), battue depuis par une autre poupée Albert Marque vendue 300 000 $ en 2014, en passant par la poupée d’artiste  Amber Moon, série limitée de la créatrice Lorella Falconi vendue 940€, il y en a pour toutes les bourses !

Nous nous intéresserons ici aux créatrices et créateurs contemporains de poupées de collection, français et européens (hors de France). Les nombreux artistes des États-Unis (l’ouvrage « Poupées d’hier et d’aujourd’hui »,de Krystyna Poray Goddu et Wendy Lavitt, paru aux éditions Abbeville en 1995, n’en recense pas moins de 72 !), œuvrant dans un marché établi, dynamique et structuré, avec des collectionneurs plus organisés, tolérants, éclectiques et passionnés que dans l’ancienne Europe, font l’objet d’une autre page (voir Créatrices et créateurs américains), ainsi que les artistes russes et canadiens.
Signalons aussi qu’en France, l’amalgame entre poupée et jouet reste vivace, tandis que dans d’autres pays d’Europe (Allemagne, Pays-Bas, Italie, Belgique, Grande-Bretagne) ainsi qu’en Russie, aux Etats-Unis et au Japon, la création de poupées de collection est culturellement admise comme un art authentique.
L’engouement des collectionneurs pour les poupées d’artistes contemporaines, au détriment des poupées anciennes et des productions commerciales, a gagné notre continent dans les années 1980 en commençant par l’Allemagne (voir Les artistes en poupées pionniers). Aux Etats-Unis, comme le soulignent Krystyna Poray Goddu et Wendy Lavitt dans la préface de leur ouvrage, le premier numéro de la revue « Dolls, the collector’s magazine », paru à l’automne 1982, consacrait moins d’un cinquième de son contenu aux poupées d’artistes contemporaines, contre plus des trois-quarts dix ans plus tard.

Nous présentons ici, parmi beaucoup d’autres, une dizaine de créateurs et créatrices françaises contemporaines reconnues par les collectionneurs et les spécialistes du domaine : Joëlle Lemasson (Héloïse), Anne Mitrani et Malou Ancelin, longtemps les seules artistes à avoir eu un rayonnement international ; Nadine Lëepinlausky, Odile Ségui, Chris Noël, Françoise Filaci, Pierre Durdilly, Rose-Marie Montané, Julien MartinezVirginie Ropars, Laurence Ruet et Océane Drugeon (Océane Ladydoll)
Citons aussi Annie Derôme, Lyne Dor, Julie Desert, Catherine Dève, Véronique Jacquelin et Corinne Oesterle.
Nous aborderons ensuite les autres créatrices européennes, venues d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de Belgique et d’Italie.
Encore une fois parmi beaucoup d’autres, nous présentons ici les artistes :

Artistes françaises

Dans le monde de la poupée d’artiste, on ne présente plus Héloïse, créatrice dont les œuvres délicates et sensuelles, au teint diaphane et au regard rêveur, habillées de tissus aux couleurs chatoyantes, sculptées dans de l’argile puis moulées en résine et peintes, sont présentes depuis 1985 dans plusieurs musées suisses et français, notamment le Musée des Arts Décoratifs à Paris. Ci-dessous, de gauche à droite : « Mélanie », premier modèle en résine de 1982, « la petite fille debout » de 1994 et « Adèle », modèle récent de 2014.
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Anne Mitrani réalise des poupées en résine très expressives (boudeuses, rieuses, étonnées, mélancoliques) et réalistes, fillettes ou garçonnets à la bouche ouverte et toutes dents dehors, piquetés de taches de rousseur et les joues rosies par le jeu. Elles portent des jeans, des salopettes et des T-shirts, ont de charmants petits nœuds dans leur chevelure mousseuse blonde ou rousse. Ce sont des pièces uniques, Anne travaille sans moule. Ses poupées rencontrent depuis 1989 un vif succès et sont achetées par des collectionneurs étrangers, surtout américains. Ci-dessous, trois pièces ou ensembles célèbres.
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Malou Ancelin est connue pour travailler le cuir, qui a selon elle l’élasticité, la douceur et la sensualité d’une vraie peau. Pour ses premières poupées en peau d’agneau, elle étire le cuir sur le visage moulé, sur lequel seront peints les yeux, la bouche et le nez.  En 1986, elle commence à travailler la résine coulée, qui est pour elle le matériau idéal pour le gainage du cuir, avec inclusion d’yeux en verre. Elle écrit beaucoup, sur ses poupées et sur la vie. Ci-dessous, trois pièces connues, dont au centre Margot, en cuir, 1995.
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Nadine Lëepinlausky a commencé en autodidacte à créer des poupées modelées en cernit en 1991. Le succès arrive en 1994, lors d’une exposition-vente à Chicago. Ses œuvres uniques ne recherchent pas un trop grand réalisme dans l’expression, et reproduisent des attitudes sensuelles ou attendrissantes, figées dans un corps non articulé avec des membres en résine et un corps en tissu rembourré. Ce sont des fillettes aux yeux en amande, au regard rêveur ou étonné, à la pose expressive, souvent ornées de rubans ou de dentelles que Nadine réalise elle-même. Ci-dessous, de gauche à droite : Zoë, Urydice et Jordane.
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Les enfants d’Odile Ségui ne posent pas gentiment devant l’œil de leur créatrice : ils sont actifs, jouent avec un poisson dans un bocal, essaient du maquillage ou une nouvelle paire de chaussures, nourrissent leur chien, babillent, écoutent un coquillage, rêvassent à leur pupitre d’écolier, chantent ou jouent du violon,…bref, font tout ce que les enfants font, avec leur vitalité, leur curiosité et leur insouciance naturelles. Chacune des poupées de cette artiste autodidacte semble nous exhorter au « carpe diem » (prends le jour) de nos ancêtres, à cette sagesse de vivre sans attendre, avant qu’il ne soit trop tard. « La chose la plus importante, c’est que mes poupées soient réalistes », déclare Odile Ségui, « je veux qu’elles ressemblent aux vrais enfants, pas toujours propres ni impeccablement mis dans des vêtements repassés et boutonnés. Chaque pièce devrait exprimer la joie, l’excitation, l’innocence et le merveilleux de l’enfance. » Ci-dessous, de gauche à droite : le petit chaperon rouge, Marsha sur son âne, Ling.

Née en 1953 en Afrique du nord et élevée à Dakar (Sénégal), Odile est la benjamine d’une fratrie de trois enfants dont le père tient un restaurant et des salons de coiffure établis dans le bassin méditerranéen et l’Afrique noire. Pour cette raison, la famille déménage souvent, ce qui n’est pas pour déplaire à la fillette : impatiente et curieuse, elle apprécie l’aventure qui consiste à visiter des endroits exotiques dont la plupart des enfants ne font qu’entendre parler. À 11 ans, âge auquel elle arrête sa scolarité, sa vocation artistique est déjà affirmée : dans le restaurant paternel, elle s’asseoit et peint tranquillement pendant des heures des paysages et des marines. Ces derniers sont remarqués par des clients, qui lui proposent d’en acheter, ainsi que des portraits qu’elle exécute à la demande. À  15 ans, elle exécute sa première peinture à l’huile et ne cesse plus de peindre jusqu’à l’âge de 36 ans. Odile apprend aussi à coudre avec sa mère, excellente couturière, et pédagogue de surcroît, qui lui expliquera plus tard comment confectionner des vêtements pour ses poupées. Quand elle a 16 ans, la famille s’installe en France. Odile se marie, fonde une famille et travaille comme vendeuse de  chaussures dans un grand magasin. Les moments de loisir et de tranquillité sont réservés à la peinture. À partir de 1986, elle se propose comme bénévole pour enseigner la peinture à l’huile à des écoliers, expérience qui la ravit : « enseigner la peinture à l’huile aux enfants me procure énormément de joie », confie-t-elle, « plus encore, cette démarche m’enrichit, m’aide à m’épanouir personnellement ». Durant cette période, elle participe à des événements pour collecter des fonds, et à cette occasion créé des poupées en tissu. La première qu’elle réalise, avec des cheveux en fils et un visage peint, lui procure à son grand étonnement plus de plaisir que sa chère peinture. La vente de la totalité de ses poupées en tissu dans une kermesse la surprend également. Elle décide alors de faire les marchés de la région : Nice, Cannes, Antibes.
Après cinq années de poupées en tissu, Odile découvre en 1990 les nouvelles argiles polymères dont le Cernit avec lesquelles elle se sent très à l’aise. « J’étais surprise de sculpter si facilement », se souvient-elle, « cela me paraissait très naturel et venait rapidement, sans effort. » Toutefois, elle expérimente énormément, mélange le Cernit au Fimo en tâtonnant pour trouver les justes proportions, étudie jusqu’à 16 heures par jour le moyen de rendre des formes équilibrées entre visage et corps. Pensant enfin qu’elle tient quelque chose, elle photographie le bébé d’une amie et réalise sa sculpture. Satisfaite du résultat, elle continue à sculpter pendant ses loisirs et fabrique une vingtaine d’autres poupées, qu’elle expose à Paris en 1993 au salon ateliers d’art et qu’elle vend le premier jour ! Elle est immédiatement invitée à participer à  l’exposition « International Doll Art » de Chicago l’année suivante, où elle vend six poupées en trois heures. La réaction des collectionneurs est enthousiaste tout au long du salon, de même qu’à la convention « Walt Disney World Teddy Bear & Doll » de la même année où elle est invitée ainsi que les deux années suivantes. Ce succès, qui ne se démentira pas jusqu’à aujourd’hui et surprend toujours Odile, ne peut s’expliquer que par la combinaison de nombreuses qualités : originalité, travail acharné, persévérance, variété, passion, polyvalence et bien sûr…talent. C’est qu’Odile travaille dix heures par jour et sept jours sur sept, produisant environ quatre poupées uniques (OOAK) par mois. Ci-dessous, deux pièces uniques en argile polymère : Marie-Noël, Catherine.
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Techniquement, Odile Ségui sculpte chacune de ses pièces (tête et membres) dans un mélange de Fimo et de Cernit, le corps étant en tissu bourré et les membres articulés pour assurer une bonne posabilité. La taille de ces grandes poupées, toutes uniques, varie entre 46 et 56 cm. Les yeux, avec une lueur espiègle dans le regard, sont en cristal, avec des cils collés à la main. Quand à la perruque, souvent bouclée, elle est en mohair et parfois en cheveux naturels. Les vêtements, chapeaux et chaussures sont souvent confectionnés par l’artiste elle-même, ainsi que beaucoup d’accessoires, à partir d’objets anciens ou de reproductions d’ancien chinés dans les marchés aux puces à travers toute la France. Sa maîtrise de l’anatomie est d’autant plus surprenante qu’à l’époque où Odile apprend à sculpter en autodidacte, il n’existe pas tous les supports de cours et les tutoriels sur le web dont disposent les jeunes artistes d’aujourd’hui.
Dans son atelier baigné de soleil du village de Saint-André-de-la-Roche (Alpes-Maritimes), où elle s’installe avec sa famille au milieu des années 1980, Odile travaille sans relâche. Elle croit fermement que cette atmosphère paisible et ensoleillée influe sur ses poupées : « je suis née en Afrique », dit-elle, « et donc j’aime le soleil. En fait, je ne peux pas m’en passer ! le climat de cette région enveloppe littéralement mes poupées. Vous pouvez le voir sur leur visage. La plupart d’entre elles sourient ou ont une expression malicieuse et gaie. »
Bien qu’elle sculpte sous un soleil radieux, Odile trouve souvent son inspiration la nuit quand elle rêve : elle perçoit le concept de la poupée dans son sommeil et lorsqu’elle se réveille elle note immédiatement chaque détail. « Je n’utilise pas de photos d’enfants », explique-t-elle, « je vois leurs visages dans mes rêves. Ils viennent vers moi dans mon sommeil et appellent à l’aide. C’est comme ça que je sais que je dois les sculpter. Ci-dessous, trois créations récentes de 2017, de gauche à droite : Hyacinthe, Louna, Sophie.

Crédits photos : Odile Ségui

Dans la foulée de son succès aux États-Unis, elle décide de s’installer en 1996 en Floride avec son mari Henri, son fils Godefroy et « ma petite chienne, une valise chacun en laissant tout derrière en France », dit-elle avec sa spontanéité si naturelle. Odile contine de produire avec la même régularité jusqu’en 2003, date de la récession qui touche le marché de l’art aux États-Unis, et s’autorise une longue parenthèse, puis reprend la fabrication de poupées en 2013 après avoir subi un cancer. Récemment, elle exécute une commande de pièce unique en silicone grandeur nature, « Célestine » (photos ci-dessous).


Crédits photos : Odile Ségui

Les œuvres d’Odile Ségui sont présentes dans de nombreuses collections privées à travers le Monde, dont celles de l’actrice Demi Moore qui en possède 13, de l’acteur Ray Liotta et de plusieurs personnalités de la Maison Blanche.
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Chris Noël nous invite, grâce à ses poupées, à retourner un instant dans notre enfance. Cette artiste discrète commence en 1984 à modeler des  têtes de poupée en faïence, les moules étant fabriqués en plâtre par son mari Jean-Paul. Le bon accueil des collectionneurs conduisit à une nouvelle gamme à tirage limité avec tête et membres en porcelaine, corps en tissu rembourré, yeux en verre soufflé, perruques en cheveux naturels ou en mohair, et habits en soie ou textiles modernes. Les œuvres de Chris (poupons, garçonnets ou fillettes, personnages folkloriques ou ethniques) ne visent pas l’hyperréalisme et dégagent une impression de joie et de sérénité, avec leur visage rond parfois piqueté de taches de rousseur. Ci-dessous, de gauche à droite : Baptiste, Amélie, Babou et ses frères.
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Françoise Filaci (décédée en 2010) apprend son métier d’artiste en poupées avec patience et détermination en suivant les conseils de professionnels. Elle commence à réaliser ses propres moules en 1990 et choisit la porcelaine pour la tête et les membres (parfois le corps entier) de ses ses modèles à tirage limité, les cheveux étant en mohair, les yeux en verre et le corps en tissu rembourré. Ses œuvres, fillettes ou garçonnets souriants ou graves, assez réalistes, montrent dans leur attitude travaillée une expressivité étonnante. Ci-dessous, de gauche à droite : Élisa, Indira et Josepha.
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Pierre Durdilly (décédé en 2008) créé, selon ses propres termes, des « poupées tranquilles ». Elles sont aussi charmantes, fragiles et sérieuses, avec leur regard aux yeux ronds qui vous fixent avec douceur. Sculpteur et céramiste diplômé des Beaux-Arts, il enseigne le dessin dans un lycée d’Amboise avant de sculpter des poupées pour la firme Clodrey pendant quatre ans. Il pratique ensuite la céramique, sculpte des poupées pour la société Corolle de 1981 à 1995, puis pour Mundia et Berchet. Il se consacre alors avec un talent certain à ses poupées tranquilles fabriquées en petite série de 7 à 30 exemplaires, comme les « Petit Pierre » créées pour l’association « Poupées d’hier et d’aujourd’hui » en 2000 (photos).

Ci-dessous, de gauche à droite : Annie, poupée en porcelaine articulée de 52 cm, 1998 ; les malices de Plick et Plock, pièces uniques en résine réalisées à l’occasion de l’exposition « Personnages de contes pour enfants » organisée en 2003 par le musée de la poupée de Paris.
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« Du plus loin que je me souvienne et depuis que je crée des poupées », nous explique Rose-Marie Montané, « je me suis rendu compte qu’elles ont toujours fait partie de ma vie, et je les considère aujourd’hui comme indispensables ». Cette artiste autodidacte, qui modèle ses premières poupées en 1995 sans aucune connaissance de la technique ni de l’anatomie, est aujourd’hui renommée pour ses œuvres non seulement réalistes mais vivantes, exprimant à travers leur regard profond toute l’émotion que la créatrice a ressentie à les sculpter. En effet, la présence de ces figurines expressives à la mâchoire carrée, aux yeux en amande, au nez légèrement épaté, à la bouche sensuelle et à l’abondante chevelure mousseuse s’impose à qui les contemple (photos ci-dessous, de gauche à droite : « Albertine », pièce unique en Fimo, 2017 ; « Enfant japonaise », pièce unique en Fimo, 2013 ; « Nelson », pièce unique en Fimo, 2015)


Crédits photos : Rose-Marie Montané

Née en 1955 à Casablanca (Maroc), Rose-Marie Montané est très tôt passionnée par les poupées : « je me souviens encore du bonheur que j’ai eu en ouvrant la boîte de mon premier poupon », dit-elle. De fait, elle commence en 1965 à dessiner des poupées, qu’elle a précieusement conservées dans ses tiroirs, pour les habiller de papier ou encore réaliser des poupées en laine ou en tissu. Ce jeu d’enfant s’est transformé au cours du temps en une véritable passion, accompagnée de cette envie de faire toujours mieux qui distingue les artistes authentiques, passion qui, en confinant au besoin, finit par devenir le principal mode d’expression de la créatrice.
Deux événements vont marquer Rose-Marie et orienter sa carrière : la fascination devant une poupée en porcelaine de Sylvia Natterer (voir Créatrices contemporaines) aperçue dans la vitrine d’un magasin de Strasbourg au début des années 1980 ; la rencontre avec Héloïse, grande artiste en poupées française (voir Créatrices contemporaines), qui lui prodiguera des conseils, notamment au niveau du rendu des volumes des visages, et chez qui elle effectuera quelques années plus tard un stage de fabrication de moules à la suite duquel elle réalisera des poupées en résine. Il lui faudra plusieurs années de tâtonnements, de travail intensif et de nombreuses poupées ratées qu’elle appelle avec humour « son expérience », pour affirmer son style et arriver à des poupées qui lui procurent ce « bonheur de croire qu’elles respirent », selon ses propres termes. Son inspiration est multiforme : photo (elle est capable de réaliser des poupées portraits saisissantes de réalisme), carte postale, enfant vu dans la rue,…
Côté technique, Rose-Marie Montané fabrique des poupées uniques (OOAK) de 45 cm environ et des éditions très limitées de 12 exemplaires maximum. Chaque visage de poupée unique est sculpté en Fimo : la tête, les bras et les jambes sont modelés individuellement sans moule. Les yeux sont en cristal de qualité élevée et les perruques en cheveux naturels ou en mohair. Le corps est en coton solide, les vêtements étant dessinés et confectionnés par l’artiste, qui réalise aussi tous les accessoires : fauteuils, petites poupées, oursons,…Les poupées en édition limitée partent de la même façon d’une sculpture en Fimo d’un visage, utilisée pour fabriquer un moule dans lequel on coulera les exemplaires en résine. Chaque poupée en édition limitée est finie à la main par l’artiste, ce qui lui confère l’originalité d’une pièce unique : peinture faciale, perruque, corps, vêtements et accessoires.
Rose-Marie Montané expose régulièrement au salon biannuel Paris Création, et son travail a été présenté dans plusieurs publications en France et en Allemagne. Ci-dessous, de gauche à droite : « Louisa », petite série limitée, 2016 ; « Kanako », petite série limitée, 2014 ; « Violette », pièce unique, 2013.
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Crédits photos : Rose-Marie Montané

Julien Martinez ou l’effrayante beauté. Cet oxymore pourrait résumer à lui seul l’univers de cet artiste prolifique et surdoué, designer, architecte d’intérieur, sculpteur professionnel, concepteur de poupées et miniaturiste au 1/12e. Ses créations à la plastique irréprochable, qui donnent souvent la chair de poule,  ne répondent pas aux canons de la beauté classique ou à l’image qu’on se fait des « belles poupées », loin s’en faut ! Mais la fascination qu’elles exercent, hors de tout jugement esthétisant, est indiscutable  (photos).

Né au début des années 1970 à Pessac dans la région bordelaise, Julien Martinez sculpte dès l’âge de sept ans et découvre très tôt sa vocation de créateur de poupées. Il obtient son baccalauréat littéraire options dessin et histoire de l’art avant de fréquenter l’école des Beaux-Arts de Bordeaux dont il sort diplômé. En 1993, une exposition sur les poupées d’artiste et les miniatures 1/12e  au musée des Arts Décoratifs de Bordeaux, qui présente des artistes japonais, lui procure le déclic qui affine sa pratique de créateur de poupées. Il ne tarde pas à exposer son travail et à proposer ses créations sur les salons parisiens dès 1996 : Paris création, gueules de miel (aujourd’hui Paris teddy show), SIMP (Salon International des Maisons de Poupées).
Les sources d’inspirations de Julien sont multiples : les cinéastes Jim Henson (créateur du Muppet show et réalisateur de Dark crystal) et Tim Burton, le sculpteur Ron Mueck (ses sculptures hyperréalistes reproduisent le corps humain dans ses plus minutieux détails grâce au silicone, à la résine polyester et à la peinture à l’huile), mais aussi Edward Gorey (écrivain et artiste américain connu pour ses ouvrages illustrés, ses dessins caractéristiques au stylo à encre dépeignent des scènes narratives vaguement troublantes dans des décors victoriens ou edwardiens), Charles Samuel Addams (auteur américain de bande dessinée, connu pour son humour noir et ses personnages macabres, auteur de « La famille Addams »), Mark Ryden (peintre chef de file des nouveaux surréalistes américains, créant des paysages enchantés aux couleurs pastels peuplés d’enfants aux allures de poupées perverses, d’animaux aussi mignons que mutilés, et de monstres comiques ou terrifiants) et son épouse Marion Peck (peintre américaine du mouvement pop-surréaliste à l’univers naïf et étrange proche de l’imaginaire de Lewis Caroll), la littérature de la fin du XIXe  siècle, l’histoire du costume, le cinéma, les contes de fées, la science-fiction, la tératologie, le travail des matières, les voyages,…On pourrait ajouter Stephen King  pour les jumelles inquiétantes du couloir d’hôtel dans le film « Shining » de Stanley Kubrick, Chucky la poupée tueuse, Frankenstein pour les cicatrices, Dracula pour les vampires, la liste est longue, mais à la fin Julien Martinez a bien son propre style. Il précise : « c’est souvent quand je dors que je suis le plus productif. Avec le temps j’ai appris à capturer ces idées souvent fugaces qui me viennent la nuit. J’ai toujours un carnet et un stylo à portée de main. Je vous rassure, je dors très bien ! ».
On pourrait aussi faire des rapprochements avec d’autres artistes en poupées : le visage souffrant de Frida Kahlo sculpté par Lillian Alberti, le bébé aux yeux globuleux du « Donut » de Denise Bledsoe, le lutin gelé (« Frost sprite ») à la figure déformée et au regard triste de Kevin Buntin, le visage défait de la « Cecily » de Sheri DeBow, les figures singulières des poupées « Evangeline » et « Victoria » de Nancy Latham, jusqu’aux figurines taxidermisées au visage livide de VegA. Ci-dessous, trois poupées de Julien Martinez, de gauche à droite : « Anita », « Euphemia ghost », « Arkham »).

Écoutons-le parler de sa démarche créatrice : « quand je décide de créer une nouvelle poupée, avant de la réaliser, je fais une recherche approfondie sur son design, sa coiffure, son costume et en principe son nom arrive naturellement. Il s’ensuit une scénarisation de cette dernière et ainsi les accessoires ou structures se matérialisent. Une fois que j’ai tous ces éléments, je passe à la fabrication qui sera conforme à la recherche de départ. C’est ainsi vrai pour « Kittry dans le labyrinthe » (photo), une sorte d’Alice qui est dans un univers dystopique plutôt que merveilleux ».

Côté technique, les poupées, toutes uniques (OOAK), sont entièrement réalisées à la main ainsi que les costumes, utilisant souvent des tissus anciens trouvés dans des brocantes, et les accessoires, sogneusement travaillés avec un luxe de détails. Les matériaux sont très divers : pâtes polymères telles que Sculpey ou Fimo, porcelaine, résine époxy pour les Blythe, Pullip, Dal, Toffee, reborn ou BJD personnalisées (depuis le début des années 2000). Suivant la taille ou le degré d’élaboration de la pièce, la durée de fabrication d’une poupée avec ses vêtements et ses accessoires va de une semaine à deux mois, mais cela peut prendre plus d’un an lorsqu’il travaille les structures miniatures. Pour prendre un autre exemple, la réalisation de sa maison miniature au 1/12e intitulée « L’enfer » (photo) , qui pèse plus de 70 kg, a pris plus d’un an.

Julien Martinez travaille le plus souvent seul et accepte parfois des commandes ou des collaborations , comme par exemple avec l’ illustrateur Benjamin Lacombe, le musée des miniatures et du cinéma de Lyon où il expose une soixantaine de ses œuvres en 2015 (photos), ou encore le musée de la miniature à Bâle (Suisse). Il participe à de nombreuses expositions collectives et vend à de nombreux collectionneurs dans le Monde entier. Il a publié trois ouvrages : « Wintry dolls lullaby », album de photos de ses dernières personnalisations sur les poupées Blythe ; « La visite », nouvelle fantastique ; « Arcanum, poupées contemporaines », album photo de ses créations.

Laissons à Julien le mot de la fin :  » j’aime les choses mortes, ce n’est pas du morbide, je travaille un objet. Il y a des petits coins sombres et humides chez moi, j’adore casser les codes mais je n’ai pas de message à transmettre, j’ai simplement envie d’aller plus loin dans l’image de la poupée. C’est au spectateur d’inventer l’histoire qu’elle raconte. Par définition, les poupées sont anecdotiques. Si je devais les définir, je dirais que mes poupées évoluent dans une époque antérieure, souvent victorienne, avec un parfum de romantisme où se mêlerait une douce mélancolie. En somme je suis assez nostalgique ». Ci-dessous, de gauche à droite : « Groom », « Petite fille aux yeux bleus », groupe de trois personnages associés à la maison miniature « L’enfer ».
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Crédits photos : Julien Martinez

Virginie Ropars est une jeune artiste polyvalente (outre les poupées adultes ou représentant des vieillards, elle travaille dans les domaines de la sculpture, de la mode, de l’illustration et du graphisme). C’est une éminente actrice de l’art fantastique, dont l’univers est merveilleux (il évoque parfois l’univers des fées et des elfes), souvent sombre, voire inquiétant, et marqué par la féminité. Ses œuvres sont exposées dans différentes galeries en Europe, ainsi qu’aux Etats-Unis et en Russie. Ci-dessous, de gauche à droite : Lurking in the woods, Strix, White lily butterfly.
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Laurence Ruet réalise depuis 2001 des poupées et bébés d’artiste (précision importante, ce ne sont pas des reborn !) de collection, modelages uniques et très réalistes en résine polymère cuite, et imagine et crée elle-même leurs vêtements et accessoires. Les détails du visage et des membres sont peints à l’acrylique, les yeux sont en verre et les perruques en cheveux naturels ou en mohair. Cette passionnée de photographie sait rendre à la perfection les émotions de l’enfance à travers les mines souriantes, tristes ou boudeuses, étonnées, graves ou perplexes de ses œuvres, fixées dans des attitudes de garçonnets, fillettes ou bébés au visage parfois piqueté de taches de rousseur. Ci-dessous, de gauche à droite : grenouille (2004), petite fille rousse (2005), la fée (modèle récent).
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Influencée par Julien Martinez, Laurence Ruet et Virginie Ropars (voir ci-dessus), Océane Ladydoll est une jeune artiste autodidacte née en 1989 à Dijon, qui réalise des poupées et des ours en peluche depuis 2013. Elle s’inspire principalement des contes populaires et des univers gothique, fantastique et steampunk. Océane précise : « J’aime que mes créations soient à la fois attirantes et repoussantes, belles et mystérieuses, parfois un peu tristes » (photos ci-dessous, de gauche à droite : « Artémis », porcelaine froide, pièce unique, 2017 ; « Athénaïs », porcelaine froide, pièce unique, 2016 ; « Pétronille et Capucine », porcelaine froide, pièces uniques, 2017).

   
Crédits photos : Océane Ladydoll

Son goût pour les univers mystérieux lui vient peut-être des lectures par sa mère, lorsqu’elle était petite fille, de contes illustrés tels ceux de Beatrix Potter, Lewis Carroll, Andersen, les frères Grimm,…Elle rêve alors de créer elle-même des personnages fantastiques et des animaux extraordinaires, et se met à dessiner. Cette passion se poursuit jusqu’à l’âge adulte, mais la frustration s’installe : « un jour j’ai voulu aller plus loin que le dessin, je voulais que mes créations deviennent réelles, qu’elles sortent du papier, je voulais pouvoir les toucher ». C’est la découverte du travail d’artistes en poupées célèbres qui la décide à franchir le pas : elle va exercer ce métier « fantastique », qui lui permettra d’allier sa passion du jouet à celle du dessin. Océane s’essaye au modelage et à la couture, se documente sur les techniques de fabrications de poupées anciennes et de BJD sur internet, et réalise sa première poupée en porcelaine froide (pâte Wepam) en 2013. Comme tous les artistes autodidactes, il lui faudra des années de tâtonnements et d’efforts pour améliorer sa technique et affirmer son style. Elle confie : « c’est un métier où j’apprends tout les jours, au fur et à mesure de mes créations, et je pense continuer toute ma vie à rêver à travers mes poupées ».
Sur le plan technique, chaque poupée, unique (OOAK), est sculptée en porcelaine froide entièrement à la main. Le modelage est d’abord réalisé sur une base en aluminium. Une fois la pâte séchée, l’artiste perce chaque membre à l’aide d’un outil Dremel pour passer les élastiques à l’intérieur du corps, les poupées étant articulées, de manière similaire aux BJD. Avant l’assemblage, elle peint à l’acrylique chaque partie du corps, recouvert ensuite d’une couche de vernis mat ou brillant selon les parties. La perruque et les cils sont alors posés, puis les vêtements confectionnés à la main sur mesure.
Océane Ladydoll apprend vite, et gageons que ses œuvres mystérieuses et empreintes d’une poésie mélancolique, délicatement costumées et richement accessoirisées, ne tarderont pas à s’imposer dans le paysage de la poupée d’artiste. Ci-dessous, de gauche à droite : « La reine de cœur », résine de polyuréthane et porcelaine froide, pièce unique, 32 cm ; « Sadako », résine de polyuréthane et porcelaine froide, pièce unique, 32 cm ; « Le petit chaperon rouge », résine de polyuréthane, pièce unique, 55 cm.
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Crédits photos : Océane Ladydoll

 

Artistes européennes hors de France
Artistes allemandes

Annette Himstedt a commencé sa carrière de créatrice de poupées en porcelaine réalistes, qu’elle appelle « Puppen Kinder » (enfants poupées) ou « Kinder Auz Porcelain » (enfants en porcelaine), au début des années 1980, et s’est tournée vers le vinyl quelques années plus tard. Elle a connu la notoriété très rapidement, et a monté une fabrique de poupées à Paderborn où elle sculptait les têtes et les corps, concevait les articulations ainsi que les costumes et les perruques, et peignait les pièces de série à la main. Elle est également connue pour ses poupées ethniques. Ses très nombreuses productions possèdent un charme et une expressivité étonnantes. Ci-dessous, de gauche à droite : Bastian, de la série « enfants nus-pieds » de 1986, Jerina (1996), rituel d’allégeance au prince Nemo et à la princesse Mera, de la série « enfants d’Atlantis » de 2006.
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Brigitte Deval est une artiste polyvalente qui œuvre dans la production de poupées, la bijouterie, la sculpture, le design et l’art décoratif. Elle a commencé à la fin des années 1960 à modeler des personnages grotesques et surréalistes issus de la tradition nordique, avant de se tourner vers une représentation plus naturelle d’enfants ou de très jeunes femmes lumineux et harmonieux, où les traits du visage revêtent une importance capitale dans l’expression de la beauté intérieure des personnages. Cette spécialiste de la cire sur céramique accorde beaucoup de soin à la confection de ses costumes et accessoires. Ci-dessous, de gauche à droite : la Sebastiana (1983), petite enfant dédiée à Monica (1989), ange de paix pour la Somalie (1978).
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Marlies Theillout partage son temps entre la création de poupées d’artistes en porcelaine aux proportions importantes, principalement inspirées par les traditions des  peuples du continent africain, et le soutien aux enfants défavorisés de Tunisie. Cette artiste autodidacte orne ses fillettes à l’expression grave et pénétrante de costumes et de bijoux de fête méticuleusement reproduits. Les épopées occidentales sont également présentes dans son œuvre, de Jeanne d’Arc à la reine des neiges. Son livre (en allemand) « Fata Morgana : un voyage dans le monde des poupées d’artiste » retrace son parcours de créatrice. Ci-dessous, de gauche à droite : Ninon (2001), la reine des neiges (2006), Adriana (2011).
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Artistes autrichiennes

Les sages poupées de Sylvia Natterer, avec leur expression sérieuse, leurs yeux ronds rêveurs et leur petite bouche fruitée ont su conquérir un fidèle public de collectionneurs dans le Monde entier. Artiste renommée  et entrepreneuse de talent, elle rencontre tout au long de sa carrière un succès non démenti, au point que le directeur de Petitcollin,  la plus ancienne et la dernière fabrique française de poupées encore en activité en France, qui fabrique des poupées Sylvia Natterer sous licence (photos), déclare en 2015 :  » Les poupées Sylvia Natterer sont fabriquées en flux tendu. On n’arrive pas à suivre la demande ».


       Crédits photos : Sylvia Natterer                                

Née en 1949 à Oberstdorf (Allemagne), elle passe son enfance en Suisse romande où elle fabrique elle-même ses poupées et maisons de poupées. En 1952, on lui offre sa première poupée : c’est une Schildkröt en celluloid avec des cheveux moulés et des yeux peints. Elle fréquente de 1956 à 1970 l’école puis l’université à Montreux et à Lausanne, avant d’enseigner les arts appliqués jusqu’en 1975 à Lausanne où elle réalise ses  premières poupées en papier-mâché. Sylvia commence à fabriquer ses premières marionnettes pour son fils dès 1972. Elle confie : « en tant que mère, j’ai admiré par dessus tout les poupées de Sasha Morgenthaler (voir Les artistes en poupées pionniers) pour leur conception précise et leur fonctionnalité convaincante, qui en font de bons jouets ». Elle déménage ensuite à Munich avec son mari et ses enfants en 1975, et se lance dans la création de poupées originales en bois ou porcelaine (à partir de 1982, photos).  Elle travaille également au théâtre de marionnettes à fils non conformiste pour adultes « Kleines Spiel ». Durant cette période, elle fabrique pour les vendre de nombreuses marionnettes en composition ou en résine.

En 1991, la famille s’installe à Vils (Tyrol, Autriche). De nombreuses entreprises de jouets fabriquent ses modèles sous licence. Les poupées à jouer, essentiellement en vinyl, conçues par Sylvia Natterer dans les séries « Minouche » (photo de gauche, Josephine) et « Fanouche » (photo de droite, Carina) ont été fabriquées par les sociétés Zapf, Götz (Allemagne, de 1989 à 2003), Franklin Mint, Dolfi (Italie, 1990), White Balloon (Espagne, de 1999 à 2003), Zwergnase, Käthe Kruse (Allemagne, depuis 2009, voir Les artistes en poupées pionniers), Petitcollin (France, depuis 2015).

Dans son atelier de Vils installé dans une ancienne école, elle a aménagé trois grandes pièces de 70 m2 : la première sert à des travaux expérimentaux sur le papier et la laine ; la deuxième est utilisée pour la porcelaine, la construction de moules, la cuisson, la peinture, la couture et la réparation des poupées ; la troisième est une galerie d’art contemporain et un lieu de spectacles musicaux. Sylvia Natterer conçoit et sculpte toutes les poupées dans l’argile, et construit les moules en plâtre. Deux assistantes travaillent sur les membres en porcelaine. Deux autres cousent les vêtements selon ses patrons. Elle s’occupe elle-même du démoulage, du ponçage et de la peinture des têtes.
Tout au long de sa carrière, Sylvia Natterer expose seule ou en groupe dans de nombreux musées et galeries à travers le Monde. Elle obtient des prix prestigieux :  Centre Tivoli de Zürich (Suisse, 1980) ; Grand Prix d’Autriche (1995) ; prix  Max – Oscar Arnold (Allemagne, 1998) ; Poupée d’Ange, jardin des poupées Izu de Tokyo (Japon, 1998). Pour finir, laissons-lui la parole : « je veux que les visages des poupées reflètent l’amabilité, la douceur, l’honnêteté et l’innocence, juste comme celui d’un enfant. Les poupées doivent rester des poupées, laissons les enfants et les collectionneurs suivre leur imagination ».
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Comme Stephanie Blythe (voir Créatrices et créateurs américains), Gabriella Buzás fabrique des poupées miniature et s’intéresse à la représentation des fées. Mais là s’arrête la comparaison : autant les « teacup fairies » de Stephanie dégagent de la douceur et rassurent, autant celles de Gabriella sont ambiguës, voire un peu inquiétantes. Cette adepte de l’art déviant (courant de création artistique, né à la fin du 20e siècle et qui se situe dans la lignée philosophique du surréalisme -il est d’ailleurs parfois qualifié de néo-surréalisme-, du postmodernisme et du pop art) n’a que faire des canons de beauté. Écoutons-la :  « Depuis mon enfance je m’intéresse à diverses formes d’art. Je viens d’une famille de musiciens, et ma conviction est que sans art l’humanité serait insensée, vide et maudite ».
Ses poupées, fées et bébés uniques (OOAK) sont sculptés à la main dans de l’argile polymère, sans recours au moulage. Gabriella Buzás ajoute : « sculpter l’argile polymère est un défi et en même temps permet de s’élever ». Ci-dessous, de gauche à droite :  Amy, 2014 ; une fée, 2016 ; Sophie, 2017.
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Artistes suisses

Ce qui frappe de prime abord dans les créations d’Elisabeth Flueler-Tomamichel, c’est leur extrême diversité : variété des formes, du tronc d’arbre avec un doigt et un œil (photo de gauche, « Tokchi ») à la poupée anthropomorphe ; variété des couleurs, des figurine monochromes blanches (photo du centre, « Avec de la crème, s’il vous plaît ») aux BJD maquillées ; variété des thèmes, des « gens qui attendent » aux personnages de légende du monde de la forêt de Weltu dans le canton suisse du Tessin (photo de droite, « Petit gnome ») ; variété des matériaux enfin, de la porcelaine au Sculpey en passant par le bois.

 

Fille du peintre et artiste graphique Hans Tomamichel, Elisabeth Flueler-Tomamichel grandit dans le Zurich des années 1940. Dessiner et peindre font partie de sa vie dès son enfance, ainsi que coudre des vêtements pour ses poupées et fabriquer des collages en tissu, les fournitures étant toujours disponibles à la maison. Elle réalise des poupées en papier et les utilise comme moyen théâtral. Durant son adolescence, tout en fréquentant une école de couture professionnelle, elle s’intéresse à la création de bijoux avec émaillage de cuivre et d’argent, avant de poursuivre des études de stylisme, de se marier et de donner naissance à son fils en 1967.
Un concours organisé par un magazine en 1977 décide de sa carrière de créatrice de poupées : elle propose une BJD svelte à 13 articulations, qui figure parmi les 500 poupées retenues pour une exposition sur un total de 2 500 propositions. Ce succès l’encourage à continuer, mais son manque d’expérience la conduit à suivre une formation en peinture et sculpture figuratives à l’école d’art officielle de Suisse (à l’époque Schule für Gestaltung , aujourd’hui Hochschule der Künste), à la suite de laquelle elle effectue un apprentissage de couturière et styliste. De 1977 à 1983, elle réalise des BJD uniques (OOAK) ayant jusqu’à 16 articulations. En 1983, une exposition de poupées de porcelaine la décide à suivre un atelier de reproductions, où elle apprend à travailler l’engobe et la peinture sur céramique. L’étape suivante consiste à fabriquer des clowns jouant de divers instruments de musique ou portant des costumes rococo élaborés. Leurs corps en tissu bourré sont dotés d’armatures métalliques et tiennent une posture : ils sont bien reçus à divers salons et conventions européens de poupées. Puis viennent, de 1984 à 1994, des éditions limitées de bébés et enfants, en biscuit pour les parties visibles et à corps bourré ou sculpture molle sur armature métallique pour les parties cachées. En 1991 apparaissent les figurines monochromes blanches aux yeux bleus qui deviendront sa marque de fabrique (photos). Elle invente à cette époque des supports de poupée à la présence discrète.

De 1992 à 2010, Elisabeth réalise quelques inédits dans sa carrière : lutins et petits elfes en Super Sculpey de 13 cm (1992) ; poupée couverte de papier washi avec ailes en papier armé de fils métalliques (1994) ; premiers « gens qui attendent » monochromes blancs, modelés et habillés (1996) ; deux demi-poupées uniques (OOAK) sur un même support tournant, « le vice et la vertu » (2004) ; modèle coulé dans le bronze (2010). Depuis, la plupart de ses poupées sont des figurines uniques (OOAK) réalisées en Paperclay, Sculpey ou Super Sculpey, voire une combinaison des trois matériaux.
Elisabeth Flueler-Tomamichel a été élue au NIADA (National Institute of American Doll Artists) en 1992 et a été membre fondateur de la VEP (Verband Europäischer Puppenkünstler), association européenne d’artistes en poupées germanophone. Depuis 1991, elle exerce comme juge dans des concours internationaux de poupées. Son œuvre a été exposée en Europe (Suisse, Allemagne, France, Autriche, Royaume-Uni, Italie, Belgique), aux États-Unis, en Russie et au Japon. Elle est présente dans plusieurs collections de musées à travers le Monde, dont le Susan Quinlan doll & teddy bear museum & library de Santa Barbara (Californie), et dans de nombreuses publications dont une quinzaine d’ouvrages. Elisabeth a reçu  plusieurs prix dans des concours internationaux, dont en 2001 le prix d’excellence pour l’ensemble des réalisations Max-Oscar-Arnold décerné par la ville de Neustadt bei Coburg (Allemagne).
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L’artiste suisse Angela Sutter vit et travaille dans la commune rurale de Schenkon (canton de Lucerne, Suisse). Selon ses propres dires, « cet environnement aimable et paisible est l’endroit idéal pour le travail de création ». Lorsqu’elle se lance dans la fabrication de poupées en 1985, ses influences sont les pionnières européennes Sasha Morgenthaler, Hildegard Günzel et Sabine Esche (voir Les artistes en poupées pionniers), ainsi qu’Annette Himstedt (voir ci-dessus) et les poupées traditionnelles de la société Lenci. On retrouve en effet ces influences dans les visages ovales à l’expression rêveuse ou étonnée, ainsi que dans le soin apporté aux coiffures et à la confection des vêtements.
Mais comme d’autres artistes de sa génération, tandis qu’elle développe son propre style, elle trouve ses  personnages les plus intéressants hors du domaine européen traditionnel de  la conception de poupées. « Ma plus grande source d’inspiration a été mes trois enfants, mais aussi les expressions et les destins des enfants des pays du tiers-monde », explique-t-elle à propos de ses beautés africaines, asiatiques, balkaniques et latino-américaines. Ci-dessous, de gauche à droite : Rania, Aoki, Carmencita.

En fait, ses enfants sont à l’origine de sa vocation, et la conduisent à suivre un atelier de conception de marionnettes. Insatisfaite des résultats et convaincue qu’elle peut faire mieux, elle se forme en autodidacte à la fabrication de poupées. Toutefois, il faut attendre 1989 pour qu’Angela fasse le grand saut : présenter son travail au public (« je ne pouvais pas me séparer de mes poupées », se souvient-elle). Cette année-là, elle est invitée à exposer dans une galerie de Bâle (Suisse). « C’est là que j’ai vendu mes premières poupées, et j’ai été invitée chaque année depuis lors ». À partir de là, sa passion décolle.
Elle ouvre son studio en 1998, où elle tient des expositions annuelles de ses dernières créations et des ateliers de fabrication de poupées. Elle y vend également des moules de ses porcelaines originales. Angela Sutter collabore avec la société italienne Migliorati pour proposer des éditions limitées en vinyl moins coûteuses. Elle est très présente sur les marchés italien, britannique et d’Europe centrale, et poursuit sa percée internationale, notamment aux États-Unis.
Sur le plan technique, Angela sculpte ses poupées en Formo (une argile à séchage ambiant) ou en porcelaine, et détaille minutieusement leurs caractéristiques culturelles, des traits du visage aux accessoires tels que chaussures, poteries et bijoux. Les perruques sont en cheveux naturels ou en mohair soigneusement coiffés, et les corps en tricot à mailles jetées assurent une posabilité élevée. Les visages sont peints à la main et les yeux sont en verre Crystal soufflé à la bouche. Elle effectue des recherches pour les costumes et pare ses poupées de robes, zarapes et foulards lumineusement colorés et bien portés.
Inspirées par toutes sortes d’objets et d’images, les poupées d’Angela Sutter commencent avec une idée dans l’air depuis quelque temps. « Lorsque je démarre vraiment dans le studio, et que je plonge dans les différents matériaux, outils, tissus, je me sens complètement dans mon élément et oublie le monde qui m’entoure. Quand je peux présenter mon travail enfin terminé, et vois combien de joie je peux offrir avec mes poupées, c’est une belle récompense. » Angela n’a jamais été intéressée par les poupées « typiques », avec de jolis vêtements en soie, nœuds papillons,…Ce qui l’intéresse, ce sont les enfants du tiers-monde, en particulier ceux qui vivent dans la rue. « Avec mes poupées, j’espère changer un tant soit peu le regard sur le destin tragique de ces enfants. Les enfants des rues ont souvent une certaine mélancolie dans les yeux, car ils n’ont pas les mêmes activités et opportunités que la plupart des enfants européens, et pourtant ils restent des enfants : ils jouent, sont contents ».
Les poupées d’Angela Sutter évoquent le charme stoïque et l’éclat innocent des enfants qui trouvent des moments de paix et de joie dans les situations les plus dures, et explorent l’héritage culturel qui rend chaque vie digne d’être vécue. Ci-dessous, trois poupées récentes : Carla, Karl, Valentina.
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« Je suis d’abord et surtout fascinée par les visages », déclare Maja Bill, artiste en poupées suisse mondialement reconnue. « Former une créature à partir d’une motte de terre et l’amener à la vie, ce miracle toujours renouvelé m’attire encore et encore ». Cette fascination est visible dans le travail de Maja, qui crée des poupées depuis 30 ans, d’abord pour elle-même puis comme maîtresse d’école maternelle et comme mère. Son art se caractérise par un talent extraordinaire pour capturer l’expression d’un enfant et la capacité à créer des vêtements reflétant de nombreuses cultures (photos).

Chaque poupée en cire sur porcelaine est conçue, modelée, peinte à la main et habillée par l’artiste elle-même, connue pour ses costumes élaborés et le travail des perles. Les tons de chair sont peints en harmonie avec les couleurs des vêtements. Maja réalise des poupées originales (OOAK) et de petites éditions limitées de 10 pièces : même dans ce dernier cas, chaque pièce est unique, du fait qu’elle remodèle tous les visages et que chaque poupée porte un costume one-of-a-kind. Les perruques sont en cheveux naturels, les yeux en verre fait à la main et les chaussures en cuir. Maja Bill expérimente d’autres matériaux que la porcelaine, tels que la cire et le papier-mâché. Elle introduit en 2009 des séries de poupées en vinyl moins onéreuses, fabriquées en Allemagne, peintes à la main et habillées individuellement (photos).

Maja Bill a reçu des prix prestigieux, tels que « la poupée de l’année » du magazine Dolls en 2011.
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Artistes hollandaises

Les créatures féériques constituent depuis la fin des années 1960 l’univers de Tine Kamerbeek : gnomes, trolls, farfadets, fées, elfes en argile prennent vie sous ses doigts. L’argile à séchage ambiant de ses pièces uniques est renforcé par une tige en fer et les pieds sont lestés de plomb pour une bonne tenue des poupées ; après sablage et polissage, elles sont peintes à l’huile et vernies plusieurs fois. Elle réalise les costumes avec de la soie, du tissu transparent, de la dentelle et des rubans. L’artiste essaie « à travers l’expression, la forme et la position des poupées, de stimuler l’imagination et d’attirer l’attention de leurs spectateurs ». Ci-dessous, de gauche à droite : musiciens écossais (1966), troll (années 1970), Femke (2008).
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Le monde de Marijke van Ooijen est peuplé de souris, de musaraignes, de mulots, de rats, d’oursons et de fillettes, monde nostalgique et romantique où les authentiques costumes et accessoires anciens (dentelles, boutons, tissus et chaussures, fourrures, chapeaux à plumes,…), patiemment chinés et assemblés, jouent un rôle majeur. Les poupées, fabriquées par cette artiste depuis le début des années 1990, sont en argile ou en pâte Fimo, leur gueule ou leur visage aimablement plissé et leur expression débonnaire. Elles représentent parfois des personnages historiques. Marijke organise de nombreux ateliers pour enfants ou adultes et a écrit un livre illustré (en néerlandais) : « Le monde nostalgique de la souris ». Ci-dessous, de gauche à droite : Marie-Antoinette, lapin, ourson.
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Vous aimez les contes de fées ? Entrez dans le monde des  » poppen en beesten » (poupées et animaux) de Marlaine Verhelst, qui vous évoquera les contes de Grimm et d’Andersen. L’humour et les farces résident dans leurs expressions capricieuses, drôles et pleines de malice. « J’essaie de créer un monde fantastique basé sur des personnages et une anatomie humains, mais chacun peut imaginer leur propre histoire à travers mes combinaisons poupée-animal ».  Marlaine a commencé à créer des poupées en 1975, en sculptant directement la porcelaine, ou en utilisant de l’argile à séchage ambiant pour les jambes d’une poupée debout. Ci-dessous, de gauche à droite : chevaucher une oie, cochon debout, la princesse et la grenouille.
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Artistes britanniques

Wendy Froud est habitée depuis sa plus tendre enfance par les créatures imaginaires du folklore européen : lutins, trolls, farfadets, centaures, licornes, satyres, gobelins, elfes, fées, leprechauns,…Elle a commencé à fabriquer des poupées dès l’âge de cinq ans, avec tout ce qui lui tombait sous la main, et n’a jamais cessé depuis. Elle a collaboré en tant que sculpteur et fabricant de marionnettes avec le réalisateur Jim Henson sur les films « Dark crystal », « Labyrinthe », « L’empire contre-attaque », et sur le célèbre « Muppet show ». De nombreux ouvrages traitent de son travail et de celui de son mari, le peintre et illustrateur Brian Froud. Ci-dessous, de gauche à droite : Peter, petit troll, harpe.
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Quand Lynne et Michael Roche se sont rencontrés, elle était peintre et lui restaurateur d’antiquités. Après un coup de foudre pour les poupées anciennes en 1977, ils ont ouvert une boutique de copies de poupées anciennes rares. Depuis 1980, ils fabriquent leurs propres poupées en bois de tilleul, souples ou en biscuit, pour lesquelles le corps (parfois en onze morceaux, avec articulations en billes de bois) et les vêtements (souvent inspirés des années 1950, en laine ou coton tricotés, avec des broderies et appliqués pour les détails) revêtent une importance particulière, car les créateurs souhaitent que l’on puisse jouer avec leurs poupées. Celles-ci sont de facture classique, expressives et sages. Ci-dessous, de gauche à droite : les nouveaux petits amis (2008), les Pippa (2014), Mira en indigo (2017).
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Depuis 40 ans, l’artiste Jane Davies développe et perfectionne la création de poupées en porcelaine et en bois, souvent articulées. Elle s’est spécialisée dans les très petites poupées en porcelaine, car elle croit au rapport de complicité avec de beaux objets tenus dans la main. Ses poupées classiques et expressives, aux yeux pétillants et aux lèvres gourmandes, sont habillées en costume d’époque, traditionnel ou inspiré par un styliste. Elle est reconnue internationalement pour son talent et pour sa contribution à la promotion de la création de poupées d’art, notamment en tant que présidente du NIADA (National Institute of American Doll Artists). Ci-dessous, de gauche à droite : fillette afro-américaine, Hansel et Gretel, fillette norvégienne.
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Artistes belges

Depuis l’année 2000, Martine Brettar Jansen fabrique des poupées articulées en porcelaine sous la marque MJB dolls, qui lui confèrent assez rapidement une notoriété internationale. Ces poupées gracieuses au regard rêveur et à l’expression grave, présentées dans des postures sages, les cheveux défaits et costumées avec soin, procurent une sensation de paix et de sérénité, contrastant avec l’agitation et l’inquiétude intérieures exprimées par leur créatrice. Le visage, les yeux et la peau sont travaillés avec une attention particulière, nécessitant pas moins de cinq couches de peinture. Les mains sont étonnantes de réalisme et de précision. Martine est une artiste polyvalente, qui réalise aussi des peintures et des sculptures auxquelles elle se consacre depuis 2011. Ci-dessous, de gauche à droite : Selena, Frederiek, Lena.
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Diane Guelinckx-de Becker travaille à partir de croquis pour réaliser en pâte polymère moulée ses fées et ses fillettes souriantes, rêveuses ou endormies, présentées dans des postures alanguies. Elle se consacre patiemment à son art depuis 1996, soignant chaque détail, les traits du visage surprenants de réalisme, les courbes du corps, les mains, les pieds, les ongles, les ailes des fées réalisées à partir d’ailes de libellules trempées dans de la résine, les costumes en dentelle, les accessoires en pâte polymère (fées miniature, souris, humus, feuilles, champignons,…). Ci-dessous, Pandora et deux fées.
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Artistes italiennes

Lorella  Marcheggiani Falconi a commencé par fabriquer des reproductions de poupées anciennes en 1988, avant de réaliser des originaux rigides en porcelaine, puis des poupées articulées en porcelaine et en résine, uniques ou en édition limitée. Ses créations sont remarquables par leur délicatesse et l’attention apportée aux moindres détails, en particulier aux visages très expressifs et à la profondeur du regard obtenue grâce à des yeux en verre de grande qualité, peints puis cuits plusieurs fois. Lorella conçoit et réalise chaque étape de la fabrication de ses œuvres, de la sculpture originale aux accessoires, en passant par les costumes, utilisant des étoffes et des fils d’une grande finesse, et les chaussures en cuir. Ci-dessous, de gauche à droite : Amber Moon, Lauren, Neveah.
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Laura Scattolini dit des poupées qu’elles sont sa vie. Elle fabrique des pièces uniques depuis 1994, les membres et la tête en mélange de cernit et de fimo, le corps en tissu rembourré. Ses créations réalistes aux expressions graves, boudeuses ou rieuses, le visage des fillettes parfois piqueté de taches de rousseur, dégagent une impression de vie et de sérénité, en partie grâce aux yeux en verre soufflé. Les coiffures en mohair ou en cheveux naturels sont élaborées et les costumes conçus et réalisés par la créatrice, connus pour leur simplicité et leur réalisme, sont très variés et choisis dans une palette de couleurs douces et neutres. Ci-dessous, trois œuvres caractéristiques de la production de l’artiste, limitée à une dizaine d’exemplaires uniques par an.
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L’artiste vénitienne Beatrice Perini découvre en 1984 le monde de la fabrication des poupées en céramique et crée la boutique « Bambolandia » (le monde des poupées). Elle commence à y réaliser des poupées uniques ou en édition limitée en céramique, puis en biscuit à partir de 1988, des reproductions de poupées anciennes à partir de 1989, des poupées en cire sur porcelaine et en cernit à partir de 1990, enfin des poupées articulées en porcelaine avec des yeux en verre, un regard doux et une bouche pulpeuse, dans les années 2000. Les styles de sa production prolifique sont très variés, de la poupée ancienne à la poupée réaliste en passant par la poupée ethnique et la série de figurines en biscuit « Pinocchiupi ». Ci-dessous, de gauche à droite : Junko (2001), Amerigo (2003), le petit chaperon rouge aux cheveux blonds (2007).
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Née en 1978 à Florence (Italie), Linda Macario est passionnée pour l’art depuis son enfance. Après une formation artistique au lycée de Florence, elle travaille plusieurs années comme conceptrice graphique. En 1999, elle découvre le monde de l’argile polymère et les poupées, ce qui va décider de sa vocation, qu’elle exerce avec passion depuis. Ses figurines sont immédiatement reconnaissables : visage triangulaire à l’expression parfois un peu triste ou boudeuse, front large, grands yeux en amande étonnés, sourcils et cils bien dessinés, petite bouche fruitée et nez légèrement épaté, pommettes roses. Soigneusement et sans relâche, Linda cherche le meilleur moyen de transformer une idée en une belle poupée.
2009 est une année importante, qui la voit faire ses premiers pas avec les BJD. Elle explore différents matériaux : argile polymères ou à séchage ambiant, silicone, résine, porcelaine (photos, de gauche à droite : Lulù, BJD en porcelaine, édition limitée ; Linda, BJD en porcelaine ; Ginny, BJD en résine, personnalisée) .


crédits photos : Linda Macario

Linda propose plusieurs collections de poupées suivant le matériau utilisé :

  • depuis 2012, ses poupées sont reproduites sous la forme de BJD en résine et commercialisées en exclusivité et en pré-commande sur le web par la société JPOPdolls. C’est l’artiste elle-même qui sculpte la poupée originale envoyée à l’usine pour reproduction. Les poupées sont vendues nues avec une paire d’yeux en verre de couleur aléatoire.
  • poupées BJD en résine personnalisées par l’artiste, vendues avec une peinture faciale, un costume one-of-a-kind, des yeux en verre et une perruque
  • éditions limitées de poupées en porcelaine entièrement crées par l’artiste dans un processus complexe en 10 étapes : dessin détaillé du projet de nouvelle poupée ; sculpture des différentes parties ; fabrication du moule en plâtre ; coulage de la porcelaine ; ponçage de la pièce crue ; cuisson du biscuit à température élevée ; peinture et cuisson à basse température pour fixer les couleurs, étape répétée au moins trois fois ; assemblage ; confection des vêtements et accessoires ; prise de photos et publication des images
  • poupées en édition limitée utilisant une barbotine de coulage à séchage ambiant
  • poupées originales (OOAK) en argile à séchage ambiant Ladoll

Cette année 2017, Linda Macario sort deux nouvelles collections produites par  JPOPdolls, avec des teintes de peau différentes : « Dawn », poupées en résine de 40 cm, avec peinture faciale personnalisée par l’artiste et costume one-of-a-kind ; « Cupcake », petites BJD en résine de 17 cm, livrées en modèle de base (peinture faciale d’usine, ni costume ni perruque). Ci-dessous, de gauche à droite : « Dawn avec lapin », peau claire ; « Dawn avec ourson », peau mate ; « Cupcake », peau mate.


crédits photos : Linda Macario

Linda a participé à de nombreux salons en Italie, en France, en Russie et aux États-Unis, et reçu trois ans de suite (de 2015 à 2017) un prix d’excellence du magazine Dolls.
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Sources de la page

 

 

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5 réflexions sur « Créatrices contemporaines »

  1. Votre site est superbe, bien documenté ,toutes les explications sont claires, judicieuses et exactes et je vous remercie particulièrement du privilège que vous m’ offrez en me donnant une place de choix . Je vais me faire un plaisir de communiquer votre site à tous mes collectionneurs et collectionneuses .
    Héloïse

  2. C’est avec grand plaisir que je retrouve ici nos amies artistes nombreuses à être venues à l’association ‘Poupées d’hier et d’aujourd’hui ‘. Un petit clin d’oeil à Malou qui a été la première à nous présenter ses créations …. et c’était hier ! (heuuuu en fait, c’était le 1er mars 1997 !).
    Une pensée affectueuse pour Françoise Filaci et pour Pierre Durdilly qui n’est pas encore dans ces pages mais qui le sera probablement bientôt ! Nous ne les oublions pas.
    Bravo pour ce site !

  3. Voici un site de qualité qui permettra de faire connaître l’Art de la poupée !
    Merci de nous faire connaître d’autres créateurs et créatrices ainsi que pour le beau texte concernant ma passion !
    Je souhaite que votre site s’étoffe de plus en plus et nous offrira encore de belles histoires de poupées !
    Merci beaucoup.
    Rose-Marie

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