Salon de Bruges d’août 2019 : forte présence d’artistes en poupées d’Europe de l’Est


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La 33e édition du festival international de poupées et d’ours en peluche s’est déroulée du 22 au 25 août 2019 dans la belle ville de Bruges (Belgique), les deux premières journées étant consacrées aux poupées et les deux dernières aux ours. Dans une salle latérale de l’imposant beffroi,  haute tour médiévale de 83 mètres surmontant la halle aux draps sur la grand-place de la ville, on pouvait surtout y admirer les deux premiers jours de nombreuses poupées anciennes, comme celles de l’exposante hollandaise Marleen van Leeuven (photo ci-dessous).


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Elle détient des trésors produits par des fabricants aux noms évocateurs : Armand Marseille, Ernst Heubach, Kämmer & Reinhardt, Kestner, Simon & Halbig, Jumeau, François Gaultier, Käthe Kruse, Chad Valley,…
La brugeoise Christelle Scholten réalise de belles copies en porcelaine de poupées anciennes (Ernst Heubach, Kämmer & Reinhardt, Kestner, Jumeau,…) et modernes (photo ci-dessous) de taille 25 cm.


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Mais le fait marquant de ce festival illustre une tendance amorcée il y a quelques années : la présence d’exposants d’Europe de l’Est dans les salons occidentaux. Cette année à Bruges, nous avons retenu trois artistes russes, une créatrice biélorusse et une ukrainienne, collaboratrice d’un magazine qui organise le salon international de poupées d’artistes et d’oursons de Kiev.
Dana Svistunova nous vient de Krasnoïarsk, en lointaine Sibérie, et fabrique à  la main des poupées en bois et en tissu pleines de poésie (photo ci-dessous).


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La poupée lunaire à l’air triste trônant assise au centre de cette photo est intitulée « Il est bon de parcourir le monde ». Tête et membres sculptés dans  du bois de tilleul, le corps en textile bourré de sciure de bois et de granulés de caoutchouc, de sorte qu’elle est agréablement lourde et douce, cette grande poupée (57 cm) représente un vagabond, le bras droit enserrant une maison en bois, symbole du foyer dont il est dépourvu (photo ci-dessous).


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L’argile polymère est le matériau de prédilection d’Anna Fadeeva. Elle sculpte de drôles de petits personnages et animaux au regard naïf rappelant un peu le monde d’Alice au pays des merveilles (photo ci-dessous).


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Elle réalise aussi de hautes poupées élancées, émouvantes, qui dégagent une grande douceur (photos ci-dessous). Celle de gauche a un regard langoureux, tandis que sa compagne de droite arbore une mine réjouie.


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Son univers est très éclectique, des petites filles modèles aux accessoires steampunk, en passant par les clowns et les châtelaines médiévales.
Marina Danilina fabrique des poupées de porcelaine en éditions limitées (photo ci-dessous) et des ours en peluche de grande taille qu’elle aime mettre en situation. Ses poupées, sages petites filles rêveuses délicatement habillées, sont parfois en costume traditionnel russe.


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« Réveillez l’enfant qui est en vous », telle est la devise d’Olesya Gramovich, biélorusse de Minsk, créatrice des petites poupées Alexandrina en pâte La Doll (photo ci-dessous), semblant toutes droit sorties d’un conte de fées.


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Elles présentent deux spécificités : accessoirisées et mises en scène sur le thème des fleurs, elles ont aussi parfois les yeux fermés, ce qui est rare dans le domaine des poupées, où le regard revêt une importance particulière pour exprimer leurs sentiments et révéler leur nature. Lorsqu’on interroge Alexandrina sur cette singularité, elle répond en riant : « je ne sais pas, peut-être sont-elles tournées vers leur monde intérieur, à la recherche de leur être profond ». Ci-dessous : à gauche, Princesse Rose ; à droite, Fleur Lilas.


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L’ukrainienne Irina V. Dubchak est responsable des relations d’affaires et de la coopération du magazine ukrainien Модное рукоделие (Artisanat et mode), du salon international annuel de poupées d’artistes et d’oursons Модна лялька (Poupée de mode) et du salon international professionnel Craft. Business & Hobby, consacré à l’artisanat du textile et de la bijouterie, tous deux tenus à Kiev. Également engagée dans la promotion des artistes exposant aux salons « Poupée de mode », elle présentait le travail de trois lauréates du concours thématique du salon de 2019 (photos ci-dessous, de gauche à droite) : Eglantine, de Bella Melkova (Israël) ; Caroline, de Oksana Salnikova (Ukraine) ; Dreamcatcher, de Kupka Marta (Ukraine).


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Croisé dans les allées du salon, un expert en poupées bien connu de nos lecteurs : Samy Odin, ex-directeur du regretté Musée de la Poupée de Paris. L’occasion de rappeler ici la source principale sur les objectifs et l’actualité de sa nouvelle structure fondée en décembre 2018, Chérubins.

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Un artiste et sa muse : Joshua David McKenney et la poupée Pidgin


                                                     © Pidgin Doll

Le pidgin est un langage simplifié utilisé pour la communication entre personnes de langues maternelles différentes. C’est aussi le nom d’une poupée créée par Joshua David McKenney, artiste établi à Bushwick, quartier de l’arrondissement de Brooklyn dans la ville de New York. Interprétation moderne de la poupée de mode européenne classique, elle tire son inspiration à la fois du style urbain et de la haute couture, de l’ancien et du moderne.
Né à San Francisco, Joshua David McKenney passe son enfance en Floride puis en Pennsylvanie. Il s’installe à New York en 1999 à l’âge de 18 ans pour étudier la photographie à la Parsons School of Design. Il dessine beaucoup, surtout des femmes. « Dessiner était un exutoire pour exprimer ma part de féminité dans le milieu conservateur où j’ai été élevé », se souviendra-t’il, « et cela continue aujourd’hui ». Il entame une carrière d’illustrateur de mode et travaille pour des clients prestigieux tels qu’Elizabeth Arden, Mariah Carey, les cosmétiques Mac, Dolce & Gabbana ou La Perla.
Attiré par l’univers des poupées, des marionnettes et des mannequins depuis toujours, il s’essaye à la fabrication de petites figurines, de visages et de mains en Super Sculpey. Il avouera plus tard : « il m’a fallu longtemps, très longtemps, pour atteindre mon niveau actuel, mais je dois dire honnêtement que, à partir du moment où j’ai commencé à fabriquer des poupées, j’ai su que c’était ma vocation. Je ne suis jamais si artistiquement satisfait et stimulé que lorsque je travaille sur une poupée ». Et il ajoute : « je serai toujours illustrateur, mais en tant que fabricant de poupées je suis également sculpteur, ingénieur, maquilleur, styliste en coiffure, dessinateur de mode, marionnettiste et photographe. Pour moi, c’est l’expression artistique ultime ».
En 2008, obsédé par les BJD asiatiques, il aspire à créer la sienne. Il se procure le livre de Ryoichi Yoshida « Yoshida style ball jointed doll making guide », et en s’appuyant sur les seules images (le livre est en japonais !), il fabrique LoveChilde, sa première poupée, sculptée en terre-papier (paperclay) japonais à séchage ambiant. Satisfait du résultat, Joshua pense néanmoins que les poupées les plus intemporelles et les plus exquises sont en porcelaine.
Il se lance donc en 2009, à l’aide de guides en ligne et de tutoriels vidéo, dans la fabrication de moules en plâtre et le coulage de porcelaine, dans un atelier du quartier de Williamsburg à Brooklyn. Son premier résultat, obtenu laborieusement après plusieurs moules ratés et un tas de pièces défectueuses, est une sirène BJD à queue segmentée (photo ci-dessous).


                                                       © DeviantArt                                           

Pidgin, sa troisième tentative, est conçue en 2012 comme une poupée de mode européenne classique : tête et membres en porcelaine attachés à un corps souple posable. Après en avoir réalisé plusieurs prototypes, il la lance officiellement en octobre de la même année comme une poupée de salon de 56 cm. Elle est depuis son centre d’intérêt principal. La poupée actuelle de 40,5 cm à l’échelle 1:4, coulée intégralement en résine et complètement articulée, représente la 5e génération de moules.
Joshua conçoit et fabrique la plupart des vêtements de Pidgin. Il sculpte les accessoires à l’aide d’une imprimante 3D et les améliore à la main. Il achète les tissus et les garnitures dans le quartier des boutiques de vêtements de Brooklyn, et travaille avec une équipe de couturières et de tailleurs pour créer les tenues. Il aime aussi chiner les habits et les accessoires des poupées classiques pour les intégrer à la garde-robe de Pidgin.
Son inspiration lui vient en grande partie de deux artistes devenus des amis proches : Mel Odom, le père de Gene Marshall, et Andrew Yang, collaborateur de Robert Tonner. L’artiste russe installée au Canada Marina Bychkova a également joué un grand rôle dans sa vocation : « la première artiste en poupées moderne dont j’ai entendu parler fut Marina Bychkova, avec sa très célèbre ligne de poupées en porcelaine ‘Enchanted dolls’. Du moment où j’ai vu le caractère élaboré et vraiment impressionnant de son travail, je n’ai eu de cesse de réaliser mes propres poupées ». Il aime aussi à citer comme autres influences la féminité, la vie new yorkaise, les voyages, ses amis, Instagram, les années 1970, l’Art Nouveau, le ballet, le burlesque, les Disney classiques (en particulier « Fantasia »), le marionnettiste Jim Henson, créateur du « Muppet Show » (en particulier Piggy), la Barbie classique et la culture LGBT. Ci-dessous, la très belle « Samantha », issue de la collection de printemps 2019.


                                             © Joshua David McKenney

D’où vient ce nom de Pidgin ? Joshua explique : « Lors d’un long voyage en car de New York à Boston où habitait mon compagnon Eric, je passais le temps en faisant le portrait à l’aquarelle d’une fille originale avec un pigeon sur la tête, en pensant que ce nom d’oiseau lui irait bien. Arrivé à Boston, je donnai l’aquarelle à Eric, et nous commençâmes à imaginer à quoi pourrait ressembler une fille appelée ‘Pigeon’ : une citadine à l’esprit libre, un brin fantasque, peut-être un peu volage. Trois ans plus tard, alors que je cherchais un nom pour ma nouvelle poupée mannequin, Eric suggéra qu’elle pouvait bien être le personnage de l’aquarelle et ce fut une révélation. Nous décidâmes de remplacer ‘Pigeon’ par ‘Pidgin’, qui présente mieux visuellement tout en évoquant un moyen de communiquer mes idées artistiques et esthétiques, comme le pidgin permet la communication entre personnes d’horizons différents ».
Comment se déroule une commande de poupée OOAK personnalisée ? le client remplit un formulaire détaillé spécifiant le teint, la nature et la couleur des yeux et des cheveux, les vêtements ainsi que d’autres caractéristiques désirées. L’artiste répond par courriel pour entamer un dialogue collaboratif. Chaque poupée est livrée avec une tenue que l’on peut enlever : robe ou ensemble jupe-pantalon, bas et chaussures en résine avec lanières en ruban. Des vêtements supplémentaires (vestes, robes habillées, pantalons, shorts, chapeaux,…) sont disponibles sur demande. Le délai de livraison minimal est d’un mois, les prix dépendent des spécifications et un acompte de 50 % est exigé pour disposer d’un dessin et commencer la fabrication, le reste étant dû  avant l’expédition.
Pour ses propres créations, cela peut être beaucoup plus long. La création de la sculpture, la fabrication des moules et l’amorçage de la production prennent parfois deux ans. La sculpture des Pidgin évolue constamment : Joshua en est en 2019 à leur cinquième génération (photo ci-dessous : à gauche, Elinda ; à droite, Nyx). Une fois le coulage terminé, la personnalisation évoquée plus haut dépend de chaque poupée : il lui est arrivé de l’effectuer en une semaine, comme de travailler des mois sur la finition d’une poupée.


                                              © Joshua David McKenney

La dernière collection, celle du printemps 2019, comporte 16 poupées BJD OOAK en résine de 40,5 cm à l’échelle 1:4. Parmi toutes ces beautés, la piquante Veronique et ses taches de rousseur (photos ci-dessous).


                                             © Joshua David McKenney

2019 est aussi l’année de l’édition limitée en dix exemplaires de « Babette » (photos ci-dessous), poupée Pidgin créée spécialement pour le salon Pacific Northwest BJD expo de Seattle (Washington).


                                            © Joshua David McKenney

Une originalité, la « Pidgin Doll Chibi » : une version de Pidgin aux proportions Chibi, ce style artistique japonais représentant les personnages avec une tête et des yeux surdimensionnés. Coulée en résine et dotée de 12 points d’articulation, elle rentre dans tous les vêtements et chaussures prévus pour les poupées mannequins à l’échelle 1:12. Une édition limitée de 50 exemplaires, présentée en septembre 2019 à la Modern Doll Collectors Convention (MDCC) de San Antonio, Texas, porte la tenue illustrée ci-dessous : robe florale en coton, jaquette-cape rouge et béret bleu à pompon blanc.


                      © Pidgin Doll                          © Dutch Fashion Doll World

En 2005, un événement a défrayé la chronique aux États-Unis : le célèbre photographe américain Richard Prince expose à la Gagosian Gallery de New York des tirages de photos extraites d’Instagram sans la permission de leur auteur, et les vend 100 000 $ chacun. Prince est adepte de l’appropriation, forme d’art contemporain consistant à réemployer du matériel esthétique (photographies, images d’archives, films, vidéos, textes,…) en manipulant éventuellement la taille, la couleur, le matériel et le média de l’original. Parmi les photos exposées, celle d’une femme aux longs cheveux bleus et aux lèvres pulpeuses rouge cerise, tenant une poupée sosie en porcelaine dans la même tenue blanche (photo ci-dessous). La poupée, c’est une Pidgin, et la femme Doe Deere, directrice de la société de produits de maquillage « Lime Crime », qui pose ainsi pour promouvoir le travail de son ami Joshua David McKenney.
Suite à cet épisode, l’artiste est un peu abasourdi, mais indulgent. « Je n’en veux pas à Prince », déclare-t’il, « à bien des égards, le choix de cette image est un honneur ». Il n’envisage pas de porter plainte, espérant au contraire que cette histoire « initiera un débat sur le statut de l’art ».


                                                      © Doe Deere

Quoi qu’il en soit, cette affaire aura porté à la connaissance du grand public l’œuvre de Joshua, qui a déjà des fans célèbres : les chanteuses Grace Jones et Mariah Carey ; la stripteaseuse, mannequin, couturière et actrice Dita von Teese ; Linda Farrow, la designer de lunettes ; Taylor Swift, auteure-compositrice-interprète et actrice.
Depuis ses débuts en 2012, Pidgin a connu un certain nombre de changements : au fur et à mesure de l’amélioration du savoir-faire de son créateur, elle est devenue plus articulée et gracieuse, tout en conservant la forme de son visage. Quant à l’avenir, Joshua David McKenney le voit en grand : « j’aimerais que Pidgin imprime sa marque dans le Monde ».

Sources de l’article

 

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Les Bardolinettes, la « french touch » des poupées mannequins


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Les plus grands stylistes citent souvent Barbie comme le jouet ayant stimulé leur intérêt pour leur métier. Changer ses vêtements et choisir ses accessoires furent les premières étapes de carrières réussies passées à concevoir des défilés de mode. Pour exprimer leur reconnaissance, plus de 70 stylistes de renom ont créé au cours des années des vêtements exclusifs pour la célèbre poupée : Oscar de la Renta inaugure ces partenariats en 1985, suivi par Christian Dior, Diane Von Furstenberg, Burberry, Giorgio Armani, Bill Blass, Ralph Lauren, Givenchy, Versace, Calvin Klein, et récemment Karl Lagerfeld en 2014, pour ne citer qu’eux. Barbie a aussi porté des robes de mariée de Vera Wang et Carolina Herrera, et Christian Louboutin a créé pour elle des chaussures roses.
Animée par la même passion pour la mode et les Barbie, la styliste française Géraldine Bardot décide en 2017 d’écouter son intuition et de réinventer la garde robe de l’iconique poupée avec des tenues que les femmes ont toujours rêvé de porter, et qui seront de fabrication française. Les Bardolinettes étaient nées !
Née en 1974 à Angoulême, Géraldine Bardot n’a d’yeux dès son plus jeune âge que pour la mode et les Barbie. Obéissant à sa passion, elle poursuit tout naturellement des études de stylisme sur le site parisien de la célèbre école internationale de mode ESMOD, dont elle sort diplômée en 1996. Pendant 20 ans, elle travaille dans divers domaines de la mode et de la beauté.
Récemment, elle s’installe à Lyon et l'idée des Bardolinettes mûrit dans son esprit : il s’agit d’imposer l’idéal d’élégance et de glamour des poupées Barbie en incarnant rareté, authenticité, exigence et volonté d’exploiter le savoir-faire français en haute couture. Géraldine commence alors à dessiner des modèles en renouant avec le chic et la fameuse « french touch », qu’elle a acquise au cours de ses longues années d’expérience. Ces modèles sont ensuite réalisés à la commande par des mains expertes dans des ateliers spécialisés près de Lyon, à l’aide de machines à coudre adaptées.
La passion du métier, l’amour du beau et l’envie de donner vie aux rêves se lisent dans ses créations en éditions limitées numérotées, dont chaque exemplaire est accompagné de son certificat d’authenticité. Les poupées Barbie, toutes vintage, sont choisies avec minutie par Géraldine et tous les tissus, pour la plupart issus de la haute couture, sont français.
Les accessoires maintenant. Le socle, imaginé par la créatrice, est façonné à la main en France. Il est composé de bois de noyer (photo de gauche ci-dessous) et d’une tige en laiton noir. Quant au coffret, c’est un luxueux écrin de fabrication française (photo de droite ci-dessous), réalisé sur mesure avec l’imprimé de la collection, qui formera un enveloppe parfaite pour sublimer la poupée.


               © Géraldine Bardot                                © Géraldine Bardot

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La collection actuelle se compose de quatre modèles en édition limitée de 50 exemplaires : Gabrielle, Marguerite, Suzanne et Brigitte (en tenues rose, bleue et noire, 50 exemplaires par couleur).
La magnifique robe de Gabrielle (photo ci-dessous) rend hommage à l’illustre Coco Chanel et incarne un esprit couture parisien. L’élégance intemporelle du noir se mélange à des accessoires composés de perles nacrées et noires et de chaînes dorées. Une coiffure année 30 avec son jeu de plumes accentue l’élaboration de l’ensemble.


                                               © Géraldine Bardot

Marguerite (photo ci-dessous) porte une robe bustier tutu sobre et élégante qui s’inspire directement du ballet et, par sa légèreté, rappelle les tutus des danseuses de Degas. Le collier coquelicot de perles de grande taille apporte une touche de caractère et vient provoquer l’allure de la robe.


                                                  © Géraldine Bardot

Suzanne (photo ci-dessous) adopte un look chic et décontracté avec cette jupe évasée à larges rayures noires et dorées associée à son haut façon tee-shirt noir. La tenue est accessoirisée d’une voilette plumetis et rehaussée de détails fleuris. La multitude de bracelets ainsi que son sautoir élégant parfont le look chic. Un joli contraste graphique qui fait écho à la haute couture des années 1980.


                                                © Géraldine Bardot

Brigitte (photo ci-dessous), à travers cette robe Vichy, fait retrouver le mythe de Brigitte Bardot, véritable icône de la mode des sixties. Une silhouette à la fois glamour et désirable, avec un bandeau assorti qui rajoute une touche de « je-ne-sais-quoi ».


                                             © Géraldine Bardot

Comme le dit si bien leur créatrice, « les Bardolinettes sont de très jolies ambassadrices qui racontent la France, la mode, et l’amour ». Souhaitons à Géraldine Bardot le grand succès qu’elle mérite.

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Pour en savoir plus :

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Cabbage Patch Kids : la frénésie des années 1980

La légende

« Il était une fois un petit garçon âgé de dix ans du nom de Xavier Roberts, qui jouait dans les bois derrière sa maison dans les montagnes Appalaches de la Géorgie du Nord, à l’Est des États-Unis. Il rêvassait lorsque soudain une curieuse créature bourdonna à son oreille. Elle ressemblait à un petit lapin, mais volait dans les airs et zonzonnait comme une abeille. Xavier décida d’essayer d’attraper cette petite boursouflure volante et la suivit à travers les bois. Les voilà sautant par-dessus les ruisseaux, grimpant et dévalant les collines.


                                                   © Cabbage Patch Kids

Juste quand Xavier était sur le point de capturer l’abeille-lapin, elle traversa une cascade et disparut. Il était sûr qu’elle s’était noyée, mais non ! l’abeille-lapin retraversa la cascade et tourna autour de la tête de Xavier, l’enjoignant de la suivre. Il décida d’aller voir la cascade de plus près. Pour sûr, ce n’était pas une cascade ordinaire. Derrière l’eau, il y avait une petite grotte accueillante à l’abri de l’humidité. Voilà comment l’abeille-lapin survivait ! À cette découverte, Xavier retint son souffle et s’engouffra dans la grotte cachée en s’éclaboussant. Il se frotta les yeux pour s’accoutumer à la faible lumière, et lorsqu’il les rouvrit, il vit des millions de cristaux étincelants de toutes tailles et couleurs. Xavier était si surpris par le spectacle qu’il en oublia presque l’abeille-lapin ! mais cela ne dura pas longtemps. Revoilà l’abeille bourdonnante, voletant plus avant dans la grotte. Xavier saisit sa lampe-torche et commença à la suivre. Quelle aventure !
L’abeille-lapin ouvrait la marche et Xavier suivait. Quand il s’arrêta pour examiner les cristaux, elle le rejoignit et le guida dans les profondeurs de la grotte. Xavier ne tarda pas à remarquer que la grotte ne devenait pas plus sombre, mais plus claire. Peut-être cette grotte est-elle un tunnel, pensa-t’il, se demandant où elle conduisait. Le bout du tunnel se dévoila enfin, mais il était couvert de vigne japonaise, cachant le paysage au-delà. Xavier sortit son canif pour couper la vigne et passa sa tête vers le soleil brillant.
Stupéfiant ! des abeilles-lapins volaient alentour en saupoudrant de la poussière magique issue des cristaux vers des choux disposés en rangées. Mais ces choux étaient particuliers. Xavier cligna des yeux et les plissa pour observer les mouvements qu’il y avait décelés. En s’approchant, quelle ne fut pas sa surprise de voir un bébé ou un enfant dormir ou jouer dans chacun des choux !


                                                  © Cabbage Patch Kids

D’un chou voisin, un garçonnet sans cheveux s’approcha  de Xavier et lui tendit la main. Il se présenta comme étant Otis Lee, un des « Cabbage Patch Kids ». Xavier sourit et serra la main de son nouvel ami. Qu’est-ce qu’un « Cabbage Patch Kid », demanda-t’il ? Otis lui expliqua qu’il s’agissait d’un enfant ou d’un bébé  de toute taille ou forme né dans le carré de choux (« cabbage patch ») secret. Les abeilles-lapins qui volent alentour saupoudrent de la poussière de cristal magique sur les choux et cette magie fait naître des bébés dans les choux. « Es-tu venu nous aider à trouver un foyer ? », demanda Otis Lee. Xavier réfléchit attentivement à cette question et répondit par l’affirmative. Il promit à Otis Lee de construire un hôpital appelé « Babyland General » où les bébés et enfants Cabbage Patch pourraient vivre et jouer jusqu’à leur adoption par une famille. »

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L’autre histoire

Telle est l’histoire véridique des Cabbage Patch Kids, ces bébés et enfants à la grosse tête ronde et aux membres potelés, que s’arrachèrent les enfants dans les magasins au début des années 1980.


             © Cabbage Patch Kids                          © Cabbage Patch Kids

Les débuts

Une autre histoire raconte qu’un jeune américain de 21 ans nommé Xavier Roberts, étudiant en arts, redécouvrant la technique allemande de modelage à l’aiguille datant du début du XIXe siècle et l’associant à la pratique de la courtepointe héritée de sa mère, réalise pour financer ses études des sculptures souples en prenant ses neveux pour modèles et s’associe en 1978 avec cinq de ses camarades d’école pour fonder la société Original Appalachian Artworks. Cette entreprise commercialise des poupées en tissu faites à la main par Xavier Roberts et appelées « Little people », qui ne sont pas directement proposées à la vente mais « adoptées » avec un nom et un certificat de naissance, moyennant le paiement de frais d’adoption.
Les poupées sont vendues sous forme de produit fini ou à faire soi-même en achetant le nécessaire (tissus, laine, yeux, patrons,…)  lors de foires artisanales, puis plus tard au « Babyland General Hospital » de Cleveland, Géorgie, ancienne clinique reconvertie en magasin de jouets. Dans ce lieu présenté comme une maternité, une crèche et un centre d’adoption, où médecins et infirmières évoluent en tenue professionnelle pour s’occuper des poupées comme si elles étaient de vrais bébés, le public peut assister à un accouchement et adopter une poupée.
C’est un succès immédiat et les commandes pleuvent. À partir de 1982, Roberts et ses camarades ne peuvent plus suivre la demande et signent un contrat avec le fabricant de jouets Coleco pour la production en série de poupées de 40,5 cm, qui ont maintenant une tête en vinyl, des cheveux en fil, et sont rebaptisées « Cabbage Patch Kids ». Afin que toutes les poupées soient différentes, neuf variétés de tête sont appairées aux corps par ordinateur, et diverses formes et couleurs d’yeux, coupes et couleurs de cheveux, et options d’habillement sont proposées. Elles ont la faveur du public car elles sont mignonnes, câlines et adoptables. La marque représente l’une des vogues les plus populaires des années 1980 pour des jouets, et sera l’une des plus longues franchises de poupées aux États-Unis. Ces dernières deviennent un cadeau de Noël incontournable, et l’on assiste à cette occasion à une ruée dans les magasins, qui tourne parfois à la bagarre entre parents (voir plus bas § Controverses). Fin 1983, trois millions de poupées sont adoptées ; en 1984 seulement, 20 millions.
Schlaifer Nance & Company, l’agent exclusif de la société Original Appalachian Artworks, négocie l’accord de licence avec Coleco en 1982. À la suite de cet accord, l’agent signe plus de 150 licences pour des produits dérivés aussi variés que des couches, des céréales, des vêtements, des dessins animés, des disques, des jeux de société,…

Les poupées connectées

Caleco introduit aussi la « Talking Cabbage Patch Kid » (photos ci-dessous), une poupée parlante équipée d’une puce vocale, de capteurs tactiles dans la main, d’un microphone et d’un émetteur-récepteur pour communiquer avec d’autres poupées du même type. Les capteurs permettent au jouet de détecter quand et comment il est sollicité en réponse à ses émissions vocales. Par exemple, la poupée pourrait dire « prends ma main » et donner une réponse vocale appropriée quand le capteur détecte une pression sur sa main. Elle possède aussi un détecteur de mouvement pour indiquer sa position : sur le dos, le ventre, retourné,… Une coupe à boire spéciale en plastique contient un aimant caché, qui peut être identifié par un petit relais à lames souples situé dans la tête de la poupée au-dessus de la bouche pour détecter quand elle boit.
Plus remarquable encore, lorsqu’une poupée identifie la présence d’une autre grâce à l’émetteur-récepteur, elle est programmée pour signaler sa « conscience » de cette présence par une courte phrase du genre « je pense qu’il y a quelqu’un avec qui jouer ici », et pour démarrer une simple conversation avec l’autre poupée d’une manière suffisamment aléatoire pour paraître naturelle, le chant en canon étant particulièrement impressionnant.


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Internationalisation et rachats successifs

Afin de répondre à un engouement croissant dans le Monde, d’autres entreprises produisent des « Cabbage Patch Kids » : Jesmar pour l’Europe, Lili Ledy pour le Mexique et l’Amérique du Sud, Triang-Pedigree pour l’Afrique du Sud, Tsukuda pour l’Asie. Mais le phénomène de mode s’estompe à la fin des années 1980. Lorsque Caleco rencontre des difficultés financières en 1988, Hasbro reprend le flambeau et développe les gammes « Birthday Kids », « Splash ‘n’ Tan Kids », et « Pretty Crimp and Curl ». Visant un public plus jeune, la compagnie réduit la taille des poupées à 35,5 cm, mais ne réussit pas à régénérer le marché. En 1992, les « Cabbage Patch Kids » sont nommés première mascotte officielle de l’équipe olympique des États-Unis aux J.O. de Barcelone. Ils voyagent avec les athlètes et beaucoup d’entre eux restent en Espagne comme « amis pour la vie » avec des patient d’un hôpital local pour enfants.
En 1994, Mattel rachète la marque et produit des poupées de taille 35,5 cm et au-dessous, dont certaines tout en vinyl, différenciées par des mises en situation : des poupées s’amusent avec des jouets aquatiques, nagent, mangent, se brossent les dents,… L’entreprise développe les gammes « Kids » de poupées en tissu, « OlympiKids » (photo de gauche ci-dessous) pour les JO d’Atlanta en 1996 et les fées « Cabbage Patch Fairies » (photo de droite ci-dessous). Pour commémorer les 15 ans des « Cabbage Patch Kids », Mattel crée une gamme de poupées filles de 40,5 cm avec un nouveau visage en tissu moulé, habillées en tenues personnalisées et conditionnées dans des boîtes de collection. En 1999, le nombre total de ventes cumulées depuis 1982 atteint 95 millions de poupées. En 2000, le timbre postal des « Cabbage Patch Kids » est commercialisé.


                         © Etsy

En 2001, le revendeur de jouets Toys »R »Us rachète la Marque à Mattel et produit des poupées de 51 cm et des bébés de 46 cm, dotés tous deux de corps en tissu et de têtes en vinyl. Ils sont conditionnés dans des chaises en carton en forme de feuille de chou. Les poupées, créées pour commémorer le 20e anniversaire de la marque, sont d’abord vendues dans le grand magasin de Times Square à New York puis dans tout le pays et en ligne.
Les droits de licence exclusifs passent chez Play Along Toys en 2003, qui lance la collection du 25e anniversaire des « Cabbage Patch Kids » en utilisant quelques unes des sculptures de tête originales des toutes premières éditions de Coleco. En association avec 4Kids Entertainment, Play Along Toys réintroduit une gamme qui retourne au concept original de poupées à corps en tissu et tête en vinyl mignonnes, câlines et adoptables, et renoue avec le succès. En partenariat d’association de marques avec Carvel Ice Creams, des poupées sont conditionnées avec un cône de crème glacée.
La puissante association américaine de l’industrie du jouet TIA (Toy Industry Association), forte de près de 1 000 membres professionnels en 2018, sélectionne les « Cabbage Patch Kids » comme finalistes du prix du jouet de l’année TOTY (Toy Of The Year) 2005 dans la catégorie « Objet de l’année ». La poupée de 40,5 cm fabriquée par Play Along Toys est également finaliste dans la catégorie « Jouet pour fille de l’année ».
Jakks Pacific achète Play Along Toys, devient titulaire de la licence de production des « Cabbage Patch Kids » en 2011 et introduit la gamme de poupées de 35,5 cm « Fashionality » ainsi que d’autres produits. L’entreprise lance une édition commémorative du 30e anniversaire des « Cabbage Patch Kids » en 2013.
Enfin, en 2015, Wicked Cool Toys devient le détenteur actuel de la licence de production des « Cabbage Patch Kids ». L’entreprise sort la gamme de petites poupées de collection « Little Sprouts » (photo de gauche ci-dessous) et la série « Adoptimals » (photo de droite ci-dessous) d’animaux en peluche qui interagissent avec les « Kids ».


                      © Wicked Cool Toys

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Controverses

Tout succès a ses revers, et les poupées n’échappent pas à la règle. Les « Cabbage Patch Kids » défrayent la chronique à plusieurs reprises.

Les émeutes Cabbage Patch


                                                       © Considerable

Une série d’explosions de violence entre clients se produit dans diverses boutiques à travers les États-Unis à l’automne et à l’hiver 1983. Cette année-là, l’introduction sur le marché des « Cabbage Patch Kids » déclenche une énorme demande. La plupart des magasins ne stocke alors qu’entre 200 et 500  poupées, pour faire face à un assaut de milliers de clients, donnant lieu à des bagarres violentes dans les chaînes de grands magasins Sears, J.C. Penney et Macy’s. Les détaillants plus modestes comme Kmart et Zayre tentent de contrôler la foule en colère en distribuant des tickets d’achat aux premières centaines de clients, laissant les centaines, voire les milliers d’autres, les mains vides après des heures de queue.
On fait état d’actes de violence incluant bousculades, coups et piétinements, attaques à l’arme de poing telles que battes de baseball. En 1984, avec la hausse de l’offre et la baisse de la demande, le phénomène disparaît progressivement. Les émeutes Cabbage Patch sont à rapprocher des violences constatées lors des Black Friday en 2000.

Actions en justice

Bien que Xavier Roberts soit le créateur de la marque  » Cabbage Patch Kids », la paternité de nombre de ses caractéristiques telles que le visage rond et le certificat d’adoption peut être attribuée à Martha Nelson Thomas, une artiste populaire américaine du Kentucky connue pour son travail en sculpture souple. Avant même que Roberts soit impliqué dans l’industrie du jouet, elle crée et commercialise sa propre ligne de poupées appelée « Doll Babies », qu’elle vend sur les marchés et dans les salons d’artisanat locaux.
Ils se croisent dans une foire d’État en 1976, et Xavier commence à acheter des poupées à Martha pour les revendre dans  son magasin de Géorgie. Elle le met finalement face à ses pratiques contraires à l’éthique commerciale et cesse de lui vendre des poupées. Il se tourne alors  vers une entreprise de Hong Kong pour produire en série à faible coût des poupées similaires aux « Doll Babies ». Elle le poursuit en justice et finit par régler l’affaire à l’amiable en 1985 pour une somme non communiquée. Elle confie à la presse, avec son mari Tucker Thomas, qu’elle est plus en colère à cause de l’altération de ses poupées, pour lesquelles elle éprouve une grande affection, qu’en raison du préjudice financier subi.
Martha décède en 2013 à l’age de 62 ans, accompagnée lors de son enterrement par ses poupées préférées, à côté de sa famille et de ses amis. Xavier Roberts lui-même intente un procès pour violation du droit d’auteur et réclame 30 millions de dollars à Topps, la compagnie éditrice de cartes à collectionner autocollantes parodiant ses poupées en les baptisant « Garbage Pail Kids » (gosses des seaux à ordures, photos ci-dessous). En 1987, en pleine action judiciaire, Topps annonce sa décision de cesser la production des cartes parodiques, ce que Roberts reçoit avec le commentaire « je pourrais crier, je suis si fou de joie ».


                      © eBay                                              © Toynk Toys

Sécurité des produits

La ligne de poupées « Cabbage Patch Snacktime Kids », très populaire à Noël 1996, a été conçue pour manger des casse-croûte en plastique, grâce à une paire de rouleaux en métal lisses tournant à sens unique derrière les lèvres en plastique. Les casse-croûte sortaient par le dos de la poupée et réapparaissaient comme par enchantement dans un sac à dos. Le mécanisme pouvait être activé en enlevant le sac à dos. Suite à plusieurs incidents signalés -doigts ou cheveux d’enfants pris dans le mécanisme-, le modèle fut retiré du marché en janvier 1997.

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Que valent vos poupées ?

La fièvre est passée, mais il reste encore de nombreux fans des « Cabbage Patch Kids », pour preuve les surprenantes photos des comptes Instagram cabbage_patch_world et cabbagepatchkidfriends. Si vous possédez quelques uns de ces trésors, peut-être vous demandez vous ce qu’elles valent ? au risque de vous décevoir, beaucoup d’entre elles valent le prix que vous les avez payées (entre 10 et 250 € suivant le modèle, les cousus main étant les plus chers), mais certaines coûtent une petite fortune. Les plus prévoyants d’entre vous les ont laissées dans leur boîte et cachées quelque part, ils sont peut-être maintenant en possession d’une poupée à 500 € ! petit tour d’horizon des « Cabbage Patch Kids » de valeur.

Les critères

Comme mentionné plus haut, les « Cabbage Patch Kids » s’appellent à l’origine « Little People » : Xavier Roberts les fabrique comme sa mère travaillait la courtepointe, en y ajoutant la technique historique du modelage à l’aiguille. Ces sculptures souples OOAK en tissu cousues à la main sont signées à la main par Xavier lui-même sur les…fesses au marqueur permanent (photo), elles seront plus tard tamponnées et/ou signées.


                                                      © Ruby Lane

Ces poupées originales possèdent des caractéristiques qui les rendent particulièrement précieuses :

  • entièrement en tissu, elles ont de gros pouces
  • elles portent une étiquette mentionnant « Little people », « Babyland General ». Celles fabriquées après 1985 indiquent « Little People », « Babyland General »,et « Cabbage Patch Kids ».
  • la plupart ont une autre étiquette attachée sur le côté droit du corps donnant des instructions pour le bain
  • la plupart de celles qui sont signées sont également datées, ce qui rend leur identification plus aisée
  • elles mesurent entre 46 et 56 cm
  • elles n’ont pas de boîte, ayant quitté le « Babyland General Hospital » dans les bras de leurs parents

Pour des informations détaillées sur les étiquettes, la signature, le certificat de naissance et les papiers d’adoption, lire cet article en anglais

Quant aux « Cabbage Patch Kids » ultérieures, rappelons leurs particularités :

  • taille comprise entre 38 et 40,5 cm
  • traits de visage décalcomaniés
  • cheveux en fil
  • visage et membres potelés
  • pour les poupées produites par Coleco, corps en tissu et tête en vinyl
  • pour les poupées vendues au « Babyland General Hospital », entièrement en tissu avec visage sculpté
  • plusieurs versions tout en vinyl fabriquées par Hasbro et Mattel
  • réintroduction en 2004 des versions classiques à corps en tissu et tête en vinyl
  • quelques poupées, disponibles via publipostage direct du vendeur d’objets de collection Danbury Mint, ont un corps en tissu rigide ainsi qu’une tête et des membres en porcelaine

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Les prix

Voici quelques indications de prix obtenues par une rapide recherche sur eBay :

  • la plupart des « Cabbage Patch Kids » se vendent entre 10 et 30 €, pratiquement à leur prix d’achat neuf au détail. Ceci est dû en particulier au très grand nombre de poupées fabriquées par Coleco.
  • certaines « Baldies » (sans cheveux), « Red Fuzzies » (avec des cheveux crépus rouges) ou Coleco du tout début atteignent les 100 €
  • les « Little People » peuvent dépasser les 1 000 €

Voyons maintenant cinq des plus coûteuses poupées vendues en 2018. La bonne nouvelle est qu’elles ne sont pas toutes des originales de Xavier Roberts, ce qui signifie que la poupée reçue en cadeau lors d’un Noël de votre enfance vaut peut-être encore quelque chose !

Jumeaux « Cabbage Patch Kids » Coleco MIB de 1985

Habituellement, les « Cabbage Patch Kids » produits aux États-Unis ont peu de valeur (environ 25 €), même dans leur boîte. Ce n’est pourtant pas le cas pour tous : de temps en temps, on trouve une paire de poupées rare. Plus l’appariement (combinaison d’yeux et de cheveux par exemple) est inhabituel, plus la poupée aura de valeur. Les jumeaux ci-dessous, en parfait état dans leur boîte (MIB), se sont vendus au prix surprenant de 300 € en juin 2018.


                                                              © eBay

« Cabbage Patch Kid » japonaise  Tsukuda MIB de 1985 avec kimono

Les « Cabbage Patch Kids » japonaises sont rares, d’une part parce qu’elles n’ont pas été vendues en occident, et d’autre part en raison de quelques caractéristiques différentes des poupées américaines : leurs tenues tout d’abord, qui évoquent l’Asie ; et aussi leurs grands yeux de biche, brillants comme des ailes de papillon. Mettre la main sur un tel objet est plus facile à dire qu’à faire. La poupée ci-dessous du fabricant Tsukuda, en parfait état dans sa boîte (MIB), a été acquise pour 450 € en juillet 2018.


                                                              © eBay

Bébé « Little People » de Xavier Roberts de 1979 signé à la main avec certificats d’adoption

La plupart des « Little People » ressemblent à des poupées tout-petits (toddler doll), mais le « Babyland General Hospital », comme son nom l’indique, assure aussi l’adoption de bébés. Ceux-ci n’ont généralement pas de cheveux et portent des vêtements plus simples que leurs homologues plus âgés. Ils sont très recherchés, surtout s’ils sont signés à la main par Xavier Roberts. En août 2018, le bébé de 1979 ci-dessous est parti à 500 €.


                                                        © Babble

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Ensemble de trois « Little People » en édition limitée Mark Twain de 1986

Une caractéristique remarquable des poupées de Xavier Roberts est leur individualité : les couleurs des yeux et des cheveux, la forme de la tête, les vêtements,… peuvent être différents d’un modèle à l’autre. Ces combinaisons infinies rendent chaque poupée unique. Cependant, des éditions limitées inspirées de personnages littéraires ou de cinéma sont occasionnellement produites. L’ensemble ci-dessous représentant des personnages des romans de Mark Twain a une grande valeur si on possède les trois poupées, ce qui est très rare : Tom Sawyer, Becky Thatcher, et Huckleberry Finn. Il a été vendu, avec ses papiers d’adoption et ses étiquettes toujours attachée sur le côté du corps, 600 € en juillet 2018.


                                                           © eBay

Fille « Little People » de 1979 signée à la main par Xavier Roberts avec ses certificats d’adoption

Ce sont parfois les choses les plus simples qui sont les plus désirées. De nombreuses filles « Little People » ont été créées et adoptées au « Babyland General Hospital ». Elles ont des cheveux en fil de multiples couleurs et styles, et des yeux de nombreuses couleurs différentes. Les plus précieuses, comme toutes les originales de Xavier Roberts, sont signées à la main. La fillette ci-dessous, produite en 1979, s’est négociée à 700 € avec tous ses papiers en août 2018.


                                                            © eBay

Jumelles « Little People » de 1979 signées à la main par Xavier Roberts avec certificats d’adoption

Dans de nombreuses cultures, les jumeaux sont une bénédiction. Il en va de même au « Babyland General Hospital », même si lorsque vous avez des jumeaux « Little People », il vous faut gérer deux fois plus de papiers et protéger deux fois plus de poupées. Dans de nombreux cas, les jumeaux sont séparés avec le temps, mais si vous avez la chance de posséder des jumeaux « Little People » signés à la main, vous aurez gagné votre journée : les jumelles « Little People » ci-dessous ont été cédées au prix stupéfiant de 3 000 € en juin 2018.


                                                             © eBay

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Et en français ?

De ce côté-ci de l’Atlantique, les « Cabbage Patch Kids » ont aussi eu leur heure de gloire. Mais comment les appelle-t’on en France ? eh bien, ils ont eu plusieurs noms suivant leur fabricant (voir plus haut § Internationalisation et rachats successifs) : les Patoufs de Jesmar sont devenus les Craquinoux de Hasbro puis les Copinoux de Mattel.  Ils ont même eu un nom québécois : les Bouts d’choux, qui rappelle leur origine végétale. En raison de leur succès phénoménal aux États-Unis et de cette particularité de l’adoption, ils ont eu droit en France à plusieurs passages TV au journal de 20 heures.
Toutefois, la diffusion en France n’a jamais été à la hauteur du succès international. Pour des raisons de réglementation, la première version des Patoufs par Ideal Loisir fut interdite de publicité télévisée, ce qui a limité leur notoriété, sans compter l’hostilité de certains parents heurtés par l'idée d’adoption, plus tard abandonnée au profit d’un certificat de naissance moins choquant.
Enfin, comment ne pas évoquer les Crados (photos ci-dessous), adaptation française des « Garbage Pail Kids », parodie des « Cabbage Patch Kids » (voir plus haut § Actions en justice) ? série de cartes à collectionner représentant des personnages d’enfants, distribuées en France par Avimages à partir de janvier 1989, les Crados ont des apparences scabreuses et portent des noms aux allures de calembours (Anne Burger, Tony Truand, Jean-Pierre Tombale,…). La série est déclinée en sous-catégories : les Dégueulos, Animos, Gravos, Crevos, Déchiros, Craignos, Lardos. Ils connaissent un immense succès commercial et provoquent des polémiques en raison de leur caractère grossier et choquant.


                        © Coleca                                               © Gonel-zone

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Sources de l’article
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