Un artiste et sa muse : Joshua David McKenney et la poupée Pidgin


                                                     © Pidgin Doll

Le pidgin est un langage simplifié utilisé pour la communication entre personnes de langues maternelles différentes. C’est aussi le nom d’une poupée créée par Joshua David McKenney, artiste établi à Bushwick, quartier de l’arrondissement de Brooklyn dans la ville de New York. Interprétation moderne de la poupée de mode européenne classique, elle tire son inspiration à la fois du style urbain et de la haute couture, de l’ancien et du moderne.
Né à San Francisco, Joshua David McKenney passe son enfance en Floride puis en Pennsylvanie. Il s’installe à New York en 1999 à l’âge de 18 ans pour étudier la photographie à la Parsons School of Design. Il dessine beaucoup, surtout des femmes. « Dessiner était un exutoire pour exprimer ma part de féminité dans le milieu conservateur où j’ai été élevé », se souviendra-t’il, « et cela continue aujourd’hui ». Il entame une carrière d’illustrateur de mode et travaille pour des clients prestigieux tels qu’Elizabeth Arden, Mariah Carey, les cosmétiques Mac, Dolce & Gabbana ou La Perla.
Attiré par l’univers des poupées, des marionnettes et des mannequins depuis toujours, il s’essaye à la fabrication de petites figurines, de visages et de mains en Super Sculpey. Il avouera plus tard : « il m’a fallu longtemps, très longtemps, pour atteindre mon niveau actuel, mais je dois dire honnêtement que, à partir du moment où j’ai commencé à fabriquer des poupées, j’ai su que c’était ma vocation. Je ne suis jamais si artistiquement satisfait et stimulé que lorsque je travaille sur une poupée ». Et il ajoute : « je serai toujours illustrateur, mais en tant que fabricant de poupées je suis également sculpteur, ingénieur, maquilleur, styliste en coiffure, dessinateur de mode, marionnettiste et photographe. Pour moi, c’est l’expression artistique ultime ».
En 2008, obsédé par les BJD asiatiques, il aspire à créer la sienne. Il se procure le livre de Ryoichi Yoshida « Yoshida style ball jointed doll making guide », et en s’appuyant sur les seules images (le livre est en japonais !), il fabrique LoveChilde, sa première poupée, sculptée en terre-papier (paperclay) japonais à séchage ambiant. Satisfait du résultat, Joshua pense néanmoins que les poupées les plus intemporelles et les plus exquises sont en porcelaine.
Il se lance donc en 2009, à l’aide de guides en ligne et de tutoriels vidéo, dans la fabrication de moules en plâtre et le coulage de porcelaine, dans un atelier du quartier de Williamsburg à Brooklyn. Son premier résultat, obtenu laborieusement après plusieurs moules ratés et un tas de pièces défectueuses, est une sirène BJD à queue segmentée (photo ci-dessous).


                                                       © DeviantArt                                           

Pidgin, sa troisième tentative, est conçue en 2012 comme une poupée de mode européenne classique : tête et membres en porcelaine attachés à un corps souple posable. Après en avoir réalisé plusieurs prototypes, il la lance officiellement en octobre de la même année comme une poupée de salon de 56 cm. Elle est depuis son centre d’intérêt principal. La poupée actuelle de 40,5 cm à l’échelle 1:4, coulée intégralement en résine et complètement articulée, représente la 5e génération de moules.
Joshua conçoit et fabrique la plupart des vêtements de Pidgin. Il sculpte les accessoires à l’aide d’une imprimante 3D et les améliore à la main. Il achète les tissus et les garnitures dans le quartier des boutiques de vêtements de Brooklyn, et travaille avec une équipe de couturières et de tailleurs pour créer les tenues. Il aime aussi chiner les habits et les accessoires des poupées classiques pour les intégrer à la garde-robe de Pidgin.
Son inspiration lui vient en grande partie de deux artistes devenus des amis proches : Mel Odom, le père de Gene Marshall, et Andrew Yang, collaborateur de Robert Tonner. L’artiste russe installée au Canada Marina Bychkova a également joué un grand rôle dans sa vocation : « la première artiste en poupées moderne dont j’ai entendu parler fut Marina Bychkova, avec sa très célèbre ligne de poupées en porcelaine ‘Enchanted dolls’. Du moment où j’ai vu le caractère élaboré et vraiment impressionnant de son travail, je n’ai eu de cesse de réaliser mes propres poupées ». Il aime aussi à citer comme autres influences la féminité, la vie new yorkaise, les voyages, ses amis, Instagram, les années 1970, l’Art Nouveau, le ballet, le burlesque, les Disney classiques (en particulier « Fantasia »), le marionnettiste Jim Henson, créateur du « Muppet Show » (en particulier Piggy), la Barbie classique et la culture LGBT. Ci-dessous, la très belle « Samantha », issue de la collection de printemps 2019.


                                             © Joshua David McKenney

D’où vient ce nom de Pidgin ? Joshua explique : « Lors d’un long voyage en car de New York à Boston où habitait mon compagnon Eric, je passais le temps en faisant le portrait à l’aquarelle d’une fille originale avec un pigeon sur la tête, en pensant que ce nom d’oiseau lui irait bien. Arrivé à Boston, je donnai l’aquarelle à Eric, et nous commençâmes à imaginer à quoi pourrait ressembler une fille appelée ‘Pigeon’ : une citadine à l’esprit libre, un brin fantasque, peut-être un peu volage. Trois ans plus tard, alors que je cherchais un nom pour ma nouvelle poupée mannequin, Eric suggéra qu’elle pouvait bien être le personnage de l’aquarelle et ce fut une révélation. Nous décidâmes de remplacer ‘Pigeon’ par ‘Pidgin’, qui présente mieux visuellement tout en évoquant un moyen de communiquer mes idées artistiques et esthétiques, comme le pidgin permet la communication entre personnes d’horizons différents ».
Comment se déroule une commande de poupée OOAK personnalisée ? le client remplit un formulaire détaillé spécifiant le teint, la nature et la couleur des yeux et des cheveux, les vêtements ainsi que d’autres caractéristiques désirées. L’artiste répond par courriel pour entamer un dialogue collaboratif. Chaque poupée est livrée avec une tenue que l’on peut enlever : robe ou ensemble jupe-pantalon, bas et chaussures en résine avec lanières en ruban. Des vêtements supplémentaires (vestes, robes habillées, pantalons, shorts, chapeaux,…) sont disponibles sur demande. Le délai de livraison minimal est d’un mois, les prix dépendent des spécifications et un acompte de 50 % est exigé pour disposer d’un dessin et commencer la fabrication, le reste étant dû  avant l’expédition.
Pour ses propres créations, cela peut être beaucoup plus long. La création de la sculpture, la fabrication des moules et l’amorçage de la production prennent parfois deux ans. La sculpture des Pidgin évolue constamment : Joshua en est en 2019 à leur cinquième génération (photo ci-dessous : à gauche, Elinda ; à droite, Nyx). Une fois le coulage terminé, la personnalisation évoquée plus haut dépend de chaque poupée : il lui est arrivé de l’effectuer en une semaine, comme de travailler des mois sur la finition d’une poupée.


                                              © Joshua David McKenney

La dernière collection, celle du printemps 2019, comporte 16 poupées BJD OOAK en résine de 40,5 cm à l’échelle 1:4. Parmi toutes ces beautés, la piquante Veronique et ses taches de rousseur (photos ci-dessous).


                                             © Joshua David McKenney

2019 est aussi l’année de l’édition limitée en dix exemplaires de « Babette » (photos ci-dessous), poupée Pidgin créée spécialement pour le salon Pacific Northwest BJD expo de Seattle (Washington).


                                            © Joshua David McKenney

Une originalité, la « Pidgin Doll Chibi » : une version de Pidgin aux proportions Chibi, ce style artistique japonais représentant les personnages avec une tête et des yeux surdimensionnés. Coulée en résine et dotée de 12 points d’articulation, elle rentre dans tous les vêtements et chaussures prévus pour les poupées mannequins à l’échelle 1:12. Une édition limitée de 50 exemplaires, présentée en septembre 2019 à la Modern Doll Collectors Convention (MDCC) de San Antonio, Texas, porte la tenue illustrée ci-dessous : robe florale en coton, jaquette-cape rouge et béret bleu à pompon blanc.


                      © Pidgin Doll                          © Dutch Fashion Doll World

En 2005, un événement a défrayé la chronique aux États-Unis : le célèbre photographe américain Richard Prince expose à la Gagosian Gallery de New York des tirages de photos extraites d’Instagram sans la permission de leur auteur, et les vend 100 000 $ chacun. Prince est adepte de l’appropriation, forme d’art contemporain consistant à réemployer du matériel esthétique (photographies, images d’archives, films, vidéos, textes,…) en manipulant éventuellement la taille, la couleur, le matériel et le média de l’original. Parmi les photos exposées, celle d’une femme aux longs cheveux bleus et aux lèvres pulpeuses rouge cerise, tenant une poupée sosie en porcelaine dans la même tenue blanche (photo ci-dessous). La poupée, c’est une Pidgin, et la femme Doe Deere, directrice de la société de produits de maquillage « Lime Crime », qui pose ainsi pour promouvoir le travail de son ami Joshua David McKenney.
Suite à cet épisode, l’artiste est un peu abasourdi, mais indulgent. « Je n’en veux pas à Prince », déclare-t’il, « à bien des égards, le choix de cette image est un honneur ». Il n’envisage pas de porter plainte, espérant au contraire que cette histoire « initiera un débat sur le statut de l’art ».


                                                      © Doe Deere

Quoi qu’il en soit, cette affaire aura porté à la connaissance du grand public l’œuvre de Joshua, qui a déjà des fans célèbres : les chanteuses Grace Jones et Mariah Carey ; la stripteaseuse, mannequin, couturière et actrice Dita von Teese ; Linda Farrow, la designer de lunettes ; Taylor Swift, auteure-compositrice-interprète et actrice.
Depuis ses débuts en 2012, Pidgin a connu un certain nombre de changements : au fur et à mesure de l’amélioration du savoir-faire de son créateur, elle est devenue plus articulée et gracieuse, tout en conservant la forme de son visage. Quant à l’avenir, Joshua David McKenney le voit en grand : « j’aimerais que Pidgin imprime sa marque dans le Monde ».

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Les Bardolinettes, la « french touch » des poupées mannequins


                                                     © Géraldine Bardot

Les plus grands stylistes citent souvent Barbie comme le jouet ayant stimulé leur intérêt pour leur métier. Changer ses vêtements et choisir ses accessoires furent les premières étapes de carrières réussies passées à concevoir des défilés de mode. Pour exprimer leur reconnaissance, plus de 70 stylistes de renom ont créé au cours des années des vêtements exclusifs pour la célèbre poupée : Oscar de la Renta inaugure ces partenariats en 1985, suivi par Christian Dior, Diane Von Furstenberg, Burberry, Giorgio Armani, Bill Blass, Ralph Lauren, Givenchy, Versace, Calvin Klein, et récemment Karl Lagerfeld en 2014, pour ne citer qu’eux. Barbie a aussi porté des robes de mariée de Vera Wang et Carolina Herrera, et Christian Louboutin a créé pour elle des chaussures roses.
Animée par la même passion pour la mode et les Barbie, la styliste française Géraldine Bardot décide en 2017 d’écouter son intuition et de réinventer la garde robe de l’iconique poupée avec des tenues que les femmes ont toujours rêvé de porter, et qui seront de fabrication française. Les Bardolinettes étaient nées !
Née en 1974 à Angoulême, Géraldine Bardot n’a d’yeux dès son plus jeune âge que pour la mode et les Barbie. Obéissant à sa passion, elle poursuit tout naturellement des études de stylisme sur le site parisien de la célèbre école internationale de mode ESMOD, dont elle sort diplômée en 1996. Pendant 20 ans, elle travaille dans divers domaines de la mode et de la beauté.
Récemment, elle s’installe à Lyon et l'idée des Bardolinettes mûrit dans son esprit : il s’agit d’imposer l’idéal d’élégance et de glamour des poupées Barbie en incarnant rareté, authenticité, exigence et volonté d’exploiter le savoir-faire français en haute couture. Géraldine commence alors à dessiner des modèles en renouant avec le chic et la fameuse « french touch », qu’elle a acquise au cours de ses longues années d’expérience. Ces modèles sont ensuite réalisés à la commande par des mains expertes dans des ateliers spécialisés près de Lyon, à l’aide de machines à coudre adaptées.
La passion du métier, l’amour du beau et l’envie de donner vie aux rêves se lisent dans ses créations en éditions limitées numérotées, dont chaque exemplaire est accompagné de son certificat d’authenticité. Les poupées Barbie, toutes vintage, sont choisies avec minutie par Géraldine et tous les tissus, pour la plupart issus de la haute couture, sont français.
Les accessoires maintenant. Le socle, imaginé par la créatrice, est façonné à la main en France. Il est composé de bois de noyer (photo de gauche ci-dessous) et d’une tige en laiton noir. Quant au coffret, c’est un luxueux écrin de fabrication française (photo de droite ci-dessous), réalisé sur mesure avec l’imprimé de la collection, qui formera un enveloppe parfaite pour sublimer la poupée.


               © Géraldine Bardot                                © Géraldine Bardot

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La collection actuelle se compose de quatre modèles en édition limitée de 50 exemplaires : Gabrielle, Marguerite, Suzanne et Brigitte (en tenues rose, bleue et noire, 50 exemplaires par couleur).
La magnifique robe de Gabrielle (photo ci-dessous) rend hommage à l’illustre Coco Chanel et incarne un esprit couture parisien. L’élégance intemporelle du noir se mélange à des accessoires composés de perles nacrées et noires et de chaînes dorées. Une coiffure année 30 avec son jeu de plumes accentue l’élaboration de l’ensemble.


                                               © Géraldine Bardot

Marguerite (photo ci-dessous) porte une robe bustier tutu sobre et élégante qui s’inspire directement du ballet et, par sa légèreté, rappelle les tutus des danseuses de Degas. Le collier coquelicot de perles de grande taille apporte une touche de caractère et vient provoquer l’allure de la robe.


                                                  © Géraldine Bardot

Suzanne (photo ci-dessous) adopte un look chic et décontracté avec cette jupe évasée à larges rayures noires et dorées associée à son haut façon tee-shirt noir. La tenue est accessoirisée d’une voilette plumetis et rehaussée de détails fleuris. La multitude de bracelets ainsi que son sautoir élégant parfont le look chic. Un joli contraste graphique qui fait écho à la haute couture des années 1980.


                                                © Géraldine Bardot

Brigitte (photo ci-dessous), à travers cette robe Vichy, fait retrouver le mythe de Brigitte Bardot, véritable icône de la mode des sixties. Une silhouette à la fois glamour et désirable, avec un bandeau assorti qui rajoute une touche de « je-ne-sais-quoi ».


                                             © Géraldine Bardot

Comme le dit si bien leur créatrice, « les Bardolinettes sont de très jolies ambassadrices qui racontent la France, la mode, et l’amour ». Souhaitons à Géraldine Bardot le grand succès qu’elle mérite.

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Pour en savoir plus :

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Les Monster High, succès et polémiques

Introduction

Avez-vous déjà entendu parler de Frankie Stein ou de Draculaura ? les Monster High, bien sûr ! ces poupées à la dégaine gothique sont des détournements de personnages issus de la littérature et du cinéma de monstres, d’horreur ou encore de thrillers. Créées par Garrett Sander et illustrées par Kellee Riley et Glen Hanson, elles sont produites par Mattel et distribuées en franchise depuis 2010. Outre les poupées, la franchise propose de nombreux objets dérivés : papeterie, sacs, chaînes porte-clés, coffrets de jeu. À ceux-ci viennent s’ajouter les produits multimédia : livres, disques, webséries animées et vidéofilms (direct-to-video).
Chaque poupée est accompagnée d’un récit retraçant son profil psychologique, son évolution, ses goûts et ses aventures, relaté au moyen des produits multimédia et de journaux intimes livrés avec les poupées.

Cinq goules originales

Ainsi, Frankie Stein est curieuse, enthousiaste et indépendante. Avec son amie Draculaura, âgée de 1600 ans, elles ont fondé dans la ville de la Nouvelle Salem l’école de Monster High, où fantômes, loups-garous, vampires et monstres marins suivent des cours de sciences folles, de lards ménagers ou de dragonomie. Les goules (personnages féminins) et les monstres (personnages masculins) ont un lien de parenté avec des monstres de fiction connus. Ils voyagent aux quatre coins du monde et vivent des aventures incroyables pour recruter des élèves. Les goules originales sont au nombre de cinq :

  • Cleo de Nile (photo de gauche), fille de la momie Ramses de Nile, âgée de 5842 ans au début de la série, est habillée de bandelettes et repose sur le personnage de Cléopâtre
  • Frankie Stein, fille et fiancée du monstre de Frankenstein, a des cheveux blancs avec des mèches noires et une peau couleur de glace à la menthe. C’est un simulacre, fait de l'assemblage de diverses parties de corps. Elle est maladroite, douce et gentille, et a le béguin pour Neighthan Rot.
  • Clawdeen Wolf (photo du centre) est la fille d’un loup-garou. Elle est audacieuse, sûre d’elle et talentueuse. C’est une fashionista qui rêve de devenir une styliste reconnue, et a déjà ouvert son propre salon de beauté à l’âge de 15 ans. Impétueuse, elle se calme cependant lorsqu’elle est bien cajolée.
  • Draculaura, fille du comte Dracula qu’elle adore, est une vampire vegan qui s’évanouit à la vue du sang. Intelligente, ambitieuse et optimiste, elle sort avec Clawd Wolf, le grand frère de Clawdeen, et porte souvent une tenue rose, blanche et noire.
  • Lagoona blue (photo de droite) est la fille de l’étrange créature du lac noir, et une océanide. Elle parle aux animaux marins avec un accent australien, mène une vie très active, et on la trouve souvent en train de surfer ou de courir sur la plage. Si l’eau est son élément favori, elle est aussi très douée pour le sport sur la terre ferme : elle se déplace à toute vitesse en skateboard ou en scooter.

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Les monstres

Il existe 52 autres personnages de goules et 11 monstres, dont :

  • Clawd Wolf (photo de gauche), fils de loup-garou et jeune frère de 17 ans de Clawdeen Wolf, Howleen et Clawdia, vit toujours chez ses parents. Il est sorti avec Cleo, avant de devenir le petit ami de Draculaura. Footballeur de talent, il surprotège ses sœurs.
  • Deuce Gorgon, fils de la gorgone Medusa, dont il a hérité les cheveux en serpents et la capacité de pétrifier les gens, a 16 ans et espère obtenir bientôt son permis de conduire. Bon cuisinier, il sort avec Cleo, qui lui coûte cher. Sa couleur préférée, qui est celle de ses cheveux et de ses yeux, est le vert néon.
  • Gillington « Gil » Webber (photo du centre) est le fils de deux monstres des rivières et le petit ami de Lagoona blue, avec laquelle il fait partie de l’équipe de natation de Monster High. Sur la terre ferme, il porte un casque rempli d’eau pour pouvoir respirer. Doué pour apaiser les tensions, il a peur de l’océan.
  • Heath Burns est le fils de deux éléments de feu. Petit ami éphémère de Draculaura, il aime faire des blagues lourdes à Abbey Bominable, avec laquelle il finit par sortir. Bouffon de la classe, il a aussi des accès de colère qui enflamment ses cheveux orange.
  • Invisi Billy (photo de droite) est le fils de l’homme invisible et comme lui peut disparaître en se concentrant. C’est un gentil farceur qui aime les effets spéciaux et sa petite amie Scarah Screams. Sa peau est d’un bleu gris très clair, ses cheveux sont bleu foncé et ses yeux gris.

Le succès des Monster High

De 2007 à 2010, Mattel a fait plancher une équipe de 20 personnes  pour définir et planifier l’avenir de la franchise. Les marques Monster High, Frankie Stein, Draculaura, Operetta et Howleen Wolf sont déposées en octobre 2007, inaugurant ce qui allait devenir une longue série de personnages (plus de 740 sorties commerciales !). La ligne Monster High a été conçue avec deux objectifs : acquérir une franchise attrayante pour la cible des 8-12 ans, qui se détache progressivement des Barbie mais reste attachée aux jouets pourvu qu’ils correspondent à leurs besoins ; tester le dynamisme du modèle commercial de la franchise. De fait, dès la fin de 2008, une fois la première série de personnages définie, commence le développement simultané des poupées, d’un dessin animé, de deux collections de livres, d’un site web, de peluches, de costumes, et la préparation d’un stand à la conférence Comic-Con International de San Diego, tout ceci devant être prêt pour mai 2010, date de la sortie officielle des Monster High.
C’est un succès immense et immédiat, allant même jusqu’à la rupture de stock : les Monster High attirent, au-delà de leur cible, les collectionneurs de poupées et de figurines d’action pour leur conception astucieuse, en dépit de plaintes sur la qualité. En seulement trois ans d’existence, les Monster High se hissent en 2013 au deuxième rang des ventes de poupées mannequins (500 millions de dollars) derrière Barbie (1,3 milliard de dollars), du même fabricant Mattel. Une étude marketing interne a d’ailleurs montré une cannibalisation partielle de Barbie par les Monster High, les ventes de Barbie n’ayant enregistré qu’une progression de 3 % au troisième trimestre 2013 (comparé au troisième trimestre 2012), tandis que celles des autres produits pour filles (incluant les Monster High) bondissaient de 28 % pour les mêmes périodes.
La plupart des poupées Monster High, dont un total de plus de 700 millions d’exemplaires seront produits, est à l’échelle 1/6e, environ 27 cm de haut. Les corps sont en plastique ABS et les têtes en PVC souple. Elles ont de nombreuses couleurs de peau : chair, bleu, vert, orange et rose. Chaque personnage, à l’exception de C.A. Cupid (photo de gauche), Ghoulia Yelps (photo du centre) et les jumelles Purrsephone et Meowlody (photo de droite), possède un moule de tête unique. Toutes les poupées ont une personnalité et un style vestimentaire propres, et des attributs liés à leur ascendance (crocs, points de suture, oreilles de loup, bandages, nageoires, serpents,…). Les goules ont des cheveux implantés synthétiques, de type saran ou modacrylique, et les monstres des cheveux en plastique coloré.  Destinées principalement aux enfants, certaines éditions ont toutefois été produites à l’intention des collectionneurs. Elles sont souvent personnalisées par des artistes en poupées.

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La ligne Ever After High

En juillet 2013 sort une ligne compagne des Monster High, appelée Ever After High. Comme pour Monster High, elle est distribuée en franchise, et les récits varient d’un pays à l’autre tout en étant relatés par l’intermédiaire de produits multimédia : une websérie, un film et cinq collections d’ouvrages. Elle vise une cible légèrement différente, les 9-13 ans.
Ever After High est un pensionnat fréquenté par des adolescents, enfants de héros de contes de fées et de récits fantastiques, pour y suivre une scolarité mais aussi pour se préparer à leur destin. Les deux protagonistes principales sont Raven Queen, fille de la méchante reine qui ne veut pas être aussi mauvaise que sa mère, et Apple White, fille de Blanche-Neige qui souhaite vivre heureuse et avoir beaucoup d’enfants. Les élèves se divisent en deux groupes, les « Royaux » qui soutiennent Apple et sa volonté de choisir le destin heureux de ses parents, et les « Rebelles », avec Raven et son désir de changer son destin malheureux. Cette division se retrouve entre le proviseur Milton Grimm, qui soutient les « Royaux », et son frère Giles Grimm, gardien du caveau des contes perdus, une bibliothèque secrète sur les contes qui ont cessé d’exister, qui le conforte dans sa croyance en la possibilité de changer les destins.
Parmi les principaux personnages des « Royaux », on trouve :

  • Apple White (photo de gauche) et sa peau blanche, ses yeux bleus clair et ses cheveux blonds. Présentée comme « motivée, intelligente et leader naturelle », elle aspire à suivre les traces de sa mère Blanche-Neige. Camarade de chambre de Raven Queen, elle désire par dessus tout être vue comme la plus juste d’entre tous. Elle est vice-présidente du bureau des élèves.
  • Alistair Wonderland, fils d’Alice au pays des merveilles. Blond aux yeux bleus, son désir est d’explorer le monde des contes de fées. Il a le béguin pour Bunny Blanc, mais pense n’être qu’un ami pour elle.
  • Ashlynn Ella (photo du centre), fille de Cendrillon, blonde aux yeux vert émeraude. Vêtue de robes à fleurs, elle travaille à temps partiel dans la boutique de chaussures « Pantoufle de verre ». Elle parle aux plantes et aux animaux, vit en couple avec Hunter Huntsman, bien qu’elle soit supposée épouser un prince charmant.
  • Blondie Lockes, fille de Boucles d’or, a de longs cheveux blonds avec une frange, des yeux bleus et une robe de la même couleur. Camarade de chambre de C.A. Cupid, elle est capable de déverrouiller n’importe quelle serrure.
  • Bunny Blanc (photo de droite), fille du lapin blanc d’Alice au pays des merveilles, a les cheveux blancs et porte un serre-tête avec des oreilles de lapin blanches et roses. Elle peut se transformer en lapin et perd parfois le sens de l’orientation. Elle aime Alistair mais elle est triste qu’il ne la voie que comme une amie.

Quant aux « Rebelles », ils comprennent les principaux personnages suivants :

  • Raven Queen (photo de gauche), avec ses yeux violets et ses cheveux noirs aux reflets pourpres, est à l’origine de la faction des « Rebelles », mais répugne à la diriger. Ses tentatives de magie blanche se retournent généralement contre elle.
  • C.A. Cupid, transfuge des Monster High, est la fille adoptive du dieu grec de l’amour Eros. Elle a des cheveux et des ailes roses, et porte un arc et des flèches, bien que piètre tireuse. Elle aimerait tomber amoureuse, de préférence de Dexter Charming, un « Royal » fils du prince charmant. Elle conseille ses camarades d’école sur leurs affaires de cœur.
  • Cedar Wood (photo du centre), fille de Pinocchio, marionnette grandeur nature en bois de cèdre. Elle a la peau brune, les cheveux noir de jais et porte une robe rose. Ses amis sont prudents lorsqu’ils lui parlent, car elle est victime d’un sort qui l’oblige à dire la vérité. Passionnée d’art, elle aspire à devenir une vraie jeune fille en chair et en os.
  •  Cerise Hood, fille du petit chaperon rouge et du grand méchant loup, a les cheveux noirs avec des mèches grises. Elle porte une robe en fourrure de bison avec imprimés à carreaux et manches en dentelle, un pantalon en cuir vieilli et des bottes à lacets. Son sac à main est un panier de pique-nique. Elle porte aussi une capuche rouge pour cacher ses oreilles de loup. C’est une grande amatrice de viande.
  • Hunter Huntsman est le fils du chasseur de Blanche-Neige et du petit chaperon rouge. Les cheveux bruns courts, il porte habituellement une chemise verte, un sweat-shirt à capuche marron, une veste en simili cuir, un pantalon beige et des bottes de randonnée. Il aime aider les animaux et cache son amour pour Ashlynn Ella, car il va à l’encontre de son destin. Camarade de chambre de Dexter Charming, il est habile de ses mains sauf pour construire des pièges.

Mattel ne communique pas sur le succès commercial de la ligne Ever After High, mais elle se porte bien si l’on en juge par les statistiques de fréquentation de YouTube : Monster High compte plus de 1 700 000 abonnés en février 2019, et Ever After High se situe très bien derrière à plus de 1 100 000 abonnés, les deux lignes étant sorties, rappelons-le, à plus de trois ans d’intervalle.

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La relance de 2016

C’est à l’automne 2016, éprouvée par la perte des licences des princesses Disney au profit de son concurrent Hasbro, que Mattel décide de revisiter la ligne des poupées Monster High, ainsi que ses produits dérivés, sous le nom « Bienvenue à Monster High » (Welcome to Monster High, photo ci-dessous). Des styles plus colorés, plus kawaii, des scènes de frayeur édulcorées, un nouveau slogan « How do you boo » (comment flippez-vous), semblant viser un public plus jeune, ont été adoptés par la marque pour plaire aux nouvelles générations de petites filles. De nouveaux moules de visage et personnages tels que Moanica d’Kay, Ari Hauntington ou encore Dayna Treasura Jones ont été ajoutés pour l’occasion. Dans le récit, l’accent est toujours mis sur la valorisation des différences et des personnages de femmes au caractère bien trempé, loyales en amitié et résolvant les problèmes, mais avec une retenue sur l’humour branché typique de la franchise. On insiste moins sur la mode et le côté sexy, tandis que les relations saines avec les parents et les professeurs sont mises en avant. Seules les cinq goules originales (voir plus haut) sont présentes.
Un nouveau scénario d’origine est mis en place dans le film éponyme de la nouvelle ligne, sorti en octobre 2016 en DVD et VoD. Il relate le recrutement des élèves par Frankie Stein et Draculaura, et l’ouverture de l’école Monster High, avec une action plutôt sage : quelques courtes scènes inquiétantes, quelques batailles avec la cheffe des méchants Moanica d’Kay et son armée de zombies comiques, mais pas de vraie frayeur. Faute d’avoir trouvé son public avec cette relance, la franchise Monster High s’arrête en 2017, ce qui  avec huit ans d’existence est assez normal pour une ligne de jouets.

La ligne Enchantimals

Troisième franchise lancée par Mattel, dans le sillage de Monster High et Ever After High, Enchantimals voit le jour en 2017 et cible les petites filles de 4 à 9 ans. Ces personnages hybrides mi humains mi animaux, chacun accompagné d’un animal de la forêt qui lui ressemble, vivent au pays d’Everwilde. Ils sont dotés de super pouvoirs et d’atours d’animaux comme des oreilles, une crinière, une queue ou des ailes. Le récit est relaté dans une websérie, deux chapitres de livre et une émission de télévision sur la chaîne à péage Nick Jr.
Enchantimals n’a pas bénéficié d’un marketing intensif comme ses deux précédentes franchises, ce qui explique peut-être son accueil mitigé. Les thèmes de la nature et de l’amitié de groupe sont directement inspirés des franchises du concurrent Hasbro « My little pony », « Equestria girls » et « Littlest pet shop ». Le choix de la petite taille des poupées (15 cm) est influencé par le succès des figurines de la franchise Shopkins du fabricant Moose Toys, sortie en 2014, et de sa dérivée Shoppies lancée en 2015. Les personnages principaux des Enchantimals sont au nombre de cinq :

  • Felicity Fox et son renard Flick (photo de gauche). Meneuse intrépide et courageuse, Felicity est rapide, intelligente et curieuse de tout. Elle ne reste jamais en place bien longtemps et adore partir à la découverte de nouveaux lieux. Elle a des sens très développés et se déplace sans bruit.
  • Bree Bunny et son lapin Twist. Créative et astucieuse, Bree  est très douée en bricolage. Toujours occupée, elle passe son temps à préparer des projets. Elle saute très bien et possède une ouïe surpuissante.
  • Patter Peacock et son paon Flap (photo du centre). Très fière de ses belles plumes, Patter encourage ses amies à être fières elles aussi. Elle aime beaucoup papoter et se met à chanter dès qu’elle est angoissée. Elle est capable de voler sur de petites distances.
  • Sage Skunk et sa moufette Caper. Optimiste et drôle, Sage a le corps et l’esprit vifs. Elle résout tous les problèmes en un clin d’œil, et a toujours une solution pour tout. Elle aime aussi beaucoup jouer des tours à ses amies. Elle a le pouvoir de détecter les dangers.
  • Danessa Deer et sa biche Sprint (photo de droite). Timide et réservée mais forte, Danessa n’a pas peur de l’action. D’une très grande gentillesse, elle est toujours au bon endroit au bon moment pour aider et encourager ses amies dans le besoin. Elle court très vite et a une vue excellente.

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Les controverses

Comme leurs consœurs les Bratz, les Monster High sont dès leur sortie l’objet de controverses. Au départ, les critiques se font discrètes et visent essentiellement la légèreté des tenues. Début 2011, le journal « Herald sun » et la chaîne de télévision « Fox news » sonnent la charge et attaquent les mensurations irréalistes des corps qui entraîneraient de la part des petites filles des troubles de l’alimentation et un rejet de leur apparence physique. Clowdeen Wolf est particulièrement visée : « s’épiler et se raser est un travail à temps plein », déclare-t’elle, « mais c’est un petit prix à payer pour être terriblement fabuleuse ». Cette affirmation renforcerait les stéréotypes de la séduction féminine et encouragerait les petites filles à se sentir honteuses de leur corps et à se focaliser sur l’attirance sexuelle avant même la puberté. En sexualisant les fillettes, on élargirait le marché à une cible plus jeune. De plus, la promotion des tenues dénudées les engagerait à s’habiller comme des strip-teaseuses et à s’imaginer devoir attirer sexuellement tous les hommes autour d’elles. Mattel rectifie le tir en allongeant la taille des jupes et des shorts dans les lignes de vêtements créées à partir de fin 2010.
La maigreur cadavérique des Monster High leur est souvent reprochée : elles sont plus maigres que les Barbie, dont il a été montré que le tour de taille relatif de 40 cm ne permettrait pas à son abdomen de contenir tous les organes vitaux. Cette maigreur présente pour certains un risque d’incitation à l’anorexie.
La présence de traces de mutilation (points de suture, cicatrices, yeux de verre,…) peut être interprétée comme une banalisation de la violence physique.
Vendues comme des poupées modernes auxquelles les fillettes peuvent toutes s’identifier, qui font la promotion de la tolérance et de la diversité, les Monster High sont accusées de reproduire en fait les travers de Barbie, le manque de diversité (elles se différencient principalement par leurs couleurs de cheveux et leurs tenues) et l’obsession dérangeante de l’image corporelle : superficielles, blanches pour la plupart, riches, obnubilées par le shopping, filles de célébrités et folles des garçons, elles sont terriblement normatives.
Le public cible des Monster High n’est pas clair : recommandées par le fabricant aux 6-12 ans, les poupées ont des vêtements vendus par le magasin Justice, dont la cible est les 7-14 ans. De plus, les très hauts talons, les rendez-vous avec les garçons et la recherche de popularité ne sont pas des préoccupations souhaitables pour les 6-12 ans !
Les messages de tolérance et d’acceptation de la diversité ne sont pas explicites dans le récit des Monster High. Au contraire, on y assiste à des scènes de méchanceté comme cette cyberattaque contre un « ami », et de manque de respect, de la part de Cleo par exemple.
Une autre controverse surgit en septembre 2011, lorsque les Monster High se joignent à la « Kind Campaign », un projet visant à combattre les brimades entre filles. Certaines personnes accusent la franchise de n’être pas compatible avec les valeurs de la campagne.
La même année, Mattel est épinglée par un rapport de Greenpeace de 2011 faisant état de traces d’acacia (essence protégée) dans le papier et le carton livrés pour Monster High par Asia Pulp & Paper, fournisseur de papier provenant de forêts tropicales. Mattel stoppe immédiatement son partenariat avec ce fournisseur et s’engage à n’utiliser que du papier conforme à la réglementation.
Enfin, attaque plus grave mais bien argumentée, les Monster High sont accusées, à l’appui d’une étude détaillée de leur symbolique, de soutenir les thèses des Illuminati : hypersexualisation, superficialité, culture de mort et contrôle monarque de l’esprit. Les théories du complot Illuminati sont des théories conspirationnistes qui prétendent que la « société de pensée » allemande des Illuminés de Bavière, historiquement dissoute en 1785, aurait perduré dans la clandestinité et poursuivrait un plan secret de domination du monde, réalisé en infiltrant les différents gouvernements, en particulier ceux issus de révolutions, et les autres sociétés initiatiques dont la franc-maçonnerie. La programmation monarque est une méthode de contrôle de l’esprit utilisée par de nombreuses organisations et développée dans la continuité du projet MK Ultra de la CIA : testé sur des militaires et des civils, ce projet vise la création, au moyen de techniques empruntées à la psychologie, aux neurosciences et aux rituels occultes, d’un prototype d’esclave dont l’esprit est contrôlé pour obéir strictement à son maître, afin d’exécuter à la demande tout type d’action.

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Sources de l’article
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Les poupées Bratz, mignonnes ou sulfureuses ?

Une ligne de poupées à succès

Depuis leurs débuts il y a une vingtaine d’années, ces poupées « ethniquement ambiguës », comme les qualifie un cadre de la société MGAE (Micro-Games America Entertainment) qui les produit, sont devenues célèbres pour leur style streetwear, leurs grands yeux en amande, leur tête surdimensionnée à l’instar des Pullip et des Blythe, et leurs  lèvres pulpeuses et brillantes. Les « Girls with a passion for fashion » (Filles avec une passion pour la mode), pour reprendre la fameuse devise de la franchise Bratz, influencées par la culture pop, sont aussi connues pour leurs cheveux implantés longs et faciles à coiffer, leur goût pour l’amusement et leurs nombreux accessoires, qui reflètent un style de vie agréable (et quelque peu matérialiste). Avec les poupées sont également disponibles des coffrets de jeu autour de diverses ambiances : centre commercial, discothèque, karaoké, bar à sushis, spa, café rétro et limousine.
Le caractère « politiquement correct » de la gamme de départ a peut-être aussi contribué à leur succès : on y trouve la poupée européenne Cloe, l’africaine-américaine Sasha, la latino Yasmin et l’asiatique Jade (photo, de gauche à droite : Jade, Sasha, Cloe et Yasmine).

Sorties en mai 2001 et vendues comme un groupe d’amies de caractères différents mais de même valeur humaine, leur popularité croît rapidement à partir de Noël de cette même année. Les quatre modèles ont été repris dans la majorité des lignes de poupées de chaque édition, et constituent les personnages principaux de l’univers des Bratz. Ces poupées ont reçu plusieurs prix de l’industrie du jouet, dont le jouet de l’année de l’influente TIA (Toy Industry Association). Elles sont commercialisées dans presque 70 pays.

Les quatre Bratz d’origine

Cloe est une blonde aux yeux bleus, fille de Polita, jeune sœur de Sonya, sœur aînée de Colin et Isa, et petite amie de Cameron. Voici comment elle se présente sur le site officiel des Bratz : « Salut je suis Cloe mais mes amis m’appellent Angel parce que mon look n’est pas de ce monde ! ma passion dans la mode c’est le glamour, avec des vibrations rock et athlétiques. Je rêve en grand et je suis un peu théâtrale ! »
Sasha, grande sœur de Zama, a les yeux verts et les cheveux noirs. « Hey, je suis Sasha mais mes amis me nomment Bunny Boo car je saute en rythme ! ma passion dans la mode c’est le streetwear chic avec des influences hip-hop. Je m’éclate sur les tubes les plus chauds du moment et je les partage avec mes amis ! »
Fille de Portia, Yasmin a un grain de beauté sous l’œil gauche, des yeux marron et des cheveux bruns. « Salut je suis Yasmin mais mes amis m’appellent ‘Belle princesse’ car j’assure de façon royale ! ma passion dans la mode c’est le style direct, les classiques et la liberté d’esprit. Je suis peut-être un peu timide, mais mon style majestueux règne sans partage ! »
Jade a les cheveux noirs et les yeux vert-noisette. Elle se présente ainsi : « Salut c’est Jade, mes amis m’appellent Kool Kat car je lance férocement les tendances  ! ma passion dans la mode c’est oser avec audace et faire tourner les têtes. Mes amies viennent me voir pour les looks les plus chauds, je n’ai jamais peur d’affirmer mon style unique ! »

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Une gamme impressionnante

Le grand succès rencontré par ces quatre têtes d’affiche permet à MGA d’étendre son offre de 2003 à 2007 à de nombreuses nouvelles lignes de poupées : Bratz Kidz (poupées de 15 cm, versions enfantines des Bratz adolescentes), Bratz Boyz (petits amis des Bratz girls, photo de gauche ci-dessous), Bratz Boyz Kidz (versions enfantines des Bratz Boyz), Lil’ Bratz (versions miniature de 11 cm des Bratz originales), Lil’ Boyz (versions miniature des Bratz Boyz), Bratz Babyz (versions bébés de 13 cm des Bratz girls, avec couche-culotte et biberon, photo de droite ci-dessous),… Des produits dérivés sont également proposés : ligne de vêtements pour filles, film, série télé, série web d’animation en volume, albums de musique, DVDs et jeux vidéo.

Les poupées Bratz ont la tête et le corps en vinyl dur, les bras et les jambes étant faits d’un vinyl souple pliable. Une caractéristique singulière : les pieds se changent en bloc avec les chaussures, ce qui n’est pas très réaliste mais évite la dispersion habituelle des petits souliers.
En 2007, les Be-Bratz personnalisables font leur apparition. Avec une clé USB, l’acheteur choisit une poupée en ligne, la baptise, et crée une page sociale en ligne. Des jeux permettent de gagner des accessoires. En 2010, pour fêter le 10e anniversaire de la franchise, MGA sort deux collections rétro « Bratz party » (photo de gauche) et « Talking Bratz » (photo de droite), distribuées dans les grands magasins Walmart, Toys « R » Us et Target, et dix nouveaux personnages de filles.

La gamme des Bratzillaz, les cousines sorcières des Bratz, fait son apparition en 2012 sous le logo « House of witchez » (photo ci-dessous), pour se distinguer de la gamme des « Monster high » du concurrent Mattel. Chaque personnage des Bratz girls a une homologue Bratzillaz : ainsi, la voyante Yasmina Clairvoya est la cousine de Yasmin ; la magicienne Cloetta Spelletta est la cousine de Cloe ; Sashabella Paws, qui parle aux animaux, est la cousine de Sasha ; Jade J’Adore guérit les cœurs blessés et a pour cousine Jade,…

En 2013, Bratz opère des changements importants : nouveaux logo, slogan, corps à bras articulés et ligne de vêtements. Les nouveaux corps bénéficient à quelques personnages seulement : les quatre poupées originales, ainsi que Meygan, Fianna, Shira, Roxxi et Phoebe.
Suite à une baisse de popularité, aux déboires juridiques avec son concurrent Mattel (voir plus bas) et à une commémoration mal organisée du 10e anniversaire des Bratz, MGA annonce en 2014 une pause d’une année aux États-Unis pour refonte de la marque Bratz. Cette opération repose sur plusieurs éléments : l’allègement du maquillage ; l’accent mis sur les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, avec la création de T-shirts marqués « Selfie », d’une application Bratz pour smartphones et la diffusion de « webisodes » Bratz sur YouTube ; le lancement de la ligne « Music vibes » autour du thème des différents genres de musique moderne, avec une tente de festivalier comme accessoire ; le partenariat avec la boutique de mode new yorkaise Vfiles pour la production d’une poupée en édition limitée (photo de gauche) ; la reproduction de célébrités, comme la peintre Frida Kahlo (photo de droite).

Rien n’y fait, c’est un échec, et une nouvelle pause est décidée pour 2016 avant le retour à l’automne 2018 de la ligne Bratz Collector, reprenant les fondamentaux de la marque et conçue par le célèbre illustrateur et designer britannique Hayden Williams.
Leur taille ? ce ne sont pas des grandes poupées, 25 cm, ce qui permet de bien sentir leur aspect charnu lorsqu’on les a en main. Il a aussi existé, comme mentionné plus haut, les versions de poche Lil’ Bratz (photo de gauche), ainsi que des poupées plus grandes (30 cm) lancées en 2013 et 2014 pour élargir l’offre en vêtements et améliorer leur posabilité. En 2015, retour aux 25 cm, avec de nouveaux moules de tête et de corps et l’introduction de Raya, poupée aux yeux bleu ciel, cheveux miel et teint hâlé (photo de droite).

Ces nouveaux moules sont mal reçus par le public, qui constatent la disparition de leur côté provocateur et le mauvais ciblage trop normatif de MGA. En réponse à ces critiques, la société marque une pause dans la production et annonce le retour des Bratz à l’automne 2018 et la collaboration avec  Hayden Williams.

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Controverses

Mais revenons en arrière pour aborder les nombreuses controverses dont les Bratz sont l’objet depuis leur création. Tout d’abord, on a critiqué leur maquillage chargé, leurs attitudes provocantes et leurs expressions de top-modèles blasées. Puis leurs vêtements trop moulants et leur obsession de fashionista. Notons toutefois au passage que certaines mères de famille, trop heureuses de voir leurs petites filles jouer à la poupée jusqu’à l’âge de 12 ans si ce n’est plus, sont prêtes à passer sur ces inconvénients !
Les Bratz déclenchent parfois des réactions de rejet violentes, témoins les définitions de l’Urban dictionary, probablement écrites par des parents puritains, misogynes ou sexuellement frustrés, dont nous reproduisons une entrée de 2005 : « Habillées comme des salopes, elles visent les enfants de 8 à 11 ans. Il existe aussi une ligne de « Bébés Bratz ». Elles ont pompé sur Barbie, et favorisent la promiscuité sexuelle de nos enfants. Merci, Bratz. Sans vous, nous n’aurions pas de filles de 11 ans enceintes ou botoxées ».
Une autre question soulevée est la proposition de canons de beauté irréalistes. Mais quel enfant ne se rend pas compte que l’anatomie des Bratz est caricaturale, et souhaite un nez inexistant, des pieds qui se déboîtent avec les chaussures, voire une tête deux fois trop grosse ?
L’association de parents « Dads and daughters » (papas et filles) s’est déclarée outrée par la sortie de la collection « Bratz secret date » (rendez-vous secret). Le coffret contenait une fille Bratz visible et un garçon Bratz caché dont on voyait juste un dessin de dos (photo). Une fenêtre montrant les pieds du « Boyz » mystère fournissait un indice sur l’identité du garçon, particulièrement intéressant dans la quête du rare Bryce, présent seulement dans un coffret sur 24. L’association se plaignait du message négatif envoyé aux jeunes filles forcées de grandir trop vite, en valorisant le fait de s’échapper de la maison pour un rendez-vous arrangé avec un parfait inconnu. Fait aggravant selon elle, la bouteille et les flûtes à champagne comme accessoires, qui se sont avérées être en fait des bouteilles de smoothies. Sommée de retirer la collection du marché, MGA tint bon et poursuivit la vente de sa collection rebaptisée « Blind date » (rencontre avec un inconnu).

Les Bratz ont été comparées à des « chongas », terme que les latino-américains emploient pour désigner des jeunes filles vulgaires, brutales et stupides.
En 2007, des questions sont soulevées par le groupe de travail sur la sexualisation des filles de l’American Psychological Association (Association américaine de psychologie), quant à l’image corporelle et au style de vie véhiculés par les poupées Bratz. Dans un rapport critiqué pour son manque de preuves factuelles, ce groupe souligne la question de la prétendue sexualité adulte des Bratz. Au Royaume-Uni, un de leurs porte-parole argue du fait que ces poupées ciblent et sont achetées par les 10-18 ans et qu’elles mettent de manière évidente l’accent sur la mode et l’amitié et non pas sur la sexualité. Il cite pour leur défense le Dr Brian Young de l’université d’Exeter : « les parents peuvent se sentir gênés mais je ne pense pas que les enfants voient les poupées comme sexy. Ils pensent juste qu’elles sont jolies ». Plus dur, Isaac Larian, le PDG de MGA, déclare à la BBC que le rapport est un tas d’ordures et que ses auteurs sont irresponsables.
Accusation plus grave maintenant. Le National Labor Committee (Commission nationale du travail), devenue depuis  Institute for Global Labour and Human Rights (Institut pour le travail et les droits humains dans le Monde), est une ONG dénonçant les abus des multinationales employant des travailleurs dans les pays en développement. En décembre 2006, elle annonce que les personnes fabriquant des poupées Bratz dans une entreprise chinoise travaillent 94 heures et demie par semaine, alors que l’usine ne paie que 0,515 $ de l’heure. Le coût de production d’une poupée, vendue au détail entre 9,99 et 22,99 $, est de 0,17 $. Les travailleurs, soumis à des quotas de production sévères, ne bénéficient pas d’arrêts maladie payés et d’autres avantages sociaux. Ils se voient distribuer des aide-mémoire mensongers sur leurs conditions de travail lors des inspections du droit du travail faites par les entreprises clientes. Isaac Larian, nie les faits en arguant que sa société ne connaît pas l’entreprise chinoise incriminée et qu’elle ne contracte qu’avec des entreprises respectant le droit du travail.

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Le procès en jouets du siècle : Bratz contre Barbie

Depuis 2005, l’industrie du jouet est le lieu de la plus formidable bataille judiciaire qu’elle ait jamais connu : le cas Bratz-Barbie, dont les multiples rebondissements à coups de milliards de dollars ne sont pas encore aujourd’hui terminés. Pour comprendre les enjeux de cette affaire, il faut en remonter à la genèse.
Noël 2001 : les quatre modèles originaux des poupées urbaines et multiculturelles à la tête surdimensionnée, aux lèvres rouges pulpeuses, immenses yeux en amande, fesses rebondies et petit ventre plat ressortant d’un petit haut étroit, bref les Bratz sorties en mai que sont Cloe, Sasha, Yasmin et Jade, font un carton. Elles sont la marque de poupées la plus vendue en France, Espagne, Italie et Israël et ne tardent pas à supplanter leur rivale Barbie dans ses fiefs des  États-Unis et du Royaume-Uni.
Mais ce n’est qu’un début : au Noël 2003, les ventes mondiales des Bratz et produits dérivés s’élèvent à 1 milliard de dollars ; en 2006, ce chiffre fait plus que doubler, 125 millions de poupées sont vendues à travers le Monde, et Bratz détient 40 % de parts du marché mondial des poupées mannequins, Barbie possédant le reste avec 3 milliards de dollars de ventes, mais poursuivant le déclin de 2005 (18 % de chute des ventes mondiale, attribuée en grande partie à la concurrence des Bratz).
C’est dans ce contexte de concurrence acharnée qu’entre en scène Carter Bryant, designer de talent ayant travaillé pour la ligne des Barbie de 1995 à 1998, puis de 1999 à 2000, et, c’est important pour la suite, titulaire d’un contrat de travail cédant à son employeur Mattel (le fabricant de Barbie)  tous les droits sur ses créations. Bryant rejoint MGA en octobre 2000, comme de nombreux designers de Mattel, dont la créativité était étouffée chez ce numéro un mondial du jouet. On sait qu’il a montré à Isaac Larian, le PDG de MGA, les dessins de ce qui deviendra la ligne des poupées Bratz. Mais le moment exact de cette présentation, directe ou indirecte, avant ou après son arrivée officielle à MGA, sont des questions et des éléments importants de preuves qui vont alimenter le procès en jouets du siècle : Mattel contre MGA Entertainment. Entre 2004 et 2008, année du grand procès, des actions multiples ont été intentées par les deux protagonistes. Le combat entre les deux géants du jouets – MGA étant devenu en quelques années un géant grâce au succès des Bratz – a été impitoyable.

Une longue série d’actions en justice

La première action, intentée Par Mattel  en avril 2004 contre Carter Bryant et dix autres accusés non nommés, a pour chefs d’accusation la rupture illégale de contrat, les violations d’obligation fiduciaire et de devoir de loyauté, ainsi que la conversion de titres et l’enrichissement illégaux. Pour le profane en droit des affaires, Mattel accuse Bryant d’avoir livré ses dessins à MGA alors qu’il est encore employé chez Mattel, violant ainsi son contrat de travail. Bryant contre-attaque en arguant de l’illégalité et de la trop grande couverture territoriale de la clause de confidentialité de son contrat. Mattel sort alors la grande artillerie et amende dans un document de 58 pages son action pour inclure MGA et son PDG, accusés d’avoir « intentionnellement volé non seulement la propriété de Mattel, comme les dessins des Bratz, leurs prototypes et documents associés, mais aussi un grand ensemble de secrets commerciaux et autres informations confidentielles, qui constituent l’infrastructure intellectuelle de Mattel ». En décembre 2006, Issac Larian réplique dans le journal « New Yorker » : « Cette poursuite judiciaire prouve simplement que Mattel est aux abois. Ils vivent dans un monde imaginaire. Ils aimeraient bien posséder Bratz… Nous continuerons à les battre sur le marché à la bonne vieille manière américaine, en innovant, en améliorant notre marketing et en augmentant nos ventes ».
Entre-temps, MGA intente une action contre Mattel en avril 2005, l’accusant d’avoir copié les Bratz avec sa ligne de poupées Barbie « My scene ». MGA ajoute même à cette occasion le mot « seules » au célèbre slogan des Bratz « Les seules filles avec une passion pour la mode », pour bien les distinguer des Barbie avec lesquelles les consommateurs non avertis les confondent souvent. MGA accuse aussi Mattel de s’être engagée dans une concurrence déloyale et une atteinte à la propriété intellectuelle, cherchant à « éliminer de force »  MGA par des actions répétées de « copies en série ». « Barbie ne se comporte pas bien avec la concurrence », affirme MGA, et « doit apprendre à partager ».
En juillet 2008, un jury fédéral estime que Bryant était bien employé de Mattel lorsqu’il crée les Bratz, malgré la dénégation de MGA et l’affirmation de Bryant selon laquelle il avait conçu les Bratz entre deux périodes d’emploi chez Mattel. Le jury estime également que MGA et son PDG sont responsables de l’appropriation de biens de Mattel et d’avoir intentionnellement enfreint aux devoirs contractuels de Bryant envers Mattel. En août 2008, Bratz est condamnée à payer seulement 100 millions de dommages et intérêts sur les 500 réclamés par Mattel, en raison du fait que seule la première génération de Bratz était concernée par l’atteinte à la propriété de Mattel.
Autre péripétie de ce procès fleuve, l’artiste Bernard Belair assigne en justice Mattel et MGA en octobre 2009 pour violation du droit d’auteur sur ses dessins de jeunes femmes avec « de grosses têtes, des yeux ovales, de petits corps et de grands pieds » exécutés pour le chausseur Steve Madden, dont Carter Bryant avoue s’être inspiré. En 2011, sa plainte est rejetée au motif que « Belair ne peut pas monopoliser le concept abstrait d’une femme chic et attirante à la tête exagérément grosse et aux longs membres ».
En décembre 2009, un jugement en appel suspend l’ordonnance de rappel des produits Bratz, autorisant MGA à continuer leur distribution commerciale, jusqu’à la décision finale de la cour d’appel. En juillet 2010, cette cour déclare que MGA détient la propriété de la franchise Bratz, rejetant ainsi la décision antérieure du tribunal d’instance, qui ordonnait à Bratz de céder à Mattel l’intégralité de sa marque et de ses droits d’auteur.
En janvier 2011, Mattel et MGA retournent devant la justice pour reprendre leur bataille sur la propriété effective de Bratz, assortie d’accusations de vol de secrets commerciaux de la part des deux camps. En février, MGA réclame un milliard de dollars à Mattel pour tentative de monopole du marché américain de la poupée. Citant des violations de la loi anti-trust Sherman, MGA allègue d’une stratégie procédurière délibérée de Mattel pour l’amener à la faillite, ainsi que de pratiques d’intimidation auprès des fournisseurs et des revendeurs. En avril, un jury fédéral énonce un verdict en faveur de MGA, et en août de la même année Mattel est condamnée à payer 310 millions de dollars pour vol de secrets commerciaux, fausses allégations et émoluments d’avocats, somme divisée par deux en appel en 2012. La cour d’appel rejette également la tentative de Mattel d’ouvrir un nouveau procès. Cependant, la plainte de MGA pour tentative de monopole de Mattel est rejetée en avril 2012.
En juillet 2012, MGA poursuit la chanteuse Lady Gaga et lui réclame 10 millions de dollars pour avoir « délibérément retardé la sortie d’une poupée à son effigie ».

Épilogue

Sentant que le long litige entre les deux parties, dans lequel elles avaient  déjà englouti des centaines de millions de dollars en amendes, risquait de s’éterniser, le juge Kozinski leur conseille de « prendre exemple sur leur jeune cible commerciale, et de jouer gentiment », ce qui n’arriva jamais.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Mattel maintient son accusation de concurrence déloyale de MGA avec la complicité de Carter Bryant. Les deux parties font la navette entre le tribunal et l’extérieur, s’affrontant sur le détournement de secret commercial, pour lequel MGA poursuit Mattel en 2014 et lui réclame 1 milliard de dollars, ainsi que sur d’autres questions de propriété intellectuelle. 15 ans après la première action intentée par Mattel, la question brûlante reste posée : qui possède Bratz ?

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Adieu et bonjour Robert Tonner

Une décision difficile

Depuis 28 ans, le styliste, créateur de poupées et entrepreneur Robert Tonner et sa société éponyme, la « Robert Tonner Doll Design », renommée « Tonner Doll Company » en 2000, occupent le premier rang de l’innovation et de la beauté dans le domaine des poupées de collection fabriquées en série. Cette année 2019 marque la fin d’une époque : la Tonner Doll Company n’est plus. Le soir du réveillon du nouvel an 2018, le site web de la société, la clinique de poupées, ainsi que les contacts téléphoniques et courriels ont été désactivés, jetant le voile sur trois décennies d’imagination dans un contexte d’années glorieuses pour les poupées de collection.
La décision de fermeture n’a pas été facile à prendre. Robert Tonner s’en explique : « j’ai eu la chance de démarrer Tonner Doll dans un environnement où tout le monde semblait collectionner, fabriquer, acheter et vendre des poupées. Au même moment, l’économie extrême-orientale désirait impatiemment entrer dans la danse et produire tout ce que souhaitait le consommateur occidental à un coût défiant toute concurrence. Une demande élevée et des produits de qualité peu onéreux ont élaboré le cocktail de l’âge d’or des poupées de collection et assuré le grand succès de Tonner Doll ».
En passant en revue le modèle d’entreprise qui a guidé Tonner Doll des débuts jusqu’à nos jours, il est clair qu’il n’est désormais plus viable : « je pourrais disserter à l’infini sur les changements opérés dans l’industrie de la poupée de collection, mais pour faire court ce modèle n’est plus durable. On dit souvent que la seule chose sur laquelle on peut compter c’est le changement. Je suis de tout cœur d’accord avec cette affirmation ». Après avoir été pendant presque 30 ans une locomotive de l’industrie des poupées de collection, Tonner Doll entre dans la légende. Mais cela signifie-t’il une retraite anticipée pour Robert, ou va-t’il trouver une fois de plus un nouveau moyen de rester dans la course et de refléter les tendances du moment ?

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Les poupées mannequins de Phyn & Aero

Il semble que la deuxième option l’emporte : Robert Tonner a fondé et dirige Phyn & Aero, société dont l’ordre du jour est la surveillance du paysage financier et l’adoption de nouvelles pratiques commerciales. 28 années passées dans le monde des poupées de collection ont permis à Robert de nouer de solides relations et partenariats d’affaires. « Grâce à Phyn & Aero, je vais travailler avec nos revendeurs pour créer des poupées uniques en exclusivité. Je continuerai à concevoir pour et participer à des événements tout au long de l’année, comme ceux organisés par Dollology, le club Shaker Doll, le cercle des poupées et l’UFDC, pour ne citer qu’eux ».
De fait, de nombreux projets de poupée à récit voient le jour :

  • Les poupées Ellowyne Wilde et Evangeline Ghastly se voient dotées de nouveaux corps et têtes. En édition limitée de 150 pièces seulement, la nouvelle Ellowyne en plastique dur et vinyl possède 15 points d’articulation et des cheveux saran auburn implantés. Elle porte, entre autres, une robe sans manches en dentelle rose (photo de gauche). Evangeline Ghastly, limitée à 175 pièces, porte une somptueuse robe rouge (photo du centre). La poupée Patience conserve ses dimensions et ses grand yeux articulés. Sa nouvelle version « Just have patience », éditée à 225 pièces, possède 12 points d’articulation et porte une robe printanière à fleurs (photo de droite).

  • Lancée par Robert Tonner et l’artiste en poupées Andrew Yang dans le cadre d’une toute nouvelle ligne de Phyn & Aero, Annora Monet, BJD en plastique dur et vinyl, est une personne compliquée à l’emploi du temps très chargé, à laquelle la femme moderne d’aujourd’hui peut aisément s’identifier. Elle porte plusieurs tenues : longue robe en dentelle de satin au large décolleté empire (photo de gauche) ; robe sans bretelle en taffetas noir sous un haut blanc plissé en tulle à pois, avec des bas en dentelle noire et des bottines en cuir noir, un collier de fausses perles et une ceinture en velours noir nouée à la taille (photo de droite) ;

robe en dentelle rouge plissée à trois couches, manches longues, collier en cristal rouge, ballerines assorties et grande fleur dans les cheveux en guise de chapeau (photo de gauche) ; body en stretch rose et sandales en cuir à lanières et talons (photo de droite).

  • La ligne Kadira, conçue par Andrew Yang, est disponible en deux couleurs de peau : claire (limitée à 50 pièces) et hâlée (25 pièces). Ces poupées de 32 cm en résine de qualité élevée, articulées et fortement tendues, sont disponibles soit nues vierges (photo de gauche) ou peintes, soit complètes avec perruques, vêtements et accessoires. Avec le succès grandissant des BJD, les poupées sont désormais conçues pour être manipulées, et les Kadira n’échappent pas à la règle. Elles sont aussi personnalisables, couleurs des yeux, de la perruque, et maquillage, ou vendues peintes à la main. L’ensemble « Night shade », pour prendre un exemple de tenue, peut être acheté seul ou habillant une poupée (photo de droite).

Toujours chez les Kadira, la tenue « Disguise ensemble » est vendue seule ou habillant une poupée. Complète, elle est couverte d’un trench-coat vert (photo de gauche). Enlevez-le, il révèle un ensemble jupe et blouse, ôtez la blouse, la voilà en robe sans manches (photo de droite).

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Les poupées habillées par Ryan Roche

Ryan Roche est une styliste américaine dont les modèles sont présentés dans des magazines de mode renommés tels que Vogue ou Harper’s Bazaar. Son travail est basé sur les couleurs et matières naturelles comme le cachemire. En collaboration avec Phyn & Aero, une ligne de mannequins de 41 cm à 15 points d’articulation a été lancée pour mettre à la disposition des amateurs de mode et des collectionneurs de poupées des répliques exactes de ses créations. Dans cette ligne (photos ci-dessous), deux robes longues  et un ensemble sweater-pantalon en cachemire du Népal tricotés à la main sont proposés en édition limitée de 100 exemplaires.

Les poupées Nancy Ann

Phyn & Aero est certainement plus connue comme une entreprise tournée vers les collectionneurs adultes, à travers la culture pop actuelle et les technologies du futur telles que l’impression 3 D. Mais Robert Tonner, s’il aime le progrès, reste attaché à ce qui a fait l’histoire des poupées. Ceci, avec le désir d’attirer de jeunes collectionneurs, explique le rachat en 2016 de la société « Nancy Ann Storybook Dolls », fondée en 1936 par l’actrice et styliste Nancy Ann Abbott, et créant des poupées inspirées par des personnages de comptines. Sculptées par l’artiste Dianna Effner, qui excelle à reproduire les petites bouilles rondes aux regards étonnés, elles sont habillées par la styliste Londie Phillips. Ci-dessous, de gauche à droite, deux poupées en biscuit de 15 cm : le petit chaperon rouge ; Dorothée, personnage du magicien d’Oz.

Le futur

Le premier trimestre 2019 de Phyn & Aero voit surgir plusieurs nouveautés issues de la collaboration entre Robert Tonner et Andrew Yang, et se place sous le signe du rose. Tout d’abord, une nouvelle Annora en résine en édition limitée à 50 pièces : First Blush, c’est son nom, est habillée et coiffée de rose (photo de gauche ci-dessous). Ensuite, une nouvelle petite poupée de la ligne « Nancy Ann Storybook », Glinda, également vêtue de rose (photo de droite ci-dessous).

Enfin, une poupée surprenante, dévoilée à la foire internationale du jouet de New York en 2018, la BJD en résine de 46 cm Doll Face. C’est la réincarnation de Lila, tuée, nous indique son récit tiré de la bande dessinée éponyme, par des sorcières au XVIIe siècle. Elle porte une robe baby-doll en satin noir et blanc, des chaussettes blanches montantes, une paire de chaussures babies noires et une perruque rose en fibre acrylique (photos).

Au printemps 2019, Phyn & Aero dévoilera une nouvelle Ellowyne, une de ses poupées les plus populaires, ainsi que de nouveaux personnages à récit, dont une Rayne prévue pour février et qui devrait faire beaucoup de bruit, notamment en raison de ses accessoires annoncés comme uniques. Robert Tonner prévoit de continuer à produire de nouvelles poupées en petites éditions limitées, et de développer sa collaboration avec des grands distributeurs comme FAO Schwarz. Il aime à citer un de ses auteurs préférés, Jenna Evans Welch : « Chaque nouveau départ provient de la fin d’un autre nouveau départ ».

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Sources de l’article
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Les poupées mannequins de JAMIEshow

JAMIEshow dolls, qui fêtera ses dix ans en 2019, est une entreprise américaine de fabrication de BJD en résine. Cette résine translucide hypoallergénique non toxique brevetée appelée smooth J, spécialement développée pour JAMIEshow, procure aux poupées une texture douce. Disponibles en versions féminine et masculine, les poupées, de grande taille (41 cm) et présentant une allure glamour, offrent un degré d’articulation et une posabilité élevés. Les quatre premiers modèles Jamie, Ruyi, Kyra (photos ci-dessous, de gauche à droite) et Mayumi, introduits à l’automne 2009 (blossom collection), sont proposés avec des yeux peints ou en verre incrustés.

Puis sont introduits les deux hommes Paris et Ty avec leurs garde-robes, et au printemps 2010 la deuxième génération de poupées (Basic dolls) avec des corps plus pleins, de nouvelles articulations permettant une meilleure assise, un teint mat et des oreilles percées. À l’été 2010 sortent quatre nouveaux personnages, de teintes de peau variées : Lena, Sabina, Angelica (photos ci-dessous, de gauche à droite) et Sun.

Viennent ensuite Kyle (homme) et Sasha, la première poupée à perruque fixée, puis Alejandro, Lee et Eshe (photos ci-dessous, de gauche à droite).

À l’été 2011 est introduite la collection « Basic Saint-Tropez », avec de nouvelles sculptures pour Eshe, Angelica, Sun et Sasha, et des perruques fixées interchangeables. En 2013 arrivent les modèles Grace et Ling Lan. Une collaboration fructueuse de plusieurs années avec le célèbre créateur de poupées Mel Odom conduit à la renaissance de 2013 à 2018 de l’un des personnages les plus populaires et les plus aimés de l’histoire des poupées mannequins : Gene Marshall (photos ci-dessous). C’est un véritable succès public et commercial.

La même année sont produites les adolescentes Didi et Edie, puis Natalie la sœur de Kyra, enfin, en collaboration avec Mel Odom, Madra, Violet et Oona. À l’été 2014, la collection « Demi Couture » propose Grace, Eshe et Ginny en OOAK de taille 30 cm (celle de Barbie) avec 17 points d’articulation. En 2015 sortent Marlena (Marlene Dietrich) et Sofia (Sophia Loren) les stars hollywoodiennes, ainsi qu’une nouvelle Natalie, Linda (La top-model Linda Evangelista), Lauren (Lauren Bacall) et Audry (Audrey Hepburn). Veronika, le mannequin de Russie, est produite en 2016, ainsi qu’une version « retro holiday » en 2018, en robe gabardine rouge des années 1950. Côté hommes, Cameron arrive en 2012, Tatum en 2013, Trent Osborne en 2014 et Cary (l’acteur Cary Grant) en 2016 (photos ci-dessous de gauche à droite pour les trois derniers).

Dès leur lancement en 2009 par leur fondateur George Gonzalez, les JAMIEshow sont reconnues comme novatrices dans le milieu évolutif de la poupée mannequin. La résine brevetée tout d’abord, « si inoffensive que vous pouvez ingérer trois des cinq ingrédients qui la composent », comme se plaît à le rappeler George Gonzalez. Les articulations ensuite : « quand j’ai créé la ligne JAMIEshow, j’ai voulu faire la poupée la plus réaliste du marché, avec des articulations les plus naturelles possible, permettant de reproduire les mouvements de la vie réelle ». Enfin le prix, inférieur à celui des autres BJD populaires du marché. « Nous nous sommes affranchis de tous les intermédiaires, en vendant les poupées directement du producteur au consommateur », rappelle Gonzalez. Tous ces éléments concourent à la production de poupées chics aux physiques, visages et expressions caractéristiques. La diversité a été prise en compte, avec la présence de quelques poupées noires ou métisses. Des hommages aux célébrités incluent la top-model Linda Evangelista, les actrices Audrey Hepburn, Marlene Dietrich, Sophia Loren (photos ci-dessous de gauche à droite), Lauren Bacall, Doris Day et les oscarisés Cary Grant et Rock Hudson.

À l’approche du 10e anniversaire, le fondateur est fier des réalisations de sa marque, mais reste concentré sur les futures innovations : les collectionneurs peuvent s’attendre à des annonces importantes lors de la convention de 2019 qui se tiendra à Miami et La Havane.
Dès le départ, George Gonzalez ne croit pas aux stratégies à long terme : « nous ne planifions pas au-delà d’une année, et changeons souvent de direction en réponse aux tendances. Notre façon de travailler et de produire nous permet de réagir vite et de mettre une nouveauté sur le marché en 30 jours ». Il ajoute : « cependant, la mode n’est pas toujours aussi rapide, et mes influences sont heureusement plus inspirées par mes voyages et ce que je vois du monde. Comme dit notre devise ‘la beauté est partout’, et je suis constamment en recherche d’inspiration dans tout ce que je vois ». Un de ses buts avoués est d’influencer les collectionneurs avec ses idées et sa créativité, en offrant ce qui n’a jamais été fait. Selon lui, rester pertinent ne signifie pas toujours donner aux collectionneurs ce qu’ils réclament mais leur montrer ce qu’ils vont être amenés à désirer : « apporter aux gens ce qu’ils n’attendent pas est ce qui me motive. J’ai toujours produit l’imprévu au lieu de suivre les tendances ». Une de ces tendances, populaire aujourd’hui dans le monde des BJD, est de retravailler le corps des poupées pour améliorer leur mobilité et leur apparence, par exemple en rajoutant des articulations ou en modifiant leur taille. Ceci a déjà été fait depuis des années par JAMIEshow, peut-être de manière trop discrète pour être remarqué, mais néanmoins suffisante pour que leurs attributs satisfassent  aujourd’hui leurs créateurs. Une des forces de JAMIEshow est de s’être assuré de la collaboration de talents créateurs reconnus, à l’instar de Mel Odom, Lori Lyons ou Gou Pei. Ci-dessous, de gauche à droite : Gene Phoenix, Gene Marshall à la convention « Hollywood canteen » de 2016 à Chicago, robe « The pink parlor » dessinée par Gou Pei.

 

Sources de l’article :
  • Article « JAMIEshow’s terrific 10th » de Wil Peterson, dans le numéro de novembre/décembre 2018 du magazine « Dolls »
  • Site web JAMIEshow doll USA
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Les poupées Pullip

Introduction

Créée en 2003 par l’artiste sud coréen Cheonsang Cheonha, la poupée Pullip (« jeune feuille/brin d’herbe » en coréen) est le personnage principal d’une ligne de poupées mannequins de 30 cm à tête relativement surdimensionnée. Elle a un corps articulé en vinyl ou en plastique (parfois mélangé à du PVC), peut bouger ses grands yeux expressifs d’un côté à l’autre grâce à une petite manette située derrière la tête, cligner des paupières par l’action sur deux boutons également placés derrière la tête, et maintenir les yeux fermés.
D’abord produites et commercialisées par la société japonaise Jun Planning, les poupées Pullip ont été reprises en 2009 par la société sud- coréenne Groove, spécialisée dans les poupées destinées aux jeunes adultes. En effet, les Pullip sont des poupées de collection inadaptées aux jeunes enfants car elles sont fragiles, en raison de leur finesse et des matériaux qui la constituent. L’âge minimum requis inscrit sur les boîtes varie de 13 à 15 ans (voire plus) selon les modèles. Elles sont considérées au Japon comme des objets de collection qu’on laisse dans leur boîte (au design élaboré), sous vitrine, et n’y sont vendues que dans des boutiques de luxe.
Depuis la sortie de la poupée féminine originale, d’autres modèles compagnons sont sortis (photo) : les poupées masculines Namu (arbre en coréen), le petit ami de Pullip et Taeyang (soleil), son nouveau petit ami ; la petite sœur de Taeyang, Dal (lune) ; Byul (étoile), qui est le meilleur ami de Dal ; enfin, le petit frère de la Pullip originale, Isul (rosée), et la future fille de Pullip appelée Yeolume (baie/fruit). Il existe aussi une ligne de petites poupées de taille moitié, les Little Pullip.
La Pullip originale et ses homologues sont souvent personnalisées par les collectionneurs, le plus communément au niveau de la perruque, des yeux, et de tout ou partie du corps. Chaque modèle de poupée Pullip a un nom, une personnalité, des traits de caractère et une histoire détaillée sur ses goûts, ses habitudes, sa relation avec les autres membres de la famille des Pullip,…La variété des personnages et des costumes, comme on va s’en rendre compte, est remarquable : cela va de la noblesse baroque aux gothiques à perçage corporel, en passant par les grâcieuses Lolita.
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Types de corps

Le corps d’origine (« stock ») des Pullip, hautement articulé, a connu dans le temps plusieurs générations, appelées types :

Type 1 : corps de figurine d’action à vis apparentes, large buste, longues jambes et perruque intégrée au scalp (ce qui rend la personnalisation difficile). C’est le corps des dix premiers modèles sortis de juin à décembre 2003, les trois premiers  (Wind/Debut, Street, et Moon) ayant présenté un défaut de rupture du cou dû au poids de la tête, corrigé par la suite. Un autre défaut est la fissuration de l’entre-jambes.

Type 2 : apparu en janvier 2004 avec le modèle Venus, il se caractérise par un torse souple, des vis cachées, des articulations démontables et des proportions plus réalistes. Il reste à ce jour le plus posable, souple et articulé des corps produits. Son inconvénient principal est la fonte chimique des membres et autres pièces en plastique dur en contact avec le torse en plastique souple. D’autres défauts communs sont le détachement spontané des membres et la sortie du torse hors de l’articulation de la hanche. De plus, son ventre est légèrement proéminent, ce qui donne un effet « grassouillet ». À partir du quatrième modèle de ce type, Arietta, sorti en mars 2004 (après Venus, Savon, et Nomado), les perruques sont collées, ce qui permet une personnalisation aisée.

Type 3 : introduit en août 2005 avec la sortie simultanée des modèles Lan Ake et Lan Ai, il présente, comparé au type 2, de moindres souplesse et posabilité, des formes et traits plus enfantins, et des articulations aux poignets et aux chevilles. Bien que plus robuste que ses prédécesseurs, il mécontenta nombre de collectionneurs, notamment par son esthétique jugée inférieure. Ses défauts les plus communs : la fissure des poignets, courante après janvier 2007 (sortie de Stica) ; le grincement des articulations de la hanche et du genou.

Type 4 : toujours en production aujourd’hui, il apparaît avec la sortie du modèle Neo Noir en janvier 2009. Il offre une meilleure posabilité que le type 3, et prévient les fissures du poignet grâce à une articulation à assemblage par cheville. Les articulations sont étudiées de manière à rendre les mouvements plus naturels (évitant les rotations à 360 degrés). Ses défauts les plus communs : des articulations rigides et grinçantes ; des genoux qui se retournent ; des chevilles à fixation trop lâche au poignet et au genou, qui facilite le détachement des membres ; parfois, une fissuration des genoux.

Comme on le voit, chaque génération de corps a ses avantages et inconvénients. Il faut simplement les connaître et prendre en conséquence les précautions qui s’imposent lors des manipulations.
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Les éditions des poupées Pullip

Chaque mois, de nouveaux modèles de Pullip sont édités, avec, occasionnellement, des éditions limitées exclusives  supplémentaires de 300 à 2 000 exemplaires. Chaque modèle possède un prénom, un maquillage, des cheveux, une tenue, des accessoires, une carte de collectionneur, un support de poupée et une boîte originaux.
De 2003 à 2014, il y a eu plus de 220 éditions de Pullip. Début 2006, avec la sortie de l’édition limitée Fall Purezza, Jun Planning annonce qu’il ne produirait plus d’exclusivités car cela pénalise la demande en éditions régulières mensuelles. Cependant, la compagnie japonaise s’est ravisée avec la sortie début 2007 de la première exclusivité pour une boutique américaine, suivie par de multiples exclusivités en Asie du sud-est : Toys-R-Us Japon vend le modèle Vivien en novembre 2004 ; Magma Heritage, à Singapour, vend Bianca, Oren, et Mitzi en 2004 ; HauteDoll, à Los Angeles et New York, vend Haute LA et Haute NY en 2007 ; TBS shop, au Japon, vend Kirakishou (photo) en septembre 2007 ainsi qu’un nombre restreint de Sparrow et de nouvelle Shinku en mars 2014 ; enfin, pullip.net distribue des exclusivités en Corée du sud.
Jusqu’en septembre 2007, les éditions limitées sont vendues avec un certificat numéroté, ce qui n’est plus systématiquement le cas à partir de 2014.

Avant 2006, Jun Planning sort quelques éditions qui ressemblent fortement à des personnages historiques ou de fiction populaires mais ne sont pas officiellement sous licence : Fantastic Alice est similaire à l’Alice au pays des merveilles de Walt Disney ; Rida s’inspire du personnage de manga Nana ; la collection « Happy Birthday #2 » comprend une Pullip indienne nommée Sacagawea (personnage légendaire aux États-Unis) et un Namu appelé Geronimo (chef de guerre Apache ayant combattu les armées américaine et mexicaine).
Pour anticiper le 5e anniversaire de Pullip en 2008, cinq poupées font partie de la série à tirages limités en 500 exemplaires « Une autre Alice », incluant Another Alice, Another queen, Another king (Taeyang), Another rabbit (Dal), et Another clockrabbit (Dal) ; leur date de sortie est reportée pour inclure la nouvelle option de fermeture des yeux sur Another king.
Ce site très complet recense les éditions des Pullip depuis leur création jusqu’à aujourd’hui, avec des photos des poupées et des textes sur leur monde imaginaire.
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Collaborations et éditions sous licence

En juin 2006, Jun Planning commence à sortir des Pullip sous licence, basées sur des personnages de la série de mangas anime Rozen Maiden. Excepté le dernier modèle de la série (Kirakisou), les poupées Rozen Maiden ne sont pas des éditions limitées. Depuis 2007, plusieurs poupées Pullip sortent en collaboration avec : des designers et des stylistes de mode tels que H. Naoto (spécialiste du style de vêtements et accessoires punk et Lolita gothique) ; la marque de vêtements SunaUna ; les enseignes de mode Lolita « Angelic pretty » et « Baby, The Stars Shine Bright » ; les personnalisateurs de poupées « Kanihoru », « Mitsubachi@BabyBee », « Silver Butterfly », « Sheryl Designs », et « PoisonGirl ».
D’autres Pullip sortent avec des collaborations commerciales pour représenter des personnages de fiction célèbres, comme : Hello Kitty et My Melody du fabricant Sanrio ; Rei Ayanami et Asuka Langley Soryu de Neon Genesis Evangelion ; Grell, Sebastian et Ciel du manga Black Butler ; Angelique Limoges, Rayne, et Erenfried de Neo Angelique Abyss ; Peter Pan, Captain Hook, Tinkerbell et  Tiger Lily, inspirés du film de Walt  Disney Peter Pan ; Dumbo et Pinocchio (photo), également inspirés de films de Disney.

Trois Pullip sont basées sur des personnages de films avec Audrey Hepburn, tels que Holly, du film Breakfast at Tiffany’s ; Princess Ann, tirée de Roman holiday ; Sabrina, tirée du film éponyme. Plusieurs Pullip sorties entre 2011 et 2014 reposaient sur des personnages de dessins animés utilisant le synthétiseur vocal Vocaloid, développé par Yamaha. La plupart de ces collaborations ne concernent pas des tirages limités, mais présentent des prix de détail suggérés par le fabricant plus élevés que les modèles conventionnels, en raison du coût des licences.
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Les compagnons de Pullip

Tous les compagnons créés à la suite de Pullip, ainsi que leurs nombreuses déclinaisons, ont les mêmes caractéristiques : ils sont dotés d’une tête surdimensionnée, d’un corps articulé, d’yeux et de paupières mobiles commandés par des leviers à l’arrière de la tête. Seule la capacité à garder les yeux fermés peut varier d’un compagnon à l’autre. De même, ils sont entièrement personnalisables.

Namu est le premier homologue masculin de Pullip, il représente son petit ami. Sa taille est de 34 cm, et ses tenues peuvent être échangées avec celles de nombreuses poupées et figurines, comme la célèbre poupée Ken.
Sept versions de Namu voient le jour en 2004 et 2005 : la première, Vispo, a des cheveux intégrés au scalp, comme les Pullip du début ; toutes les suivantes possèdent des perruques collées. Jun Planning retire Namu du marché, pour la bonne raison qu’il a rompu avec Pullip ! Le dernier Namu, sorti en mai 2005, s’appelle « Happy birthday Namu # 2 », ou Geronimo, et fait partie d’un ensemble avec la poupée féminine Sacagawea (photo).

Taeyang (photo), le nouveau petit ami de Pullip, arrive en 2006. Le premier modèle se nomme MJ, homologue masculin de Rida. Le corps de Taeyang est le même que celui de son rival Namu, mais sa tête est différente, avec une mâchoire plus large et un menton plus carré. Il mesure 36 cm, et comme Namu, il peut troquer ses tenues contre celles de nombreuses poupées et figurines. Il sort à un rythme d’un modèle tous les deux mois.
Quelques modèles ressemblent de près à  des personnages de fiction populaires : Edward scissorhands est sous licence avec le personnage éponyme du réalisateur Tim Burton ; Shade est Sherlock Holmes ; Another king est inspiré du roi de cœur d’Alice au pays des merveilles.
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Dal (photo) est introduite en octobre 2006, et trois modèles sortent simultanément : Drta, Fiori et Monomono. C’est la petite sœur de Taeyang, âgée de 13 ans, qui considère la Pullip originale comme sa rivale en termes de mode vestimentaire et de style de vie. Elle mesure 26,3 cm et arrive aux épaules de Pullip. Les modèles de Dal sortent à une cadence aproximativement mensuelle.

Byul (photo) fait son apparition en décembre 2008, le premier modèle se nommant Eris. Elle partage le même type de corps que Dal et fait la même taille, avec une tête différente. Pour la petite histoire, c’est la meilleure amie de Dal, elle a 13 ans et elle est secrètement amoureuse d’Isul, le petit frère de Pullip. Un nouveau modèle sort tous les deux à cinq mois.

Isul (photo) est le petit frère de Pullip, âgé de 15 ans, et sort en février 2011. Le premier modèle, Apollo, fait partie de la série Steampunk (photo, le modèle Isumu). C’est un lycéen de San Francisco qui aime jouer au football et lire de la littérature d’université, car il est surdoué. Il est calme, tendre et aime se rendre utile. D’une taille de 29,5 cm, il est produit à un rythme d’environ un modèle par mois.

Introduite en février 2013, Yeolume (photo) est la future fille de Pullip. Elle mesure 26 cm, et le premier modèle, Podo, porte un uniforme scolaire rose et bleu. Elle a 10 ans et va à l’école primaire. Comparée à Dal et Byul, son corps est très différent : elle a peu d’articulations, et se rapproche de la forme des poupées Blythe ou Little Pullip (quoique plus grande). Toutefois, elle peut plier bras et jambes, et reste relativement posable.
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Les Little Pullip sont des versions miniature des Pullip, d’environ 11 cm. Leurs chaussures sont peintes, et leurs yeux sont immobiles. Souvent appelées mini, elles n’ont pas d’articulation aux coudes et aux genoux. Malgré cela, elles restent personnalisables : perruques, corps entier, couleur des yeux et maquillage.
Plusieurs éditions sont des répliques exactes des Pullip qui portent le même nom, comme Principessa, Cornice (photo) et Mir : la première d’entre elles, Moon, est sortie en 2005. D’autres s’en écartent et sont spécifiques à la ligne des Little Pullip, comme Riletto, Aloalo et Miss green, à l’exception de Froggy, sortie d’abord en Little Pullip puis en Pullip. Des séries à thème spécifiques sont également sorties, telles que les signes astrologiques et les Bremen town musicians.

En mars 2007, la production s’arrête et reprend en octobre 2009 sous le nom de Little Pullip+. La première différence est leur tête articulée pivotable et inclinable selon différents axes, ce qui les rend plus expressives que les Little Pullip avec leur tête pivotable selon le seul axe horizontal.
Il existe aussi dans la ligne des Little Pullip+ des Little Taeyangs, Little Dals et Little Byuls. La série des Docolla (mot valise de doll et collaboration) sort dans le prolongement de la ligne des Little Pullip+ en juillet 2011, avec comme premier personnage Pullip Grell, tirée de Black Butler, série de mangas japonais (photo).

Depuis 2013, Groove a sorti les personnages d’animaux Sasha (4 modèles à ce jour) et Pang-Ju (7 modèles), la sensuelle et élégante J-Doll (12 modèles), ainsi que l’espiègle fillette A.i (31 modèles).
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        Modèle Sasha Kiki                                 Modèle Pang-Ju Campbell Pang


Modèle J-Doll Piazza Cavalli                      Modèle A.i Zephyr

Personnalisation

Les poupées Pullip sont conçues pour être facilement et totalement personnalisables. Avant mars 2004, elles avaient des cheveux intégrés au scalp, ce qui rend l’échange de perruque délicat. Par la suite, cette opération fut facilitée par la mise à disposition de perruques collables ou fixables avec du scratch ou du scotch double face. Les collectionneurs en changent souvent en raison de la fragilité des perruques d’origine, pour les remplacer par des perruques de qualité résistantes aux frottements et à la chaleur, qui ne s’emmêleront pas régulièrement.
Pullip et ses compagnons peuvent échanger leur corps avec celui d’une autre marque, comme Obitsu, Volks ou Pure Neemo (dont certains, plus robustes, permettent une manipulation plus fréquente). On peut aussi faire l’échange avec des corps de figurine d’action ou de poupées jouets, comme les Barbie ou les Liv dolls. Attention, cette opération est délicate, car elle implique d’ouvrir la tête (photo), de scier un embout en plastique et d’ajuster les deux parties avec du cellophane, ce qui risque de détériorer la poupée. Certains propriétaires resculptent le visage ou le corps, en enlevant ou rajoutant de la matière. Citons aussi les MIO (Make It Own) : ce sont des kits de poupées de marque Groove (Pullip, Dal, Taeyang ou Isul) vendues nues et sans maquillage. Une Pullip MIO est unique, c’est au propriétaire de la réaliser entièrement. La production de ce kit a été limitée et on en voit rarement sur le marché.
Une autre forme de personnalisation délicate consiste à changer les pastilles oculaires (eyechips) : il faut ouvrir la tête de la poupée par l’arrière pour y enlever le mécanisme des yeux, retirer (souvent en forçant un peu) les pastilles d’origine, et mettre à la place les nouvelles.
Enfin, il existe les personnalisation de maquillage, de vêtements, de perçage ou de bijoux corporels, voire de tatouages peints ou gravés. L’opération de maquillage nécessite une grande précaution car il est facile d’abîmer le matériau de base si l’on n’utilise pas des produits adaptés ; le matériel de peinture (pastels secs, acrylique, crayons aquarellables,…), les outils (pinceaux fins et larges, cotons-tiges, éponge magique, papier à poncer,…) et de vernissage (résine en bombe « MSC Flat ») peuvent être variés et coûteux. Concernant les vêtements, le concept MSP (My Select Pullip) de Groove consiste à vendre certains modèles (Dalgi, Paja, Mélissa, Merl,…) sans leur tenue de base ; elles sont vendues moins chères dans une boîte blanche simple sans aucune décoration ni support.
Pour toutes ces opérations de personnalisation, il existe de nombreux tutoriels disponibles sur le web.
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Accessoires et produits dérivés

La ligne Pullip Costume/Fashion comprend des accessoires vendus par Jun Planning : tenues complètes, chapeaux, sacs à main, bijoux,…les tenues sont éditées de manière sporadique.
Petit Luxury est une gamme de mobilier également éditée par Jun Planning, à partir de 2008, qui comprend des fauteuils et autres pièces en résine.
Jun Planning édite en juillet 2005 « Pullip magazine », un livre de 88 pages en japonais, incluant le catalogue complet de tous les modèles sortis jusqu’à cette date, des concepts de fabrication, des interviews avec les designers, les collaborations avec des stylistes de mode, des guides de personnalisation et des patrons de vêtements de marque. En août 2010 sort l’ouvrage de 133 pages « Pullip Complete Style », achetable séparément ou dans une boîte de collection avec l’édition limitée Pullip bonita, qui inclut des photos de tous les modèles sortis entre 2003 et l’automne 2010.

Épilogue

Nous terminerons pour la petite histoire par une polémique causée par la Pullip Beressa (photo) dite « une femme espionne », dont la sortie est initialement prévue pour juillet 2005. Elle est habillée en uniforme noir avec des détails rouges, y compris un brassard rouge et un pistolet : même si aucune croix gammée n’est visible sur la poupée ou dans les photographies, l’uniforme et le pistolet font penser à ceux des agents allemands de la SS. Jun Planning annonce l’annulation de la sortie de Beressa, « par respect pour le 60e anniversaire de l’Holocauste ». Lan Ake, la poupée créée pour remplacer Beressa, est retardée d’un mois ; Jun Planning ne sort pas de Pullip en juillet, mais en sort deux en août : Lan Ake et Lan Ai.
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Sources de l’article

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Les poupées Blythe

Introduction

Blythe est un terme issu du moyen anglais (langue anglaise parlée entre la conquête normande de l’Angleterre en 1066 et la deuxième moitié du XVe siècle), qui signifie joyeux, gentil, gai, plaisant. C’est aussi un prénom anglo-saxon.
La poupée Blythe est une poupée mannequin d’environ 11 à 28 cm de haut, dotée d’une tête surdimensionnée et de grands yeux qui se ferment et se rouvrent en changeant de couleur et parfois de direction lorsqu’on tire sur une ficelle munie d’un anneau située derrière sa tête (photos). Elle est généralement en plastique renforcé, les pastilles oculaires pouvant être en résine cristal.

Historique

La poupée Blythe a été créée aux États-Unis au début des années 1970 par le designer Allison Katzman de la société de design et ingénierie de jouets Glass and Associates, puis produite en 1972 par la société américaine de fabrication de jouets Kenner, rachetée en 1987 par Tonka, rachetée à son tour par Hasbro en 1991. Elle fut retirée du marché au bout d’un an en raison de la faiblesse des ventes, due à leur côté un peu effrayant pour les enfants.
Cette poupée en avance sur son temps tomba dans l’oubli jusqu’à ce qu’en 1997 la productrice de télévision et de vidéos new-yorkaise Gina Garan reçoive une poupée Blythe Kenner, qu’elle photographia sous tous les angles, et rencontre en 1999 Junko Wong, directrice artistique et PDG de CWC (Cross World Connections, agence japonaise de marketing artistique), à l’occasion d’une exposition de ses photos de Blythe (photos).


Gina Garan et Junko Wong

Grâce à Junko Wong, Parco (chaîne de grands magasins japonais) prend la Blythe comme emblème pour sa campagne de publicité en 2000 et c’est tout de suite un énorme succès. La même année, Gina publie son premier livre de photographies sur cette poupée, « This is Blythe ». Dès 2001, Hasbro confie à Takara (société japonaise de fabrication de jouets) et à CWC une licence de production d’une nouvelle édition de Blythe, la Neo Blythe (photo), pour répondre à la demande exprimée par des collectionneurs adultes.
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Les éditions de poupées Blythe
Les poupées Kenner originales

En 1972, Kenner sort des versions de poupées avec quatre couleurs de cheveux, diverses coiffures et douze types de vêtements, également sorties au Japon par le constructeur Tomy avec des designs de vêtements et de boîtes complètement différents, qui sont devenus très rares.
Les modèles anciens sont très recherchés par les collectionneurs, et se vendent à plusieurs milliers d’euros pour une Kenner originale et à 1 000 euros et plus pour la première édition de Takara.

Les poupées Takara/CWC

En 2001, Takara sort de nouveaux modèles sporadiquement, puis accélère le rythme jusqu’à un modèle par mois. En 2002, la petite sœur de Neo, Petite Blythe (11 cm), est produite, suivie par des figurines en 2005 et par Middie Blythe (20 cm), sœur adolescente de Neo (photo). Sous la direction créative de Junko Wong, CWC conçoit 207 modèles de Neo Blythe, 211 Petite et 17 Middie. Junie Moon est à la fois une équipe de designers de CWC (dont le très actif illustrateur Jeffrey Fulvimari) et le revendeur officiel des Blythe.


Trois types de Blythe, la Neo, la Middie et la Petite

Les premiers modèles de 2001-2002 reprennent le corps de la poupée Licca de Takara. En juin 2002, la poupée premier anniversaire (« Miss anniversary ») comprend le corps « Excellent body » similaire à celui de la version originale de Kenner. Ces poupées ont une texture de surface brillante, avec un visage parfois mat.
Les moules de visage des premiers modèles sont appelés BL, suivis par les moules « Excellent » EBL (incorporant des changements internes importants pour rendre le mécanisme des yeux plus résistant) et « Superior » SBL en 2003. En 2006, le moule « Radiant » RBL sort, plus proche du modèle de Kenner, avec des yeux légèrement plus grands. En 2009 sort le « Fairest » FBL, avec une texture plus mate et des yeux rétrécis. En 2013, suite à l’usure des RBL, sort le RBL+ qui facilite le changement des yeux. La même année voit cesser la collaboration entre Hasbro et Takara, le nom Blythe étant conservé sans le logo.
De 2001 à 2011,  CWC organise des ventes-expositions caritatives de modèles uniques personnalisés par des stylistes de mode célèbres, événements qui se déplacent à travers l’Asie et l’Europe.


2006, de gauche à droite : Velvet Minuet, Love Mission, Asian Butterfly

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Les poupées hors Asie

Le succès au Japon conduit Hasbro à délivrer une licence à Ashton-Drake Galleries en 2004 pour vendre des répliques de Blythe aux États-Unis, où la poupée occupe un marché de niche ; des répliques presques conformes aux cinq Kenner originales sortent en 2005-2006, poupée et vêtements compris. Ashton-Drake sort au total douze modèles de Blythe en taille Neo et cesse la production en 2008.
En 2010, Hasbro sort la ligne de poupées « Blythe Loves Littlest Pet Shop », comme partie de sa ligne de jouets animaux « Littlest Pet Shop » sortie en 2004, les poupées jouant le rôle de gardiennes d’animaux d’agrément (photo).

Les Blythe tiennent la vedette dans le court-métrage animé  « Littlest Pet Shop Presents » produit par les studios Cosmic Toast. Une autre incarnation appelée Blythe Baxter joue dans la série télévisée de 2012 « Littlest Pet Shop », ainsi que dans ses courts-métrages associés produits par Hasbro Studios et DHX Media.
Ce site très complet recense les éditions des Blythe Neo et Middie depuis leur création jusqu’à aujourd’hui, avec des photos des poupées et des textes sur leur monde imaginaire.

Personnaliser une Blythe

Les Blythe sont totalement personnalisables : parties du corps, yeux, teint du corps et du visage, maquillage, perruques, vêtements et accessoires. C’est une tâche délicate car le mécanisme de mouvement des yeux, composé de plusieurs pièces, est fragile (photo). Les tenues, achetées ou réalisées par les collectionneurs, sont de styles extrêmement variés : gothique, glamour, kawaii, cosplay, petite fille modèle, rockeuse, fillette, hippie,…
Pour les débutants en personnalisation ou les moins fortunés, on trouve dans le commerce des copies de Blythe autorisées à la vente (ce ne sont pas des contrefaçons) : les CCE (« Color Changing Eyes », yeux à couleur changeante), les Basaak, les Blybe et les Taobao, dont le coût est environ le quart de celui d’une authentique Takara.
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Sources de l’article

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