Les poupées et les robots comme thérapie : maladies neurodégénératives, dépression, solitude

Introduction

Aux nombreux usages de la poupée rencontrés à travers l’histoire vient s’ajouter à l’ère moderne la fonction thérapeutique. Connue sous le vocable anglais de « doll therapy », elle regroupe l’ensemble des applications de la poupée au traitement non médicamenteux des symptômes associés aux maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, ainsi que de la dépression et de la solitude. C’est un modèle de soin centré non plus sur les tâches mais sur la personne, qui donne une plus grande place à la vision du patient, à son vécu et ses besoins. Des modèles spécialement développés aux usages thérapeutiques sont appelés « poupées d’empathie ».
Les poupons reborn sont également utilisés pour soigner le manque d’enfant, la dépression et la solitude.
Enfin, d’après Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie, auteur et membre fondateur de l’IERHR (Institut pour l’Étude de la Relation Homme-Robot) : « les robots ne se contentent plus de capter et de traiter des informations, ils interagissent avec leurs utilisateurs et certains sont même capables de parler. Ces capacités rendent possible leur application en santé mentale, notamment aux pathologies liées à l’autisme et au vieillissement ».

Les poupées et les maladies neurodégénératives

La thérapie par la poupée s’inspire de ce modèle et a pour objectifs, dans le cas des maladies neurodégénératives, d’améliorer le bien-être général des personnes atteintes de démence en réduisant certains symptômes de la maladie, plus particulièrement les manifestations de détresse (anxiété, déambulation, colère,…) et en renouant avec les émotions et les souvenirs perdus. Peu appliquée en France, elle fait de plus en plus d’adeptes aux États-Unis, en Australie, au Japon, en Angleterre, en Suisse, en Italie,…(photo ci-dessous).


                                         © Care Home Professional

La thérapie par la poupée trouve ses fondements théoriques dans les travaux de Bowlby (1969), Winnicott (1953) et Miesen (1993) : les poupées font office d’objets transitionnels et agissent comme une figure d’attachement lors des périodes de stress. En pratique, les poupées sont placées à disposition des personnes de manière à ce que celles-ci les découvrent et puissent interagir avec elles et en prendre soin si elles le décident. De nombreuses expérimentations ont permis de constater les bénéfices de la thérapie par la poupée :

  • apport de confort et de compagnie
  • renforcement de la stimulation sensorielle
  • renforcement de l’initiative
  • diminution des comportements agressifs et de l’agitation
  • diminution de la déambulation
  • augmentation des interactions avec les soignants
  • relâchement des contraintes sur les soignants
  • amélioration de l’expression des besoins
  • amélioration de la prise alimentaire
  • réduction du besoin en médicaments

Ces bénéfices ont été validés en Angleterre par une étude empirique du Newcastle Challenging Behavior Service (groupe de professionnels de la santé mentale). Toutefois, des problèmes sont présents : infantilisation des personnes âgées ; mensonge thérapeutique sur le statut de personne vivante de la poupée ; choix et consentement de la part de personnes démentes ; conflits de propriété et risques de perte ou de détérioration en institution. Sans parler des questions éthiques liées à la substitution de poupées aux êtres humains pour créer du lien, conséquence du manque chronique de moyens des institutions de soins.

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Les poupées et peluches d’empathie

Ce sont des modèles spécialement développés pour les applications thérapeutiques aux personnes âgées souffrant de troubles cognitifs importants. Les poupées d’empathie se présentent sous la forme d’un poupon au visage naïf et neutre (photo ci-dessous). Lestées, elles donnent la sensation de tenir un enfant dans les bras ou sur les genoux. Leur visage volontairement non réaliste permet de prendre une certaine distance par rapport à la poupée, qui apparaît ainsi comme un objet transitionnel vers lequel on projette des sentiments et des comportements, plutôt que comme un faux bébé qui pourrait créer un certain malaise. Leur texture est douce et incite au toucher, à la manipulation et aux caresses. Les poupées possèdent de grands yeux ouverts qui captent le regard de la personne qui la porte.


                                                      © Agoralude

Les peluches d’empathie sensorielles se présentent sous la forme d’un chat ou d’un chien souple, doux et lesté (photo ci-dessous). Elles peuvent être prises dans les bras et serrées contre soi, ce qui améliore les repères corporels pour les personnes atteintes de troubles de la perception, de la maladie de Parkinson, de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées. On les porte, on les pose sur les genoux, on les caresse et on leur parle. Le sac lesté peut être chauffé au micro-ondes, ce qui procure une sensation de chaleur réconfortante et apaisante.


                                                     © Agoralude

Les poupées et les traumatismes de l’enfance

Au-delà des maladies neurodégénératives, les poupées peuvent aider les enfants à se remettre d’un traumatisme, dans le cadre d’une thérapie par le jeu. C’est le cas des poupées abstraites en bois sans visage développées par la designer israélienne Yaara Nusboim, en collaboration avec des psychologues. Ces jouets en bois d’érable et polyuréthane souple aident les enfants à exprimer une gamme d’émotions qui peuvent survenir pendant la thérapie : peur, douleur, vide, amour, colère et sécurité. Chacune des six poupées correspond à une émotion (photo ci-dessous).


                                                         © Dezeen

La thérapie par le jeu, initiée par la psychanalyste Melanie Klein dans les années 1930, substitue le jeu à la conversation comme mode de traitement supervisé par un thérapeute. « Les jouets, et non pas les mots, constituent le langage d’un enfant », explique Yaara Nusboim, « le jeu procure une distance de sécurité psychologique avec les problèmes de l’enfant et lui permet d’exprimer librement pensées et émotions ». « Le thérapeute observe les choix de l’enfant », poursuit-elle, « quel jeu il prend, comment il joue, la règle du jeu, et avec ces éléments se documente sur l’état mental et émotionnel de l’enfant ». Cette méthode, bien établie en pédo-psychiatrie, reposait toutefois sur des jouets génériques. L’apport de Yaara Nusboim a été de développer des poupées spécifiques à la thérapie par le jeu, suffisamment attrayantes pour inciter au jeu, mais cependant aussi abstraites que possible pour permettre à l’enfant de projeter dessus sa propre histoire à l’aide de son imagination.

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Poupons reborn, dépression et solitude

Autre type de poupée utilisé comme objet thérapeutique, les poupons reborn (photo ci-dessous). Curieusement, si l’on considère leur énorme succès, il n’existe pas à ce jour d’étude scientifique sur le phénomène des femmes achetant, parfois fort cher, ces bébés hyperréalistes. Bien qu’ils provoquent souvent, par leur éloignement de la norme sociale, une réaction de rejet, il est compréhensible que des femmes expérimentant le départ d’un enfant du foyer, la stérilité ou la perte d’un enfant, y aient recours pour combler un vide douloureux. Sans aller jusqu’à affirmer la réalité du poupon, il leur permet d’apprécier des moments de soulagement et de répit, où elles échappent à la dure réalité de leur manque, et éprouvent la sensation familière de dorloter et choyer un bébé. Qui plus est sans engagement : le poupon est un objet transitionnel sans couches, sans odeur, sans tétée, sans pleurs, qui n’implique aucune responsabilité. Il ne grandira pas, ne vous décevra pas, ne vous quittera jamais, ne vous fera pas ressentir de manque et ne vous dira jamais « je te hais ».


                                               © Gladstone Observer

Les reborn soignent aussi la dépression et la solitude, comme chez Amanda, photographe londonienne quadragénaire et dépressive pendant de longues années jusqu’à ce qu’elle rencontre sur internet AJ, petit garçon avec déjà une tignasse brune, de bonnes joues et une fossette au menton. AJ est un reborn, plus vrai que nature. Amanda l’habille, le promène et le donne à garder à ses parents quand elle s’absente. AJ lui a redonné goût à la vie. Elle a le sentiment qu’il l’écoute, qu’il la comprend. Depuis qu’il est là, plus de crises d’angoisse.

Les robots, nouveaux partenaires de soins psychiques

Les enfants qui présentent des troubles du spectre autistique (TSA) et les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer sont aujourd’hui les principaux bénéficiaires du développement de la robotique dans le domaine de la santé mentale (photo ci-dessous). Les pathologies associées aux TSA sont très diverses. Toutefois, elles présentent en commun des problèmes de communication et d’interaction sociale, ainsi qu’un éventail de comportements restreint et stéréotypé : les enfants semblent percevoir le monde comme confus, imprévisible et menaçant. Les robots, dont les réactions sont limitées, simples et prévisibles, constituent pour certains des interlocuteurs rassurants et ne sont jamais confondus avec un humain.


                                                    © About Autism

Avec les personnes âgées, certains robots sont des agents de conversation : non seulement ils répondent lorsqu’on les interpelle, mais ils proposent des interactions dynamiques. Beaucoup de personnes âgées ont réduit leur conversation à quelques lieux communs et oublient au fur et mesure les propos qu’elles tiennent : le robot permet de relancer leur discours. Il peut aussi jouer le rôle d’assistant en rééducation psychomotrice par un kinésithérapeute et de facilitateur de relations dans les salles communes d’hôpital ou d’EHPAD, ou à domicile.
Les applications des robots au traitement des maladies mentales font entrevoir trois risques majeurs : le premier est d’oublier qu’un robot est connecté en permanence à son fabricant, auquel il peut transmettre de nombreuses données personnelles sur son utilisateur ; le second est d’oublier qu’un robot est une machine à simuler, qui n’éprouve ni émotion ni douleur, et de mettre notre santé en danger à vouloir les aider ; le troisième est que nous prenions peu à peu les robots comme des modèles, certains humains en venant à préférer la compagnie des robots à celle de leurs semblables, tandis que d’autres demanderaient à leurs semblables d’être aussi adaptés à nos goûts et à nos envies que les robots.
Le développement de la robotique dans les institutions de santé posera à terme des questions à l’ensemble de la société. La relation que nous allons établir avec les machines est en effet appelée à devenir centrale, dans la mesure où nous interagirons avec elles comme avec des humains, sans toutefois leur donner les mêmes droits et responsabilités. C’est ce qui fait dire à Laurence Devillers, chercheuse en intelligence artificielle et auteure : « demain, nos robots devront avoir une dimension morale ». De son côté, l’IERHR a rédigé une charte éthique en cinq points pour assurer un développement des technologies robotiques respectueux des humains : liberté de chacun d’utiliser ou non son robot ; transparence des algorithmes ; autonomie de l’usager ; évitement du risque de confusion entre l’homme et la machine ; égalité d’accès aux technologies innovantes.

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Animaux robots interactifs

En marge des robots à forme humaine, on trouve des animaux robots interactifs. Se présentant sous la forme de chats, de chiens (photo ci-dessous) ou d’oursons, ils conviennent aux personnes âgées qui vivent isolés à leur domicile et ne peuvent plus avoir d’animal domestique. Grâce à leurs capteurs, ils réagissent aux caresses, bougent la tête, les pattes,… Le chat robot miaule et ronronne, le chien robot jappe et aboie, l’ours robot applaudit et fait la sieste. Ils sollicitent l’attention, canalisent l’angoisse et permettent de gérer des moments de crise dans des structures collectives où il n’est pas possible d’être présent en permanence auprès de chaque résident. L’animal robot peut aussi simplement faire office de compagnon pour les personnes âgées qui souffrent de la solitude.


                                                    © Agoralude

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Sources de l’article
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Les folles collections de poupées de personnages plus ou moins célèbres

Le virus n’épargne personne : la collection massive de toutes sortes de poupées frappe aussi bien les stars d’Hollywood que le commun des mortels. Si la réalisation d’un bon investissement peut constituer un objectif pour le collectionneur, de nombreuses autres motivations se cachent derrière cette pratique.
Denise van Patten, experte américaine, collectionneuse, auteure et marchande de poupées anciennes et modernes, identifie douze raisons de collectionner des poupées : le goût pour les antiquités ; l’amour de l’histoire ; la passion pour la mode ; le plaisir de fabriquer des vêtements ; la nostalgie de l’enfance ; la collection d’antiquités et d’ornements de Noël ; la valeur thérapeutique, par exemple pour les couples sans enfant ; l’aspect décoratif ; l’héritage d’une collection de poupées ; le penchant à l’accumulation d’objets ; la beauté ou le caractère mignon de certaines poupées ; le culte de la célébrité.
La collectionneuse de poupées la plus célèbre est sans doute l’actrice américaine Demi Moore. Détentrice de plus de 3 000 poupées anciennes en porcelaine assurées pour 2,25 millions de dollars, elle collectionne également les créations d’artistes. Son ex-époux Bruce Willis a déclenché sa passion en lui offrant deux poupées de l’artiste française Anne Mitrani. Elle consacre une maison à l’hébergement de son impressionnante collection, dont sa poupée préférée, une Gene Marshall (photo ci-dessous). Selon l’actrice, la présence de toutes ces poupées lui rappelle « de ne pas prendre la vie trop au sérieux et de ne pas oublier l’importance du jeu ».


                                                   © Eighties Kids

Autre célébrité hollywoodienne collectionnant les poupées, l’acteur américain Johnny Depp et ses Barbie (photo ci-dessous). « J’ai joué avec beaucoup de Barbie et de Ken pour mes enfants », confesse-t’il, « aujourd’hui c’est un domaine où je suis vraiment bon ». Il possède des pièces uniques, des modèles en éditions limitées comme Beyoncé, Destiny’s Child, Elvis, Paris Hilton, Marilyn Monroe, Audrey Hepburn et Lindsey Lohan, ou même toutes les Barbie représentant les acteurs de la série High School Musical.


                                                        © Cimitekke

Billyboy*, artiste américain mondain, styliste, muse d’Andy Warhol, modèle, créateur de bijoux baroques et de la poupée mannequin pour adultes Mdvanii, possède une collection de plus de 11 000 Barbie et 3 000 Ken. Il est l’auteur du best-seller Barbie : her life & times.
La plus célèbre des poupées mannequins est aussi collectionnée en masse par des inconnus. La photographe américaine Malenna Bravo détient une collection de plus de 3 000 Barbie, plus de nombreux accessoires et produits dérivés. Elle possède entre autres un modèle original de 1959 en très bon état de conservation, la ligne complète des Golden Dream Barbie sorties en 1980, et un manteau de poupée vintage en vison. L’américain Stanley Colorite consacre quatre pièces de sa maison à sa collection de 2 000 Barbie et 1 000 Ken. Outre les poupées, il dispose de 3 000 tenues de Barbie, dont une créée par le célèbre styliste Oscar de la Renta. Avec plus de 12 000 poupées, le consultant en relations publiques singapourien Jian Yang possède la deuxième plus importante collection de Barbie au Monde, commencée à l’âge de cinq ans (photo ci-dessous). Il assure une veille sur le web et les réseaux sociaux, et pratique la restauration de poupées.


                                               © The Straits Times

La première place en collection de Barbie revient à l’allemande Bettina Dorfmann, originaire de Düsseldorf. Elle n’avait que six ans en 1967 quand ses parents lui ont offert sa première Barbie. Bettina se souvient : « ce n’était pas qu’une poupée, mais une amie pour la vie ». En effet, la collectionneuse de Düsseldorf détient aujourd’hui le plus grand nombre de Barbie au Monde, 18 000 poupées (photo ci-dessous) !
Quand elle cesse de s’intéresser aux poupées, ces dernières finissent dans le grenier familial. Ce n’est que lorsque sa propre fille commence à y jouer qu’elle les exhume de leur cache. Au milieu des années 1980, Bettina expose ses Barbie dans sa boutique de mode féminine récemment ouverte. Après la fermeture de la boutique, elle déplace une partie des poupées dans son salon puis dans une pièce spéciale. Les autres sont stockées dans une réserve.
Puis Bettina commence à restaurer les poupées dans le seul atelier spécialisé d’Allemagne, « la clinique des Barbie » à Düsseldorf. En parallèle, elle organise des expositions en Allemagne et à l’étranger, particulièrement en Chine.
Aujourd’hui, devenue une experte reconnue des Barbie, Bettina travaille au musée de la poupée et du jouet de Ratingen. Elle prête des Barbie rares pour divers événements et a écrit cinq livres et de nombreux articles dans des revues spécialisées. Sa collection de poupées et d’accessoires, entièrement cataloguée et assurée, est répartie en différents musées dans le Monde et à son domicile.


                                                © Deutsche Welle

Quittons maintenant les Barbie pour revenir plus généralement aux poupées commerciales. La chanteuse britannique Sophie Ellis-Bextor a mis du temps à réaliser qu’elle était collectionneuse (photo ci-dessous). Elle avait l’habitude de dire : « je ne collectionne pas les poupées, je me contente de les acheter », jusqu’à ce qu’elle constate qu’elle en possédait plusieurs dizaines. À l’âge de six ans, elle collectionnait les timbres. Puis elle s’est tournée vers les poupées, jugées moins « sérieuses ». Les siennes sont des poupées jouets bon marché, achetées dans des ventes de charité ou sur eBay. « Elles ont toutes de la personnalité et du charme », confesse Sophie. Sa préférée est une Blythe, découverte grâce à l’ouvrage This is Blythe de Gina Garan. Elle achète aussi lorsqu’elle est en tournée, comme ces poupées russes ou ukrainiennes de l’époque soviétique.


                                                     © JustCollecting

Du même côté de l’Atlantique, on rencontre la collectionneuse française de poupées anciennes et de demi-figurines Josiane Girard (photo ci-dessous). Cette habitante de Vernon (Eure) a commencé à collectionner les poupées à la retraite, à l’âge de 60 ans. Certaines de ses pièces ont plus de 150 ans, mais leurs vêtements sont toujours impeccables. « Quand leurs habits sont abîmés, je chine dans les brocantes ou j’achète des tissus », confie Josiane, « je refais des robes, des nœuds de chapeau ou de coiffure. Mais tout en restant le plus fidèle possible à l’original ». Elle détient également quelques bébés et deux chérubins mécaniques. L’autre partie de sa collection est constituée de demi-figurines en porcelaine, cachant sous leurs jupes des théières, boîtes à bonbons, poudriers, tabatières, pelotes à épingles, boîtes à cigares,…


                                                © Paris Normandie

En marge de ces collections toujours détenues par leur propriétaire existent de nombreuses collections ayant appartenu à des personnes vivantes ou décédées et vendues au détail aux enchères. Elles portent en général le nom de leur ex-propriétaire. Citons pour exemples ces dix collections de poupées anciennes vendues par Theriault’s : collection Susan Hill de Fredericksburg (Virginie), issue du mouvement des poupées d’art au début du XXe siècle ; collection Trudy Butler de poupées Madame Alexander, dont une série quasi complète de Cissy en tenues originales et en parfait état de conservation ; collection Connie Bailey (Caroline du Nord), poupées françaises et allemandes en biscuit en parfait état de conservation, avec costumes et perruques originales, dont une sélection de Kestner du début ; collection Madame Bossard de Lucerne (Suisse), poupées, maisons de poupées et miniatures anciennes ; collection Rose Rogan de Doylestown (Pennsylvanie), rares poupées en bois et de pays françaises et américaines ; collection Vivian Brady-Ashley de poupées américaines Madame Alexander et Vogue, datant du milieu du XXe siècle et en très bon état de conservation  ; collection Lillian Hamm de Branchville (New Jersey), comportant une superbe poupée Albert Marque ; collection Huguette Clark, comprenant de remarquables poupées et automates de l’âge d’or français (1860-1890) ; collection Rodney Waller de poupées Madame Alexander rares et originales.

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Integrity Toys, fabricant de poupées mannequins haut de gamme à récit

Née d’un constat d’absence de diversité ethnique, culturelle et sociétale dans l’industrie des poupées, fait par Percy Newsum, son fondateur et directeur général, la société familiale Integrity Toys est créée en 1995 à Chesapeake City (Maryland) avec l’objectif de proposer au public des produits illustrant toutes les cultures (voir aussi De l’esclavage aux black Barbies : un siècle et demi de poupées noires), en mettant l’accent sur les poupées mannequins haut de gamme. Cette innovation n’a pas seulement aidé des enfants à développer leur amour de soi, mais a également encouragé la compréhension mutuelle entre milieux culturels et socio-économiques divers.
« Quand j’ai commencé à travailler dans l’industrie du jouet peu après avoir émigré aux États-Unis », explique Percy Newsum, « il y avait un manque total de diversité dans le domaine de la fabrication de poupées, et les grandes surfaces détaillantes n’offraient qu’une longueur de rayonnage limitée aux fabricants de jouets proposant des produits de qualité élevée, qui n’existaient pas à l’époque ».
Integrity Toys produit des poupées de 30,5 à 40,5 cm, distribuées en particulier par FAO Schwarz et Holt Renfrew. Le modèle africain-américain Janay (photo de gauche ci-dessous) est fabriqué de 1995 à 2005. Elle a plusieurs amies, dont Alysa, Jade, Mila, Giselle, Aria et Sooki, une sœur jumelle, Nakia, et trois petits amis successifs, Jordan, Tariq et Keith. De nombreuses autres collections à succès voient le jour, parmi lesquelles : Dynamite Girls, FR 16, Nu.Fantasy, The RuPaul Doll et Victoire Roux (photo du centre ci-dessous), au début des années 2010 ; East 59th, une collection commémorative de Jem and the Holograms en 2020 en partenariat avec Hasbro, Nu.Face, Poppy Parker (photo de droite ci-dessous) et The Monarchs à la fin des années 2010.


           © Integrity Toys             © Integrity Toys            © Integrity Toys

En 2000, une exceptionnelle collaboration entre l’équipe de conception d’Integrity Toys et son premier directeur artistique, le célèbre et talentueux styliste taïwano-canadien Jason Wu, débouche sur la première ligne de poupées de collection « Fashion Royalty » : (ci-dessous, de gauche à droite : « Le Tuxedo Eugenia Perrin-Frost », 2020 ; « French kiss Veronique Perrin », 2019 ; « Make me blush Natalia Fatalé », 2019).


              © eBay                     © Integrity Toys                 © Integrity Toys

Cette ligne innovante, complétée par la collection Jason Wu, affiche diverses tendances stylistiques de la haute couture et de ses accessoires, qui réinventent complètement le genre en le hissant à un autre niveau. Ce concept désormais établi a gagné une popularité mondiale, entraînant une forte demande en précommandes de la part des collectionneurs.
Jason Wu est également le créateur de la collection RuPaul Doll, sortie en 2005 puis enrichie en 2018 d’un modèle à corps articulé et accessoires glamour. La série 2018 comprend les poupées Red Realness (photo de gauche ci-dessous) et Kitty Gurl Pink (photo de droite ci-dessous).


                    © Integrity Toys                            © Fashion Doll Chronicles

Autre innovation, l’inversion des rôles dans le mythe de la Belle et la Bête avec la collection Nu.Fantasy : la femme est « la bête » et l’homme « la belle » (photos ci-dessous). La bête repose sur la sculpture de corps FR2 d’Integrity Toys et la belle sur la FR : Homme du sculpteur Lukas Maverick. Les deux personnages sont sortis fin 2013 en éditions limitées de 800 exemplaires.


           © Fashion Doll Chronicles                   © Fashion Doll Chronicles

Avec des collections telles que East 59th, qui sert de vitrine aux hautes coutures française et américaine des années 1940 et 1950 (photo de gauche ci-dessous) ; Poppy Parker, la mannequin en vogue des années 1960 fraîchement débarquée à New York (photo du centre ci-dessous) ; Nu.Face, la ligne ultra-féminine sexy et moderne (photo de droite ci-dessous), les stylistes sont intimement impliqués dans les récits et les sculptures des personnages de chaque collection.


        © Integrity Toys                © Integrity Toys               © Integrity Toys

Aujourd’hui, Integrity Toys produit environ 75 000 poupées par an en éditions limitées de 500 à 2 000 exemplaires. Des événements spéciaux et des conventions annuelles se tiennent depuis 2006. Ces conventions sont l’occasion de rencontres avec les stylistes et d’échanges entre collectionneurs. Le club en ligne W a été ouvert en 2005. La compagnie fête cette année son 25e anniversaire avec quelques unes de ses plus remarquables créations, dont des nouvelles tenue pour Poppy Parker conçues par les stylistes David Buttry et Vaughn Sawyers (photos ci-dessous).


           © Simon’s Dolls Toys & Gifts                          © Integrity Toys

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DollArtBarcelona 2020, une exposition libre et chaleureuse


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Introduction

La quatrième édition de ce salon international de poupées d’artistes s’est tenue au Cercle Artistique Royal (Reial Cercle Artístic en catalan) de Barcelone du 2 au 4 octobre 2020. Malgré l’absence de certaines artistes et les restrictions d’accès dues à la Covid-19, cette manifestation a été un succès. Ce fut l’occasion d’échanges passionnés dans une atmosphère chaleureuse et libre, laissant aux artistes le loisir d’aller et venir sans être obligées de rester fixées à leur stand, la dynamique organisatrice Elena Kantur s’occupant de l’accueil du public et de la gestion des ventes en leur absence.

Le Reial Cercle Artístic

Cette institution, qui bénéficie du titre « Royal » depuis un décret du Roi Alphonse XIII (dont la signature figure sur le livre d’or du Cercle) de 1917, a joué un rôle majeur dans l’histoire de l’art en Espagne. De fait, le Cercle entretient d’excellentes relations avec la Maison Royale depuis 1906, date à laquelle l’artiste Carlos Vásquez y réalisa un portrait du Roi. Avant d’accueillir des artistes peintres prestigieux tels qu’Eliseo Meifrén, Modest Urgell, Joaquim Mir, Ramón Casas ou Isidre Nonell, le Cercle était une simple association qui réunissait étudiants et amateurs d’art.
Il abrite aujourd’hui une école d’art, une salle de théâtre, et héberge des expositions, conférences, tables rondes et concerts. Quelques événements prestigieux marquent son histoire : l’organisation de la section Beaux-Arts de l’Exposition Universelle de 1888 de Barcelone ; l’exposition d’art de 1918 ; le concours « Barcelone vu par ses artistes » de 1931 ; l’exposition de nus de 1933. Des festivités culturelles y sont données, comme des bals masqués, des célébrations de Noël, des soirées de gala ou les processions de la Mercè, données en l’honneur de la Mare de Déu de la Mercè (Notre-Dame-de-Grâce), patronne du district de Barcelone. Enfin, le Cercle accueille l’Institut d’Art de Barcelone, créé en 1940 avec l’objectif de promouvoir l’art à travers l’enseignement et la recherche. L’institut offre des cours d’histoire de l’art, des ateliers sur les techniques de dessin, peinture, sculpture, céramique, impression, photographie et restauration, et des séminaires sur les divers aspects de la représentation comme la perception, la perspective, la forme, la couleur, l’harmonie ou la beauté.
L’origine du Cercle remonte à mai 1881, lorsque son emblème fut choisi et ses statuts rédigés, visant à la promotion des Beaux-Arts dans toutes ses manifestations. Tout au long de son histoire, le cercle a possédé divers sièges dans la capitale catalane, jusqu’à occuper au début des années 1970 un bâtiment de la fin du XIVe siècle restauré, situé près de la place de la cathédrale. Connu comme le Palais Pignatelli, il jouxte la Maison Bassols du XVIe siècle, rénovée par l’architecte Josep Fontserè i Domènech au début du XIXe siècle avec de nombreuses fenêtres gothiques et bas-reliefs Renaissance (photo ci-dessous).


                                                        © Travel Notes

L’organisatrice Elena Kantur

L’âme de DollArtBarcelona, c’est elle (photo ci-dessous). Ukrainienne vivant à Barcelone depuis plus de six ans, Elena Kantur était dans une autre vie directrice commerciale dans les télécommunications à Kievstar, Datagroup puis UkrTelecom jusqu’en 2010. Elle élève ensuite ses deux filles et se met à fabriquer des poupées en 2013, reprenant ainsi une activité qu’elle affectionne depuis l’enfance. 2014 est une année charnière, puisqu’elle commence à vendre ses poupées et s’installe à Barcelone, en raison des événements politiques en Ukraine marqués par la fin des idéaux de la révolution orange.
La genèse de DollArtBarcelona est une conversation en janvier 2017 entre Elena et son amie Ksenia Chalaya, décoratrice et fleuriste, dans l’atelier de cette dernière, Floratelie. Elles discutaient de la journée internationale des fabricants de poupées qui a lieu le 21 mars, et eurent l'idée d’organiser un salon de poupées à cette occasion. Le projet est mis sur pied en deux mois et la première édition de DollArtBarcelona voit le jour en mars 2017 sous le nom « Las muñecas tan differentes » (des poupées si différentes), avec la présence de 15 artistes et la réalisation d’une vente.
Au vu du succès de cette manifestation, les deux femmes décident d’en faire une édition annuelle dans un esprit de galerie, où les artistes peuvent circuler librement sans être rivées à un stand. Lors d’une discussion au salon de poupées de Prague avec deux amies artistes ukrainiennes, Irina Zhmurenko et Juliet Pelukh, la décision est prise d’organiser un concours de poupées pour la quatrième édition de DollArtBarcelona en 2020, ce qui sera fait sur le thème  « Ma mer ».


                                                       © Mila Belyaeva

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Une sélection d’artistes

Nous avons choisi d’illustrer dans cette sélection l’originalité de la production exposée au salon.

Elena Glinina

Née en Russie en 1975, cette artiste élevée à Moscou vit aujourd’hui à Barcelone. Elle réalise de belles poupées non articulées en tissu, en sculptant de la nappe pour ouatinage (« batting ») au moyen d’aiguilles de feutrage. Elena expérimente également d’autres techniques : Flumo, impression 3D. Passionnée de gymnastique rythmique, elle représente souvent avec une justesse remarquable des gymnastes célèbres en action telles que Yana Kudryavtseva, vêtues de justaucorps en coton et soie qu’elle confectionne elle-même. Son autre passion est le patinage artistique. Elle crée sa première poupée en 2014, qui vit aujourd’hui à Londres.
Tout d’abord autodidacte, elle finit par suivre des cours en ligne avec la célèbre artiste américaine Lisa Lichtenfels, à laquelle elle emprunte sa technique : fabrication d’un squelette métallique, réalisation des os en styrofoam, sculpture de la musculature en nappe pour ouatinage, étirement de deux couches de tissu semi-transparent pour la peau. Les yeux sont en argile peinte à l'acrylique couverts de vernis imitant le verre, ou en perles de verre. Les cheveux, qu’elle teint parfois, ainsi que les cils, sont en poil de chèvre naturel.
Il y a 18 ans, Elena rêve une nuit d’un endroit bien à elle empli de poupées. En se réveillant, elle fait une recherche sur internet, découvre les poupées d’art et décide que c’est ce qu’elle veut faire. Elle se rend à Moscou pour prendre des cours de fabrication de poupées en argile polymère avec Nadezhda Gensitskaya. Mais elle n’aime pas le contact de l’argile et son autre matériau de travail, le super sculpey, est cher. Elena abandonne un temps les poupées pour élever ses enfants.
Elle fait plus tard dans des livres américains une autre découverte, les poupées en tissu. Son travail avec Lisa Lichtenfels lui permet d’atteindre le degré de réalisme qu’elle recherche dans ses poupées. Elena sculpte aussi des portraits sur commande à partir de photos.
Ses projets : réaliser un écorché en tissu, ainsi qu’une poupée avec laquelle les enfants puissent jouer. Le public peut voir ses œuvres sur sa page Facebook et sur son compte Instagram. Ci-dessous, trois poupées réalisées avec la même technique : armature métallique pour le squelette, ouate synthétique pour les muscles, tissu extensible pour la peau, crâne en styrofoam, cheveux naturels humains ou en poil de chèvre, yeux en perles de plastique peintes à l’acrylique, vêtements en lycra et velours avec cristaux Swarovski. Ci-dessous, de gauche à droite : Margarita, gymnaste au cerceau, 50 cm, 2019 ; Alexandra, gymnaste au ruban, 40 cm, 2018 ; gymnaste à la balle, 67 cm, 2017.


  © Elena Glinina                        © Elena Glinina                    © Elena Glinina

Larisa Davletshina

« Keep it simple » (Faire simple) est la devise de cette artiste russe qui fabrique des poupées statiques en papier mâché. Mais ne nous y trompons pas : simplicité n’est pas facilité, bien au contraire. Le dépouillement de ses créations n’est obtenu qu’au prix d’un travail opiniâtre, qui plus est sur un matériau, le papier mâché, connu pour être exigeant, bien que naturel. Les vêtements en coton, confectionnés par l’artiste elle-même, sont collés sur le corps de la poupée dans un mouvement harmonieux.
Clowns, sirènes, lapins, princesses : ses sujets sont variés mais manifestent les mêmes sentiments. De la sirène perplexe devant une paire de bas (photo de gauche ci-dessous) au clown amoureux offrant son cœur (photo de droite ci-dessous), ils expriment tous tendresse et humour.


                  © Larisa Davletshina                           © Larisa Davletshina

Née à Ufa (Russie) en 1971, Larisa est élevée dans cette ville puis à Moscou, avant de s’installer à Barcelone il y a quelques années. Elle pratique les arts plastiques (dessin, peinture) depuis l’enfance, mais ne fabrique des poupées que depuis deux ans, dont la qualité et la maturité sont déjà bien affirmées. Marquée par une master class avec l’artiste russe originaire de Kazan Maria Kolegova (studio AnyaManya), elle poursuit son apprentissage en autodidacte.
Comme pour beaucoup d’artistes, les événements de la vie sont sa source d’inspiration. Elle revendique en outre l’influence du couple de créateurs russes Anastasiya et Sergey Lutsenko.
Chaque poupée commence par un dessin. Cependant, le résultat diffère souvent de l’idée initiale, ce qui ne cesse de l’étonner : un pêcheur devient clown, comme si les poupées, échappant à leur créatrice, vivaient d’elles-mêmes. Larisa réalise d’abord le corps, puis la tête et enfin les membres. Le corps est couvert de papier collé avant de confectionner les vêtements en coton et de les coller sur le corps. Les cheveux sont en poil de chèvre teint par l’artiste pour obtenir les couleurs exactes désirées.
Outre la fabrication de poupées, Larisa pratique activement le dessin, la peinture à l’huile figurative et la sculpture. Elle étudie actuellement à l’Académie des Arts de Barcelone, donne des cours d’art plastique et vend ses peintures. Comment s’étonner devant un tel engagement que Larisa entende devenir une artiste professionnelle reconnue ?


              © Larisa Davletshina                            © Larisa Davletshina

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Julia Garmashova

Une fois n’est pas coutume, nous allons parler d’ours en peluche. Julia Garmashova est une artiste prometteuse qui crée des ours aboutis après seulement un an de pratique. Née à Sotchi (Russie) en 1977, elle y grandit et vit aujourd’hui à Barcelone.
Ses ours sont réalisés en viscose et mohair d’Allemagne, bourrés à la sciure de bois et lestés de granulés minéraux. Ils possèdent cinq articulations à disque aux épaules, aux hanches et au cou, des gueules peintes à l’huile et des yeux en verre. Elle confectionne elle-même de charmantes tenues en coton et soie.
Julia a appris à fabriquer des ours en peluche à l’aide de cours en ligne et de magazines. Elle a commencé par peindre des ours avant de les réaliser en trois dimensions. Son influence revendiquée est le travail de la créatrice d’ours ukrainienne Elena Moshkina.
Chaque ourson commence par un dessin, plusieurs s’il s’agit de séries que Julia affectionne particulièrement (photo ci-dessous). Les ours, cousus à la main, sont surtout différenciés par le traitement des gueules : longueur du museau, rapprochement des yeux, peinture des traits.


                                                    © Julia Garmashova

Julia aime pratiquer la peinture et envisage, pourquoi pas, de fabriquer un jour des poupées. Elle souhaite à l’avenir participer à d’autres salons, sa première expérience à DollArtBarcelona 2020 s’étant révélée très intéressante.
Elle se souvient avec amusement de son premier ours en denim, qu’elle trouve très laid mais qu’elle aime beaucoup et conserve précieusement. Ci-dessous, de gauche à droite : Ivy, août 2020 ; Teodor, juillet 2020 ; Leo, juin 2020.


   © Julia Garmashova          © Julia Garmashova          © Julia Garmashova

Elena Kantur

L’organisatrice de DollArtBarcelona (voir plus haut) est aussi une artiste en poupées confirmée. Certaines de ses créations délicates au regard interrogateur (photos ci-dessous, « Irriel » à gauche et « Nora » à droite, toutes deux produites en 2020) font penser au travail du célèbre artiste russe Michael Zajkov, qu’Elena affectionne particulièrement.


                  © Mila Belyaeva                                      © Mila Belyaeva

D’autres flirtent avec un réalisme étonnant (Audrey Hepburn, 2020, photo de gauche ci-dessous) ou un humour décapant (Fifi Brindacier, 2019, photo de droite ci-dessous).


                         © Mila Belyaeva                                    © Modna Lyalka

Née à Kiev (Ukraine) en 1983, Elena grandit dans cette ville et s’installe avec sa famille à Barcelone en 2014. Pendant son enfance, elle habille des poupées avec les chutes de tissu qui lui tombent sous la main. À l’âge de 11 ans, on lui offre une petite poupée en polymère et elle lui fabrique une « amie » articulée.
Entièrement autodidacte, sans aucun influence revendiquée, elle confesse en riant être motivée par l’argent. Elle souhaite étendre la renommée de DollArtBarcelona aux niveaux national et international, tout en conservant l’esprit libre et intime du salon.
Elena crée des poupées OOAK qu’elle sculpte directement dans le Cernit. Elle avoue ne pas aimer réaliser les jambes, les parties du corps qui retiennent sa préférence étant les visages et les mains. Ses créations ne sont pas articulées, mais peuvent changer de position grâce à la présence de fils métalliques dans les membres. Les cheveux, qu’elle teint parfois, sont en angora, ou en poil de lama ou de chèvre. Elle confectionne les vêtements de ses poupées avec du coton et de la dentelle anciens, parfois chinés au marché aux puces « Los incantes » de Barcelone. Elle produit des poupées professionnellement depuis 2014, au rythme d’une quarantaine par an. Elle pratiquait la peinture et la mosaïque, mais se consacre aujourd’hui entièrement aux poupées.
Elena organise régulièrement des stages de fabrication de poupées en argile polymère au Cercle Artistique Royal. Membre de l’Association Ukrainienne des Arts Appliqués, elle a pour objectifs d’améliorer ses techniques de sculpture et de couture, et d’apprendre à réaliser des BJD.

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Yaki Chacón

Cette artiste colombienne travaille avec un matériau original, le caoutchouc eva. Elle utilise les propriétés thermoformables de cette matière pour mettre en forme ses poupées statiques et leurs vêtements. Il en résulte de délicieuses créatures à la mine espiègle et aux tenues pastel colorées. Ci-dessous, de gauche à droite : « Matilda », 35 cm, 2018 ; « Milán », 38 cm, 2018.


                      © Yaki Chacón                                          © Yaki Chacón

Née à Bucaramanga (Colombie) en 1975, Jackeline (Yaki) Chacón grandit dans cette même ville et vit aujourd’hui à Madrid. La première poupée qu’elle réalise est un clown. Yaki se souvient qu’à cette occasion, elle montre sa poupée dans une émission de télévision, reçoit de très nombreux appels et une soixantaine de demandes de cours, qu’elle assure. Il y a une quinzaine d’années de cela, elle fabriquait des poupées en tissu. Puis, à l’occasion d’ateliers en ligne avec différents artistes, elle se met au caoutchouc eva.
Yaki n’avoue comme sources d’inspiration revendiquées que les photos d’autres poupées et sa propre imagination.
Sur le plan technique, elle travaille à partir de feuilles de caoutchouc eva qu’elle chauffe au fer à repasser et au chalumeau afin de les mettre en forme pour représenter les différentes parties du corps, ainsi que les vêtements. La coloration corporelle et le maquillage sont réalisés à l’aide de peintures translucides acryliques et à l’huile. Les cheveux sont en feutre teint.
Outre la fabrication de poupées, Yaki pratique la peinture. À l’avenir, elle souhaite enseigner et rêve d’ouvrir une boutique ou une galerie de poupées. Ci-dessous, de gauche à droite : « Fiorella », 35 cm, 2020 ; « Thomas le danseur », 40 cm, 2017.


            © Yaki Chacón                                        © Yaki Chacón

Anzhela Kavalevich

Cette artiste nous vient de Biélorussie, où elle est née à Grodna en 1974. Elle grandit à Minsk, la capitale, et devient psychologue, avant de s’installer à Barcelone en 2018. C’est à cette occasion qu’elle commence à fabriquer des animaux et des poupées pour s’occuper. Après seulement deux ans de pratique, cette créatrice prometteuse propose de ravissantes poupées en coton cousues à la machine (photos ci-dessous) et de charmants chiens et chats réalisés au crochet et couverts de poils en mohair. Poupées et animaux sont articulés avec du fil métallique ou dentaire.

© Anzhela Kavalevich  © Anzhela Kavalevich        © Anzhela Kavalevich

Anzhela suit quelques master classes en ligne avant de poursuivre en autodidacte. Elle puise son inspiration dans les poupées d’autres artistes en général, et dans le travail de la créatrice russe Irina Niminushchaya en particulier.
Sur le plan technique, Anzhela achète et adapte des patrons, qu’elle emplit avec des fibres de rembourrage creuses, avant de procéder à la peinture et au maquillage acryliques. Les poils en mohair, déjà teints, subissent un shampoing et un après-shampoing.
Poursuivant le rêve d’un chat qu’elle voulait tricoter et qu’elle a réalisé à son réveil, Anzhela souhaite à l’avenir étendre sa palette d’animaux et apprendre à fabriquer des poupées en argile polymère. Ci-dessous, animaux au crochet.


   © Anzhela Kavalevich    © Anzhela Kavalevich     © Anzhela Kavalevich

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Concours et prix du public

En marge de l’exposition étaient organisés un concours de poupées sur le thème « Ma mer » (photo ci-dessous), arbitré par un jury de sept personnalités, et un vote de la poupée préférée du public.


                                                   © Mila Belyaeva

39 artistes participaient au concours, doté d’un premier prix de 500 €. Le jury était composé de : Irina Zhmurenko, organisatrice du concours, artiste en poupées de porcelaine, membre de la GDS (Global Doll Society) et de la British Puppeteers Association, multiple lauréate de compétitions internationales ; Josep Felix Bentz, président en exercice du Cercle Artistique Royal ; Svetlana Solntseva, responsable des relations publiques de Cercle et co-organisatrice de la quatrième édition de DollArtBarcelona ; Juliet Pelukh, artiste en poupées, membre du NIADA (National Institute of American Doll Artists) ; Elena Glinina, artiste en poupées (voir plus haut) ; Maria Kolegova et Anna Gigorieva, artistes en poupées (duo AnyaManya).
Le premier prix du concours a été attribué à Julia Zyubyairova (Japon) pour « Spring sea » (photo de gauche ci-dessous). Les deuxième et troisième prix (photos du centre et de droite ci-dessous) revenaient respectivement à Vera Zhukovskaya (Russie) pour « Whistle of the fish » et à Alla Lukianova (Canada) pour « Lily sea ».


       © Mila Belyaeva                © Mila Belyaeva                © Mila Belyaeva

Le prix du public a été attribué à Olga Cherny et Milena Kolomiets pour « The sea of love » (photo ci-dessous).


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Les poupées des personnages de Stephen King vont régner sur vos cauchemars !


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De nombreux auteurs se sont spécialisés dans les histoires d’horreur et la prose macabre. Mais il en est un qui se détache du lot par la popularité de son œuvre prolifique : Stephen King. Imprégnée des côtés les plus sombres de la culture américaine (violence, racisme, individualisme,…), son œuvre porte un regard quasiment naturaliste et dénué de complaisance sur la société. À l’occasion d’Halloween, nous allons évoquer sa carrière et l’adaptation sous forme de poupée de certains personnages marquants de ses romans.

La carrière

Né en 1947, Stephen King grandit à Portland (Maine). Son père ayant abandonné le domicile conjugal en 1949, sa mère, son frère aîné adopté David et Stephen vivent dans des conditions financières souvent très difficiles. Ils déménagent fréquemment, Ruth occupant de petits emplois et s’installant près du domicile de ses nombreuses sœurs. En l’absence de père, le jeune Stephen se sent différent de ses camarades. Les deux frères souffrent des restrictions matérielles et du jugement de leur communauté. Stephen gardera toujours ces ressentiments, qui influenceront les intrigues et le caractère des protagonistes de ses romans.
Après avoir vécu à Fort Wayne (Indiana), West De Pere (Wisconsin), Chicago (Illinois), Malden (Massachusetts) et Stratford (Connecticut), la famille retourne dans le Maine à Durham. Stephen a alors 12 ans. Son frère et lui sont des inconditionnels du genre horrifique sous toutes ses formes : roman, nouvelle, bande dessinée, film. En fait, son frère aîné est son premier mentor : il édite un journal ronéotypé appelé « Dave’s rag » (Le torchon de Dave), auquel Stephen contribue.
Lycéen à l’école de Lisbon Falls (Maine), il écrit en 1963 son premier roman, « The aftermath », inachevé et jamais publié. La première histoire qu’il réussit à faire publier, après de nombreux refus, est « I was a teenage grave robber » (J’étais un adolescent pilleur de tombe) qui paraît en 1965 dans un fanzine d’horreur sous le titre « In a half-world of terror » (Dans un demi-monde de terreur).
Étudiant en première année à l’université du Maine d’Orono, Stephen écrit en 1966 son premier roman « Marche ou crève », rejeté à son grand désarroi à un concours du premier roman organisé par l’éditeur Random House. Il réussit l’année suivante à vendre la nouvelle « The glass floor » (Le plancher de verre) au magazine « Startling Mystery Stories ». À l’âge de 20 ans, il peut se targuer d’être un auteur publié. Il écrit aussi des nouvelles qui paraissent dans le magazine littéraire du campus, « Ubris », et dans le journal des étudiants, « Maine Campus », pour lequel il écrit également des articles dans une rubrique intitulée « King’s Garbage Truck » (Le Camion à ordures de King) à partir de 1969. Depuis sa première vente, il n’a jamais cessé d’écrire, aidé au début par les ateliers littéraires du professeur Burton Hatlen. Ses livres ont été adaptés en films de cinéma, séries de télévision et comédies musicales théâtrales.
Il connaît une période de vaches maigres de 1970 à 1972, ne réussit à vendre que deux nouvelles, se résigne à travailler dans une blanchisserie industrielle et développe une dépendance à l’alcool. Entre-temps, il épouse Tabitha Jane Spruce, avec laquelle il fait deux enfants. Après la mort de sa mère en 1973, King et sa famille déménagent à Boulder (Colorado).
Stephen King connaît enfin le succès avec « Carrie », roman publié en 1974. Il décide alors d’arrêter sa carrière d’enseignant et de se consacrer uniquement à l’écriture. La famille revient s’installer dans le Maine en 1975, où il achète sa première maison à Bridgton. Désormais habitué de la liste des meilleures ventes, il publie successivement : « Salem » en 1975 ; « Shining, l’enfant lumière » en 1977 ; « Rage », sous le pseudonyme de Richard Bachman, la même année ; après un bref séjour à Bridgton (Angleterre), la naissance d’un troisième enfant, l’achat d’une maison à Lovell (Maine) qui deviendra par la suite sa résidence estivale, il accepte en 1978 un poste de maître de conférences offert par l’université du Maine et s’installe à Orrington (Maine) pour un an ; cette année-là sortent le recueil de nouvelles « Danse macabre » et le roman post-apocalyptique « Le fléau » ; en 1979, il publie « Marche ou crève » sous son pseudonyme, et « Dead zone ».
Dans les années 1980, Stephen King continue d’écrire à un rythme soutenu : « Charlie » en 1980 ; la même année, il achète la William Arnold House, une demeure victorienne de 23 pièces à Bangor (Maine), dont il fait sa résidence principale ; en 1981 sortent « Chantier » (sous son pseudonyme), l’essai « Anatomie de l’horreur », et « Cujo » ; le roman de science-fiction « Running man » (sous son pseudonyme), « Le pistolero », premier volume du cycle de « La tour sombre » composé de cinq nouvelles, épopée au croisement de plusieurs genres littéraires retraçant la longue quête de la mythique tour sombre par le pistolero Roland de Gilead, et  » Différentes Saisons » paraissent en 1982 ; l’année suivante, il publie « Christine », « Simetierre » et « L’année du loup-garou » ; en 1984, l’auteur aborde le genre de la fantasy avec la parution de deux ouvrages, le conte pour enfants « Les yeux du dragon » et « Le talisman » (photo ci-dessous), écrit en collaboration avec son ami Peter Straub, rencontré lors de son bref séjour en Angleterre ; « La Peau sur les os », cinquième roman publié sous le pseudonyme de Richard Bachman, sort quelques jours après « Le talisman » ; à cette époque, la popularité de l’écrivain atteint des sommets et l’écrivain devient un phénomène médiatique ; il publie le recueil de nouvelles « Brume » en 1985 et « Ça » en 1986 ; trois nouveaux romans sont édités l’année suivante : « Les trois cartes », deuxième volume de « La tour sombre », Misery » et « Les tommyknockers » ; il suit une cure de désintoxication à l’alcool, la cocaïne et les médicaments qui réussira, mais entraînera une période de blocage de l’écrivain de presqu’un an ; à part l’introduction de « Nightmares in the Sky », il n’écrit rien en 1988 ; « La Part des ténèbres » sort en 1989.


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Dans les années 1990, Stephen King retrouve progressivement son rythme d’écriture. En 1990 paraissent une nouvelle édition du « Fléau » et « Four Past Midnight » (Minuit 2 et Minuit 4) ; « Terres perdues », troisième volume de « La tour sombre », et « Bazaar », sortent en 1991 ; l’année suivante sont publiés deux romans à caractère féministe, « Jessie » et « Dolores Claiborne »; il publie le recueil de nouvelles « Rêves et Cauchemars » en 1993, et les romans « Insomnie » en 1994 et  » Rose Madder » en 1995 ; après une brève baisse de popularité, il retrouve cependant les sommets dès 1996 avec sa nouvelle « L’homme au costume noir » ; il remet à l’honneur le genre du roman-feuilleton en publiant les six épisodes de « La Ligne verte » au rythme d’un épisode par mois entre mars et août 1996 ; la même année sortent le même jour « Désolation » et « Les Régulateurs » (sous son pseudonyme),  mettant en scène des personnages portant les mêmes noms et confrontés au même adversaire, une force maléfique nommée Tak, mais dans des situations et des décors radicalement différents ; « Magie et Cristal », quatrième volume de « La tour sombre », paraît en 1997, et « Sac d’os » en 1998 ; l’année suivante, il publie « La petite fille qui aimait Tom Gordon » et le recueil de nouvelles « Cœurs perdus en Atlantide » ; entre les publications de ces deux livres, il est victime d’un grave accident de la route : renversé par une camionnette, il reste hospitalisé trois semaines durant lesquelles il subit cinq interventions chirurgicales, et se remet à écrire seulement 15 jours après sa sortie de l’hôpital ; à la suite de cet accident, il achète une maison à Sarasota (Floride), afin de passer l’hiver sous un climat plus favorable à son état de santé.
En 2000, Stephen King est l’un des premiers écrivains à explorer le marché du livre numérique avec la nouvelle « Un tour sur le bolid' », écrite pendant sa convalescence ; il innove également en proposant de télécharger le premier chapitre du roman « The Plant » depuis son site web et de payer un dollar de façon optionnelle, en s’engageant à continuer tant qu’un nombre suffisant de lecteurs acceptent de payer ; l’expérience tourne court au bout de six chapitres écrits au rythme d’un par mois : le nombre de lecteurs payants diminuant progressivement, l’écrivain finit par abandonner le projet ; « Écriture : mémoires d’un métier », essai autobiographique, paraît en octobre ; en 2001 sont publiés deux romans, « Dreamcatcher » et « Territoires », écrit en collaboration avec Peter Straub ; en 2002, Stephen King annonce qu’il va prendre sa retraite d’écrivain après avoir terminé le cycle de « La tour sombre », en raison du sentiment qu’il éprouve de se répéter et des douleurs engendrées par les séquelles de ses blessures ; il renonce à ce projet, mais ralentit néanmoins son rythme d’écriture ; cette année-là sortent le recueil de nouvelles « Tout est fatal » et le roman « Roadmaster » ; en 2003, l’écrivain partage environ toutes les trois semaines ses opinions sur la culture populaire dans une colonne de l’Entertainment Weekly appelée The pop of King (La pop de King ), publiée jusqu’à janvier 2011 ; il souffre d’une pneumonie, causée indirectement par son accident qui a fragilisé un de ses poumons, et met plusieurs mois à s’en remettre ; le roman « Les Loups de la Calla », cinquième volume de « La tour sombre », est inspiré par le western de John Sturges « Les sept mercenaires » ; « Le Chant de Susannah » et « La tour sombre », respectivement sixième et septième volumes de « La tour sombre », sont publiés en 2004 ; l’écrivain change alors complètement de genre avec la publication du roman policier « Colorado Kid » en 2005 ; l’année suivante, il revient à son genre de prédilection avec « Cellulaire » et « Histoire de Lisey » ; en 2007, il publie sous son pseudonyme de Richard Bachman le roman « Blaze » ; le roman « Duma key » et le recueil de nouvelles « Juste avant le crépuscule » sortent en 2008 ; l’année suivante, l’auteur renoue avec le marché du livre numérique en publiant une nouvelle, « Ur » ; il coécrit avec son fils Joe Hill une autre nouvelle, « Plein Gaz », à l’occasion d’une anthologie rendant hommage à Richard Matheson, l’écrivain qui l’a le plus influencé ; il publie également le roman « Dôme ».
Stephen King commence la décennie 2010 en scénarisant avec Scott Snyder les cinq premiers numéros de la série de comics « American Vampire » ; fin 2010, il publie « Nuit noire, étoiles mortes » ; le roman « 22/11/63 » paraît en 2011 ; l’année suivante, il retrouve l’univers de « La tour sombre » avec « La clé des vents », le huitième et dernier volume du cycle, et collabore à nouveau avec son fils Joe Hill pour l’écriture de la nouvelle « In the tall grass » ; en 2013, il renoue avec le roman policier en écrivant « Joyland », et publie la suite de « Shining »,  » Docteur Sleep » ; son livre suivant, « Mr Mercedes », édité en 2014, est le premier volume d’une trilogie policière ; le deuxième volume, « Carnets noirs », sort en 2015 ; entre ces deux ouvrages, il publie fin 2014 le roman « Revival » ; le recueil de nouvelles « Le Bazar des mauvais rêves » paraît fin 2015 ; l’écrivain termine ensuite sa trilogie policière avec « Fin de ronde », publié en 2016 ; 2017 est une année placée sous le signe de la collaboration : il coécrit avec Richard Chizmar la novella « Gwendy et la boîte à boutons », puis avec son fils Owen le roman « Sleeping beauties » ; l’année suivante, il publie « L’outsider », roman policier surnaturel, le recueil de nouvelles « Classe tous risques » et le conte fantastique « Élévation » ; en 2019 paraissent le roman « The institute », et la nouvelle « Squad D » dans l’anthologie « Shivers VIII » ; en 2020 sortent « If it bleeds », recueil des quatre romans courts « Mr Harrigan’s phone », « The life of Chuck », « Rat » et « If it bleeds », et la nouvelle « The fifth step ».
Stephen King est un collectionneur : machines à écrire, premières éditions d’ouvrages et même stations de radio ! passionné de baseball, il écrit sur ce sport l’essai « Head down » et le poème « Brooklyn august ». Dans l’ouvrage collectif « Mid-life confidential : the Rock Bottom Remainders tour America with three chords and an attitude » paru en 1994, les membres du groupe de rock « Rock Bottom Remainders » dont il fait partie relatent une tournée de huit concerts effectuée en 1993 ; il a également collaboré à plusieurs reprises avec des musiciens : le groupe de hard rock Blue Öyster Cult, Michael Jackson, John Mellencamp,…
Engagé politiquement et socialement, il milite contre la guerre du Vietnam, pour le parti démocrate, contre la censure, contre la prolifération des armes à feu, pour la justice fiscale, et contre les abus des réseaux sociaux. Par l’intermédiaire de la Stephen & Tabitha King foundation, il finance de nombreuses œuvres philanthropiques dans le Maine, notamment dans les domaines de l’éducation et des soins médicaux.

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Les poupées

Le réalisme de ses paysages imaginaires du Maine assure la crédibilité des manifestations démoniaques et des personnages. Tourmentés puis brisés, effrayés puis sauvés, ces derniers sombrent dans la folie, la panique et le meurtre, mais nous avons envie de les soutenir. Exemple emblématique : la gentille Carrie, rendue folle par les moqueries de ses camarades, devient une machine à tuer. Elle est représentée en poupée par les fabricants « Heroes of horror » (photo de gauche ci-dessous) et NECA  (photo de droite ci-dessous).


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Les producteurs de cinéma sont attirés par les romans de Stephen King parce que leurs intrigues sont à la fois exagérées et terre à terre. Un décor tout à fait plausible (un hôtel isolé en hiver) se transforme en toile de fond de discorde conjugale puis d’effondrement mental : « The shining » est empli de passages terrifiants, comme l’apparition des jumelles Grady dans un couloir de l’hôtel. Le département Living Dead Dolls de Mezco Toyz a produit des poupées parlantes des jumelles (photo ci-dessous).


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Une anecdote illustre bien l’humour pince-sans-rire de Stephen King : à un journaliste qui lui demande comment il fait pour rester si prolifique et actif, il répond : « j’ai le cœur d’un garçon de neuf ans. Je le conserve dans un bocal sur mon bureau ». Cet humour noir est une des raisons pour lesquelles ses personnages restent si présents à notre esprit. Avant Pennywise (Grippe-sou, le clown dansant), les clowns étaient synonymes de rire et de fêtes d’anniversaire. Ils faisaient leur apparition aux sorties familiales et aux carnavals scolaires. Après la minisérie « Ça » de 1990 tirée du roman éponyme de Stephen King, les clowns deviennent menaçants, une sorte de rencontre entre Dracula et Frankenstein. Porté à l’écran en 2017 avec la suite « Ça : chapitre 2 » en 2019, son personnage Pennywise a tout naturellement trouvé ses incarnations en poupées. Ci-dessous, de gauche à droite, les poupées de NECA et de Mezco Toyz.


                   © NECA                                               © The toyark

Les personnages de fiction de Stephen King ne vieillissent jamais. Ils continuent de tournoyer dans nos têtes et nous capturent dans leur grande roue de cauchemars.

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Henri Launay, le restaurateur de poupées infatigable

Si vous poussez la porte de la boutique à la façade jaune au 114 de l’avenue Parmentier dans le XIe arrondissement de Paris, vous le trouverez penché avec application sur une de ses poupées, procédant à un délicat changement d’élastiques, d’yeux, de membre ou encore de perruque, avec la minutie et la patience qui le caractérisent (photo ci-dessous). Lui, c’est Henri Launay, restaurateur de poupées anciennes en porcelaine, baigneurs en celluloïd, poupons et ours en peluche, depuis 55 ans dans ce même atelier qu’il a créé en 1964.


Né en 1927, il est titulaire d’un CAP d’électricien. À l’âge de 13 ans, il devient apprenti dans la création de boutiques de réparation en maroquinerie. Au tout début de sa carrière, Henri répare ainsi des sacs, des valises et des parapluies, mais un beau jour on lui fait remarquer que les réparateurs de parapluies s’occupent aussi de poupées, alors il se dit pourquoi pas ?, prend contact avec les fabricants de l’époque (Gégé, Clodrey, Raynal, SNF,…) et commence à se former sur le tas, en parfait autodidacte, à leurs méthodes de démontage/remontage de poupées. Comme il y a du travail dans le domaine, il profite de ce qu’il appelle un « concours de circonstances » et entame une nouvelle activité de restaurateur qu’il ne quittera plus.
« Mes doigts sont mes meilleurs outils », a coutume de dire ce travailleur plus exigeant que ses clients, pour qui le résultat doit être parfait. C’est ainsi qu’au fil du temps, il s’est forgé une réputation internationale. Ses clients sont des adultes qui lui apportent avec gravité des poupées de leurs enfants « comme on amène un enfant à l’hôpital », ou des poupées anciennes qui se transmettent de génération en génération. Les clients peuvent être aussi des collectionneurs très exigeants, en raison de leur passion et aussi du coût élevé de leurs poupées, surtout lorsqu’elles datent du XIXe siècle.
La poupée n’est assurément pas un jouet comme les autres : son caractère anthropomorphique (qui est semblable à l’être humain) et le plus souvent articulé favorise des mises en scènes d’animation ludiques, et permet à l’enfant d’y investir de forts sentiments qui laissent des traces durables dans l’imaginaire individuel et collectif. Ce jouet l’accompagne de l’âge de nourrisson à la puberté, et, complété par des accessoires (vêtements, mobilier, dînettes, véhicules,…), il autorise des jeux de rôles variés. La poupée est la gardienne silencieuse et fidèle des souvenirs d’enfance, et c’est pour cela que l’enfant y est si attaché.
Cette passion de l’enfant et du collectionneur pour ses poupées, Henri la voue à son métier. Vêtu d’une blouse blanche, le « doll doctor » observe, évalue les réparations à effectuer, et une fois le diagnostic posé, procède aux nettoyages, remplacements et remontages nécessaires. Il officie au milieu d’un entassement de poupées dans lequel il est le seul à se retrouver (photo ci-dessous), et de pièces détachées dont il possède une quantité impressionnante, résultat de l’acquisition de nombreux stocks accumulés au cours du temps.

En 55 ans de restauration, Henri a obtenu des compliments et des félicitations en abondance, qui constituent la meilleure récompense de son travail. Il a même reçu des témoignages émouvants, comme celui sur la poupée Arlette, endommagée pendant l’exode de 1940 (photo ci-dessous),

ou sur la poupée sans nom offerte par un officier allemand à un bébé français pendant la seconde guerre mondiale (photo ci-dessous).

Henri a (presque) toujours une solution à proposer à ses clients désemparés par l’état de leur poupée malade : il estime à seulement 1/1000 le pourcentage de poupées diagnostiquées comme irréparables. Gageons qu’il saura les réconforter pendant de nombreuses années encore en exerçant son métier de « guérisseur qui redonne vie aux poupées », selon sa jolie formule.

 

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Les « Broken Toys » de Loïc Jugue

Les fans de Barbie vont avoir la nausée : brûlées, pendues, estropiées, clouées, vissées, hameçonnées, ligotées, scarifiées, empalées, les vêtements en lambeaux,… rien n’aura été épargné aux poupées traitées par l’artiste vidéaste, photographe et plasticien Loïc Jugue. Mais à la réflexion, quel était le sort réservé à ces jouets ? quitte à moisir dans un grenier poussiéreux ou à finir dans une benne à ordures, ne valait-il pas mieux les « sauver » en leur donnant une seconde vie, un nouveau statut d’objet d’art qui témoignera de l’impermanence et de la disparition des objets, de nos souvenirs, de nos vies ?
C’est justement la démarche de Loïc Jugue : « depuis longtemps, je travaille sur la thématique de la destruction d’objets, du moment précis où ils passent d’utiles à inutiles. Destructions par le feu, la gravité, les micro-ondes… Ces objets qui semblent si importants dans notre monde et qui pourtant ne sont pas grand chose, une petite chute et puis plus rien… Cette notion d’entropie règne partout, je ne fais juste que l’accélérer et la mémoriser pour en faire un travail artistique. Quand mes parents sont morts, j’ai récupéré mes vieux jouets… Plutôt que de les voir partir à la poubelle ou dans une benne quelconque, j’ai décidé de les détruire moi-même et d’en faire une série de vidéos que j’ai appelée les « Broken Toys » (jouets cassés). J’ai pensé alors aux autres personnes, adultes ou enfants, dont les jouets termineront à la décharge. J’ai pensé à tous ces rêves, tous ces espoirs que contenaient ces jouets, promesses d’un monde merveilleux à jamais disparu. En poursuivant cette démarche, j’ai donc proposé à d’autres personnes, proches ou inconnus, de me passer leurs vieux jouets… J’ai prolongé ce travail vidéo, en faisant des installations et également des photos… Il y a pour moi une grande beauté dans ces déformations, ces matières calcinées, ces plastiques fondus… Cette destruction / transformation rappelle un peu la façon dont l’écrivain japonais Yukio Mishima parle de l’incendie criminel du temple bouddhiste du Pavillon d’or, mais dans mon cas, la destruction contrôlée amène à une sorte de résurrection, de fétichisation ».
Au public de juger du caractère esthétique de ces créations pour le moins provocantes. Quoi qu’il en soit, ces objets dégradés renvoient à des préoccupations environnementales : le scandale de l’obsolescence programmée, cette réduction délibérée de la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement ; l’accumulation d’objets de consommation voués à la destruction ; la pollution par des matériaux faiblement dégradables comme le plastique. Ce dernier, matière essentielle des poupées avec lesquelles il travaille, fascine Loïc, par sa robustesse incroyable (il doit résister aux enfants) et la façon dont il se modifie et se transforme sous l’action du feu. Ci-dessous, de gauche à droite : « La chute », trois poupées brûlées au chalumeau, 2020 ; « Poupée métal » (hommage à Richard Serra), 2020 ; « L’homme cloué », 2019/2020.


          © Loïc Jugue                     © Loïc Jugue                      © Loïc Jugue

Né à Paris en 1958, Loïc Jugue (nom prédestiné qui signifie « jouer » en espagnol) aime depuis toujours les jouets. Il se forme au théâtre (cours Jean-Laurent Cochet) à partir de 1978 et obtient son diplôme du CERIS (Centre d’Etudes et de Recherches de l’Image et du Son) en 1984. Il fait partie très jeune de groupes artistiques divers et rentré à Canal+ comme monteur, puis devient réalisateur de différentes émissions dont la célèbre « Ça cartoon ». Parallèlement, il réalise des installations, des sculptures vidéos, des mono-bandes (œuvres  vidéo qui n’utilisent qu’une seule projection, d’une seule source vidéo, avec parfois du son) ainsi que des photographies. Loïc fait partie de la seconde génération des pionniers français de l’art vidéo. Il travaille sur la notion de réalité, ses représentations et sur le processus de destruction de cette réalité.
C’est dans les années 1990 qu’il commence à utiliser les jouets avec une démarche artistique vidéographique. En les brûlant d’abord, dans une série appelée « Destruction » diffusée au Centre Georges Pompidou et sur Canal+. Puis dans une autre série de vidéos, les « Broken Toys », où il détruit des jouets de différentes façons : scie circulaire, tronçonneuse, perceuse,… Il en fait ensuite des photos et des installations. Enfin, dans son dernier travail, il créé à partir de ces poupées des objets/sculptures, des sortes de fétiches contemporains.
Marcel Duchamp est l’une de ses influences revendiquées : « j’aime beaucoup Duchamp, son humour, son ironie, son intelligence », confie Loïc, « il a révolutionné l’art en introduisant l’objet comme élément du champ artistique. C’est l’artiste qui détermine ce qui est objet d’art ». Dans le prolongement de Duchamp, le nouveau réalisme qui s’approprie la réalité, ou en tout cas les artefacts humains, comme matière artistique, l’a beaucoup inspiré. « La façon dont l’objet devient matière artistique est un processus étonnant qui ouvre la voie à de nombreuses possibilités de création », analyse-t’il. Les arts premiers et l’art africain en particulier l’intéressent également : « les fétiches sont cette part oubliée de l’art qui relie l’objet matière à un monde immatériel. Pour moi, mes poupées sont des fétiches contemporains mais renvoyant plutôt à nous, à notre inconscient, nos désirs et nos peurs ».
Sur le plan technique, Loïc récupère des poupées, cassées ou pas, dans des brocantes, chez Emmaüs, ou bien sous forme de don. Il les transforme ensuite de différentes façons, en les brûlant, les faisant fondre, les clouant,… Il les associe entre elles, ou pas, pour en faire une sorte de groupe statuaire. Parfois les choses se font rapidement, parfois non. Il les laisse alors reposer dans un coin puis une sorte de dialogue s’établit entre elles et lui et un nouveau fétiche arrive.
Le support/socle est très important dans son travail : il est l’élément reliant les poupées au Monde, il les ancre dans une réalité et lui permet de les transformer en des sortes de statues ; il est aussi souvent signifiant, l’artiste choisit des supports qui viennent de sa vie quotidienne, grille-pain, cible, murs cassés de sa maison,… Quand tout lui semble bien, il stabilise l’ensemble en collant les parties ou en les clouant/vissant, puis souvent il les enduit de vernis pour les stabiliser, leur donner un aspect brillant reflétant la lumière.
En dehors des poupées, Loïc mène plusieurs projets artistiques : sculptures vidéo monumentales (Les gardiens), kaléidoscopes vidéo abstraits (Les chromatismes crâniens), portraits vidéo (Les portraits lents), photos de viande alimentaire (Boucherie).
Côté projets, Loïc souhaite récupérer encore plus de poupées pour continuer à produire ces objets/sculptures, aller dans d’autres pays pour travailler sur des jouets de cultures différentes et exposer ces fétiches contemporains dans un maximum d’endroits.
Le travail de Loïc Jugue a été montré dans de nombreuses expositions en France (Centre Pompidou, Palais de Tokyo, Grand palais, Salon d’Automne, Macparis,…) et à l’étranger : vidéothèque Jonas Mekas (New York), Villa Kujyama (Kyoto), musée national centre d’art Reina Sofia (Madrid), Goethe Institut (Montréal),… Il est membre de plusieurs sociétés de gestion des droits d’auteur : ADAGP (Association pour la Diffusion des Arts Graphiques et Plastiques), SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia), SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique). Ci-dessous, de gauche à droite : « Barbie et Ken », poupées brûlées à l’essence, 2018 ; « Happy couple » (Cénotaphe contemporain), 2020.


           © Loïc Jugue                                           © Loïc Jugue

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Poupées : que s’est-il passé en 2019 ?

 


                                                          © Corolle

2020 : 20 sur 20. Une année parfaite pour le succès, les prévisions optimistes, amusantes ou excitantes malgré le contexte déprimant : pauvreté, conflits, violence, désastres et menaces écologiques. Une note d’espoir et d’harmonie exprimée par la symétrie de ce nombre, pour ceux qui croient aux symboles. En attendant, il faut solder 2019. Quels événements ont marqué l’année passée dans le monde qui nous intéresse particulièrement, celui des poupées ? après l’enchaînement des feux d’artifice autour de la planète pour saluer l’an nouveau, passons en revue 2019.
Janvier de cette année-là s’ouvre sur une triste nouvelle pour le plangonophile : après 28 ans de réalisations remarquables, Tonner Doll ferme ses portes, le modèle industriel occidental de la poupée de collection n’étant plus viable, dixit Robert Tonner (photo de gauche ci-dessous). Néanmoins, ce dernier poursuit la création de poupées uniques en exclusivité avec sa nouvelle société de structure plus légère Phyn & Aero.
Février inaugure en fanfare le 60e anniversaire de Barbie. Mattel revisite les modèles emblématiques de la poupée à queue de cheval et maillot de bain rayé créée en 1959, Barbie dans six métiers difficiles d’accès pour les femmes : astronaute, pilote de ligne, championne de football, grand reporter, politicienne et pompière (photo de droite ci-dessous).


       © cherylsdolls.com                                         © Mattel

Selon des chercheurs en sociologie, de nombreuses fillettes perdent confiance en elles dès l’âge de cinq ans, lorsqu’elles sont confrontées à la compétition avec d’autres enfants à l’entrée en maternelle. Ce phénomène a été baptisé « brèche dans le rêve » (dream gap). En mars 2019, dans la foulée de la journée internationale des droits de la femme, Mattel, convaincue que Barbie est un vecteur d’émancipation des fillettes à travers l’identification aux métiers d’élite exercés par la poupée, s’engage à réduire cette brèche en finançant des associations visant à promouvoir l’affirmation de soi des petite filles.
En mars toujours, après à peine deux mois d’existence, Phyn & Aero cesse ses activités suite à des problèmes de coûts et de délais de production. Son directeur Robert Tonner ouvre une boutique sur le site de services d’impression 3D Shapeways, qui propose des accessoires réalisés pour sa dernière création, la poupée Rayne. Il travaille par ailleurs comme consultant pour de nombreux fabricants de poupées et conçoit également des sacs et des bijoux.
Est-ce un poisson? en avril, Hasbro revisite les poupées des princesses Disney selon leur apparence dans le dessin animé « Ralph 2.0 » ou « Ralph brise l’internet » (Ralph breaks the internet). Cendrillon délaissant sa robe de bal et Mulan sa qipao, les princesses devenues adolescentes d’aujourd’hui  arborent des tenues sport et confortables (photo de gauche ci-dessous) : Blanche-Neige en pantalon Capri, Cendrillon en sweatshirt et leggings, Mulan en jean et gilet, Anna en short et baskets,… Les poupées sont conditionnées par paires, mélangeant personnages classiques et héroïnes récentes : Cendrillon et Mulan, Pocahontas et Ariel, la belle au bois dormant et Jasmine, Belle et Mérida, Blanche-Neige et Moana (photo de droite ci-dessous), Elsa et Anna, Raiponce et Tiana.


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Miley Cyrus est une auteure-compositrice-interprète et actrice américaine. Elle rencontre la célébrité à l’adolescence en incarnant Miley Stewart / Hannah Montana dans une série de Disney Channel entre 2006 et 2011. Sa vie privée, son image publique et ses prestations sont l’objet de nombreuses controverses et reçoivent une large couverture médiatique. Elle a réalisé sept albums en studio, tourné dans douze films et dans un épisode de la série télévisée de science-fiction britannique « Black mirror » diffusé sur Netflix en juin 2019. Dans cette série, elle joue le rôle de la pop star de fiction Ashley O. et assure la voix de son alter ego la poupée intelligente Ashley Too. Les deux entreprises de jouets Jakks Pacific (photo de gauche ci-dessous) et Mattel (photo de droite ci-dessous) ont produit dans les années 2000 une poupée à l’effigie de Miley Cirrus / Hannah Montana.


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Juillet 2019 célèbre les 50e anniversaires de la mission Apollo 11 sur la Lune et de l’album « Space oddity » du chanteur pop David Bowie. La conquête spatiale, évoquée par ces deux événements dans des domaines très différents, a inspiré les fabricants de poupées. Entre les représentations de sommités scientifiques réelles et les personnages de fiction, tous destinés à encourager les vocations des fillettes dans les carrières professionnelles du domaine des STIM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) en général et de l’exploration spatiale en particulier, l’offre est vaste : la poupée de Mattel représentant Katherine Johnson, la mathématicienne africaine-américaine du programme spatial habité de la NASA (photo de gauche ci-dessous), fait partie de la série de Barbie « Inspiring women » (femmes inspiratrices) ; la poupée à récit fictionnelle Luciana Vega d’American Girl campe une astronaute chilienne qui veut explorer Mars, dont le labo a toutefois une forte dominante rose ! (photo de droite ci-dessous) ;


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la Barbie « Miss Astronaut » de 1965 (photo de gauche ci-dessous) fait place à la poupée « Astronaut Barbie » de 2019 (photo de droite ci-dessous) ;


                              © Mattel                                           © Dolls Magazine

Les Barbie exploratrices spatiales remontent au salon du jouet de New York de 2016. Tirées des personnages du dessin animé par ordinateur « Star Light Adventure » (Barbie – Aventure dans les étoiles), elles portent une tenue irisée, surfent sur leur skateboard à lévitation et promènent leur chat Pupcorn dans l’espace. Loin de ces surfeuses galactiques de fiction, Mattel sort en 2019 deux poupées inspirées de personnalités scientifiques ancrées dans la réalité : une Barbie astrophysicienne avec son télescope et sa carte du ciel (photo de gauche ci-dessous), en partenariat avec la revue National Geographic ; la scientifique grecque de la NASA Eleni Antoniadou photo de droite ci-dessous), spécialiste en médecine régénératrice et bioastronautique, dans la collection Shero dolls (Super hero dolls).


                         © Mattel                                          © vickysstyle.com

David Bowie introduit le personnage de l’astronaute fictif Major Tom dans son album « Space oddity », sorti cinq jours avant les premiers pas de l’homme sur la Lune par la mission Apollo 11. Pour célébrer le 50e anniversaire de l’album, Mattel commercialise en juillet 2019 une poupée Barbie en édition limitée de l’alter ego du chanteur Ziggy Stardust dans son costume spatial métallique (photo de gauche ci-dessous). HuskySnail produit le même mois une surprenante poupée posable en tissu représentant Major Tom (photo de droite ci-dessous).


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Sorti en décembre 2018 et disponible en diffusion continue sur la chaîne de télévision payante américaine HBO à partir d’août 2019, « Mortal engines » (Mécaniques fatales) est un film de science-fiction américano-néo-zélandais réalisé par Christian Rivers, coécrit et produit par Peter Jackson, adapté du roman éponyme de Philip Reeve. Dans un monde post-apocalyptique ravagé après un holocauste nucléaire, de gigantesques villes mobiles errent et tentent de prendre le pouvoir sur d’autres villes mobiles plus petites ou moins armées. Le récit suit ainsi le trajet de la ville de Londres, hégémonique et sans pitié. Le hasard va faire se rencontrer les deux héros Tom Natsworthy et Hester Shaw, qui vont modifier la destinée de la ville. Dès novembre 2018, Funko sort une ligne de poupées en vinyl représentant les personnages du film : Hester Shaw (photo de gauche ci-dessous), Tom Natsworthy (photo de droite ci-dessous), Anna Fang et Thaddeus Valentine.


                           © Amazon                                              © Amazon

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En 1978, préparant un PhD à l’Université de Stanford, Sally Ride répond à une annonce parue dans le journal des étudiants de la faculté proposant le recrutement de femmes dans le corps des astronautes de la NASA. Elle est l’une des six femmes retenues parmi 8 000 candidates. En juin 1983, elle embarque à bord de la navette spatiale Challenger, devenant à 32 ans la première et la plus jeune américaine dans l’espace. Fin août 2019, Mattel lance une poupée Sally Ride dans la série de Barbie « Inspiring women » (photo de gauche ci-dessous).
En hommage à « Star wars » (La guerre des étoiles), la saga cinématographique de fantasie et de science-fiction créé par George Lucas, Mattel sort en août 2019 la collection de poupées « Star Wars™ x Barbie® » (photo de droite ci-dessous) comprenant les personnages de Dark Vador, R2D2 et Princesse Leia. Plutôt que de simplement copier la garde-robe, le concepteur Robert Best l’a réinterprétée en style Haute Couture.


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« The shining » (L’enfant lumière) est un film d’horreur psychologique américano-britannique réalisé par Stanley Kubrick en 1980 d’après  le roman éponyme de Stephen King paru en 1977. Jack Torrance, ex-professeur et alcoolique repenti qui se voudrait écrivain, accepte un poste de gardien de l’Overlook, un palace isolé dans les montagnes Rocheuses du Colorado, vide et coupé du reste du monde durant l’hiver. Le directeur de l’hôtel avertit Jack que le précédent gardien, Grady, a sombré dans la folie et massacré sa femme et ses deux filles jumelles avec une hache avant de se suicider avec une arme à feu. Jack accepte malgré tout le poste, accompagné de sa femme Wendy et son fils Danny, consistant à entretenir l’hôtel durant l’hiver : il profitera de la solitude pour écrire enfin son livre. À des centaines de kilomètres de l’hôtel, son fils a des visions sanglantes qui l’avertissent d’un danger. Après une tempête de neige qui coupe les lignes téléphoniques, la santé mentale de Jack se détériore sous l’influence des forces surnaturelles qui hantent l’hôtel, mettant sa famille en danger. La division Living Dead Dolls de Mezco Toyz lance en août 2019 la paire de poupées parlantes de 25 cm à cinq articulations représentant les jumelles Grady, habillées en robe bleue à volants froncés, chaussettes montantes et chaussures babies photo de gauche ci-dessous).
« It » (« Ça ») est une adaptation cinématographique du roman éponyme de Stephen King publié en 1986. « Ça » est est une entité extraterrestre ancienne et puissante qui sort d’un long cycle de sommeil tous les 27 ans afin de se nourrir d’êtres humains, principalement d’enfants. Cette entité prend de multiples formes, dont celle du clown maléfique Pennywise (Grippe-Sou) le Clown dansant : « Ça » affectionne particulièrement la forme du clown, car elle lui permet d’attirer plus facilement les enfants. En octobre 2019, Mezco Toyz commercialise une poupée Pennywise avec deux têtes interchangeables et son fameux ballon rouge. Haute de 15 cm, elle porte un costume de clown à volants froncés et possède 8 articulations (photo de droite ci-dessous).


                    © Mezco Toyz                                         © Mezco Toyz

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À l’automne 2019, l’artiste April Norton habille une série de cinq poupées OOAK sculptée par Dianna Effner et baptisée « Amethyst Collection » (photo de gauche ci-dessous). Les tenues utilisent différentes pièces acquises ou fabriquées au cours du temps évoquant un univers de fantasie et de carnaval. Les textiles employés incluent entre autres soie en toile doupion, tulle brodé, soie synthétique, faux suède et jersey.
À temps pour Noël, une fête que même les élèves de l’école Hogwarts Academy fréquentée par Harry Potter attendent avec impatience, Star Ace commercialise une série de poupées hyperréalistes de 25 cm en édition limitée de 250 exemplaires : Harry, Hermione et Ron habillés en Père Noël (photo de droite ci-dessous).


                    © April Norton                                          © Star Ace

Pour finir en beauté cette année de poupées si mal commencée, évoquons l’anniversaire de Corolle. La marque française de Langeais en Touraine, à l’occasion de ses 40 ans, édite les deux poupons Madeleine (photo de gauche ci-dessous) et Léonie (photo de droite ci-dessous), avec des visages à l’identique de ceux des poupées originelles de 1979, et programme de nombreux événements.


                         © Corolle                                               © Corolle

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Les poupées Effanbee : une institution américaine

La génèse

Effanbee (F and B) est un acronyme onomatopéique pour Fleischaker & Baum, les noms des deux industriels d’Atlantic City (New Jersey) Bernard E. Fleischaker, né dans le Kentucky, et Hugo Baum, né en Allemagne, qui se lient d’amitié et forment un partenariat en 1910 pour vendre des jouets. Auparavant, Bernard E. Fleischaker gérait un magasin de vente de meubles, et Hugo Baum une boutique de vente de sacs à provisions, avant de devenir représentant chez Samstag & Hilder, fabricant et importateur de poupées installé à New York avec des filiales à Chicago, Sonneberg (Thuringe, Allemagne, centre mondial de la fabrication de poupées depuis le XVIIe siècle), Nuremberg (Bavière, Allemagne, l’une des capitales mondiales du jouet), Berlin, Paris, Londres, Vienne et Kobe (Japon). Les deux premières années sont difficiles, et après avoir acquis une bonne expérience de la vente de jouets, les deux hommes décident en 1912 de fabriquer leurs propres poupées, « faites en Amérique pour des enfants américains ».
L’idée de départ est de créer des poupées en composition « aussi solides que du béton ». Dès 1912 sortent « Baby Dainty » (photo de gauche), « Little Walter », « Johnny-Tu-Face » et « Naughty Marietta », rebaptisée « Miss Coquette » en raison du lancement par Ideal Novelty & Toy Co. d’une poupée homonyme.
En 1913 est déposée la marque Effanbee, dont les symboles sont un oiseau bleu (photo du centre) et un cœur en or (photo de droite), et le slogan « Dolls that touch your heart » (Les poupées qui touchent votre cœur).


         © PicClick                              © Hake’s Auctions          © Walker Auctions

Les poupées remarquables

Effanbee a produit quelques poupées remarquables par leur caractère novateur ou le succès qu’elles ont rencontré. Outre Patsy, première poupée enfant aux proportions réalistes, on peut citer : « Dy-dee Baby », premier bébé buveur et mouilleur ; la collaboration avec la célèbre artiste en poupées pionnière Dewees Cochran pour la production de ses « America’s children » ;  « Tintair Honey », la poupée dont on peut teindre les cheveux ; « Ann Shirley », poupée représentant une célèbre actrice des années 1930 ; la poupée « Dorothy », d’après un personnage du magicien d’Oz ; « Brenda Starr », la grande reporter de fiction ; l’enfant « Betsy McCall », célèbre poupée de papier reprise en vinyl par Effanbee en 2008 ; les poupées en robe de mariée, très populaires au début du XXe siècle ; « Tiny Kitty Collier », version moderne des poupées glamour des années 1950 telles que Miss Revlon.

Le développement des années 1910

La même année est introduite la ligne de poupées « Betty Bounce » (photo de gauche ci-dessous), tandis que l’année suivante, 1914, voit la sortie de « Baby Grumpy » (photo du centre ci-dessous), un poupon au visage renfrogné, et des poupées enfants « Jumbo ».
Ernst Otto Denivelle, industriel pionnier, travaille avec son frère de 1910 à 1912 au perfectionnement de la technique de composition pressée à froid pour la fabrication des têtes de poupées. Son procédé est utilisé de manière intensive par Effanbee pour produire, outre les « Baby Grumpy » et les « Jumbo », de nombreuses poupées parmi lesquelles, en 1915 : « Aunt Dinah » (photo de droite ci-dessous), « Baby Bright Eyes », Baby Huggins », « Baby Snowball », Billy Boy », « Brick Bodkins », « Daddy Long Legs », « Dorothy Dainty », « Fifi », « Our Baby », « Tiny Tads » et « Whistling Jim ». La plupart de ces poupées, habillées, avaient des cheveux courts moulés, certaines ayant des perruques et des yeux dormeurs. Créées par Hugo Baum, « Uncle Sam » et « Columbia » sont lancées en 1916.

L’année suivante, en 1917, un incendie détruit partiellement l’usine. « Mary Jane », ainsi que trois tailles d’infirmières de l’armée en uniforme officiel en cire, sont introduites.
En 1918, l’entreprise adopte un plan d’intéressement aux bénéfices pour les employés et produit 200 modèles de poupées, dont de nombreuses nouveautés parmi lesquelles : « Baby Catherine » (photo de gauche ci-dessous), « Baby Ruth », « Bathing Buds », « Christening Baby », « De Luxe Baby », « Dolly Dumpling », « Johnny Jones », « Little Girl » et « Sweater Baby ». Nombre de ces poupées ont des têtes collerette en composition avec des cheveux moulés ou des perruques, des yeux peints ou dormeurs et des corps en tissu bourré de liège, les plus abouties ayant des cils et des corps articulés en composition. La plupart sont vendues habillées. Les infirmières de l’armée de l’année précédente sont reprises  en tailles de 30,5 à 61 cm. Une ligne de bébés de caractère à tête collerette en composition et yeux peints, disponible en quatre tailles, porte une barboteuse en percale blanche à garniture rose ou bleue. Une ligne de poupées à vêtements de soie est quant à elle disponible en trois tailles. Enfin, des poupées à traits asiatiques réalistes portent des costumes traditionnels japonais.


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La période productive continue en 1919 avec la sortie de 300 modèles de poupées dont « Riding Hood Bud », « Valentine Bud » et une série de type « Poupée Mama » (photos ci-dessous). C’est cette même année que l’entreprise utilise la formule promotionnelle « American dolls are now the world’s standard » (Les poupées américaines sont maintenant la référence mondiale). Le fabricant et distributeur Butler Bros de Sonneberg (Thuringe, Allemagne) commercialise des poupées Effanbee de 39 cm habillées à tête et mains en composition, yeux dormeurs et perruques courtes en mohair. L’entreprise de céramique Lenox Potteries fabrique pour Effanbee des têtes expérimentales de poupées en biscuit. Katherine Fleischmann, créatrice de poupées, est chargée de la conception de robes pour le compte d’Effanbee.


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Les prolifiques années 1920

Une grève de quatre semaines éclate en 1920, année de la sortie d’une série de poupées à corps en chevreau et membres en composition, d’une autre série de poupées habillées à corps en composition articulé et d’une ligne de poupées en tissu bourrées de coton. Cette dernière comprend une poupée noire portant un tablier, un foulard et des bas à rayures.
En 1921, 300 modèles de poupées sont introduits, dont une poupée Mama qui dit « papa », une poupée de salon, un bébé pleureur dans de vrais vêtements de bébé, « Little Miss Muffet » (d’après le personnage d’une célèbre comptine anglaise, photo de gauche ci-dessous), « Margie », Mildred », « Salvation Army Lass » et « Trottie Truelife ».
50 types de poupées marcheuses et parlantes « They walk and they talk » (Elles marchent et elles parlent) à corps bourré de liège ou de coton,  disponibles en tailles de 30, 36 et 38 cm, et  capables pour la plupart de dire « mama » et « papa », voient le jour en 1922. D’autres poupées Mama habillées sont disponibles en tailles de 26,5 à 68,5 cm. La « Sambo family » comprend des poupons noirs, et l’on trouve aussi un danseur hawaïen. Un poupon joue 15 airs de musique à la commande d’un mécanisme à ressort.
Les poupées ont maintenant pratiquement toutes des yeux mobiles, et leur slogan devient « They walk, they talk, they sleep » (Elles marchent, elles parlent, elles dorment). Un bouton marqué « Effanbee » est épinglé sur la robe de chaque poupée et chaque boîte contient une brochure intitulée « Comment jouer avec et aimer une poupée Effanbee ». Une nouvelle ligne appelée « La poupée au cœur d’or » porte un pendentif en forme de cœur (photo de droite ci-dessous).


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Les nouveautés de 1923, au nombre de 150, ont des têtes et des bras en composition, des cheveux peints, naturels ou en mohair, des corps en tissu et des jambes en composition ou en tissu. Elles comprennent les poupées « Honeybunch », « Beach Baby », « Nancy Ann », « Mary Ann » (photo de gauche ci-dessous), « Dolly Marion », « Dolly Rose Mary » et une poupée Mama portant une barboteuse colorée avec une poche en forme de lapin et une capeline.
1924, année record de production, voit le lancement de 400 modèles incluant quatre nouveaux « Baby Grumpy » (Joan, Gladys, Billie et Peter), trois « Lee » identiques mais de tailles différentes (« Betty Lee », 51 cm, « Alice Lee », 58 cm et « Barbara Lee », 74 cm) et des poupées habillées en tissu représentant des enfants, disponibles en trois tailles. Caractéristiques inédites cette année, on trouve des cils naturels et des bras en composition articulés aux épaules. Hugo Baum obtient un brevet pour  « Harmonica Joe » (photo du centre ci-dessous), une poupée noire jouant de l’harmonica. Les poupées Effanbee, en particulier les poupées Mama, deviennent populaires en Grande-Bretagne ; ces dernières sont proposées en cinq tailles : 43, 46, 53, 61 et 71 cm.
L’artiste Ernesto Peruggi conçoit la poupée « New Born Baby » en 1925, dont Fleischaker obtient les droits exclusifs. Comme ils tardent à produire leur version de « Bye-Lo Baby », qu’ils baptisent « Baby Dainty » (nom déjà utilisé pour une autre ligne de poupées), ils procèdent à deux innovations, qui seront plus tard imitées par d’autres fabricants : sortir la poupée avec une sœur jumelle ; fabriquer une poupée qui bat des mains, « Pat-o-Pat » (photo de droite ci-dessous). Par ailleurs, Effanbee introduit les deux poupées « Bubbles » et « Rosemary ».


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En 1926, la célèbre chaîne de magasins de jouets new-yorkaise F.A.O. Schwartz commercialise une poupée Mama de 46 cm. Les nouveautés de cette année incluent cinq styles différents de « Bubbles », « Rose-Marie », et « Lovey Mary », qui possède les nouvelles jambes élancées en composition.
L’année suivante, en 1927, « Bubbles » est déclinée en 50 styles comprenant les poupées à plaques d’épaules en composition s’étendant au-dessous des bras. Certaines poupées Mama ont des jambes élancées et sont habillées de vêtements de soie et d’organdi. Les nouvelles poupées comprennent « Grumpkins », une version réduite de « Baby Grumpy » ; « Mary Lou » (photo de gauche ci-dessous), la grande sœur de « Bubbles » ; et une poupée promise à un grand avenir, « Mimi », renommée « Patsy » (photos du centre et de droite ci-dessous) après le refus d’enregistrement de « Mimi » comme marque déposée. Conçue par Bernard Lipfert, le célèbre créateur ayant travaillé pour Armand Marseille, cette dernière tiendrait son nom de Patricia Fitzmaurice, la fille d’un aviateur transatlantique. Une « Bubbles » à tête collerette en composition, perruque en mohair, yeux dormeurs et cils naturels, disponible en cinq tailles de 13,5 à 22 cm, est fabriquée exclusivement par Effanbee pour l’importateur et distributeur de poupées de Chicago Montgomery Ward & Co., qui commercialise également « Mary Sue », « Naughty Eyes » et « Rosemary ».


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Le succès de Patsy

Mais revenons à Patsy, la première poupée enfant aux proportions réalistes, fabriquée en très grande série et qui connaîtra un immense succès. Disponible en tailles de 15 à 76 cm, elle est la plus célèbre des poupées en composition après Shirley Temple, conçue par le même créateur. Cette poupée sculptée pour représenter un tout petit enfant de trois ans aura une longévité exceptionnelle en traversant le XXe siècle, et sera l’une des premières à disposer d’une importante garde-robe séparée. Elle est sans doute la première à être entourée d’une grande famille, incluant « Patsyette » (photo de gauche ci-dessous), « Patsy Ann » (photo du centre ci-dessous), Patsy Lou », « Patsy Jr », « Skippy » (photo de droite ci-dessous) et « Patsy Joan ». Skippy est créé en 1928 d’après le personnage de bande dessinée de P.L. Crosby, un petit garçon de 10 ans turbulent appelé Skippy Skinner.


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L’enregistrement de la marque déposée « Patsy » est accepté par le bureau américain des brevets en 1928. Effanbee gagne un procès en contrefaçon contre la société new yorkaise Maxine Doll Co. pour la production de Mitzi, une imitation de Patsy.
Tout au long des années 1930, Effanbee est le producteur des poupées Patsy. Depuis, elles ont été fabriquées sous licence par diverses sociétés, dont Ashton Drake. La chronologie de production des Patsy est chaotique : en 1947, le repreneur d’Effanbee, Noma Electronics, réédite des poupées de la famille Patsy ; puis une longue interruption précède quelques reproductions dans les années 1970 ; dans les années 1980, des poupées Patsy en vinyl apparaissent pour la première fois ;  le dernier repreneur d’Effanbee (en 2002, suite à une faillite) et producteur des Patsy est la Tonner Doll Company, qui a fermé ses portes fin 2018.
Patsy a une famille nombreuse : sa petite sœur « Patsyette », sa grande sœur « Patsy Ann » et son frère « Skippy », sans compter « Tiny Patsyette Baby », « Wee Patsyette », « Patsy Lou » (photo de gauche ci-dessous), « Patsy Joan », « Patsy Jr » (photo du centre ci-dessous), « Patsy Ruth » et « Patsy Mae »(photo de droite ci-dessous). Les tailles sont variées : la Patsy classique mesure 36 cm, « Wee Patsyette » seulement 13 cm, « Patsyette » 23 cm, « Patsy Ann » 48 cm, « Patsy Baby » 25 cm, « Patsy Jr » 28 cm, « Patsy Lou » et « Patsy Ruth » sont plus grandes, de 56 à 66 cm, et la plus grande, « Patsy Mae », mesure de 71 à 76 cm.


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Patsy et sa famille sont faites en composition de 1927 aux années 1940. Presque toutes les reproductions des années 1980 sont en vinyl, cherchant parfois à imiter l’aspect de la composition. La plupart des poupées Effanbee ont des cheveux moulés, mais certaines portent des perruques dès les années 1930, et Tonner produit à partir de 2002 des poupées de la famille Patsy avec des cheveux naturels. Les nombreuses Patsy faites directement ou sous licence de Tonner sont des reproductions de qualité élevée en vinyl dur (photos ci-dessous).


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Quelle est la cote des poupées de la famille Patsy ? les plus rares, telles que « Patsy Ruth » et « Patsy Mae », se vendent à plus de 500 €. Les plus recherchées sont les poupées en parfait état de conservation avec leurs vêtements d’origine et étiquettes de poignet. Celles qui sont craquelées, portent des vêtements de remplacement ou ont subi des réparations se négocient beaucoup moins cher. Les poupées en bon état se vendent autour de 200 €, et celles fabriquées par Tonner au prix de détail, à moins qu’elles soient éditées pour des conventions ou en série limitée, auxquels cas elles sont beaucoup plus onéreuses.

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Le tournant des années 1930

Outre le dépôt de la marque « Patsy », l’année 1928 voit l’arrivée chez Effanbee de l’artiste internationalement célèbre Fan Fuerst, connue sous le nom de « la Dame d’Effanbee ». Elle disait des contes pour enfants, accompagnée d’actrices habillées comme des poupées. Les nouveautés de l’année sont : « Marylee » (Marilee), poupée Mama ou pleureuse à tête et membres en composition, perruque en mohair, yeux dormeurs, cils naturels et bouche souriante avec dents apparentes, et corps en tissu bourré de coton articulé aux épaules et aux hanches ; « Lovums » (photo de gauche ci-dessous), marque déposée de poupée à tête en composition et expression rieuse, yeux dormeurs, corps en tissu bourré de kapok avec membres courbés, costumes variés, proposée en tailles de 40,5 à 75 cm, dont une version est équipée d’un phonographe ; « Mary Sue » et « Laughing eyes » ; des poupées mécaniques telles qu’une poupée danseuse faisant tournoyer son parasol ou un clown se balançant sur son trapèze.
L’année suivante, en 1929, Effanbee annonce que toutes ses poupées ont désormais des articulations de cou où la cavité se trouve dans la tête et la partie protubérante sphérique dans le cou. Par ailleurs, l’entreprise affirme que ses poupées sont durables. Parmi les nouvelles poupées introduites, on trouve « Lilibet » et « Patsy Ann ». Patsy et Bubbles (photo du centre ci-dessous) ont de nouveaux costumes.
En 1930, toute la famille Patsy, dont chaque membre est pratiquement disponible en fille et en garçon, est équipée de patins à roulettes. Les poupées de l’année sont « Patsykins » (photo de droite ci-dessous), « Wee Patsy », « Tousel Head », « Lamkin », « Patsy Joan », « Mary Lee » et le bébé « Sugar baby ».


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En 1931, des animaux sont ajoutés à la ligne de poupées et comprennent « Puss N Boots », poupée de 28 cm à tête de chat en composition sur corps de Patsy. « Bubbles » est offerte en prime pour la vente de trois abonnements au magazine « Junior home », puis le choix s’étend, à partir du numéro de novembre, à « Patsy » et « Baby Lamkin ». Avec la sortie du film « Skippy » joué par Jackie Cooper, la poupée éponyme devient encore plus populaire.
En 1932, « Patricia » est une poupée de 36 à 38 cm toute en composition aux deux bras légèrement pliés et aux yeux dormeurs. La série de bébés « Patsy Baby-Kin » (photo de gauche ci-dessous) de 20, 23 et 25 cm, toute en composition et aux jambes fléchies, est marquée « Patsy Baby », « Baby Tinyette » et « Patsy Babyette ». Elle est disponible en fille, garçon ou jumelles, avec des cheveux moulés ou des perruques en caracul. « New Bubbles », tête en composition de style Lovums à bouche ouverte, cheveux moulés et yeux dormeurs, corps en caoutchouc et membres courbés, est devenue une poupée très rare. « Patsy Ann » et « Patsy Joan » sont dotées d’une malle garde-robe.
Hugo Baum est appelé « le Ziegfeld de l’industrie de la poupée » (Ziegfeld était un célèbre producteur de Broadway), en raison de ses méthodes audacieuses de merchandising : il édite le journal promotionnel « Patsytown news » et organise des réceptions dans les département jouets des grands magasins. 1933 est l’année de « Popeye » (photo de droite ci-dessous) et « Betty Brite », deux poupées de 41 cm en tissu. Une autre « Betty Brite » de 42 cm toute en composition a des jambes raides et une perruque bouclée en caracul. « Kali-Ko-Kate » est toute en tissu avec des traits peints, tandis qu’une « Baby Bubbles » de 28 à 46 cm à cheveux moulés, yeux dormeurs et bouche ouverte possède une tête en composition et un corps avec membres tout en caoutchouc. Une série de « Dy-Dee » à corps en caoutchouc fourni par la société Miller Rubber Company voit le jour : « Dy-Dee Wee », 23 cm, « Dy-Dee Ette », 28 cm, « Dy-Dee Kin », 33 cm, « Dy-Dee Baby », 38 cm et « Dy-Dee Lou », 51 cm.


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« Patsy Mae », la plus grande poupée de la famille Patsy, sort en 1934 en deux tailles : 71 et 76 cm. Elle a la tête en composition standard des Patsy, des yeux dormeurs et une perruque. Son corps est en tissu, avec une plaque d’épaules en composition. La Patsy de cette année est habillée en petit chaperon rouge, accompagnée d’un « Wolf » (loup) et d’une « Grandma » (mère-grand) à têtes en composition. C’est aussi l’année des « Three little pigs » (trois petits cochons).
« Baby Wonder » est l’une des nouveautés de 1935 : un bébé tout en composition avec des yeux dormeurs, des cheveux moulés et un ensemble main-biberon en celluloïd. En 1908 est paru le roman à succès de l’auteure canadienne Lucy Maud Montgomery, « Anne of green gables » (« Anne de la maison aux pignons verts », publié en France sous le titre « Anne et le bonheur »), mettant en scène une petite fille adoptée par erreur, Anne Shirley (photo de gauche ci-dessous), personnage foncièrement optimiste, imaginative et courageuse. Effanbee en fait une poupée proposée en tailles 36, 56 et 71 cm. Colleen Moore, actrice de cinéma américaine devenue célèbre dans les années 1920, fait réaliser par son père un château miniature de 0,8 m² meublé par le décorateur Harold Grieve (photo de droite ci-dessous), qu’elle exposera pendant la grande dépression afin de récolter des fonds destinés à des œuvres caritatives pour enfants. La petite poupée en composition de 14 cm « Wee Patsy » représente désormais la princesse de ce château, dont une réplique est fournie avec la poupée. Prêté au Museum of Art and Industry de Chicago en 1949, le château miniature a été légué à ce même musée en 1976.


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« Patsy Ruth », ajoutée à la famille Patsy en 1936, poupée aux yeux dormeurs avec perruque, est disponible en tailles de 63,5 à 68,5 cm, toute en composition pour la plus grande taille et corps en tissu avec plaque d’épaules en composition pour les autres. Une nouvelle version de « Sugar Baby », en tailles de 51 à 61 cm, a un corps en tissu et une tête ainsi que des membres en composition, avec une perruque en caracul et une bouche ouverte à deux dents supérieures. Depuis 1928 est diffusé sur la station WMAQ de Chicago le populaire sitcom radiophonique Amos ‘n Andy, qui se déroule dans une communauté africaine-américaine. Un des personnages imaginaires de cette série est le bébé « Amosandra », qui se voit offrir de nombreuses poupées par les auditeurs. Effanbee utilise le moule de « Patsy Baby » pour réaliser des poupées Amosandra à trois nattes de cheveux en fil (photo de gauche ci-dessous), qui doivent être marquées Effanbee pour être authentiques, de nombreuses Amosandra ayant été produites par diverses compagnies à cette époque. Des poupées représentant des familles et utilisant les moules « Grumpy » sont proposées : « Pennsylvania Dutch » (photo de droite ci-dessous), « River Brethern », familles Amish ou Mennonites. Effanbee collabore avec Dewees Cochran pour réaliser quatre modèles de 38 à 53 cm appelés « America’s children » (enfants d’Amérique), en composition avec yeux dormeurs peints, et dotés pour la première fois de doigts ouverts capables de porter des gants : « Peggy Lou », « Gloria Ann », « Barbara Lou » et « Ruth Ann ».


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Effanbee sort de son domaine de prédilection en 1937 pour réaliser la poupée ventriloque « Charlie McCarthy » (photo de gauche ci-dessous), ainsi que des marionnettes : « Clippo Clown », Emily Ann », « Lucifer », « Liza Lee » et le chien « Poochie ». Elles sont conçues par la célèbre marionnettiste Virginia Austin, qui fonde le « Clippo club » pour promouvoir ses créations. Peu de poupées cette année : « Mary Ann », toute en composition, bouche ouverte et perruque, en tailles de 35,5 à 56 cm ; de nouvelles éditions des « America’s children », de 43 à 53 cm.
En 1938 est passée une commande de l’Alexander Doll company pour deux poupées que cette société n’a pas les moyens de produire, car elle n’arrive pas à répondre à la demande : le bébé « Sweetie Pie », poupée de 48 cm aux yeux articulés dans une combinaison de ski en peluche ; une « Nurse » de 28 cm. « Ice Queen », poupée de 38 cm également commercialisée sous le nom de « Betty Ann », a une bouche ouverte aux dents incrustées ; la bouche et les yeux dormeurs de cette poupée ont posé de nombreux problèmes et limité la production. « Button Nose », 20 cm, toute en composition, yeux peints et cheveux moulés, est habillée dans divers costumes de pays (photo du centre ci-dessous). Effanbee édite de nouvelles versions de 38, 45 et 53 cm de l’Anne Shirley de 1935, cheveux blonds tressés en couronne, boucles sur le front et chapeau de paille rose ; Dewees Cochran en a conçu les bras et les doigts écartés ; elle porte une robe courte à pois bleus et roses, un tablier en indienne bleue avec poche, ruchés et chaussures roses à boutons. Le catalogue de 1938 du grossiste et importateur de jouets de Chicago N. Shure Company mentionne des poupées de salon Effanbee : « Ella », 61 cm, « Marietta », 69 cm, « Ginger Curls », 58 cm, « Florence », 79 cm, « Bride », 71 cm, « Elizabeth », 74 cm et « Sonja on skates » (photo de droite ci-dessous, voir Sonia Henie), 41 cm, avec le commentaire « Effanbee a su capturer la véritable expression de sa célèbre homonyme » ; elle porte une perruque en cheveux naturels et une tenue de patinage en taffetas blanc.


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Les catalogues mentionnent en 1939 la poupée « Suzette » de 29 cm en robe Vichy à carreaux et capeline, sous les noms « Susie » et « Sunbonnet Sue ». Suzette a été utilisée pour une série de poupées de pays, incluant une hawaïenne à cheveux moulés (photo de gauche ci-dessous). « Mickey Baby », poupée en tissu et composition à jambes raides, bouche fermée, cheveux moulés et perruque en caracul, est disponible en quatre tailles : 38, 46, 51 et 61 cm. Une « Patsy Ann » de 46 cm en tissu et composition comporte une boîte à musique qui joue « Happy birthday ». « Boo-Hoo » et « Ha-Ha » sont deux jouets à presser tout en caoutchouc avec des vêtements moulés. « Pat-O-Pat » est une petite fille en tissu aux yeux peints de 38 à 41 et 46 cm. Une autre « Suzette », de 28 cm, toute en composition, a des yeux peints et dormeurs, et des cheveux moulés ou une perruque. « Little Lady » (photo du centre ci-dessous), avec ou sans les mains conçues par Dewees Cochran, est proposée en tailles de 38, 48, 56, 69 et 74 cm ; toute en composition, elle est marquée « Anne Shirley » ou simplement « Effanbee » sur le dos ; des modèles de 36 à 38 cm existeront jusqu’en 1949, accompagnés d’une valise garde-robe de 19 pièces. Une « Dy-Dee » à tête en caoutchouc dur, corps et membres en caoutchouc souple, dotée d’une layette de 19 pièces, sort en trois tailles de 28, 38 et 51 cm. La poupée « Touslehead » (photo de droite ci-dessous), corps en tissu, tête et membres en composition, yeux dormeurs et perruque en caracul, mesure 46 cm et joue la chanson « Now I lay me down to sleep », prière du coucher pour enfants datant du XVIIIe siècle, au moyen d’un phonographe miniature, habillée en pyjama ou en robe de chambre de flanelle fleurie.


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Une poupée « Portrait » de 51 cm, conçue dans la série « America’s children » (voir plus haut) et appelée « Magazine cover doll » (poupée couverture de magazine), possède des yeux dormeurs, des cils naturels et une perruque blonde en cheveux humains avec une mise en plis de groom et un gros nœud ; elle est en composition, avec les bras et les mains (aux doigts séparés) en caoutchouc dur ; sa tenue de présentation est une robe de velours rose à petit col blanc, avec des chaussures en simili cuir blanc et des bas en rayonne. Avec sa boîte à musique suisse dans le corps, « Birthday Doll », poupée en composition de 43 cm, possède des yeux dormeurs, une bouche fermée, et les bras et mains gantables en caoutchouc dur caractéristiques de la créatrice Dewees Cochran ; elle porte une robe et un chapeau en velours bleu, la première avec une garniture de dentelle et des boutons en nacre (photo de gauche ci-dessous). Trois ensembles historiques de 30 poupées chacun décrivent l’évolution des modes, depuis une jeune femme indienne de 1492 jusqu’à l’élaboration vestimentaire de 1939. Ces ensembles de tailles 51 et 53 cm sont en composition avec des bras en caoutchouc dur, et marqués « Ann Shirley ». Les yeux et les sourcils sont peints en pointillés, et les matériaux utilisés pour les vêtements très recherchés : velours, satins et belles dentelles. Exposés à travers le pays dans des grands magasins, ils sont l’objet de répliques de 35,5 cm de chacune des poupées historiques, vendues dans le même temps (photos du centre et de droite ci-dessous).


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Les années 1940, la guerre et le rachat par Noma Electric

1940. Les poupées de la famille « Dy-Dee » se déclinent en tailles croissantes : « Dy-Dee Kins », « Dy-Deette », « Dy-Dee Jane », « Dy-Dee Louise », « Dy-Dee Ellen ». Tout en caoutchouc dur moulé, avec parfois des cheveux en caracul, elles sont livrées avec leurs vêtements en valise, malle ou parc de jeux.  « Tommy Tucker » (photo de gauche ci-dessous), poupée tout en composition, ou en tissu et composition, a des yeux articulés, une bouche fermée et une perruque en caracul. Elle utilise le moule de « Baby Bright Eyes » pour produire des modèles de 51 cm. « Suzanne » est une poupée en composition aux yeux dormeurs, dont certaines sont équipées par les grands magasins de jouets F.A.O. Schwarz de petits aimants dans les mains afin de tenir divers objets métalliques, à l’instar des « Skippy » et des « Patricia ». Également disponibles cette année : « Patsy Baby », « Patsy Joan », « Sugar Baby » et « Little Lady ». Des « Portrait Dolls » de 30,5 cm tout en composition avec yeux dormeurs et perruques incarnent des personnages de ballerines, mariés, garçons et filles dans le style de l’illustratrice Kate Greenaway, Gibson girls et « Little Bo Peep » (personnage de comptine anglaise, photo du centre ci-dessous). Le poupon « Babykin » à cheveux moulés de 23 à 30,5 cm tout en composition sera proposé en garçon, fille et jumeaux (photo de droite ci-dessous) jusqu’en 1949. Dans le catalogue 1940 du grossiste en articles de maison John Plain, on trouve le duo « Babykin » et « Suzette », à cheveux moulés, en vente dans une malle sous le nom « Baby and big sister ». Une nouvelle « Suzette » de 28 cm à cheveux moulés est vendue séparément dans une malle avec des vêtements, sous le nom de « Bea ». Toujours dans ce catalogue, on trouve une « Patsy Ann » de 44,5 cm avec boîte à musique, deux poupées portraits « America’s children » de 44,5 et 53,5 cm et une « Ann Shirley » de 38 cm sans les mains conçues par Dewees Cochran. Des « Dydee » en tailles 25, 30, 35 et 36 cm tout en caoutchouc avec des yeux dormeurs sont appelés cousins des « Dy-Dee ». Le 2 novembre 1940, Hugo Baum décède et son associé Bernard E. Fleischaker s’installe en Californie pour fonder « Fleischaker Novelties », une entreprise qui fabriquera des poupées raffinées. Effanbee reste sous le contrôle qualifié des fils des associés Bernard Baum et Walter Fleischaker, et des experts Al Kirchof, Perry Epstein et Morris Lutz.


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La styliste et fabricant de poupées Mollye Goldman conçoit la ligne de vêtements de poupées d’Effanbee pour l’année 1941. Une nouvelle « Little Lady » avec boîte à musique joue « Happy birthday ». Des jumelles en composition « Tousle Tot Twins » de 20 cm (photo de gauche ci-dessous), utilisant le moule de »Patsy Babyette », ont des yeux dormeurs et des perruques en caracul.
Suite à l’attaque de Pearl Harbor par le Japon en décembre 1941, les États-Unis entrent immédiatement en guerre avec les puissances de l’Axe. La plupart des entreprises américaines participent à l’effort de guerre et de nombreuses ressources manquent dès 1942 pour fabriquer les poupées. Quand il n’y a plus de perruques, Effanbee utilise du fil pour les cheveux, et du tissu pour les corps et les membres après la pénurie de composition. La paire « Brother and Sister » (photo de droite ci-dessous) utilise les moules de « Baby Bright Eyes » et « Sweetie Pie ». Leurs corps et membres sont en tissu et leur tête en composition. Des poupées « Baby Bright Eyes » sont proposées en versions garçon et fille, ainsi que des « Miss Glamour Girl » et « Babyette » à tête en tissu et composition avec yeux peints. « Little Lady », cheveux en fils ou perruques en mohair, est disponible en de nombreux costumes, incluant une tenue militaire avec cape en coton bleu à rayures rouges. La poupée « Heartbeat Baby » de 43 cm, corps en tissu, membres en composition et bras pliés au coude, bouche ouverte et cheveux moulés, innove avec son mécanisme d’horlogerie à clé reproduisant les battements du cœur et son stéthoscope associé. Le catalogue de vente par correspondance de Montgomery Ward de 1942 mentionne deux kits de poupées à coudre, une petite « Wee Patsy » de 14 cm et une « Susie » de 24 cm avec garde-robes pré-découpées.

En 1943 sortent deux poupées au moule de « Little Lady » : « Today’s Girl », 46 cm, avec des cheveux en fils, des yeux peints et un corps en tissu rose ; « Centerpiece Bride ». Également introduites cette année, « Baby Button Nose », un « Skippy »en uniforme militaire et deux versions noires de poupées antérieures, « Black Little Lady » et « Black Touslehead ». Un concours de poupées organisé par « Everywomen’s magazine » décerne le premier prix à une « Little Lady » ; Montgomery Ward édite un puzzle sur le thème de cette poupée, dont Effanbee produit une mariée, « Bride Little Lady » (photo de gauche ci-dessous), en robe de satin blanc avec semence de perles. De nouvelles versions de « Sweetie Pie » dont une noire sont proposées, en tailles 46, 48 et 61 cm, avec des yeux articulés. Des jumeaux « Mickey » de 36 cm à têtes et membres en composition, fille et garçon à corps en tissu, habillés d’une combinaison de ski et de bonnets (photo du centre ci-dessous), sont vendus dans une malle avec vêtements. « Sugar Doll » est une grande poupée de 74 cm, tête en composition pivotant sur un cou en bois, corps et membres en tissu bourré, mains en composition, épaules, hanches et genoux cousus, yeux bleus peints et bouche fermée, cheveux en fil de coton, habillée d’une robe bleu pâle à longues manches.
Très peu de nouveautés sont lancées les deux années suivantes, la guerre ayant pratiquement anéanti l’industrie de la poupée. Seules émergent en 1944 « Beautee-Skin Baby », poupée à tête en composition sur un corps et des membres articulés en latex, disponible en tailles 36, 43 et 48 cm, et en 1945 une « Babyette » de 30,5 cm, tête collerette en composition, corps et membres en tissu bourré souple, cheveux moulés et traits peints sur un visage endormi aux yeux clos, bouche fermée, habillée en robe de baptême et vendue dans un panier (photo de droite ci-dessous).


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Avec la fin du conflit mondial, la production redémarre en 1946. « Candy Kid », poupée de 33 à 35,5 cm tout en composition avec yeux dormeurs, cheveux moulés et garde-robe étoffée, apparaît habillée en rose dans les catalogues (photo de gauche ci-dessous). « Little Lady » poursuit sa carrière avec succès, tandis que sont rééditées une « Patsy » de 33 à 34 cm, tout en composition avec yeux peints et dormeurs, une « Patsy Joan » noire de 43 cm de même type avec cheveux moulés ou perruque, et une « Baby Bright Eyes » noire en tissu et composition, yeux dormeurs et cheveux moulés. Mais, comme de nombreuses entreprises à cette période, Effanbee connaît des difficultés financières, et elle est rachetée par Noma Electric.
En plus de modèles repris des années précédentes, 1947 voit l’introduction de « Howdy Doody » (photo du centre ci-dessous) et « Li’l Darlin », deux poupées en tissu et vinyl à bouche ouverte-fermée, yeux peints et cheveux moulés, et la réédition de « Patsy Babyette », tout en composition, perruque sur cheveux moulés et yeux dormeurs. « Howdy Doody » habillé en cow-boy est la marionnette ventriloque créée par Buffalo Bob Smith pour l’émission de divertissement télévisée éponyme qui dura de 1947 à 1960. Une promotion spéciale pour Pâques habille « Candy Kid » en couleur jaune.
En 1948, « Honey », poupée en composition proposée en tailles 51 à 53 et 69 cm, est dotée des bras et mains conçus par Dewees Cochran et d’yeux articulés ou dormeurs. De nouvelles versions de « Little Lady » sont accompagnées de costumes divers, dont une tenue de majorette. « Sweetie Pie », également connue sous le nom de « Tousle-Tot », refait une apparition en corps de tissu, tête et membres en composition, yeux articulés et perruque en caracul, en tailles 48 et 61 cm. « Dy-Dee » ressort en corps caoutchouc et tête en caoutchouc dur, tailles 28 et 38 cm, yeux dormeurs et perruque en caracul, avec valise et garde-robe en option. Le fabricant réalise une nouvelle incursion dans le domaine des marionnettes avec « Macawful The Scot » (photo de droite ci-dessous).


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La fabrication de « Honey » et de l’indémodable « Little Lady », toutes deux en composition, se poursuit en 1949. « Babykin » est repris dans les mêmes tailles qu’en 1940, mais dans de nouveaux matériaux, le plastique dur pour la tête et le latex pour le corps, avec en plus l’option de la perruque en caracul. « Noma Talker », poupée parlante de 63,5 à 76 cm, a des cheveux moulés ou une perruque collée. « Mommy’s Baby » (photo de gauche ci-dessous), de 69 à 71 cm, allie divers matériaux : plastique, tissu, vinyl.

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Les années 1950, le triomphe du plastique

Bien que quelques modèles soient toujours disponibles en composition, on assiste à partir de 1950 à une généralisation de l’emploi des nouveaux matériaux que sont le plastique et le vinyl, qui offrent de nombreux avantages sur la composition : malléabilité, légèreté, durabilité, fonctionnalité et coût. « Babyette », qui troque sa tête en composition contre une tête en plastique dur à cheveux moulés ou perruque collée, est proposée en jumeaux frère et sœur. « Honey Walker » (photo du centre ci-dessous), fille ou garçon, tout en plastique dur, bouche fermée, dispose de nombreux vêtements et de perruques variées dans cinq tailles : 41, 46, 53,61 et 71 cm ; une sixième taille, 48 cm, est vendue avec une malle garde-robe. « Little Lady » passe elle aussi au plastique dur, avec une tête en vinyl, tandis que « Dy-Dee », cheveux moulés ou perruque, conserve son corps et ses membres en caoutchouc, mais adopte une tête en plastique dur. D’autres poupées associent les matériaux, comme « Howdy Doody », tissu et plastique dur, ou « Mommy’s Baby », latex et plastique dur. « Noma’s Electronic Talking Doll » (photo de droite ci-dessous), poupée parlante de 71 cm, a un corps en tissu,une tête en plastique dur et des bras en vinyl.

En plus des quatre tailles de 1950 (41, 48, 56 et 63,5 cm), la gamme des « Mommy’s Baby » de 1951 s’étend aux tailles 43, 53 et 71 cm. Noma introduit une poupée tout en plastique dur aux cheveux en Dynel à teindre, « Tintair » (photo de gauche ci-dessous), habillée d’une robe en taffetas de rayonne et disponible en tailles de 36, 41 et 46 cm. La « Dy-Dee » de 1950 est reconduite à l’identique. De nouvelles « Li’l Darlin » pleureuses de 33 et 41 cm, corps en tissu, tête et membres en vinyl, cheveux moulés, yeux peints et bouche ouverte-fermée, sont proposées en jumelles, quadruplées ou séparément. La poupée « Noma Talker », 46 cm, qui parle en anglais, français ou espagnol, est distribuée, dans sa version conçue par la styliste Elsa Schiaparelli, par les grands magasins Neiman-Marcus.
En 1952, l’usage des plastiques durs est devenu intensif, et la qualité des poupées et de leurs vêtements atteint un niveau élevé. Noma met sur le marché des poupées en plastique dur pour maisons de poupées. Une nouvelle « Patsy Babyette » de 23 ou 28 cm aux yeux dormeurs, cheveux moulés ou perruque en caracul, se vend aussi en jumelles. Une « Mommy’s Baby » de 69 cm en tissu avec bras et jambes en vinyl, plaque d’épaules et tête en plastique dur, bouche ouverte avec deux dents supérieures, est proposée en garçon ou en fille. La « Dy-Dee » de 1950 est reconduite à l’identique pour la deuxième année consécutive. Parmi les nouveautés de cette année : « Baby-Kins », adorables poupons en plastique dur aux yeux dormeurs et cheveux moulés, 23 et 28 cm ; « Honey Girl », sage petite poupée en plastique dur aux yeux dormeurs et à la bouche fermée, dotée de nombreuses tenues : cinq d’écolière (photo du centre ci-dessous), majorette, voyageur, prince charmant, Cendrillon, mariée classique, cheerleader,… ; « Honey Ann », poupée marcheuse en plastique dur de 61 cm aux yeux dormeurs en tenue habillée.  Parmi les rééditions : « Ann Shirley », en plastique dur ; « Mickey », corps en tissu, membres en vinyl et tête en plastique dur, yeux dormeurs, bouche fermée, cheveux moulés ou perruque en caracul ; « Howdy Doody » en deux tailles ; « Li’l Darlin », nouveau-nés vendus aussi en jumeaux ou quadruplés. Une série de portraits de 30,5 cm en plastique dur est introduite : « Bo Peep », « Bride and Groom », « Majorette », « Gibson Girl » et « Southern Belle ». Les marionnettes ne sont pas en reste : « Jambo », « Kilroy », « Toonga », « Pimbo ». Les grands magasins de jouets F.A.O. Schwarz font fabriquer « Dydee-Ette », une poupée de 28 cm avec garde-robe présentée dans une nacelle en osier. Une autre « Dydee » de 28 ou  38 cm est vendue avec layette et perruque en caracul. Enfin, une « Tintair Honey » en taille  38 cm avec trousseau et une « Tintair » en tailles 38 ou  48 cm sont proposées.


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Deux poupées parlantes sont disponibles en 1953 : la réédition de « Noma Talker » et la nouveauté « Melodie » (photo de gauche ci-dessous), grande poupée de 76 cm, tête en vinyl, corps et jambes en plastique dur et genoux articulés. Deux autres nouveautés sont lancées cette année : « Honey Walker », poupée marcheuse en tailles 38, 46, 53 et 63,5 cm, en plastique dur avec des bras en vinyl, aux genoux et chevilles articulés, habillée en patineuse ou en ballerine ; « Cuddle Up », bébé à câliner de 51, 58 ou 68,5 cm, tête et jambes en vinyl, corps en tissu recouvert de vinyl, cheveux moulés ou implantés, caractérisé par sa bouche ouverte avec deux dents inférieures. La styliste Elsa Schiaparelli conçoit 14 costumes pour la désormais classique « Honey », proposée ici en taille 46 cm. Une autre classique, « Dy-Dee », possède une tête en vinyl avec bouche ouverte-fermée et un ensemble corps-jambes en tissu bourré avec bras en vinyl articulés par disque.
En 1954, deux nouvelles poupées marcheuses sont proposées : « Patricia Walker », en plastique dur avec tête en vinyl, cheveux implantés et yeux dormeurs, en tailles 38, 48, 53 et 63,5 cm ; « Candy Walker », 30,5 cm, en plastique avec tête en vinyl, yeux incrustés et cheveux implantés. Dans cette famille Candy, une réédition tout en vinyl de « Candy Kid » avec yeux dormeurs et cheveux moulés est vendue en garçon, fille ou jumeaux, tandis que la création « Candy Ann », corps en tissu recouvert de vinyl, tête et jambes en vinyl, yeux dormeurs et cheveux implantés, est disponible en tailles 51, 61 et 74 cm. Parmi les autres nouveautés de cette année : « Fluffy » (photo du centre ci-dessous), alerte poupée articulée de 20 ou 30,5 cm tout en vinyl avec yeux dormeurs en versions blanche ou noire, bouche fermée esquissant un sourire et cheveux moulés ou implantés courts, dispose de nombreuses tenues, dont celles d’éclaireuse, de jeannette, de « camp fire girl » (fille du mouvement de jeunesse éponyme aux États-Unis) ou de « blue bird » (petite fille de l’âge de l’école primaire inscrite au même mouvement) ; « Katy » ou « Katie », poupée potelée de 33 cm, corps en tissu recouvert de vinyl, tête et jambes en vinyl, yeux incrustés ; le couple rieur « Rootie Kazootie » et « Polka Dottie » (photo de droite ci-dessous), tailles de 53 cm, corps en tissu recouvert de vinyl, tête et jambes en vinyl, yeux et cheveux peints, existe aussi en tailles de  28 cm avec des têtes en vinyl et des corps et membres en latex ; « Honeykins », 30,5 cm, tout en plastique dur, yeux dormeurs et perruque collée. Parmi les autres rééditions : la « Little Lady » de Dewees Cochran, si souvent relancée depuis sa création en 1939, cette fois tout en vinyl avec yeux dormeurs et cheveux implantés, frange devant et boucles derrière, est vendue avec des articles de toilette signés Helene Pessl ; le bébé en robe de baptême « Christening Baby », 51 cm, tout en vinyl avec cheveux moulés, yeux dormeurs et bouche ouverte-fermée ; « Cuddle Up », identique à celui de 1953, avec de nouveaux vêtements ; rééditée de nombreuses fois, « Dy-Dee » est ici proposée en tailles 28, 38 et 51 cm ; « Honey Walker », tout en plastique, est proposée en tailles 38, 48, 53 et 63,5 cm, la première taille étant vendue dans une malle et les deux premières avec un ensemble imperméable et un chien en laisse.


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La sitcom familiale « Make room for daddy » (faites de la place pour papa) est créée en 1953 sur la chaîne de télévision ABC. Le couple de poupées « Rusty and Sherry » réalisé en 1955 représente les enfants de la famille. Le fils a une tête en vinyl, des yeux dormeurs et des cheveux moulés. La fille possède un corps en plastique dur, une bouche ouverte fermée et des cheveux nattés. Cette année voit le lancement de deux poupées : « Tiny Tubber », bébé de 25 cm, tout en vinyl avec cheveux peints, est vendu avec plusieurs layettes ; « Mary Jane », grande fillette marcheuse de 81 cm, tout en vinyl avec yeux dormeurs articulés (photo de gauche ci-dessous). Parmi les rééditions, on trouve : « Li’l Darlin », poupée de 41 cm tout en vinyl avec yeux dormeurs et cheveux implantés ; le bébé en robe de baptême « Christening Baby », 35,5 ou 51 cm, yeux dormeurs et cheveux peints ; « Patricia Walker », marcheuse de 56 cm tout en plastique dur avec tête pivotante. La poupée  « Dydee » se décline dans les catalogues de la chaîne new yorkaise de magasins de jouets F.A.O. Schwarz : « Dydee Wee », 23 cm, « Dydee Ellen », 28 cm, « Dydee Jane », 38 cm, et « Dydee-Lu », « Dydee-Lou » et « Dydee Louise », 51 cm.
En 1956 ne sont pratiquement produites que des rééditions : « Dy-Dee Baby », tête en plastique dur, corps et membres en vinyl, yeux dormeurs et cheveux moulés ou perruque en caracul, est disponible avec plusieurs layettes en tailles 28, 38 et 51 cm ; « Mickey » (photo du centre ci-dessous), dit « The all american boy » (le vrai garçon américain), tout en vinyl avec cheveux et couvre-chefs moulés, est vendu avec 20 tenues distinctes (marin, groom, boxeur, militaire,…), le modèle le plus rare étant le clown à face peinte ; « Candy Walker », poupée marcheuse de 61 cm en plastique dur, tête pivotante en vinyl avec yeux dormeurs et cheveux implantés, bras tendus par des élastiques ; « Babykin », bébé buveur et mouilleur de 25 cm, tête en plastique dur, corps et membres en vinyl ; « Melodie », réplique exacte de celle de 1953, curieusement présentée comme nouvelle dans le catalogue de Montgomery Ward. Seule nouveauté en 1956, le bébé buveur et mouilleur « Baby Twinkie » (photo de droite ci-dessous), qui aura une longue durée de vie.