Les poupées et les robots comme thérapie : maladies neurodégénératives, dépression, solitude

Introduction

Aux nombreux usages de la poupée rencontrés à travers l’histoire vient s’ajouter à l’ère moderne la fonction thérapeutique. Connue sous le vocable anglais de « doll therapy », elle regroupe l’ensemble des applications de la poupée au traitement non médicamenteux des symptômes associés aux maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, ainsi que de la dépression et de la solitude. C’est un modèle de soin centré non plus sur les tâches mais sur la personne, qui donne une plus grande place à la vision du patient, à son vécu et ses besoins. Des modèles spécialement développés aux usages thérapeutiques sont appelés « poupées d’empathie ».
Les poupons reborn sont également utilisés pour soigner le manque d’enfant, la dépression et la solitude.
Enfin, d’après Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie, auteur et membre fondateur de l’IERHR (Institut pour l’Étude de la Relation Homme-Robot) : « les robots ne se contentent plus de capter et de traiter des informations, ils interagissent avec leurs utilisateurs et certains sont même capables de parler. Ces capacités rendent possible leur application en santé mentale, notamment aux pathologies liées à l’autisme et au vieillissement ».

Les poupées et les maladies neurodégénératives

La thérapie par la poupée s’inspire de ce modèle et a pour objectifs, dans le cas des maladies neurodégénératives, d’améliorer le bien-être général des personnes atteintes de démence en réduisant certains symptômes de la maladie, plus particulièrement les manifestations de détresse (anxiété, déambulation, colère,…) et en renouant avec les émotions et les souvenirs perdus. Peu appliquée en France, elle fait de plus en plus d’adeptes aux États-Unis, en Australie, au Japon, en Angleterre, en Suisse, en Italie,…(photo ci-dessous).


                                         © Care Home Professional

La thérapie par la poupée trouve ses fondements théoriques dans les travaux de Bowlby (1969), Winnicott (1953) et Miesen (1993) : les poupées font office d’objets transitionnels et agissent comme une figure d’attachement lors des périodes de stress. En pratique, les poupées sont placées à disposition des personnes de manière à ce que celles-ci les découvrent et puissent interagir avec elles et en prendre soin si elles le décident. De nombreuses expérimentations ont permis de constater les bénéfices de la thérapie par la poupée :

  • apport de confort et de compagnie
  • renforcement de la stimulation sensorielle
  • renforcement de l’initiative
  • diminution des comportements agressifs et de l’agitation
  • diminution de la déambulation
  • augmentation des interactions avec les soignants
  • relâchement des contraintes sur les soignants
  • amélioration de l’expression des besoins
  • amélioration de la prise alimentaire
  • réduction du besoin en médicaments

Ces bénéfices ont été validés en Angleterre par une étude empirique du Newcastle Challenging Behavior Service (groupe de professionnels de la santé mentale). Toutefois, des problèmes sont présents : infantilisation des personnes âgées ; mensonge thérapeutique sur le statut de personne vivante de la poupée ; choix et consentement de la part de personnes démentes ; conflits de propriété et risques de perte ou de détérioration en institution. Sans parler des questions éthiques liées à la substitution de poupées aux êtres humains pour créer du lien, conséquence du manque chronique de moyens des institutions de soins.

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Les poupées et peluches d’empathie

Ce sont des modèles spécialement développés pour les applications thérapeutiques aux personnes âgées souffrant de troubles cognitifs importants. Les poupées d’empathie se présentent sous la forme d’un poupon au visage naïf et neutre (photo ci-dessous). Lestées, elles donnent la sensation de tenir un enfant dans les bras ou sur les genoux. Leur visage volontairement non réaliste permet de prendre une certaine distance par rapport à la poupée, qui apparaît ainsi comme un objet transitionnel vers lequel on projette des sentiments et des comportements, plutôt que comme un faux bébé qui pourrait créer un certain malaise. Leur texture est douce et incite au toucher, à la manipulation et aux caresses. Les poupées possèdent de grands yeux ouverts qui captent le regard de la personne qui la porte.


                                                      © Agoralude

Les peluches d’empathie sensorielles se présentent sous la forme d’un chat ou d’un chien souple, doux et lesté (photo ci-dessous). Elles peuvent être prises dans les bras et serrées contre soi, ce qui améliore les repères corporels pour les personnes atteintes de troubles de la perception, de la maladie de Parkinson, de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées. On les porte, on les pose sur les genoux, on les caresse et on leur parle. Le sac lesté peut être chauffé au micro-ondes, ce qui procure une sensation de chaleur réconfortante et apaisante.


                                                     © Agoralude

Les poupées et les traumatismes de l’enfance

Au-delà des maladies neurodégénératives, les poupées peuvent aider les enfants à se remettre d’un traumatisme, dans le cadre d’une thérapie par le jeu. C’est le cas des poupées abstraites en bois sans visage développées par la designer israélienne Yaara Nusboim, en collaboration avec des psychologues. Ces jouets en bois d’érable et polyuréthane souple aident les enfants à exprimer une gamme d’émotions qui peuvent survenir pendant la thérapie : peur, douleur, vide, amour, colère et sécurité. Chacune des six poupées correspond à une émotion (photo ci-dessous).


                                                         © Dezeen

La thérapie par le jeu, initiée par la psychanalyste Melanie Klein dans les années 1930, substitue le jeu à la conversation comme mode de traitement supervisé par un thérapeute. « Les jouets, et non pas les mots, constituent le langage d’un enfant », explique Yaara Nusboim, « le jeu procure une distance de sécurité psychologique avec les problèmes de l’enfant et lui permet d’exprimer librement pensées et émotions ». « Le thérapeute observe les choix de l’enfant », poursuit-elle, « quel jeu il prend, comment il joue, la règle du jeu, et avec ces éléments se documente sur l’état mental et émotionnel de l’enfant ». Cette méthode, bien établie en pédo-psychiatrie, reposait toutefois sur des jouets génériques. L’apport de Yaara Nusboim a été de développer des poupées spécifiques à la thérapie par le jeu, suffisamment attrayantes pour inciter au jeu, mais cependant aussi abstraites que possible pour permettre à l’enfant de projeter dessus sa propre histoire à l’aide de son imagination.

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Poupons reborn, dépression et solitude

Autre type de poupée utilisé comme objet thérapeutique, les poupons reborn (photo ci-dessous). Curieusement, si l’on considère leur énorme succès, il n’existe pas à ce jour d’étude scientifique sur le phénomène des femmes achetant, parfois fort cher, ces bébés hyperréalistes. Bien qu’ils provoquent souvent, par leur éloignement de la norme sociale, une réaction de rejet, il est compréhensible que des femmes expérimentant le départ d’un enfant du foyer, la stérilité ou la perte d’un enfant, y aient recours pour combler un vide douloureux. Sans aller jusqu’à affirmer la réalité du poupon, il leur permet d’apprécier des moments de soulagement et de répit, où elles échappent à la dure réalité de leur manque, et éprouvent la sensation familière de dorloter et choyer un bébé. Qui plus est sans engagement : le poupon est un objet transitionnel sans couches, sans odeur, sans tétée, sans pleurs, qui n’implique aucune responsabilité. Il ne grandira pas, ne vous décevra pas, ne vous quittera jamais, ne vous fera pas ressentir de manque et ne vous dira jamais « je te hais ».


                                               © Gladstone Observer

Les reborn soignent aussi la dépression et la solitude, comme chez Amanda, photographe londonienne quadragénaire et dépressive pendant de longues années jusqu’à ce qu’elle rencontre sur internet AJ, petit garçon avec déjà une tignasse brune, de bonnes joues et une fossette au menton. AJ est un reborn, plus vrai que nature. Amanda l’habille, le promène et le donne à garder à ses parents quand elle s’absente. AJ lui a redonné goût à la vie. Elle a le sentiment qu’il l’écoute, qu’il la comprend. Depuis qu’il est là, plus de crises d’angoisse.

Les robots, nouveaux partenaires de soins psychiques

Les enfants qui présentent des troubles du spectre autistique (TSA) et les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer sont aujourd’hui les principaux bénéficiaires du développement de la robotique dans le domaine de la santé mentale (photo ci-dessous). Les pathologies associées aux TSA sont très diverses. Toutefois, elles présentent en commun des problèmes de communication et d’interaction sociale, ainsi qu’un éventail de comportements restreint et stéréotypé : les enfants semblent percevoir le monde comme confus, imprévisible et menaçant. Les robots, dont les réactions sont limitées, simples et prévisibles, constituent pour certains des interlocuteurs rassurants et ne sont jamais confondus avec un humain.


                                                    © About Autism

Avec les personnes âgées, certains robots sont des agents de conversation : non seulement ils répondent lorsqu’on les interpelle, mais ils proposent des interactions dynamiques. Beaucoup de personnes âgées ont réduit leur conversation à quelques lieux communs et oublient au fur et mesure les propos qu’elles tiennent : le robot permet de relancer leur discours. Il peut aussi jouer le rôle d’assistant en rééducation psychomotrice par un kinésithérapeute et de facilitateur de relations dans les salles communes d’hôpital ou d’EHPAD, ou à domicile.
Les applications des robots au traitement des maladies mentales font entrevoir trois risques majeurs : le premier est d’oublier qu’un robot est connecté en permanence à son fabricant, auquel il peut transmettre de nombreuses données personnelles sur son utilisateur ; le second est d’oublier qu’un robot est une machine à simuler, qui n’éprouve ni émotion ni douleur, et de mettre notre santé en danger à vouloir les aider ; le troisième est que nous prenions peu à peu les robots comme des modèles, certains humains en venant à préférer la compagnie des robots à celle de leurs semblables, tandis que d’autres demanderaient à leurs semblables d’être aussi adaptés à nos goûts et à nos envies que les robots.
Le développement de la robotique dans les institutions de santé posera à terme des questions à l’ensemble de la société. La relation que nous allons établir avec les machines est en effet appelée à devenir centrale, dans la mesure où nous interagirons avec elles comme avec des humains, sans toutefois leur donner les mêmes droits et responsabilités. C’est ce qui fait dire à Laurence Devillers, chercheuse en intelligence artificielle et auteure : « demain, nos robots devront avoir une dimension morale ». De son côté, l’IERHR a rédigé une charte éthique en cinq points pour assurer un développement des technologies robotiques respectueux des humains : liberté de chacun d’utiliser ou non son robot ; transparence des algorithmes ; autonomie de l’usager ; évitement du risque de confusion entre l’homme et la machine ; égalité d’accès aux technologies innovantes.

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Animaux robots interactifs

En marge des robots à forme humaine, on trouve des animaux robots interactifs. Se présentant sous la forme de chats, de chiens (photo ci-dessous) ou d’oursons, ils conviennent aux personnes âgées qui vivent isolés à leur domicile et ne peuvent plus avoir d’animal domestique. Grâce à leurs capteurs, ils réagissent aux caresses, bougent la tête, les pattes,… Le chat robot miaule et ronronne, le chien robot jappe et aboie, l’ours robot applaudit et fait la sieste. Ils sollicitent l’attention, canalisent l’angoisse et permettent de gérer des moments de crise dans des structures collectives où il n’est pas possible d’être présent en permanence auprès de chaque résident. L’animal robot peut aussi simplement faire office de compagnon pour les personnes âgées qui souffrent de la solitude.


                                                    © Agoralude

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Sources de l’article
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Les folles collections de poupées de personnages plus ou moins célèbres

Le virus n’épargne personne : la collection massive de toutes sortes de poupées frappe aussi bien les stars d’Hollywood que le commun des mortels. Si la réalisation d’un bon investissement peut constituer un objectif pour le collectionneur, de nombreuses autres motivations se cachent derrière cette pratique.
Denise van Patten, experte américaine, collectionneuse, auteure et marchande de poupées anciennes et modernes, identifie douze raisons de collectionner des poupées : le goût pour les antiquités ; l’amour de l’histoire ; la passion pour la mode ; le plaisir de fabriquer des vêtements ; la nostalgie de l’enfance ; la collection d’antiquités et d’ornements de Noël ; la valeur thérapeutique, par exemple pour les couples sans enfant ; l’aspect décoratif ; l’héritage d’une collection de poupées ; le penchant à l’accumulation d’objets ; la beauté ou le caractère mignon de certaines poupées ; le culte de la célébrité.
La collectionneuse de poupées la plus célèbre est sans doute l’actrice américaine Demi Moore. Détentrice de plus de 3 000 poupées anciennes en porcelaine assurées pour 2,25 millions de dollars, elle collectionne également les créations d’artistes. Son ex-époux Bruce Willis a déclenché sa passion en lui offrant deux poupées de l’artiste française Anne Mitrani. Elle consacre une maison à l’hébergement de son impressionnante collection, dont sa poupée préférée, une Gene Marshall (photo ci-dessous). Selon l’actrice, la présence de toutes ces poupées lui rappelle « de ne pas prendre la vie trop au sérieux et de ne pas oublier l’importance du jeu ».


                                                   © Eighties Kids

Autre célébrité hollywoodienne collectionnant les poupées, l’acteur américain Johnny Depp et ses Barbie (photo ci-dessous). « J’ai joué avec beaucoup de Barbie et de Ken pour mes enfants », confesse-t’il, « aujourd’hui c’est un domaine où je suis vraiment bon ». Il possède des pièces uniques, des modèles en éditions limitées comme Beyoncé, Destiny’s Child, Elvis, Paris Hilton, Marilyn Monroe, Audrey Hepburn et Lindsey Lohan, ou même toutes les Barbie représentant les acteurs de la série High School Musical.


                                                        © Cimitekke

Billyboy*, artiste américain mondain, styliste, muse d’Andy Warhol, modèle, créateur de bijoux baroques et de la poupée mannequin pour adultes Mdvanii, possède une collection de plus de 11 000 Barbie et 3 000 Ken. Il est l’auteur du best-seller Barbie : her life & times.
La plus célèbre des poupées mannequins est aussi collectionnée en masse par des inconnus. La photographe américaine Malenna Bravo détient une collection de plus de 3 000 Barbie, plus de nombreux accessoires et produits dérivés. Elle possède entre autres un modèle original de 1959 en très bon état de conservation, la ligne complète des Golden Dream Barbie sorties en 1980, et un manteau de poupée vintage en vison. L’américain Stanley Colorite consacre quatre pièces de sa maison à sa collection de 2 000 Barbie et 1 000 Ken. Outre les poupées, il dispose de 3 000 tenues de Barbie, dont une créée par le célèbre styliste Oscar de la Renta. Avec plus de 12 000 poupées, le consultant en relations publiques singapourien Jian Yang possède la deuxième plus importante collection de Barbie au Monde, commencée à l’âge de cinq ans (photo ci-dessous). Il assure une veille sur le web et les réseaux sociaux, et pratique la restauration de poupées.


                                               © The Straits Times

La première place en collection de Barbie revient à l’allemande Bettina Dorfmann, originaire de Düsseldorf. Elle n’avait que six ans en 1967 quand ses parents lui ont offert sa première Barbie. Bettina se souvient : « ce n’était pas qu’une poupée, mais une amie pour la vie ». En effet, la collectionneuse de Düsseldorf détient aujourd’hui le plus grand nombre de Barbie au Monde, 18 000 poupées (photo ci-dessous) !
Quand elle cesse de s’intéresser aux poupées, ces dernières finissent dans le grenier familial. Ce n’est que lorsque sa propre fille commence à y jouer qu’elle les exhume de leur cache. Au milieu des années 1980, Bettina expose ses Barbie dans sa boutique de mode féminine récemment ouverte. Après la fermeture de la boutique, elle déplace une partie des poupées dans son salon puis dans une pièce spéciale. Les autres sont stockées dans une réserve.
Puis Bettina commence à restaurer les poupées dans le seul atelier spécialisé d’Allemagne, « la clinique des Barbie » à Düsseldorf. En parallèle, elle organise des expositions en Allemagne et à l’étranger, particulièrement en Chine.
Aujourd’hui, devenue une experte reconnue des Barbie, Bettina travaille au musée de la poupée et du jouet de Ratingen. Elle prête des Barbie rares pour divers événements et a écrit cinq livres et de nombreux articles dans des revues spécialisées. Sa collection de poupées et d’accessoires, entièrement cataloguée et assurée, est répartie en différents musées dans le Monde et à son domicile.


                                                © Deutsche Welle

Quittons maintenant les Barbie pour revenir plus généralement aux poupées commerciales. La chanteuse britannique Sophie Ellis-Bextor a mis du temps à réaliser qu’elle était collectionneuse (photo ci-dessous). Elle avait l’habitude de dire : « je ne collectionne pas les poupées, je me contente de les acheter », jusqu’à ce qu’elle constate qu’elle en possédait plusieurs dizaines. À l’âge de six ans, elle collectionnait les timbres. Puis elle s’est tournée vers les poupées, jugées moins « sérieuses ». Les siennes sont des poupées jouets bon marché, achetées dans des ventes de charité ou sur eBay. « Elles ont toutes de la personnalité et du charme », confesse Sophie. Sa préférée est une Blythe, découverte grâce à l’ouvrage This is Blythe de Gina Garan. Elle achète aussi lorsqu’elle est en tournée, comme ces poupées russes ou ukrainiennes de l’époque soviétique.


                                                     © JustCollecting

Du même côté de l’Atlantique, on rencontre la collectionneuse française de poupées anciennes et de demi-figurines Josiane Girard (photo ci-dessous). Cette habitante de Vernon (Eure) a commencé à collectionner les poupées à la retraite, à l’âge de 60 ans. Certaines de ses pièces ont plus de 150 ans, mais leurs vêtements sont toujours impeccables. « Quand leurs habits sont abîmés, je chine dans les brocantes ou j’achète des tissus », confie Josiane, « je refais des robes, des nœuds de chapeau ou de coiffure. Mais tout en restant le plus fidèle possible à l’original ». Elle détient également quelques bébés et deux chérubins mécaniques. L’autre partie de sa collection est constituée de demi-figurines en porcelaine, cachant sous leurs jupes des théières, boîtes à bonbons, poudriers, tabatières, pelotes à épingles, boîtes à cigares,…


                                                © Paris Normandie

En marge de ces collections toujours détenues par leur propriétaire existent de nombreuses collections ayant appartenu à des personnes vivantes ou décédées et vendues au détail aux enchères. Elles portent en général le nom de leur ex-propriétaire. Citons pour exemples ces dix collections de poupées anciennes vendues par Theriault’s : collection Susan Hill de Fredericksburg (Virginie), issue du mouvement des poupées d’art au début du XXe siècle ; collection Trudy Butler de poupées Madame Alexander, dont une série quasi complète de Cissy en tenues originales et en parfait état de conservation ; collection Connie Bailey (Caroline du Nord), poupées françaises et allemandes en biscuit en parfait état de conservation, avec costumes et perruques originales, dont une sélection de Kestner du début ; collection Madame Bossard de Lucerne (Suisse), poupées, maisons de poupées et miniatures anciennes ; collection Rose Rogan de Doylestown (Pennsylvanie), rares poupées en bois et de pays françaises et américaines ; collection Vivian Brady-Ashley de poupées américaines Madame Alexander et Vogue, datant du milieu du XXe siècle et en très bon état de conservation  ; collection Lillian Hamm de Branchville (New Jersey), comportant une superbe poupée Albert Marque ; collection Huguette Clark, comprenant de remarquables poupées et automates de l’âge d’or français (1860-1890) ; collection Rodney Waller de poupées Madame Alexander rares et originales.

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Integrity Toys, fabricant de poupées mannequins haut de gamme à récit

Née d’un constat d’absence de diversité ethnique, culturelle et sociétale dans l’industrie des poupées, fait par Percy Newsum, son fondateur et directeur général, la société familiale Integrity Toys est créée en 1995 à Chesapeake City (Maryland) avec l’objectif de proposer au public des produits illustrant toutes les cultures (voir aussi De l’esclavage aux black Barbies : un siècle et demi de poupées noires), en mettant l’accent sur les poupées mannequins haut de gamme. Cette innovation n’a pas seulement aidé des enfants à développer leur amour de soi, mais a également encouragé la compréhension mutuelle entre milieux culturels et socio-économiques divers.
« Quand j’ai commencé à travailler dans l’industrie du jouet peu après avoir émigré aux États-Unis », explique Percy Newsum, « il y avait un manque total de diversité dans le domaine de la fabrication de poupées, et les grandes surfaces détaillantes n’offraient qu’une longueur de rayonnage limitée aux fabricants de jouets proposant des produits de qualité élevée, qui n’existaient pas à l’époque ».
Integrity Toys produit des poupées de 30,5 à 40,5 cm, distribuées en particulier par FAO Schwarz et Holt Renfrew. Le modèle africain-américain Janay (photo de gauche ci-dessous) est fabriqué de 1995 à 2005. Elle a plusieurs amies, dont Alysa, Jade, Mila, Giselle, Aria et Sooki, une sœur jumelle, Nakia, et trois petits amis successifs, Jordan, Tariq et Keith. De nombreuses autres collections à succès voient le jour, parmi lesquelles : Dynamite Girls, FR 16, Nu.Fantasy, The RuPaul Doll et Victoire Roux (photo du centre ci-dessous), au début des années 2010 ; East 59th, une collection commémorative de Jem and the Holograms en 2020 en partenariat avec Hasbro, Nu.Face, Poppy Parker (photo de droite ci-dessous) et The Monarchs à la fin des années 2010.


           © Integrity Toys             © Integrity Toys            © Integrity Toys

En 2000, une exceptionnelle collaboration entre l’équipe de conception d’Integrity Toys et son premier directeur artistique, le célèbre et talentueux styliste taïwano-canadien Jason Wu, débouche sur la première ligne de poupées de collection « Fashion Royalty » : (ci-dessous, de gauche à droite : « Le Tuxedo Eugenia Perrin-Frost », 2020 ; « French kiss Veronique Perrin », 2019 ; « Make me blush Natalia Fatalé », 2019).


              © eBay                     © Integrity Toys                 © Integrity Toys

Cette ligne innovante, complétée par la collection Jason Wu, affiche diverses tendances stylistiques de la haute couture et de ses accessoires, qui réinventent complètement le genre en le hissant à un autre niveau. Ce concept désormais établi a gagné une popularité mondiale, entraînant une forte demande en précommandes de la part des collectionneurs.
Jason Wu est également le créateur de la collection RuPaul Doll, sortie en 2005 puis enrichie en 2018 d’un modèle à corps articulé et accessoires glamour. La série 2018 comprend les poupées Red Realness (photo de gauche ci-dessous) et Kitty Gurl Pink (photo de droite ci-dessous).


                    © Integrity Toys                            © Fashion Doll Chronicles

Autre innovation, l’inversion des rôles dans le mythe de la Belle et la Bête avec la collection Nu.Fantasy : la femme est « la bête » et l’homme « la belle » (photos ci-dessous). La bête repose sur la sculpture de corps FR2 d’Integrity Toys et la belle sur la FR : Homme du sculpteur Lukas Maverick. Les deux personnages sont sortis fin 2013 en éditions limitées de 800 exemplaires.


           © Fashion Doll Chronicles                   © Fashion Doll Chronicles

Avec des collections telles que East 59th, qui sert de vitrine aux hautes coutures française et américaine des années 1940 et 1950 (photo de gauche ci-dessous) ; Poppy Parker, la mannequin en vogue des années 1960 fraîchement débarquée à New York (photo du centre ci-dessous) ; Nu.Face, la ligne ultra-féminine sexy et moderne (photo de droite ci-dessous), les stylistes sont intimement impliqués dans les récits et les sculptures des personnages de chaque collection.


        © Integrity Toys                © Integrity Toys               © Integrity Toys

Aujourd’hui, Integrity Toys produit environ 75 000 poupées par an en éditions limitées de 500 à 2 000 exemplaires. Des événements spéciaux et des conventions annuelles se tiennent depuis 2006. Ces conventions sont l’occasion de rencontres avec les stylistes et d’échanges entre collectionneurs. Le club en ligne W a été ouvert en 2005. La compagnie fête cette année son 25e anniversaire avec quelques unes de ses plus remarquables créations, dont des nouvelles tenue pour Poppy Parker conçues par les stylistes David Buttry et Vaughn Sawyers (photos ci-dessous).


           © Simon’s Dolls Toys & Gifts                          © Integrity Toys

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DollArtBarcelona 2020, une exposition libre et chaleureuse


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Introduction

La quatrième édition de ce salon international de poupées d’artistes s’est tenue au Cercle Artistique Royal (Reial Cercle Artístic en catalan) de Barcelone du 2 au 4 octobre 2020. Malgré l’absence de certaines artistes et les restrictions d’accès dues à la Covid-19, cette manifestation a été un succès. Ce fut l’occasion d’échanges passionnés dans une atmosphère chaleureuse et libre, laissant aux artistes le loisir d’aller et venir sans être obligées de rester fixées à leur stand, la dynamique organisatrice Elena Kantur s’occupant de l’accueil du public et de la gestion des ventes en leur absence.

Le Reial Cercle Artístic

Cette institution, qui bénéficie du titre « Royal » depuis un décret du Roi Alphonse XIII (dont la signature figure sur le livre d’or du Cercle) de 1917, a joué un rôle majeur dans l’histoire de l’art en Espagne. De fait, le Cercle entretient d’excellentes relations avec la Maison Royale depuis 1906, date à laquelle l’artiste Carlos Vásquez y réalisa un portrait du Roi. Avant d’accueillir des artistes peintres prestigieux tels qu’Eliseo Meifrén, Modest Urgell, Joaquim Mir, Ramón Casas ou Isidre Nonell, le Cercle était une simple association qui réunissait étudiants et amateurs d’art.
Il abrite aujourd’hui une école d’art, une salle de théâtre, et héberge des expositions, conférences, tables rondes et concerts. Quelques événements prestigieux marquent son histoire : l’organisation de la section Beaux-Arts de l’Exposition Universelle de 1888 de Barcelone ; l’exposition d’art de 1918 ; le concours « Barcelone vu par ses artistes » de 1931 ; l’exposition de nus de 1933. Des festivités culturelles y sont données, comme des bals masqués, des célébrations de Noël, des soirées de gala ou les processions de la Mercè, données en l’honneur de la Mare de Déu de la Mercè (Notre-Dame-de-Grâce), patronne du district de Barcelone. Enfin, le Cercle accueille l’Institut d’Art de Barcelone, créé en 1940 avec l’objectif de promouvoir l’art à travers l’enseignement et la recherche. L’institut offre des cours d’histoire de l’art, des ateliers sur les techniques de dessin, peinture, sculpture, céramique, impression, photographie et restauration, et des séminaires sur les divers aspects de la représentation comme la perception, la perspective, la forme, la couleur, l’harmonie ou la beauté.
L’origine du Cercle remonte à mai 1881, lorsque son emblème fut choisi et ses statuts rédigés, visant à la promotion des Beaux-Arts dans toutes ses manifestations. Tout au long de son histoire, le cercle a possédé divers sièges dans la capitale catalane, jusqu’à occuper au début des années 1970 un bâtiment de la fin du XIVe siècle restauré, situé près de la place de la cathédrale. Connu comme le Palais Pignatelli, il jouxte la Maison Bassols du XVIe siècle, rénovée par l’architecte Josep Fontserè i Domènech au début du XIXe siècle avec de nombreuses fenêtres gothiques et bas-reliefs Renaissance (photo ci-dessous).


                                                        © Travel Notes

L’organisatrice Elena Kantur

L’âme de DollArtBarcelona, c’est elle (photo ci-dessous). Ukrainienne vivant à Barcelone depuis plus de six ans, Elena Kantur était dans une autre vie directrice commerciale dans les télécommunications à Kievstar, Datagroup puis UkrTelecom jusqu’en 2010. Elle élève ensuite ses deux filles et se met à fabriquer des poupées en 2013, reprenant ainsi une activité qu’elle affectionne depuis l’enfance. 2014 est une année charnière, puisqu’elle commence à vendre ses poupées et s’installe à Barcelone, en raison des événements politiques en Ukraine marqués par la fin des idéaux de la révolution orange.
La genèse de DollArtBarcelona est une conversation en janvier 2017 entre Elena et son amie Ksenia Chalaya, décoratrice et fleuriste, dans l’atelier de cette dernière, Floratelie. Elles discutaient de la journée internationale des fabricants de poupées qui a lieu le 21 mars, et eurent l'idée d’organiser un salon de poupées à cette occasion. Le projet est mis sur pied en deux mois et la première édition de DollArtBarcelona voit le jour en mars 2017 sous le nom « Las muñecas tan differentes » (des poupées si différentes), avec la présence de 15 artistes et la réalisation d’une vente.
Au vu du succès de cette manifestation, les deux femmes décident d’en faire une édition annuelle dans un esprit de galerie, où les artistes peuvent circuler librement sans être rivées à un stand. Lors d’une discussion au salon de poupées de Prague avec deux amies artistes ukrainiennes, Irina Zhmurenko et Juliet Pelukh, la décision est prise d’organiser un concours de poupées pour la quatrième édition de DollArtBarcelona en 2020, ce qui sera fait sur le thème  « Ma mer ».


                                                       © Mila Belyaeva

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Une sélection d’artistes

Nous avons choisi d’illustrer dans cette sélection l’originalité de la production exposée au salon.

Elena Glinina

Née en Russie en 1975, cette artiste élevée à Moscou vit aujourd’hui à Barcelone. Elle réalise de belles poupées non articulées en tissu, en sculptant de la nappe pour ouatinage (« batting ») au moyen d’aiguilles de feutrage. Elena expérimente également d’autres techniques : Flumo, impression 3D. Passionnée de gymnastique rythmique, elle représente souvent avec une justesse remarquable des gymnastes célèbres en action telles que Yana Kudryavtseva, vêtues de justaucorps en coton et soie qu’elle confectionne elle-même. Son autre passion est le patinage artistique. Elle crée sa première poupée en 2014, qui vit aujourd’hui à Londres.
Tout d’abord autodidacte, elle finit par suivre des cours en ligne avec la célèbre artiste américaine Lisa Lichtenfels, à laquelle elle emprunte sa technique : fabrication d’un squelette métallique, réalisation des os en styrofoam, sculpture de la musculature en nappe pour ouatinage, étirement de deux couches de tissu semi-transparent pour la peau. Les yeux sont en argile peinte à l'acrylique couverts de vernis imitant le verre, ou en perles de verre. Les cheveux, qu’elle teint parfois, ainsi que les cils, sont en poil de chèvre naturel.
Il y a 18 ans, Elena rêve une nuit d’un endroit bien à elle empli de poupées. En se réveillant, elle fait une recherche sur internet, découvre les poupées d’art et décide que c’est ce qu’elle veut faire. Elle se rend à Moscou pour prendre des cours de fabrication de poupées en argile polymère avec Nadezhda Gensitskaya. Mais elle n’aime pas le contact de l’argile et son autre matériau de travail, le super sculpey, est cher. Elena abandonne un temps les poupées pour élever ses enfants.
Elle fait plus tard dans des livres américains une autre découverte, les poupées en tissu. Son travail avec Lisa Lichtenfels lui permet d’atteindre le degré de réalisme qu’elle recherche dans ses poupées. Elena sculpte aussi des portraits sur commande à partir de photos.
Ses projets : réaliser un écorché en tissu, ainsi qu’une poupée avec laquelle les enfants puissent jouer. Le public peut voir ses œuvres sur sa page Facebook et sur son compte Instagram. Ci-dessous, trois poupées réalisées avec la même technique : armature métallique pour le squelette, ouate synthétique pour les muscles, tissu extensible pour la peau, crâne en styrofoam, cheveux naturels humains ou en poil de chèvre, yeux en perles de plastique peintes à l’acrylique, vêtements en lycra et velours avec cristaux Swarovski. Ci-dessous, de gauche à droite : Margarita, gymnaste au cerceau, 50 cm, 2019 ; Alexandra, gymnaste au ruban, 40 cm, 2018 ; gymnaste à la balle, 67 cm, 2017.


  © Elena Glinina                        © Elena Glinina                    © Elena Glinina

Larisa Davletshina

« Keep it simple » (Faire simple) est la devise de cette artiste russe qui fabrique des poupées statiques en papier mâché. Mais ne nous y trompons pas : simplicité n’est pas facilité, bien au contraire. Le dépouillement de ses créations n’est obtenu qu’au prix d’un travail opiniâtre, qui plus est sur un matériau, le papier mâché, connu pour être exigeant, bien que naturel. Les vêtements en coton, confectionnés par l’artiste elle-même, sont collés sur le corps de la poupée dans un mouvement harmonieux.
Clowns, sirènes, lapins, princesses : ses sujets sont variés mais manifestent les mêmes sentiments. De la sirène perplexe devant une paire de bas (photo de gauche ci-dessous) au clown amoureux offrant son cœur (photo de droite ci-dessous), ils expriment tous tendresse et humour.


                  © Larisa Davletshina                           © Larisa Davletshina

Née à Ufa (Russie) en 1971, Larisa est élevée dans cette ville puis à Moscou, avant de s’installer à Barcelone il y a quelques années. Elle pratique les arts plastiques (dessin, peinture) depuis l’enfance, mais ne fabrique des poupées que depuis deux ans, dont la qualité et la maturité sont déjà bien affirmées. Marquée par une master class avec l’artiste russe originaire de Kazan Maria Kolegova (studio AnyaManya), elle poursuit son apprentissage en autodidacte.
Comme pour beaucoup d’artistes, les événements de la vie sont sa source d’inspiration. Elle revendique en outre l’influence du couple de créateurs russes Anastasiya et Sergey Lutsenko.
Chaque poupée commence par un dessin. Cependant, le résultat diffère souvent de l’idée initiale, ce qui ne cesse de l’étonner : un pêcheur devient clown, comme si les poupées, échappant à leur créatrice, vivaient d’elles-mêmes. Larisa réalise d’abord le corps, puis la tête et enfin les membres. Le corps est couvert de papier collé avant de confectionner les vêtements en coton et de les coller sur le corps. Les cheveux sont en poil de chèvre teint par l’artiste pour obtenir les couleurs exactes désirées.
Outre la fabrication de poupées, Larisa pratique activement le dessin, la peinture à l’huile figurative et la sculpture. Elle étudie actuellement à l’Académie des Arts de Barcelone, donne des cours d’art plastique et vend ses peintures. Comment s’étonner devant un tel engagement que Larisa entende devenir une artiste professionnelle reconnue ?


              © Larisa Davletshina                            © Larisa Davletshina

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Julia Garmashova

Une fois n’est pas coutume, nous allons parler d’ours en peluche. Julia Garmashova est une artiste prometteuse qui crée des ours aboutis après seulement un an de pratique. Née à Sotchi (Russie) en 1977, elle y grandit et vit aujourd’hui à Barcelone.
Ses ours sont réalisés en viscose et mohair d’Allemagne, bourrés à la sciure de bois et lestés de granulés minéraux. Ils possèdent cinq articulations à disque aux épaules, aux hanches et au cou, des gueules peintes à l’huile et des yeux en verre. Elle confectionne elle-même de charmantes tenues en coton et soie.
Julia a appris à fabriquer des ours en peluche à l’aide de cours en ligne et de magazines. Elle a commencé par peindre des ours avant de les réaliser en trois dimensions. Son influence revendiquée est le travail de la créatrice d’ours ukrainienne Elena Moshkina.
Chaque ourson commence par un dessin, plusieurs s’il s’agit de séries que Julia affectionne particulièrement (photo ci-dessous). Les ours, cousus à la main, sont surtout différenciés par le traitement des gueules : longueur du museau, rapprochement des yeux, peinture des traits.


                                                    © Julia Garmashova

Julia aime pratiquer la peinture et envisage, pourquoi pas, de fabriquer un jour des poupées. Elle souhaite à l’avenir participer à d’autres salons, sa première expérience à DollArtBarcelona 2020 s’étant révélée très intéressante.
Elle se souvient avec amusement de son premier ours en denim, qu’elle trouve très laid mais qu’elle aime beaucoup et conserve précieusement. Ci-dessous, de gauche à droite : Ivy, août 2020 ; Teodor, juillet 2020 ; Leo, juin 2020.


   © Julia Garmashova          © Julia Garmashova          © Julia Garmashova

Elena Kantur

L’organisatrice de DollArtBarcelona (voir plus haut) est aussi une artiste en poupées confirmée. Certaines de ses créations délicates au regard interrogateur (photos ci-dessous, « Irriel » à gauche et « Nora » à droite, toutes deux produites en 2020) font penser au travail du célèbre artiste russe Michael Zajkov, qu’Elena affectionne particulièrement.


                  © Mila Belyaeva                                      © Mila Belyaeva

D’autres flirtent avec un réalisme étonnant (Audrey Hepburn, 2020, photo de gauche ci-dessous) ou un humour décapant (Fifi Brindacier, 2019, photo de droite ci-dessous).


                         © Mila Belyaeva                                    © Modna Lyalka

Née à Kiev (Ukraine) en 1983, Elena grandit dans cette ville et s’installe avec sa famille à Barcelone en 2014. Pendant son enfance, elle habille des poupées avec les chutes de tissu qui lui tombent sous la main. À l’âge de 11 ans, on lui offre une petite poupée en polymère et elle lui fabrique une « amie » articulée.
Entièrement autodidacte, sans aucun influence revendiquée, elle confesse en riant être motivée par l’argent. Elle souhaite étendre la renommée de DollArtBarcelona aux niveaux national et international, tout en conservant l’esprit libre et intime du salon.
Elena crée des poupées OOAK qu’elle sculpte directement dans le Cernit. Elle avoue ne pas aimer réaliser les jambes, les parties du corps qui retiennent sa préférence étant les visages et les mains. Ses créations ne sont pas articulées, mais peuvent changer de position grâce à la présence de fils métalliques dans les membres. Les cheveux, qu’elle teint parfois, sont en angora, ou en poil de lama ou de chèvre. Elle confectionne les vêtements de ses poupées avec du coton et de la dentelle anciens, parfois chinés au marché aux puces « Los incantes » de Barcelone. Elle produit des poupées professionnellement depuis 2014, au rythme d’une quarantaine par an. Elle pratiquait la peinture et la mosaïque, mais se consacre aujourd’hui entièrement aux poupées.
Elena organise régulièrement des stages de fabrication de poupées en argile polymère au Cercle Artistique Royal. Membre de l’Association Ukrainienne des Arts Appliqués, elle a pour objectifs d’améliorer ses techniques de sculpture et de couture, et d’apprendre à réaliser des BJD.

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Yaki Chacón

Cette artiste colombienne travaille avec un matériau original, le caoutchouc eva. Elle utilise les propriétés thermoformables de cette matière pour mettre en forme ses poupées statiques et leurs vêtements. Il en résulte de délicieuses créatures à la mine espiègle et aux tenues pastel colorées. Ci-dessous, de gauche à droite : « Matilda », 35 cm, 2018 ; « Milán », 38 cm, 2018.


                      © Yaki Chacón                                          © Yaki Chacón

Née à Bucaramanga (Colombie) en 1975, Jackeline (Yaki) Chacón grandit dans cette même ville et vit aujourd’hui à Madrid. La première poupée qu’elle réalise est un clown. Yaki se souvient qu’à cette occasion, elle montre sa poupée dans une émission de télévision, reçoit de très nombreux appels et une soixantaine de demandes de cours, qu’elle assure. Il y a une quinzaine d’années de cela, elle fabriquait des poupées en tissu. Puis, à l’occasion d’ateliers en ligne avec différents artistes, elle se met au caoutchouc eva.
Yaki n’avoue comme sources d’inspiration revendiquées que les photos d’autres poupées et sa propre imagination.
Sur le plan technique, elle travaille à partir de feuilles de caoutchouc eva qu’elle chauffe au fer à repasser et au chalumeau afin de les mettre en forme pour représenter les différentes parties du corps, ainsi que les vêtements. La coloration corporelle et le maquillage sont réalisés à l’aide de peintures translucides acryliques et à l’huile. Les cheveux sont en feutre teint.
Outre la fabrication de poupées, Yaki pratique la peinture. À l’avenir, elle souhaite enseigner et rêve d’ouvrir une boutique ou une galerie de poupées. Ci-dessous, de gauche à droite : « Fiorella », 35 cm, 2020 ; « Thomas le danseur », 40 cm, 2017.


            © Yaki Chacón                                        © Yaki Chacón

Anzhela Kavalevich

Cette artiste nous vient de Biélorussie, où elle est née à Grodna en 1974. Elle grandit à Minsk, la capitale, et devient psychologue, avant de s’installer à Barcelone en 2018. C’est à cette occasion qu’elle commence à fabriquer des animaux et des poupées pour s’occuper. Après seulement deux ans de pratique, cette créatrice prometteuse propose de ravissantes poupées en coton cousues à la machine (photos ci-dessous) et de charmants chiens et chats réalisés au crochet et couverts de poils en mohair. Poupées et animaux sont articulés avec du fil métallique ou dentaire.

© Anzhela Kavalevich  © Anzhela Kavalevich        © Anzhela Kavalevich

Anzhela suit quelques master classes en ligne avant de poursuivre en autodidacte. Elle puise son inspiration dans les poupées d’autres artistes en général, et dans le travail de la créatrice russe Irina Niminushchaya en particulier.
Sur le plan technique, Anzhela achète et adapte des patrons, qu’elle emplit avec des fibres de rembourrage creuses, avant de procéder à la peinture et au maquillage acryliques. Les poils en mohair, déjà teints, subissent un shampoing et un après-shampoing.
Poursuivant le rêve d’un chat qu’elle voulait tricoter et qu’elle a réalisé à son réveil, Anzhela souhaite à l’avenir étendre sa palette d’animaux et apprendre à fabriquer des poupées en argile polymère. Ci-dessous, animaux au crochet.


   © Anzhela Kavalevich    © Anzhela Kavalevich     © Anzhela Kavalevich

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Concours et prix du public

En marge de l’exposition étaient organisés un concours de poupées sur le thème « Ma mer » (photo ci-dessous), arbitré par un jury de sept personnalités, et un vote de la poupée préférée du public.


                                                   © Mila Belyaeva

39 artistes participaient au concours, doté d’un premier prix de 500 €. Le jury était composé de : Irina Zhmurenko, organisatrice du concours, artiste en poupées de porcelaine, membre de la GDS (Global Doll Society) et de la British Puppeteers Association, multiple lauréate de compétitions internationales ; Josep Felix Bentz, président en exercice du Cercle Artistique Royal ; Svetlana Solntseva, responsable des relations publiques de Cercle et co-organisatrice de la quatrième édition de DollArtBarcelona ; Juliet Pelukh, artiste en poupées, membre du NIADA (National Institute of American Doll Artists) ; Elena Glinina, artiste en poupées (voir plus haut) ; Maria Kolegova et Anna Gigorieva, artistes en poupées (duo AnyaManya).
Le premier prix du concours a été attribué à Julia Zyubyairova (Japon) pour « Spring sea » (photo de gauche ci-dessous). Les deuxième et troisième prix (photos du centre et de droite ci-dessous) revenaient respectivement à Vera Zhukovskaya (Russie) pour « Whistle of the fish » et à Alla Lukianova (Canada) pour « Lily sea ».


       © Mila Belyaeva                © Mila Belyaeva                © Mila Belyaeva

Le prix du public a été attribué à Olga Cherny et Milena Kolomiets pour « The sea of love » (photo ci-dessous).


                                                    © Mila Belyaeva

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